Murtogg et Mullroy : Une touche d'humour dans Pirates des Caraïbes

Murtogg et Mullroy : Une touche d'humour dans Pirates des Caraïbes

Dans La Malédiction du Black Pearl, la première réplique adressée à Jack Sparrow quand il accoste à Port Royal ne vient ni de Norrington ni d'Elizabeth Swann. Elle vient de deux fusiliers marins de faction sur le ponton, Murtogg et Mullroy, joués par Giles New et Angus Barnett, qui lui réclament son nom, ses papiers et le motif de sa visite.

Cet article te donne ce qu'il faut pour situer ces deux personnages : qui ils sont dans la hiérarchie de la Royal Navy de fiction, dans quels films de la saga ils apparaissent, quelles scènes leur reviennent, et comment fonctionne leur humour, qui repose sur une mécanique bien plus précise qu'un simple gag de garde.

Sur le ponton de bois, une carte marine dépliée, une boussole et un cordage lové près des bittes d'amarrage, un voilier au mouillage.
Sur le ponton de bois, une carte marine dépliée, une boussole et un cordage lové près des bittes d'amarrage, un voilier au mouillage.

Tu y trouveras aussi un ordre de visionnage en trois films pour suivre le duo d'un bout à l'autre, et un point sur ce que faisait réellement un homme de troupe en faction dans un port des Antilles.

À retenir
  • Murtogg et Mullroy sont deux fusiliers marins subalternes de la Royal Navy en garnison à Port Royal, interprétés par Giles New (Murtogg) et Angus Barnett (Mullroy).
  • Ils apparaissent dans trois films : La Malédiction du Black Pearl (2003), Jusqu'au bout du monde (2007) et La Vengeance de Salazar (2017).
  • Leur fonction est double : faire rire, et livrer au spectateur les informations d'exposition (réputation du Black Pearl, règles de la marine, rumeurs de port).
  • Ils forment le pendant « côté marine » de Pintel et Ragetti, le duo comique côté pirates.
  • Leur humour naît d'une contradiction : l'un affirme, l'autre corrige, et Jack Sparrow s'engouffre dans la faille.
  • Aucun objet dérivé ne leur est consacré : sur les visuels imprimés de la saga, c'est le trio Jack / Elizabeth / Will qui revient.

Qui sont Murtogg et Mullroy dans Pirates des Caraïbes ?

Ce sont deux fusiliers marins subalternes de la Royal Navy britannique, en garnison à Port Royal, chargés de la surveillance des pontons et de l'accès au navire amiral. Murtogg est joué par Giles New, Mullroy par Angus Barnett. L'inversion des deux noms est l'erreur la plus courante quand on parle d'eux.

Leur position dans la hiérarchie explique tout le reste. Ils ne décident de rien, ils appliquent une consigne, et cette consigne les met en travers de la route du seul homme qui n'a rien à faire là. La distance entre eux et le commodore Norrington est celle d'une corvée de faction : les officiers parlent stratégie et mariage sur le fort, eux surveillent des planches mouillées.

Un point à poser tout de suite, parce que les discussions de fans mélangent volontiers les registres : Murtogg et Mullroy sont des personnages de fiction écrits pour le cinéma. Ils n'ont pas d'équivalent nommé dans les archives de l'âge d'or de la piraterie (1650-1730), contrairement à un Bartholomew Roberts ou à un Woodes Rogers.

Côté objets dérivés, le duo n'existe pas. Sur les t-shirts à motif Pirates des Caraïbes, ce sont Jack Sparrow, Elizabeth Swann et Will Turner qui reviennent. Sur un visuel de fiction, un motif de groupe tient d'ailleurs mieux dans le temps qu'un portrait unique : le trio renvoie à la camaraderie du premier film, là où un visage seul se démode vite.

Dans quels films apparaissent-ils, et pourquoi pas dans tous ?

Trois films sur cinq : La Malédiction du Black Pearl (2003), Jusqu'au bout du monde (2007) et La Vengeance de Salazar (2017). Ils sont absents du deuxième volet ainsi que de La Fontaine de Jouvence.

Leur trajectoire suit celle de la saga. Gardes de la Royal Navy dans le premier film, ils basculent au troisième du côté de ceux qu'ils étaient censés arrêter, avant de réapparaître en uniforme, de faction, dans le cinquième. Cette boucle donne au duo une continuité que peu de seconds rôles conservent sur quatorze ans de production.

Le calcul de production se comprend bien : deux comédiens reconnaissables en une seconde, quelques minutes à l'écran, et un nouvel épisode se rattache visuellement au premier film sans une ligne d'explication. Le même mécanisme joue pour Joshamee Gibbs ou pour Cotton et son perroquet.

Quelles sont leurs répliques les plus connues ?

La scène du ponton reste la plus citée. Jack Sparrow accoste avec un canot qui coule sous lui, et les deux gardes lui opposent le règlement : le ponton est interdit aux civils, il faut un nom, un motif de visite, des papiers. Rien d'héroïque, et pourtant c'est l'échange qui installe le personnage devant le spectateur.

Vient ensuite le débat sur le Black Pearl. L'un jure avoir vu un navire aux voiles noires, l'autre soutient qu'aucun navire réel ne peut rattraper l'Interceptor, et la discussion tourne en rond jusqu'à ce que le sujet leur échappe. Le spectateur, lui, vient d'apprendre trois choses : le Black Pearl existe, il fait peur, et sa réputation circule avant lui.

Troisième usage, purement mécanique : la distraction. Pendant que les deux hommes s'expliquent, Jack Sparrow avance vers le navire amiral. Le dialogue comique n'accompagne pas l'action, il la rend possible.

Un peu de contexte Le nom du personnage de Jack Sparrow passe par eux avant d'être prononcé par un officier : ce sont deux hommes de troupe qui l'enregistrent, comme un port enregistrait réellement les arrivants. Le détail est cohérent avec la fonction d'un poste de garde portuaire au XVIIIe siècle.

En quoi sont-ils différents de Pintel et Ragetti ?

Même fonction comique, camp opposé. Murtogg et Mullroy tiennent le rire du côté de la Royal Navy, Pintel et Ragetti du côté de l'équipage maudit du Black Pearl. Les deux duos ne se croisent presque jamais, mais ils occupent la même case dans la construction du récit.

Les ressorts, eux, diffèrent nettement. Chez les fusiliers, tout passe par la parole : une affirmation, une correction, un silence gêné. Chez les pirates, le comique est physique, avec l'œil de bois de Ragetti qui tombe et roule, et une gestuelle de larcin permanente. Pintel et Ragetti participent à l'action, montent à l'abordage, exécutent des ordres. Murtogg et Mullroy la commentent depuis le bord du cadre.

Pour aller plus loin sur ce point : Exposition "A l'abordage ! One Piece, pirates & corsaires", sur museecapdagde.com.

Critère Murtogg et Mullroy Pintel et Ragetti
Camp Royal Navy britannique, Port Royal Équipage du Black Pearl
Interprètes Giles New (Murtogg), Angus Barnett (Mullroy) Lee Arenberg (Pintel), Mackenzie Crook (Ragetti)
Films où ils apparaissent Films 1, 3 et 5 Films 1, 2, 3 et 5
Ressort comique Contradiction verbale entre deux subalternes Burlesque physique, œil de bois
Fonction narrative Exposition : rumeurs, règles, réputation des navires Action : abordages, larcins, exécution des ordres
Première scène marquante Interrogatoire de Jack Sparrow sur le ponton Attaque nocturne de Port Royal

Comment fonctionne leur humour, techniquement ?

En trois temps, toujours les mêmes : l'un affirme, l'autre corrige, puis un silence s'installe pendant lequel la situation leur échappe. Aucune réplique n'est écrite comme une blague. Le rire vient du décalage entre le sérieux du ton et l'inutilité de ce qui est discuté.

Le vocabulaire y joue un rôle. Les deux hommes manient un langage réglementaire, l'ordre reçu, la faction, l'accès interdit, et ce langage se heurte à un interlocuteur qui n'en respecte aucune règle. Ils servent aussi de relais au public : ils posent à voix haute les questions naïves que le spectateur se pose sur le Black Pearl, sur la valeur d'un navire, sur ce qu'un pirate vient faire dans un port militaire.

À mon avis, c'est la raison pour laquelle leur humour ne fatigue pas : il ne coupe jamais la scène. Le gag classique arrête l'intrigue le temps d'une pirouette, puis la reprend. Ici, la discussion des deux gardes fait avancer le vol du navire. En revoyant le premier film en ne regardant qu'eux, on s'aperçoit que presque tout ce qu'il faut savoir sur Port Royal passe par ces deux uniformes.

Des personnages comme eux ont-ils existé dans la vraie Royal Navy ?

Murtogg et Mullroy sont inventés. Leur fonction, elle, est attestée : des soldats embarqués, chargés de la garde à bord et à terre, existent dans la marine anglaise depuis le régiment de marine levé en 1664, et le corps permanent que l'on appelle Royal Marines est organisé au milieu du XVIIIe siècle.

Concrètement, un homme de troupe de ce type montait la faction, surveillait les embarcations amarrées, contrôlait les allants et venants et escortait les officiers. Rien d'héroïque, beaucoup d'attente, et un armement réglementaire : mousquet, baïonnette, giberne. Côté pirates, l'arme de bord la plus répandue restait une lame courte et robuste, sujet que je détaille dans l'article consacré au coutelas.

Sur une table de bois près d'une fenêtre: mousquet à platine, longue-vue, cordage, crâne, boussole et carte ancienne.
Sur une table de bois près d'une fenêtre : mousquet à platine, longue-vue, cordage, crâne, boussole et carte ancienne.

Port Royal existe. C'est une ville portuaire de la Jamaïque, base navale et place de commerce, engloutie en grande partie par le séisme du 7 juin 1692. Le Port Royal des films, avec son fort intact et sa garnison bien peignée, est un décor de cinéma posé après coup sur une ville réelle.

Un mot sur les navires, puisque la saga les malmène volontiers. Les bâtiments que la marine poursuivait dans les Antilles étaient rarement des trois-mâts : plutôt des sloops et des goélettes, rapides, capables de passer sur des hauts-fonds où une frégate ne pouvait pas suivre. Un Interceptor pensé comme le navire le plus rapide de la station relève de la fiction, mais l'obsession de la vitesse, elle, est historique.

Sloop en bois aux voiles écrues, cordages lovés sur le beaupré, et goélette à deux mâts mouillée au fond.
Sloop en bois aux voiles écrues, cordages lovés sur le beaupré, et goélette à deux mâts mouillée au fond.

Comment porter son goût pour la saga sans se déguiser ?

Un vêtement à motif suffit au quotidien ; le costume complet, tricorne et bottes compris, reste pour une soirée costumée ou un carnaval. C'est la différence entre s'habiller et se déguiser, et elle se joue sur une seule pièce.

Sur un t-shirt à motif imprimé, deux données comptent avant même de regarder le dessin. La matière d'abord : un polycoton se déforme moins au lavage qu'un jersey léger, et l'impression y reste plus stable. Le grammage ensuite : un tissu épais garde le motif à plat, évite la transparence et ne gondole pas au niveau de la poitrine après quelques passages en machine.

Étoffe bleu nuit imprimée de motifs ocres et de fines bordures, drapée en plis souples sur un plan gris.
Étoffe bleu nuit imprimée de motifs ocres et de fines bordures, drapée en plis souples sur un plan gris.

Vient ensuite le sujet du motif. Un visuel de groupe vieillit mieux qu'un portrait isolé, parce qu'il renvoie à une scène commune plutôt qu'à un seul personnage. Pour la saga, le trio du premier film coche cette case.

Ce t-shirt ne conviendra pas si tu cherches un motif discret : le visuel occupe le centre de la poitrine et se voit de loin. Si tu préfères quelque chose qui ne s'annonce pas, une bague en acier inoxydable ou un pavillon accroché au mur chez toi conviendra mieux. Et si c'est le déguisement complet que tu prépares, c'est vers une chemise et une ceinture qu'il faut aller, pas vers un imprimé.

Repère utile Les t-shirts à impression numérique taillent souvent petit. Mesure ton tour de poitrine au mètre ruban, bras le long du corps, puis compare au guide des tailles de la description du modèle. En cas d'hésitation entre deux tailles, prends celle du dessus : un imprimé tendu sur le torse marque davantage au lavage.

Comment revoir la saga en suivant les seconds rôles

Suivre un second rôle change la façon de regarder un film déjà vu : on cesse de guetter l'intrigue principale et on remarque comment l'information circule. Pour Murtogg et Mullroy, trois films suffisent.

  1. Commence par le film 1, La Malédiction du Black Pearl, et arrête-toi sur la scène du ponton : compte le nombre d'éléments d'exposition livrés en moins de deux minutes.
  2. Repère la scène de l'Interceptor dans le même film : observe le moment précis où la discussion des deux gardes devient l'outil du vol.
  3. Enchaîne sur le film 3, Jusqu'au bout du monde, en notant à quel moment le duo change de bord et ce que ce basculement dit du chaos général de l'épisode.
  4. Termine par le film 5, La Vengeance de Salazar, où on les retrouve en uniforme : leur retour sert de clin d'œil au premier film pour les spectateurs de 2003.
  5. Refais l'exercice avec un autre second rôle: Joshamee Gibbs pour la logistique d'équipage, Cotton pour le gag muet, Théodore Groves pour le point de vue d'un officier de rang intermédiaire.

Si l'envie te prend de prolonger côté décoration, un pavillon au mur ou un tableau tient une pièce entière, et un set de bateau miniature demande surtout qu'on mesure l'étagère avant de commander : la place au sol ou en hauteur est le vrai facteur limitant, pas le nombre de pièces.

Pour ceux qui préfèrent porter la saga plutôt que l'accrocher, la sélection de t-shirts pirates de Piraterie Shop réunit les motifs de la saga et les visuels plus classiques, avec les tailles disponibles indiquées modèle par modèle.

Questions pratiques

Qui joue Murtogg et Mullroy dans Pirates des Caraïbes ?

Murtogg est interprété par l'acteur britannique Giles New, et Mullroy par Angus Barnett. Les deux comédiens reprennent leurs rôles dans les premier, troisième et cinquième films de la saga. L'ordre des noms est souvent inversé sur les forums, y compris dans des résumés de scènes.

Murtogg et Mullroy reviennent-ils dans La Vengeance de Salazar ?

Oui, ils réapparaissent dans le cinquième film, en uniforme, avec les mêmes interprètes. Leur présence y est brève et fonctionne comme un rappel du premier film pour les spectateurs qui l'ont vu en 2003. Ils sont en revanche absents du deuxième et du quatrième volet.

Quelle est la phrase culte d'un pirate ?

Dans la saga, la réplique la plus reprise est celle de Jack Sparrow sur la disparition du rhum. Hors cinéma, la formule qui a fait le plus pour l'imaginaire pirate vient de la littérature : le refrain « quinze hommes sur le coffre du mort, yo-ho-ho et une bouteille de rhum » a été écrit par Robert Louis Stevenson pour L'Île au trésor, publié en 1883. Elle n'a jamais été chantée par un équipage réel.

Qui est le pirate dans Jack Sparrow ?

Jack Sparrow est lui-même le pirate : c'est un personnage de fiction créé pour la saga, capitaine du Black Pearl, interprété par Johnny Depp. Il n'a pas de modèle historique unique, même si son statut de capitaine dépossédé de son navire renvoie à des situations attestées de mutinerie.

Qui est le pirate le plus connu de l'histoire ?

Edward Teach, dit Barbe Noire, tué en novembre 1718 au large de la Caroline du Nord, reste le plus célèbre, largement grâce à une apparence travaillée pour terrifier. Si l'on regarde le nombre de prises plutôt que la notoriété, Bartholomew Roberts le dépasse nettement : on lui attribue plusieurs centaines de navires capturés entre 1719 et 1722.

Quel serait le surnom de Jack Sparrow s'il était un pirate ?

C'est un jeu, pas une donnée : dans les films, il tient simplement à ce qu'on l'appelle « capitaine ». À l'époque, les surnoms venaient d'un trait visible ou d'un fait connu, comme Barbe Noire pour la barbe, ou Calico Jack pour les vêtements de coton imprimé que portait John Rackham selon l'explication la plus courante. Un surnom cohérent pour lui viendrait donc de sa boussole ou de son chapeau, pas de ses exploits.

Comment entretenir un t-shirt à motif imprimé ?

Lavage à 30 °C, à l'envers de préférence, et séchage à l'air plutôt qu'au sèche-linge : la chaleur est le principal facteur de craquelure d'une impression. Évite le repassage direct sur le motif. Sur un tissu à grammage élevé, l'impression reste à plat plus longtemps, mais la durée de vie dépend surtout de la fréquence des lavages et de la manière dont le vêtement est séché.

« This dock is off-limits to civilians. » Murtogg, dans Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl (2003), scénario de Ted Elliott et Terry Rossio.