Pirates des Caraïbes 3 : Jusqu'au bout du monde
Les deuxième et troisième volets de la saga ont été tournés dans la foulée l'un de l'autre, entre 2005 et 2006, avec un scénario encore en cours d'écriture pendant les prises. Pirates des Caraïbes 3, « Jusqu'au bout du monde », garde la trace de ce chantier : trois camps qui manœuvrent en même temps, une dizaine de personnages qui changent d'alliance en cours de route, et un dernier acte qui n'en finit pas de se dénouer.

Ce guide remet chaque camp à sa place : qui veut quoi, ce qu'est le casier de Davy Jones, à quoi sert la Cour des Frères, ce que fait réellement la boussole de Jack. Il donne aussi l'ordre de visionnage et les quatre navires à reconnaître, pour suivre le film sans perdre le fil.
À mon avis, c'est le seul volet de la série qui raconte la fin politique de l'âge d'or de la piraterie : la Compagnie des Indes orientales y remplace le sabre par le registre comptable. On peut lui reprocher sa densité, elle est aussi la raison de le revoir.
- Titre exact : « Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du monde », troisième film de la saga, réalisé par Gore Verbinski, sorti en France le 23 mai 2007, 2 h 49.
- L'intrigue : ramener Jack Sparrow du casier de Davy Jones pour réunir les neuf Seigneurs de la Cour des Frères face à Lord Cutler Beckett et à la Compagnie des Indes orientales.
- Dans le folklore des marins anglophones, le casier de Davy Jones désigne le fond de l'océan où reposent les disparus ; le film en fait un désert de sel.
- Trois arrivées marquantes : Sao Feng (Chow Yun-Fat), Calypso libérée de son enveloppe humaine, et Beckett en adversaire administratif plutôt que monstrueux.
- La boussole de Jack n'indique pas le nord mais ce que son porteur désire le plus : elle sert de moteur au récit, pas d'instrument de navigation.
- Le film se regarde après « La Malédiction du Black Pearl » et « Le Secret du coffre maudit », et se prolonge avec « La Fontaine de Jouvence » puis « La Vengeance de Salazar ».
De quoi parle exactement Pirates des Caraïbes 3 ?
L'équipage du Black Pearl part chercher Jack Sparrow, avalé par le Kraken à la fin du film précédent, dans le casier de Davy Jones. Le but n'est pas seulement sentimental : Jack est l'un des neuf Seigneurs pirates, et sa pièce de huit manque à la Cour des Frères au moment où la Compagnie des Indes orientales entreprend de nettoyer les mers.
Côté générique : réalisation de Gore Verbinski, scénario de Ted Elliott et Terry Rossio, musique de Hans Zimmer, 2 h 49 au compteur. Au casting, Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley, Geoffrey Rush, Bill Nighy, Stellan Skarsgård, Chow Yun-Fat, Tom Hollander, Naomie Harris et Kevin McNally.
Le film se déroule en trois blocs assez nets :
- Singapour: négociation avec Sao Feng pour obtenir un navire et les cartes de navigation.
- La traversée: le bord du monde, le casier, le retour, avec les alliances qui se retournent presque à chaque scène.
- La baie des Naufrageurs et le maelström: réunion de la Cour des Frères, libération de Calypso, bataille finale contre l'armada de Beckett.
Si tu veux situer ce volet dans l'ensemble, j'ai déjà raconté la série « Pirates des Caraïbes » en cinq films, du premier au dernier. Et côté objets, les navires de la saga se retrouvent en maquettes et en sets dans la collection bateaux Pirates des Caraïbes, ce qui donne une idée assez juste des silhouettes retenues par le film.
Dans cette trilogie, les objets pèsent autant que les personnages : une boussole, une clé, un cœur dans un coffre, neuf pièces de huit. Un accessoire de fan se juge d'abord à ce qu'il évoque du récit, avant sa précision technique.
Pourquoi le casier de Davy Jones ressemble-t-il à un désert ?
Parce que le film prend l'expression à contre-pied. Dans le parler des marins anglophones, « Davy Jones's Locker » désigne le fond de la mer, là où finissent les noyés et les navires perdus. Verbinski en fait une étendue de sel blanche, sèche, sans horizon utile.
L'une des premières mentions littéraires connues de ce Davy Jones se trouve chez Tobias Smollett, dans The Adventures of Peregrine Pickle (1751), où il est le démon qui règne sur les esprits mauvais des profondeurs. L'origine du nom, elle, reste discutée : on a proposé un cabaretier londonien, une déformation de Jonas, une figure de superstition sans personne réelle derrière. Aucune de ces hypothèses n'est établie.
Le choix visuel se comprend en une image : Jack Sparrow, personnage de mouvement et de manœuvre, est puni par l'immobilité. Le Black Pearl repose sur le sec, quille dans le sel, et son capitaine tire des bords à pied. Ce sont les crabes, envoyés par Calypso, qui remettent la coque à l'eau en la traînant sur le sable.
Pour le personnage lui-même, sa dette et son coffre, tout est détaillé dans mon article consacré à Davy Jones.
Qui sont les neuf Seigneurs de la Cour des Frères ?
Ce sont neuf capitaines, chacun dépositaire d'une pièce de huit, réunis en assemblée pour décider d'une action commune. Dans ce troisième volet, la Cour est convoquée à la baie des Naufrageurs pour trancher une question : subir l'armada de la Compagnie ou libérer Calypso, la déesse de la mer emprisonnée dans un corps humain.
Quatre d'entre eux portent le film. Jack Sparrow tient les Caraïbes, Sao Feng la mer de Chine méridionale, Barbossa la mer Caspienne, et Elizabeth Swann hérite du titre de Sao Feng au moment où celui-ci meurt, avant d'être élue reine des pirates. Les autres n'ont qu'une poignée de répliques, comme Mistress Ching ou le capitaine Chevalle : ils servent surtout à remplir la salle et à faire durer le vote.
Les fameuses « pièces de huit » sont un gag du scénario : ce sont des breloques dépareillées, gardées parce que les premiers Seigneurs n'avaient pas assez de monnaie pour réunir neuf vraies pièces espagnoles. Le code de la Confrérie, tenu par un gardien, relève lui aussi de la fiction.
Ce que le film emprunte à l'histoire, c'est l'idée d'une piraterie organisée et de règles écrites. Les équipages flibustiers signaient effectivement des chartes de partage avant une campagne : répartition des prises, indemnités en cas de blessure, discipline à bord. Rien qui ressemble à un tribunal international de neuf capitaines, en revanche. Et la répression réelle, à partir des années 1720, a été menée par les marines d'État et les compagnies à charte, pas par un vote.
Pourquoi Lord Cutler Beckett est-il le vrai adversaire du film ?
Parce qu'il ne se bat pas au sabre. Beckett signe des lettres de marque, contrôle les ports, achète les fidélités et détient le cœur de Davy Jones dans un coffre, ce qui lui donne le commandement du Hollandais Volant. Sa force tient à l'administration, pas au duel.

Derrière ce personnage, il y a une réalité : la Compagnie anglaise des Indes orientales était une compagnie à charte, dotée de ses propres comptoirs, de ses navires armés et de troupes. Une entreprise privée avec une puissance d'État,. À ne pas confondre avec la Compagnie française des Indes, dont la citadelle de Port-Louis, en face de Lorient, conserve le musée : deux sociétés distinctes, deux pavillons, deux histoires.
Le retournement du Hollandais Volant est le nœud du film. Le navire qui servait à conduire les âmes des marins morts devient une machine de chasse aux pirates, chargée d'exécuter des sentences. C'est ce qui met Will Turner dans une position impossible : pour libérer son père, il doit servir celui qui traque ses alliés.
Le final de l'Endeavour est cohérent avec le personnage. Beckett reste sur sa dunette, immobile, pendant que son vaisseau amiral est démonté par les bordées du Pearl et du Hollandais. Il répétait que ce n'était rien de personnel, juste des affaires ; il meurt sans reprendre la main. Le portrait complet de Lord Cutler Beckett est sur le blog.
Que fait vraiment la boussole de Jack Sparrow ?
Elle indique la direction de ce que son porteur désire le plus, et rien d'autre. D'où son inutilité chronique entre les mains de Jack, qui change d'objectif toutes les dix minutes, et son efficacité redoutable quand quelqu'un sait exactement ce qu'il veut.
Dans ce troisième volet, elle sert deux fois. Au début, l'équipage s'en remet à elle pour retrouver Jack, avec le résultat qu'on connaît puisque personne ne désire tout à fait la même chose. Plus tard, elle passe entre les mains de Beckett, qui l'utilise pour localiser la baie des Naufrageurs et y amener son armada. Un objet qui fait avancer l'intrigue mieux que la plupart des dialogues.
Reste la question de l'objet réel. Une boussole de la saga n'a aucune fonction de navigation : pas de relèvement, pas d'aiguille exploitable en mer, pas de correction de déclinaison. C'est un accessoire de costume et de vitrine, et il se juge comme tel. Par quoi commencer sur ce type de pièce : le poids du boîtier en main, la façon dont le clapet s'ouvre et se referme, la finition du couvercle. Un boîtier léger et plat se repère tout de suite.
Deuxième critère, plus pratique : un accessoire de costume doit pouvoir se porter sans occuper les mains. Un cordon passé au cou libère les bras pour la photo, pour la convention, pour la soirée déguisée, et évite qu'on pose l'objet sur une table pour le retrouver trois heures plus tard.
Si tu cherches un instrument qui fonctionne, pour une sortie en mer ou en randonnée, ce modèle ne répondra pas : oriente-toi vers une boussole marine ou de relèvement, vendue pour cet usage. Et pour un enfant qui court pendant tout un anniversaire, un cordon au cou n'est pas le meilleur montage ; mieux vaut accrocher l'objet à une ceinture ou le confier à l'adulte entre deux photos.
Quels navires s'affrontent dans le film, et tiennent-ils la route côté marine ?
Quatre bâtiments structurent le récit, avec des gréements très différents : le Black Pearl, le Hollandais Volant, le HMS Endeavour et l'Empress, la jonque de Sao Feng. Le film soigne les silhouettes, beaucoup plus que la vraisemblance des manœuvres.
| Navire | Capitaine dans le film | Type et gréement | Rôle dans l'intrigue |
|---|---|---|---|
| Black Pearl | Jack Sparrow, puis Barbossa | Trois-mâts carré, voiles noires | Ramené du casier de Davy Jones, mène l'assaut dans le maelström |
| Hollandais Volant | Davy Jones, puis Will Turner | Trois-mâts au gréement enchevêtré de corail | Passé sous contrôle de Beckett, traque les pirates avant de changer de camp |
| HMS Endeavour | Lord Cutler Beckett | Vaisseau de ligne lourdement armé | Vaisseau amiral de l'armada de la Compagnie, détruit au final |
| Empress | Sao Feng | Jonque à voiles lattées | Ouvre la route vers les cartes menant au bord du monde |
Le Black Pearl est un gros trois-mâts à voiles carrées, joliment noirci, taillé pour la photographie. La piraterie réelle des Caraïbes, elle, marchait au sloop et à la goélette : faible tirant d'eau, peu d'équipage à nourrir, capacité à se glisser dans un chenal et à disparaître derrière une île. J'ai un faible assumé pour ces petites coques rapides, qui expliquent mieux une carrière de pirate qu'un galion à trois ponts.
La jonque de Sao Feng mérite qu'on s'y arrête. Ses voiles lattées, tenues par des lattes horizontales, se réduisent et se hissent avec peu de monde et supportent bien les déchirures. C'est une tradition navale asiatique très efficace, rarement montrée dans le cinéma occidental, et le film lui accorde une belle place.
Le maelström final relève du spectacle : deux navires qui se canonnent bord à bord en tournant sur le pourtour d'un tourbillon, avec abordage en cours de route. La manœuvre est impossible, la mise en scène est lisible, et c'est ce qu'on lui demande. Pour du combat naval attesté, plus rugueux et moins chorégraphié, j'ai réuni trois affrontements réels dans mon article sur les batailles navales pirates.
C'est documenté dans Pirates des Caraïbes 3 : Jusqu'au bout du monde (cinemalux.org).
Faut-il avoir vu les deux premiers films pour comprendre le troisième ?
Oui. « Jusqu'au bout du monde » reprend exactement là où s'arrête « Le Secret du coffre maudit », sans la moindre scène de rappel. Vu seul, le film enchaîne des dettes, des serments et un cœur enfermé dans un coffre dont personne n'explique l'origine.

Trois points suffisent à remettre la machine en route avant de lancer la lecture : la dette de Jack envers Davy Jones et sa fin dans le ventre du Kraken, le coffre contenant le cœur de Jones et ce que sa possession donne comme pouvoir, et le statut de Tia Dalma, présentée comme une sorcière du bayou et qui se révèle être Calypso.
- Revoir les quinze dernières minutes du deuxième film, ou au minimum la scène du Kraken et le retour de Barbossa.
- Noter qui détient le cœur de Davy Jones au moment où le générique du 3 démarre.
- Retenir les trois camps : les pirates de la Cour, la Compagnie de Beckett, et Jones pris entre les deux.
- Repérer les pièces de huit dès la scène de Singapour, elles reviennent à la baie des Naufrageurs.
- Rester assis pendant le générique de fin : la dernière scène arrive après.
L'ordre de visionnage conseillé reste chronologique : 2003, 2006, 2007, puis 2011 et 2017. Les deux derniers films fonctionnent en épisodes plus indépendants, la trilogie de Verbinski forme un bloc.
Sur le jeune public, deux repères concrets. La durée d'abord : 2 h 49, difficile à tenir en une fois avant 9 ou 10 ans. Le ton ensuite : le film s'ouvre sur une scène de pendaisons collectives, plusieurs personnages meurent à l'écran, et le maelström est long et bruyant. Le premier volet passe beaucoup mieux en famille.
Comment prolonger le film chez soi après le générique ?
Trois pistes selon ce que tu veux en faire : un accessoire à porter, une pièce murale, ou une maquette à exposer. Les trois ne demandent ni la même place ni le même budget.
Côté costume, la silhouette de la saga tient à peu de chose : une chemise à manches bouffantes, un bandana ou un tricorne, une ceinture large, éventuellement un cache-œil. Le reste s'ajoute par petites touches, et un accessoire au cordon complète l'ensemble sans alourdir. Un rappel utile : les sabres et pistolets vendus pour ces costumes sont en mousse ou en plastique, faits pour le jeu et la fête, et n'ont rien à faire sur la voie publique.
Côté mur, un pavillon avec œillets métalliques se fixe proprement en intérieur, à plat, avec deux crochets espacés. Un tableau ou un poster demandent moins de recul qu'on ne croit, mais plus de mur libre qu'un pavillon plié en deux.
Côté vitrine, la question à se poser avant tout achat est celle de la place au sol et de la poussière. Un grand set de construction monté occupe une longueur de rayonnage qu'on sous-estime toujours, et un gréement en fil prend la poussière plus vite qu'une coque lisse. Les coffres pirate règlent une partie du problème pour les accessoires qui ne restent pas dehors en permanence.
Et si tu veux poser un navire de la saga à côté, les maquettes et sets de la collection bateaux Pirates des Caraïbes sont rangés par modèle chez Piraterie Shop, avec les dimensions indiquées quand le fabricant les donne.
Pour aller plus loin sur ce point : Exposition "A l'abordage ! One Piece, pirates & corsaires", sur museecapdagde.com.
Questions pratiques
Quel est le titre de Pirates des Caraïbes 3 ?
« Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du monde », en anglais Pirates of the Caribbean : At World's End. Il est sorti en France le 23 mai 2007 et dure 2 h 49, ce qui en fait le plus long de la saga.
Quel est le Pirates des Caraïbes 4 ?
« Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence », réalisé par Rob Marshall et sorti en 2011. Il change de style : Verbinski n'est plus derrière la caméra, Will Turner et Elizabeth Swann ne sont plus au casting, et l'intrigue suit Jack Sparrow, Barbossa et Barbe Noire à la recherche de la fontaine.
Qui est le nouveau Jack Sparrow ?
Personne à ce jour. Un sixième film est régulièrement évoqué par le studio, plusieurs pistes ont circulé dans la presse, dont un projet dérivé porté par Margot Robbie, mais aucun nouvel interprète du personnage n'a été annoncé. Tant qu'il n'y a pas de distribution officielle, tout le reste relève de la rumeur.
Où voir Pirates des Caraïbes 3 ?
Le film est disponible en streaming sur Disney+, et en achat ou location sur les plateformes de vidéo à la demande habituelles. Il existe aussi en DVD et Blu-ray, souvent en coffret avec les deux premiers volets, ce qui reste la solution la plus simple pour enchaîner la trilogie dans l'ordre.
Que se passe-t-il dans la scène après le générique ?
Dix ans après la bataille, Elizabeth attend sur une plage avec un jeune garçon, leur fils. Le Hollandais Volant apparaît à l'horizon dans un éclair vert : Will a droit à un jour à terre tous les dix ans, et il vient. Cette scène est reprise et prolongée dans le cinquième film.
La boussole de la saga sert-elle à s'orienter, et comment l'entretenir ?
Non, c'est un accessoire de costume et de décoration, sans fonction de navigation. Pour l'entretien, un chiffon sec sur le boîtier et une charnière qu'on ne force pas suffisent ; le cordon en cuir, lui, n'aime ni l'eau salée ni le sèche-cheveux. Si tu veux un instrument utilisable en mer, il faut regarder du côté des boussoles marines vendues pour cet usage.
« This same Davy Jones, according to the mythology of sailors, is the fiend that presides over all the evil spirits of the deep. » Tobias Smollett, The Adventures of Peregrine Pickle, 1751.