Black Sam Bellamy : Un pirate ambitieux et cupide

Black Sam Bellamy : Un pirate ambitieux et cupide

En 1984, au large de Wellfleet, sur Cape Cod, l'équipe de Barry Clifford localise une épave enfouie sous quelques mètres de sable. L'année suivante, une cloche de bronze remonte, couverte de concrétions ; nettoyée, elle porte l'inscription « THE WHYDAH GALLY 1716 ». C'est la première épave de pirate identifiée avec certitude, et le navire s'appelait le Whydah, commandé par Samuel Bellamy, celui qu'on nomme aujourd'hui Black Sam Bellamy.

Gréement d'un voilier sur l'océan Atlantique agité sous un ciel chargé de nuages gris.
Gréement d'un voilier sur l'océan Atlantique agité sous un ciel chargé de nuages gris.

Tout ce qu'on peut affirmer sans hésiter sur cet homme vient de là : de la cloche, des canons, des milliers de monnaies d'argent, et des dépositions des rares survivants au procès de Boston. Le reste, le manteau de velours, la fiancée d'Eastham, le grand discours au capitaine Beer, vient de la littérature du XVIIIe siècle et de la tradition orale locale.

Ce texte fait le tri, point par point : dates, surnom, navires, butin, naufrage, fiction. Avec, à chaque fois, ce qu'on peut dire et ce qu'on ne peut pas.

Les points qui comptent
  • Samuel Bellamy, baptisé dans le Devon en février 1689 (avant le 22, selon le registre de Hittisleigh), mort le 26 (ou 27) avril 1717 au large de Cape Cod : moins de deux ans de carrière pirate.
  • Sa base réelle : les Bahamas et Nassau, avec Benjamin Hornigold puis Paulsgrave Williams, après l'échec de la chasse au trésor de la flotte espagnole de 1715.
  • Son navire, le Whydah Gally, était un navire négrier anglais capturé début 1717, puis réarmé en navire pirate.
  • Une cinquantaine de prises lui sont attribuées ; le chiffre de fortune souvent cité, autour de 120 millions de dollars actuels, sort de conversions modernes qu'aucune archive ne confirme.
  • « Black Sam », « Prince des Pirates », « Robin des Bois des mers » n'apparaissent dans aucune source d'époque.
  • L'épave retrouvée en 1984 reste la source la plus solide : cloche, canons, armes, et plus de 8 000 monnaies et fragments d'argent.

Trois Bellamy circulent, et ils ne sont pas compatibles

Cherche son nom et tu tombes sur trois personnages différents : l'amoureux malheureux d'Eastham qui part faire fortune, le capitaine élu par ses hommes au nom d'une égalité de principe, et le pirate le plus riche de tous les temps. Les trois viennent de sources de nature différente, et une seule catégorie repose sur des documents contemporains.

Le point de départ du problème est un livre : l'Histoire générale des plus fameux pirates, publiée à Londres en 1724 sous le nom de Charles Johnson. Ce texte est indispensable, c'est souvent la seule source narrative sur des capitaines dont il ne reste rien d'autre. Il mêle aussi des faits vérifiables, des dialogues reconstitués et des passages largement romancés, sans jamais signaler le passage de l'un à l'autre.

À côté, il y a les archives coloniales : signalements de prises envoyés à Londres, minutes du procès de Boston d'octobre 1717, correspondance des gouverneurs. C'est sec, c'est fragmentaire, et c'est ce qui tient. Puis vient une troisième couche, la tradition orale de Cape Cod, qui a nourri les guides touristiques depuis le XIXe siècle. Enfin une quatrième, la fiction contemporaine, jeux vidéo et mangas compris.

Un volume relié en cuir posé sur une table de bois sombre, entre une carte dépliée et des liasses de documents anciens près de la fenêtre.
Un volume relié en cuir posé sur une table de bois sombre, entre une carte dépliée et des liasses de documents anciens près de la fenêtre.

Ce détail est expliqué dans Le mystérieux destin du pirate Black Sam élucidé ? (ouest-france.fr).

Bellamy : ce qui est attesté, ce qui est légendaire

Affirmation courante Statut Sur quoi elle repose
Né dans le Devon en février 1689 Attesté Baptême relevé à Hittisleigh, lecture admise par les historiens
Surnommé « Black Sam » de son vivant Non attesté Aucun document d'époque ; surnom postérieur
Capitaine du Whydah Gally, navire négrier capturé en 1717 Attesté Dépositions du procès de Boston, cloche remontée en 1985
A pris une cinquantaine de navires Plausible Recoupement des prises signalées dans les archives coloniales
Fiancé à Maria Hallet d'Eastham Légende locale Tradition orale de Cape Cod, apparue plus tard
Discours du « Robin des Bois des mers » au capitaine Beer Récit littéraire Histoire générale des plus fameux pirates (1724)
Naufrage le 26 avril 1717, environ 144 morts Attesté Témoignages des survivants, épave retrouvée en 1984
Le pirate le plus riche de l'histoire Estimation Calculs modernes, aucun inventaire complet du butin

Point 1 : les dates et le lieu de naissance

Un baptême relevé à Hittisleigh, petite paroisse du Devon, autour du 23 février 1689, sert de base à la date de naissance. C'est l'hypothèse la plus suivie. Une origine londonienne a aussi été proposée, faute de certitude sur l'identité du Samuel Bellamy du registre.

Sa mort est mieux datée : la nuit du 26 avril 1717, sur les bancs de sable de Cape Cod. Certaines sources donnent le 27, l'écart venant du décompte de la nuit et du calendrier alors en usage en Angleterre. Il avait 28 ans. Sa carrière pirate documentée tient dans une quinzaine de mois, de 1716 à avril 1717.

On lit parfois qu'il aurait laissé une femme et un enfant à Canterbury avant de partir pour les Amériques. Cette histoire vient de récits tardifs, et je ne l'ai jamais vue appuyée sur un acte. Je la classe donc parmi les hypothèses, et non parmi les éléments de sa biographie.

Point 2 : le surnom « Black Sam » et le portrait en velours

Aucun document d'époque n'appelle Bellamy « Black Sam », « Black Bellamy » ou « Prince des Pirates ». Ces trois appellations sont postérieures, popularisées par la littérature puis par les publications touristiques de la Nouvelle-Angleterre.

L'explication qui accompagne le surnom, des cheveux noirs portés longs et noués d'un ruban plutôt qu'une perruque poudrée, s'accorde avec la mode du temps, mais aucune source contemporaine ne la mentionne. Même chose pour le portrait qui revient partout : manteau de velours, culotte, souliers à boucles, quatre pistolets de duel passés dans une ceinture d'étoffe. Cette silhouette est décrite dans les textes du XVIIIe siècle ; elle ne provient pas d'un inventaire, ni d'un dessin fait de son vivant.

Autre correction utile, parce qu'elle traîne dans beaucoup de résumés de l'âge d'or de la piraterie : Stede Bonnet, contemporain de Bellamy, était un homme, planteur de la Barbade devenu pirate sur le tard. Son pavillon est d'ailleurs l'un des plus curieux de la période, et je l'ai détaillé dans l'article consacré au drapeau de Stede Bonnet.

Précision L'auteur de l'Histoire générale des plus fameux pirates (1724) signe « Captain Charles Johnson ». On a longtemps attribué le livre à Daniel Defoe ; l'attribution est aujourd'hui contestée et l'identité réelle de l'auteur reste inconnue. Le livre garde sa valeur de source, à condition de savoir qu'il écrit aussi comme un romancier.

Point 3 : le vrai déclencheur, la flotte espagnole de 1715

Bellamy ne commence pas pirate. Il commence chasseur de trésor. Le 31 juillet 1715, un ouragan jette onze navires de la flotte des Indes espagnole sur la côte est de la Floride, chargés d'argent et d'or des mines américaines. La nouvelle attire en quelques mois des dizaines d'équipages venus renflouer les caisses immergées.

Il s'associe alors à Paulsgrave Williams, de Rhode Island, orfèvre de métier et fils de famille aisée, qui finance un sloop. Le renflouage ne donne rien : les Espagnols gardent les sites, les épaves sont déjà travaillées, l'argent facile n'est pas là. Les deux hommes basculent vers la prise en mer et gagnent Nassau, dans les Bahamas, où opère alors Benjamin Hornigold.

Hornigold, ancien corsaire, refuse d'attaquer les navires anglais. Son équipage, lui, ne voit pas pourquoi se priver. Le vote a lieu à bord, Hornigold est écarté du commandement, et Bellamy prend le sloop Marianne. Ce vote n'est pas un détail décoratif : le partage du butin et le choix du capitaine se réglaient effectivement par accord d'équipage, ce qui a beaucoup fait pour la réputation « égalitaire » de Bellamy.

Le repère Un pavillon d'équipage se juge à sa lisibilité à distance. Celui attribué à Bellamy est un Jolly Roger simple, tête de mort au-dessus de deux tibias croisés, sans sablier, sans cœur percé, sans squelette entier. C'est aussi pour ça qu'on le retrouve frappé sur de très petites surfaces, jusque sur les porte-clés à motif de monnaie pirate: trois formes reconnaissables sur trois centimètres.

Point 4 : quels navires il a réellement commandés

Trois bateaux, dans cet ordre. Le sloop Marianne, obtenu après le vote de Nassau. Puis la Sultana, une galley prise et réarmée, Bellamy laissant le Marianne à Paulsgrave Williams. Enfin le Whydah Gally, capturé début 1717 dans les eaux des Bahamas, après plusieurs jours de chasse.

Le Whydah était un navire négrier anglais neuf, environ 300 tonneaux, construit pour la traite entre l'Angleterre, la côte de Guinée et les Caraïbes. Il rentrait de sa première rotation quand Bellamy l'a pris. L'équipage l'a réarmé, on cite 28 canons, et Bellamy a rendu la Sultana à son capitaine, Lawrence Prince, avec une part de marchandise.

Le choix des navires suit une logique simple. Pour la chasse, un sloop : un mât, une grand-voile aurique, un foc, peu de tirant d'eau, capable de remonter au vent et de se réfugier dans des hauts-fonds où une frégate ne suit pas. Pour garder du butin et tenir un équipage nombreux, un grand trois-mâts : de la cale, de la batterie, mais plus de tirant d'eau et une manœuvre plus lourde. J'ai un faible pour les petits gréements, et c'est justement le trois-mâts qui a perdu Bellamy sur un banc de sable.

Les derniers noms de la liste servent à autre chose : le Mary Anne, un pink irlandais chargé de vin, et le Fisher, pris tous les deux le 26 avril 1717, quelques heures avant la tempête. Comme les hommes placés à bord de ces prises ont survécu, on possède des témoignages détaillés de la dernière soirée.

Point 5 : le butin et le titre de « pirate le plus riche »

Une cinquantaine de prises en quinze mois : c'est l'ordre de grandeur admis, obtenu en recoupant les navires signalés comme capturés dans les archives coloniales. Le chiffre est crédible, il n'est pas comptable.

La fortune, elle, n'a jamais été inventoriée. Le montant qui circule, autour de 120 millions de dollars actuels, provient de conversions modernes appliquées à des estimations de cargaisons. Je ne reprends pas ce genre de chiffre quand la méthode de conversion n'est pas indiquée, parce que passer d'une livre sterling de 1717 à un euro d'aujourd'hui dépend entièrement de ce qu'on choisit de comparer : le pouvoir d'achat, le salaire journalier ou le poids de métal.

Ce que l'archéologie confirme est plus intéressant. Plus de 8 000 monnaies et fragments d'argent ont été remontés du site, avec des lingots, de la poudre d'or, des bijoux démontés et des pièces d'orfèvrerie découpées. L'essentiel des monnaies est du huit réaux espagnol, frappé à Mexico, Lima ou Potosí, ce que les Anglais appelaient piece of eight. Format : autour de 3,5 à 4 cm de diamètre, frappe à la main, flan irrégulier.

Cordages enroulés sur le pont en bois d'un navire avec boussole, éclairés par la lumière dorée du coucher de soleil.
Cordages enroulés sur le pont en bois d'un navire avec boussole, éclairés par la lumière dorée du coucher de soleil.

Sur ces pièces, l'usure suit toujours le même chemin. Trois siècles de sable et de courant attaquent d'abord le pourtour : les inscriptions du bord deviennent illisibles bien avant que le motif central disparaisse. Une monnaie sortie de l'eau est noircie, parfois soudée à ses voisines dans une concrétion. C'est de cette matière-là, mate, mangée, que vient l'idée qu'on se fait aujourd'hui d'une pièce de trésor.

Point 6 : le naufrage, et la légende de Maria Hallet

La tempête du 26 avril 1717 pousse le Whydah sur les bancs de sable au large de Wellfleet, à quelques centaines de mètres du rivage. Le navire talonne, chavire, ses mâts cassent. Environ 144 hommes meurent dans la nuit. Deux hommes du Whydah survivent, dont le charpentier gallois Thomas Davis et John Julian, pilote d'origine miskito ; six autres se sauvent du Mary Anne, qui s'était échoué plus au nord.

Ces survivants ont été jugés à Boston à l'automne 1717. Leurs dépositions constituent la source la plus directe qu'on ait sur l'équipage, l'armement, le partage et les dernières heures. C'est le genre de document sec qui vaut mieux que dix pages de récit.

Vient ensuite Maria Hallet, jeune fille d'Eastham que Bellamy aurait aimée, laissée enceinte, et qui l'aurait attendu sur la dune avant de passer dans le folklore local sous le nom de « sorcière de Billingsgate ». Cette histoire est une tradition orale de Cape Cod, apparue longtemps après 1717 ; aucune trace documentaire ne la soutient. Elle a pourtant eu une utilité concrète : la mémoire locale du naufrage n'a jamais été perdue, et Barry Clifford savait dans quel secteur chercher.

Le pillage, lui, est documenté. Dès les jours suivants, les habitants du rivage récupèrent ce que la mer rejette, et le gouverneur du Massachusetts envoie le capitaine Cyprian Southack pour tenter de récupérer les biens au nom de la Couronne. Il n'a presque rien récupéré.

Point 7 : ce qui vient de la fiction

Un même nom circule dans trois univers qui n'ont rien à voir. Autant les séparer avant de citer un fait.

  • Le pirate historique: Samuel Bellamy, 1689-1717, capitaine du Whydah, documenté par des archives anglaises et coloniales et par une épave.
  • Le personnage de jeu vidéo: Samuel Bellamy apparaît dans Assassin's Creed IV : Black Flag, aux côtés d'autres capitaines de Nassau. Personnage librement adapté, dialogues écrits pour le jeu.
  • Le Bellamy de One Piece: dans le manga d'Eiichiro Oda, Bellamy est un capitaine pirate rattaché à Donquixote Doflamingo, croisé à Jaya puis à Dressrosa. Aucun lien avec le pirate anglais, simple homonymie.
  • Le Black Pearl et Jack Sparrow: ils viennent de la saga Pirates des Caraïbes. Ni le navire ni le capitaine n'ont d'existence historique, et ils n'ont rien à voir avec le Whydah.

Ces quatre usages sont légitimes, mais aucun ne sert de preuve pour un autre. Un dialogue de jeu vidéo n'établit pas un fait de 1717, et l'épave de Wellfleet ne dit rien de ce que devient un personnage de manga.

Par quoi commencer, et l'objet que je conseille pour raconter Bellamy

Une biographie de pirate demande d'abord de localiser des traces matérielles : une épave, un inventaire, une déposition, une lettre de gouverneur. Ensuite seulement je lis le récit.

  1. Chercher l'objet ou l'archive avant la biographie : cloche, canons, monnaies, minutes de procès. Si rien de tel n'existe, le personnage n'est connu que par des textes.
  2. Dater le surnom. S'il n'apparaît nulle part avant 1800, la phrase qui l'entoure a de bonnes chances d'avoir été écrite en même temps que lui.
  3. Repérer l'origine des dialogues. Un pirate qui prononce un discours construit, avec effets de rhétorique, sort presque toujours d'un livre du XVIIIe siècle.
  4. Séparer le chiffre d'archive de la conversion moderne. Un nombre de navires pris se recoupe ; une fortune en dollars actuels se calcule, et la méthode devrait être indiquée.
  5. Nommer la source avant de citer le fait: archive, tradition locale, œuvre de fiction. Trois phrases, trois étiquettes différentes.

Reste la question de ce qu'on garde de tout ça. Une biographie ne s'accroche pas au mur, et un pavillon prend de la place. Pour beaucoup de gens, la façon la plus simple de garder l'histoire du Whydah à portée de main, c'est un objet de poche au format d'une monnaie : le geste de la sortir avec ses clés fait plus pour la mémoire d'un navire qu'un poster oublié derrière une porte.

Si tu cherches une pièce de huit réelle, avec provenance et certificat, passe par un numismate : ce porte-clé ne joue pas dans ce style et ne le prétend pas. Et si ton idée est plutôt de meubler un mur de bureau ou une chambre, un pavillon ou un tableau couvrira une surface qu'un médaillon de 3,5 cm ne couvrira jamais.

Pour comprendre les arbitrages de Bellamy, il y a plus parlant qu'un texte : mettre côte à côte un sloop et un trois-mâts en modèle réduit. La différence de coque, de mâture et de volume de cale se voit en trois secondes, et c'est le choix qu'il a fait en février 1717. Les silhouettes des différents types de bateaux pirates en maquette et en set de construction se comparent facilement de ce point de vue. Et si l'idée du médaillon de poche te parle, la collection de porte-clés en compte plusieurs motifs, du Jolly Roger à la tête de mort colorée.

Les questions qui reviennent

Comment est mort Samuel Bellamy ?

Noyé dans le naufrage du Whydah Gally, la nuit du 26 avril 1717, sur les bancs de sable au large de Wellfleet, sur Cape Cod. Une tempête a poussé le navire vers la côte, il a talonné puis chaviré ; environ 144 hommes ont disparu. Son corps n'a jamais été identifié, ce qui a nourri plus tard des récits de survie sans le moindre appui documentaire.

Qui est le pirate le plus riche de l'histoire ?

Aucun classement fiable n'existe, parce qu'aucun butin de pirate n'a été inventorié complètement. Bellamy arrive en tête des palmarès qui circulent, avec une estimation autour de 120 millions de dollars actuels, obtenue par conversion moderne de cargaisons supposées. Henry Every et Bartholomew Roberts sont cités pour des raisons différentes : Every pour la prise du navire du Grand Moghol en 1695, Roberts pour le nombre de navires capturés.

Que devient Bellamy après Dressrosa dans One Piece ?

Il s'agit ici du personnage du manga, capitaine rattaché à Donquixote Doflamingo, sans rapport avec le pirate anglais. À Dressrosa, il refuse finalement d'exécuter l'ordre de Doflamingo et se retourne contre lui, ce qui lui vaut d'être mis hors de combat. Le récit ne suit pas son parcours ensuite, et je préfère m'arrêter là plutôt que de compléter avec des théories de forum.

Qui est le vrai capitaine du Black Pearl ?

Dans la saga Pirates des Caraïbes, Jack Sparrow est présenté comme le capitaine légitime du navire, Barbossa le lui ayant pris par mutinerie avant que le commandement change plusieurs fois de mains au fil des films. Le Black Pearl est un navire de fiction : il n'a jamais existé, et il n'a aucun lien avec le Whydah de Bellamy.

Pourquoi appelait-on Samuel Bellamy « Black Sam » ?

De son vivant, personne ne l'appelait ainsi, du moins pas dans les documents qui nous sont parvenus. Le surnom apparaît dans des textes bien postérieurs, avec l'explication habituelle : il portait ses cheveux noirs longs et noués d'un ruban au lieu d'une perruque poudrée. C'est une reconstruction plausible, pas un fait établi.

Où voir les objets remontés de l'épave du Whydah ?

Une grande partie du matériel est exposée sur Cape Cod, dans le Massachusetts, au Whydah Pirate Museum, qui présente la collection issue des fouilles de Barry Clifford : la cloche, des canons, des armes de poing, des concrétions ouvertes et des monnaies d'argent. Une partie des pièces voyage aussi en exposition temporaire.

Le chantier de fouille, lui, est toujours actif au large de Wellfleet : des concrétions continuent d'être remontées et ouvertes en laboratoire, ce qui explique que la liste des objets connus s'allonge encore aujourd'hui.

« Je suis un prince libre, et j'ai autant d'autorité pour faire la guerre au monde entier que celui qui dispose de cent voiles et de cent mille hommes en campagne. » discours prêté à Samuel Bellamy par Charles Johnson, Histoire générale des plus fameux pirates, 1724 : une reconstitution d'auteur, pas une parole relevée à bord.

Si tu ne devais garder qu'un réflexe de cet article : avant de reprendre une phrase sur Bellamy, demande-toi d'où elle sort. Un registre paroissial, une déposition de procès, une cloche de bronze marquée d'une date, ce sont des sources. Un discours superbe cité sans référence, c'est de la littérature, et c'est très bien tant qu'on le dit. Pour garder une trace matérielle de cette histoire sans encombrer un mur, les Porte-clés pirate au format monnaie se rangent dans une poche ou dans un coffre de chasse au trésor.