Scarlett et Giselle : les deux délices de Tortuga
Les tenues de Scarlett et Giselle ont été dessinées par Penny Rose, la costumière de toute la saga Pirates des Caraïbes. Deux personnages qui ont en tout quelques répliques, et qui figurent pourtant parmi les silhouettes les plus reconstituées en convention, parce qu'on les identifie à la couleur avant même de distinguer un visage.
Dans les pages qui suivent, tu trouves de quoi les distinguer sans te tromper (qui est rousse en rouge, qui est blonde en rose et doré), la liste de leurs apparitions à Tortuga, ce à quoi sert vraiment la fameuse double gifle, et la différence entre le Tortuga du film et l'île de la Tortue réelle.

Et pour qui veut recréer l'allure, une méthode en six vérifications : longueur au sol, laçage avant, contraste des deux tons. Ce sont ces éléments qui font qu'un costume de Tortuga reste reconnaissable à trois mètres, ou pas du tout.
- Scarlett et Giselle sont deux habitantes de Tortuga dans Pirates des Caraïbes, présentées comme d'anciennes connaissances de Jack Sparrow.
- On les différencie d'abord à la couleur : dominante rouge pour Scarlett, tons clairs (rose, doré) pour Giselle.
- Leur fonction est comique : deux gifles enchaînées suffisent à poser le passé du capitaine, sans une ligne d'explication.
- Tortuga existe : l'île de la Tortue, au nord d'Hispaniola, fut une base de flibustiers au XVIIe siècle. La version du film en est une lecture très libre.
- Pour reconstituer l'allure : corsage lacé devant, deux tons superposés, jupe longue, coiffure travaillée. Les accessoires comptent plus que la broderie.
- Le vestiaire de la saga est signé Penny Rose, ce qui explique la cohérence de palette entre l'équipage et les silhouettes de second plan.
Qui est qui : Scarlett d'un côté, Giselle de l'autre
Scarlett porte le rouge et réagit la première : c'est elle qui apostrophe Jack Sparrow et lui met la première gifle. Giselle est en tons clairs, rose et doré, plus minaudante dans le ton, et elle enchaîne aussitôt. Les deux noms sont régulièrement inversés par les fans, y compris dans des vidéos de montage : le repère fiable reste la couleur de la tenue.
Le film ne leur donne ni nom de famille, ni passé détaillé, ni sortie de scène. On sait qu'elles connaissent le capitaine, on ne sait pas comment. Tout le reste appartient aux interprétations de spectateurs, et c'est très bien comme ça.
Regarde comment les deux tenues sont construites : une robe longue de fond, une couche contrastée par-dessus, un corsage resserré à l'avant. La superposition de deux tons donne du relief en photo, alors qu'un seul ton s'écrase à plat et disparaît dans une lumière basse de fin de soirée. C'est le principe que je vérifie en premier sur une reconstitution.

Pour aller plus loin sur ce point : Giselle - Jean Coralli / Jules Perrot, sur operadeparis.fr.
| Critère | Scarlett | Giselle |
|---|---|---|
| Dominante de couleur | Rouge, tons chauds soutenus | Rose et doré, tons clairs |
| Attitude dans la scène | Réplique sèche, réagit la première | Registre minaudant, enchaîne |
| Apparitions repérées | Tortuga dans le premier film, retour dans le troisième | Mêmes séquences, toujours en duo |
| Structure de la tenue | Corsage ajusté, jupe longue, superpositions | Corsage lacé, jupe longue, tons superposés |
| Difficulté à recréer | Garder un rouge profond, pas criard | Les tons clairs marquent vite en extérieur |
| Ce que le film n'explique pas | Aucun passé détaillé ni nom complet | Aucune fin ni suite données |
Leurs apparitions, film par film
La séquence de référence est celle de Tortuga dans La Malédiction du Black Pearl: Jack recrute, Gibbs commente, les deux femmes surgissent et le giflent l'une après l'autre. Elles reviennent à Tortuga dans Jusqu'au bout du monde, avec le même ressort comique.
Une apparition dans le deuxième volet, lors du recrutement d'équipage, est souvent citée. La scène est brève et je ne la donnerai pas comme certaine de mémoire : si le détail t'importe, la séquence de taverne se revoit en deux minutes. Pour les volets quatre et cinq, rien de solide ne leur est attribué.
Si tu veux replacer la scène dans son film, j'ai détaillé le premier volet ici : La Malédiction du Black Pearl. La suite du récit, avec le retour à Tortuga, est détaillée dans ma fiche sur Jusqu'au bout du monde. Les navires de ces deux films, du Black Pearl à l'Interceptor, se retrouvent aussi côté maquettes dans les bateaux Pirates des Caraïbes du catalogue.
La double gifle de Tortuga : à quoi sert le gag
Deux gifles, aucune explication, et le spectateur comprend que Jack Sparrow a un passé chargé dans ce port. C'est une économie de scénario : à la place de trois répliques d'exposition, une image.
Le procédé est repris volontairement dans le troisième film, ce qui en fait un rappel plutôt qu'une répétition maladroite. Au passage, la scène installe Tortuga comme un lieu où tout le monde connaît déjà le capitaine, sans qu'on ait besoin de le dire.
Les deux personnages tiennent donc un rôle de repère, comme un pavillon connu hissé sur un mât : on sait où on est et à qui on a affaire. Elles ne sont pas là pour faire nombre.
Tortuga au cinéma et l'île de la Tortue réelle
L'île de la Tortue existe : une île d'environ 180 km² au large de la côte nord d'Hispaniola, aujourd'hui rattachée à Haïti, occupée par des boucaniers puis organisée en base française au XVIIe siècle, avec Bertrand d'Ogeron comme gouverneur à partir de 1665. Les expéditions de flibuste vers les côtes espagnoles en partaient réellement.
Le Tortuga du film est autre chose : des ruelles boueuses, des tavernes, des bagarres au ralenti, une densité de population qu'aucun port de cette taille n'a connue. C'est un décor de cinéma, cohérent avec lui-même, très librement recomposé.

Les costumes de Penny Rose : ce qui est reconstituable
Penny Rose a signé le vestiaire de la saga. On lui doit la cohérence de palette entre l'équipage, les officiers et les silhouettes de second plan, et le choix de deux tenues volontairement contrastées pour que le duo de Tortuga se distingue dans un plan large.
La structure est commune aux deux : corsage ajusté avec laçage visible, jupe longue, superpositions de tissus. C'est cette structure qui se recrée, avec la couleur. Les tissus exacts de production, eux, ne sont pas documentés publiquement, et il n'y a aucune raison de deviner un grammage pour faire savant.
Un point pratique découle de la matière. Une jupe longue en polyester léger bouge sans peser, ne garde pas les plis comme une toile épaisse et se range sans repassage lourd. Pour un carnaval en extérieur ou une journée de convention debout, la différence se sent en fin de soirée.
Contrôler la silhouette avant d'acheter : coupe, longueur, laçage
Trois mesures suffisent à éviter les erreurs classiques : épaule-sol, tour de poitrine, tour de taille. La longueur rate plus de costumes que n'importe quel détail de tissu, parce qu'une jupe prévue pour tomber sur des bottes plates traîne dès qu'on change de chaussures.
- Mesure épaule-sol pieds nus, puis avec les chaussures que tu porteras. L'écart est souvent de 3 à 5 cm.
- Relève tour de poitrine et tour de taille et compare au guide des tailles du modèle, jamais à ta taille habituelle de prêt-à-porter.
- Vérifie le type de fermeture. Un laçage avant absorbe une bonne partie des écarts de morphologie ; un bustier à fermeture fixe ne pardonne rien.
- Décide des chaussures avant de valider la longueur. Bottes plates ou souliers plats pour une jupe qui descend aux pieds.
- Regarde le contraste des deux tons en lumière basse, pas en plein jour : une salle de fête éclairée à la guirlande efface les nuances proches.
- Fais un essai complet 48 h avant, accessoires compris, et marche dix minutes avec. C'est là qu'on repère un laçage trop serré ou un ourlet qu'on écrase du talon.
Pour un enfant, ce raisonnement ne se transpose pas : longueur au sol et laçage serré ne conviennent pas à une fille de sept ans qui court. Les collections dédiées aux enfants proposent des coupes plus courtes, plus adaptées à un après-midi d'anniversaire.
Une robe qui coche ces points
Si l'intention est d'obtenir une silhouette de Tortuga lisible sur une photo de groupe, sans passer par la couture, la logique est simple : une robe construite en deux parties, un corsage réglable à l'avant, une jupe longue dans une matière légère. Le reste se joue aux accessoires.
Deux réserves. Si tu cherches la robe rouge de Scarlett au ton près, ce modèle n'est pas celui-là : sa dominante est bleu et camel, et il vaut mieux assumer une silhouette de Tortuga qu'une copie approximative. Et la description ne donne ni dimensions précises ni poids du tissu : si tu es entre deux tailles, ou si tu mesures moins d'un mètre soixante, mieux vaut demander les mesures avant de valider. Cette robe figure dans les robes pirate de Piraterie Shop, aux côtés de coupes plus resserrées si tu préfères une jupe moins ample.
Accessoires, coiffure, et ce que je regarde en premier
Un chapeau tricorne pose la silhouette de loin, un bandana l'allège et laisse la coiffure visible. Pour les deux personnages de Tortuga, le bandana ou la coiffure travaillée est plus proche de l'écran, mais un chapeau reste plus lisible en extérieur. Les deux options se trouvent dans les chapeaux pirate.
Côté bijoux, un collier ou une bague en acier suffit. L'accumulation brouille le laçage du corsage, qui est justement l'élément qu'on veut voir. Pour la coiffure, des boucles relâchées ou une tresse basse ressortent mieux en photo qu'un chignon strict, qui durcit la silhouette.

Une précision qui a son importance : les sabres, pistolets et crochets vendus pour le costume sont des accessoires décoratifs, en mousse ou en plastique. Ils restent dans le cadre de la fête et ne se portent pas sur la voie publique.
Mon ordre de vérification, quand je regarde une reconstitution de ce type, est toujours le même. D'abord le laçage avant, parce qu'il décide du confort sur une soirée entière. Ensuite la longueur au sol. Puis le contraste des deux tons. Je néglige volontairement la fidélité au galon près : elle est invisible en salle, et elle coûte cher en temps. À mon avis, une silhouette lisible et portable trois heures vaut mieux qu'une reconstitution exacte qu'on abandonne au bout de deux.
Si l'envie te prend ensuite de prolonger côté navires, les maquettes et sets de la collection Bateaux Pirates des Caraïbes couvrent les bâtiments de la saga, du sloop rapide au trois-mâts.
Les questions qu'on me pose
Qui sont Scarlett et Giselle dans Pirates des Caraïbes ?
Deux habitantes de Tortuga, présentées comme d'anciennes connaissances de Jack Sparrow. Elles n'ont que quelques répliques et aucun passé détaillé n'est donné à l'écran. Leur rôle est de rendre immédiatement lisible le rapport du capitaine à ce port.
Dans quels films de la saga apparaissent-elles ?
La séquence la plus connue est celle de Tortuga dans La Malédiction du Black Pearl, et elles reviennent à Tortuga dans Jusqu'au bout du monde. Une apparition dans le deuxième volet est souvent citée, sur une scène très brève. Rien ne leur est attribué de solide dans les deux derniers films.
Pourquoi giflent-elles Jack Sparrow ?
Le film ne l'explique pas, et c'est le principe du gag : deux gifles enchaînées valent une scène d'exposition. On comprend qu'il leur a promis ou pris quelque chose, sans en savoir plus. Le troisième volet reprend le procédé comme un clin d'œil au premier.
Quelle est la couleur de la robe de Scarlett et celle de Giselle ?
Scarlett est en rouge, sur des tons chauds soutenus. Giselle est en tons clairs, rose et doré. C'est le seul repère qui ne trompe pas quand on veut les nommer, puisque leurs noms sont fréquemment échangés d'un commentaire à l'autre.
Qui a conçu leurs costumes ?
Penny Rose, costumière de la saga. Les deux tenues sont volontairement contrastées pour que le duo se distingue dans un plan large et dans une scène de foule. Les tissus exacts employés en production ne sont pas documentés publiquement.
Comment se déguiser en Scarlett ou en Giselle sans tomber dans le costume générique ?
Choisis d'abord la structure : corsage lacé devant, deux tons superposés, jupe longue. Prends une taille sur tes mesures de poitrine et de taille, pas sur ta taille habituelle, et vérifie ta longueur épaule-sol avec les chaussures prévues. Une robe en polyester léger se froisse peu et se range facilement ; suis l'étiquette d'entretien fournie avec le vêtement, et évite le fer chaud sur les superpositions.
« I may have deserved that. » Jack Sparrow, dans Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl (2003), après la première gifle.