Le drapeau de Stede Bonnet : la marque du gentilhomme pirate
Baptisé le 29 juillet 1688 à la Barbade, Stede Bonnet possédait des terres, une maison, une épouse et aucune expérience de la mer quand il a acheté comptant un sloop, en 1717, pour se faire pirate. Payer son navire au lieu de le prendre à l'abordage, puis payer son équipage à la solde : le cas est quasi unique dans l'âge d'or de la piraterie.

Le drapeau de Stede Bonnet tient en trois signes posés sur du noir : un crâne, un cœur, une dague. Plus bas, tu trouveras l'histoire datée du personnage, la description du motif élément par élément, ce que valent réellement les sources sur ce dessin, et les critères concrets pour choisir un pavillon qui tienne sur un mur ou sur une hampe.
Un point revient à chaque fois qu'on parle de pavillons de capitaines, et je le traite sérieusement : aucune pièce d'époque n'a été conservée, ce que beaucoup de reproductions oublient de dire.
- Stede Bonnet, baptisé en 1688 à la Barbade, planteur devenu pirate en 1717 avec un sloop acheté et armé à ses frais, le Revenge; pendu à Charleston le 10 décembre 1718.
- Le pavillon qui lui est attribué : crâne blanc de face sur fond noir, un long os horizontal sous le crâne, un cœur d'un côté, une dague de l'autre.
- Lecture la plus répandue : le cœur pour la vie sauve, la dague pour le combat, soit une alternative posée devant le navire marchand.
- Aucun pavillon original de l'âge d'or n'a été conservé : le dessin actuel vient de reconstitutions postérieures, relayées par des fichiers libres et par une série télévisée de 2022.
- Pour accrocher ou hisser un pavillon chez toi, le format 90 x 150 cm avec deux œillets laiton reste le standard le plus polyvalent.
- À bord, en France, le pavillon national reste la marque du navire : un Jolly Roger n'est qu'un pavillon de fantaisie.
Barbade, 1717 : un planteur achète un sloop et se fait pirate
Bonnet était propriétaire terrien à la Barbade, marié, aisé, tenu pour respectable dans son île. Rien dans ce qu'on sait de sa vie civile ne le préparait à commander un navire. Il n'avait jamais navigué.
Le geste qui le rend singulier est financier avant d'être maritime. Un équipage pirate se constituait presque toujours en s'emparant d'un navire, souvent une prise revendue ou réarmée. Bonnet, lui, a acheté son sloop, l'a fait armer d'une dizaine de canons et a promis une solde à ses hommes, ce qui allait à rebours du partage à la part pratiqué à bord des bateaux pirates. Il baptise le navire Revenge et prend l'alias de « capitaine Thomas », un nom d'emprunt qui protège la famille restée à la Barbade sans rien retirer de ses manières de gentilhomme.
Le choix du sloop, lui, est parfaitement sensé. Un mât, une grand-voile aurique, un foc, une coque qui tire peu d'eau : ce type de gréement remonte bien au vent, se manœuvre à quelques hommes et se glisse dans les baies et les hauts-fonds des Antilles où une frégate ne suit pas. J'ai un faible pour ces petites coques, et pas seulement par goût : dans une course côtière, elles passent là où des trois-mâts ne passeront jamais.
Barbe Noire, Cape Fear, Charleston : dix-huit mois et une fin datée
La carrière de Bonnet tient en un an et demi. Croisière le long des côtes américaines à l'automne 1717, association avec Edward Teach, dit Barbe Noire, mise à l'écart de son propre commandement, grâce royale, rechute, capture, procès, pendaison le 10 décembre 1718.
Quand les deux hommes se croisent, Teach évalue vite le nouveau venu. Il place un de ses hommes, Richards, à la tête du Revenge et garde Bonnet à bord sans fonction réelle. L'ouvrage de 1724 attribué à Charles Johnson le montre déambulant en robe de chambre avec ses livres pendant que d'autres tiennent la barre. La scène est peut-être arrangée par l'auteur, elle a en tout cas fixé l'image du personnage pour trois siècles.
Après la séparation d'avec Teach, Bonnet obtient à Bath, en Caroline du Nord, la grâce accordée par le gouverneur Charles Eden, puis une autorisation de courir sur les Espagnols. Il retourne pourtant à la piraterie et rebaptise son sloop Royal James. En septembre 1718, l'expédition envoyée par la Caroline du Sud et menée par le colonel William Rhett le retrouve dans l'estuaire de Cape Fear. Les trois navires s'échouent pendant le combat et attendent la marée, immobiles, à portée de mousquet. Bonnet se rend.
Jugé à Charleston devant la cour de vice-amirauté présidée par Nicholas Trott, il est condamné et pendu le 10 décembre 1718, à trente ans. Ses lettres de supplique au gouverneur Robert Johnson n'ont rien changé.
Le pavillon attribué à Bonnet, décrit élément par élément
Le motif traditionnellement associé à Bonnet se compose de quatre éléments sur fond noir : un crâne blanc vu de face, un long os placé horizontalement sous le crâne, un cœur d'un côté, une dague de l'autre les reproductions n'orientent pas toujours ces deux signes de la même manière. Pas de tibias croisés, pas de squelette entier.
Cette disposition est ce qui le rend, à mon avis, le plus lisible des Jolly Roger. Trois signes seulement, bien séparés, chacun identifiable à distance : à cent mètres, on distingue encore le cœur de la dague, alors qu'un squelette armé d'une lance se réduit à une tache. Sur les reproductions mal imprimées, la dague finit d'ailleurs par ressembler à une toupie ou à un fléau de balance, ce qui a nourri quelques interprétations fantaisistes.
La lecture la plus citée reste simple : le cœur pour la vie sauve accordée à qui se rend, la dague pour ce qui attend celui qui résiste. Une alternative posée devant l'équipage marchand, plutôt qu'une seule menace. C'est une interprétation traditionnelle, que Bonnet n'a jamais confirmée.
Le fond noir jouait déjà son rôle avant même le dessin. Dans la pratique rapportée pour cette période, le pavillon noir annonçait une négociation possible et le rouge l'absence de quartier. Si tu veux creuser ce point, je le détaille dans mon article sur le drapeau rouge pirate et ce que sa couleur annonçait.
Un mot sur la taille, puisque c'est ce qui décide de la lisibilité d'un motif : le format qui sert de référence, aussi bien pour les pavillons pirates accrochés à un mur que pour une hampe de jardin, est le 90 x 150 cm. En dessous, un dessin blanc sur noir perd ses détails dès qu'on recule de quelques pas.

Sources, reconstitutions et confusions : ce qu'on sait vraiment du dessin
Aucun pavillon pirate de l'âge d'or, entre 1650 et 1730, n'est parvenu jusqu'à nous à l'état de pièce identifiée avec certitude. Ce que nous connaissons des motifs vient de descriptions écrites : dépositions de procès, journaux de capitaines marchands abordés, récits imprimés, gravures postérieures.
L'Histoire générale des plus fameux pyrates, publiée à Londres en 1724 sous le nom du capitaine Charles Johnson, a joué le rôle principal dans cette fixation. Le livre raconte, décrit, illustre, et ses portraits gravés ont été recopiés pendant deux siècles. Il mélange témoignages solides et broderies romanesques, sans toujours prévenir le lecteur.
Au XXe puis au XXIe siècle, un second phénomène s'est ajouté : la circulation de fichiers vectoriels libres de droits. Un tracé unique, propre, symétrique, se retrouve sur des milliers de produits et devient « le » pavillon de Bonnet, alors qu'il s'agit d'un dessin d'illustrateur moderne. La série Our Flag Means Death, diffusée à partir de 2022 avec Rhys Darby dans le rôle de Bonnet, a relancé la diffusion du motif : c'est une comédie de fiction, très libre avec la biographie, et elle ne constitue pas une source.
D'où trois mots qu'il vaut mieux ne pas employer devant une reproduction de pavillon : « authentique », « réplique historique », « pièce d'époque ». Un pavillon imprimé aujourd'hui est un objet de décoration ou de jeu, ce qui est parfaitement suffisant.
C'est documenté dans Stede Bonnet - Encyclopédie de l'histoire mondiale (worldhistory.org).
Comparer les pavillons de capitaines : Bonnet, Teach, Rackham, Roberts
Les motifs de l'âge d'or utilisent un stock d'éléments réduit : crâne, os, sablier, cœur, arme blanche, silhouette humaine entière. Leur combinaison change le propos, et leur degré d'attestation change encore plus d'un capitaine à l'autre.
| Capitaine | Motif décrit | Lecture courante | Ce que valent les sources |
|---|---|---|---|
| Stede Bonnet (1688-1718) | Crâne blanc de face, os long horizontal sous le crâne, cœur d'un côté et dague de l'autre, fond noir | Le choix laissé au navire abordé : la vie ou le fer | Aucun pavillon conservé ; dessin fixé par des reconstitutions postérieures, diffusé par des fichiers libres |
| Edward Teach, dit Barbe Noire | Squelette cornu tenant une lance vers un cœur qui saigne, sablier à la main | Le temps compté et la mort promise à qui résiste | Motif popularisé aux XIXe et XXe siècles, sans pièce d'époque connue |
| John Rackham, dit Calico Jack | Crâne au-dessus de deux coutelas croisés, fond noir | Annonce d'abordage, arme au clair | Attribution traditionnelle, devenue le Jolly Roger générique du commerce |
| Bartholomew Roberts | Silhouette d'un homme debout avec un crâne, variantes à deux crânes désignant des îles | Menace nommée, adressée à des colonies précises | Décrit dans des récits du XVIIIe siècle, plusieurs variantes concurrentes |
Le pavillon de Roberts est le seul du lot dont une variante soit décrite avec une intention politique explicite, visant des îles nommées après ses démêlés avec la Barbade et la Martinique. Celui de Rackham a connu le destin inverse : à force d'être repris, il a cessé d'appartenir à un capitaine pour devenir le symbole pirate par défaut, celui des t-shirts et des enseignes.
Choisir un pavillon Jolly Roger : format, toile, œillets, lisibilité
Trois critères comptent vraiment : le format, la finition des bords, la netteté de l'impression. Un pavillon n'est pas un poster ; il doit supporter d'être manipulé, plié, éventuellement mouillé.
Le 90 x 150 cm couvre la plupart des situations. Sur un mur, il occupe une surface comparable à une grande affiche encadrée et reste lisible depuis l'autre bout d'une pièce. Derrière un bureau, il tient sans écraser. Sur un mât de jardin de trois à quatre mètres, il reste proportionné et se déploie dès qu'il y a un peu de brise. Plus petit, le motif se referme sur lui-même ; plus grand, il faut un mât sérieux et de la place au sol pour le manœuvrer.
Côté fabrication, regarde l'ourlet et la bande de renfort le long du guindant, ainsi que les œillets métalliques. Deux œillets en laiton permettent de passer une drisse ou un simple bout ; un pavillon percé à même la toile s'ouvre au premier coup de vent. Une toile polyester encaisse mieux l'humidité qu'un coton fin, mais rien ne tient éternellement dehors : à la base nautique où je travaille, les pavillons qu'on rentre le soir font deux saisons quand ceux qu'on laisse au mât tout l'été passent au gris.
L'impression, enfin. Un dessin blanc franc sur fond noir, aux contours nets, reste identifiable à dix mètres et supporte le mouvement. Un motif tramé, gris ou surchargé de détails fins, devient illisible dès qu'il bat au vent. C'est ce que le motif de Bonnet réussit et ce que la plupart des squelettes armés ratent.
Si tu cherches un premier pavillon pour une pièce, un atelier ou une salle de jeux, et que l'emblème t'intéresse plus que l'histoire d'un capitaine précis, un Jolly Roger générique bien imprimé fera parfaitement l'affaire. Chez Piraterie Shop, c'est celui-ci que je citerais en premier.
Il ne conviendra pas si tu cherches précisément le motif de Bonnet, avec son os horizontal, son cœur et sa dague : c'est un autre dessin, plus dépouillé, et il se trouve surtout en sticker, en toile imprimée ou en patch. Les amateurs de pavillons de capitaines identifiés préféreront aussi un motif attribué à un nom précis plutôt qu'un Jolly Roger de synthèse.

Hisser, accrocher, encadrer : usages à terre et à bord
Un pavillon s'accroche par ses œillets, jamais par ses coins percés à la va-vite. Voici l'ordre dans lequel je procéderais, selon l'endroit où il va vivre.
- Décider de l'emplacement avant de déballer. Un 90 x 150 cm demande une surface murale d'au moins 110 x 170 cm pour ne pas paraître coincé.
- Mesurer l'écartement des œillets et poser deux points de fixation à cette distance exacte : deux petits crochets, deux pattes adhésives résistantes, ou une tringle fine passée dans les œillets.
- Tendre légèrement la toile sans la forcer. Une toile trop tirée marque aux angles, une toile trop lâche fait des plis en travers du crâne.
- Pour une hampe ou un mât de jardin, passer une drisse dans les deux œillets et frapper le bout sur le taquet. Le guindant, la bande renforcée, va contre le mât.
- Amener le pavillon par gros temps et le rentrer l'hiver. Le vent use les coutures du battant, le soleil mange l'impression.
- Entretien : rinçage à l'eau claire s'il a pris de l'embrun ou de la poussière, séchage à plat ou sur un fil, pas de sèche-linge sur une toile imprimée.
À bord, la règle est différente et elle ne se contourne pas : le pavillon national reste la marque du navire. Un Jolly Roger est un pavillon de fantaisie, qui ne remplace rien et n'autorise rien. Avant une sortie en mer, les conditions d'arborage se vérifient auprès des services des affaires maritimes, qui publient les règles applicables à la plaisance.
Reste à préciser l'usage avant d'acheter. Un pavillon de chambre d'enfant se choisit pour le dessin et se fixe à hauteur d'yeux ; un pavillon de bureau se regarde de près et supporte plus de détails ; un pavillon de soirée costumée finira roulé dans un sac et vaut mieux en toile qu'en papier.
Prolonger le sujet : le sloop, le costume, la table du gentilhomme pirate
Comprendre Bonnet passe par son navire autant que par son pavillon. Un sloop des Antilles, c'est une coque à faible tirant d'eau, une voilure réduite à deux ou trois voiles, un équipage de quelques dizaines d'hommes : de quoi surprendre un marchand côtier, pas de quoi tenir tête à un navire de guerre. Cape Fear l'a démontré en une marée.
Pour prolonger de ce côté, les maquettes et sets de construction de la collection bateaux pirates permettent de comparer les gréements de visu : compte les mâts, regarde la forme de la poupe, puis le nombre de sabords. Une chose que j'aime dans les petites coques, c'est qu'elles trouvent une place sur une étagère sans qu'il faille vider la pièce.
Côté costume, Bonnet n'a rien du boucanier en haillons. Tricorne, chemise à manches bouffantes, veste longue, ceinture large, bottes : une silhouette de planteur passé au métier, plus proche du gentilhomme que du forban de carnaval. C'est une piste utile pour qui prépare une soirée et veut éviter la perruque en nylon, et la collection déguisements pirate se voit très bien avec ce cadre en tête. Pour un anniversaire d'enfant, un coffre, une carte et un cache-œil suffisent largement à poser le décor ; les accessoires de type sabre restent des objets de jeu en mousse, à garder à la maison.
Si les motifs de pavillons t'intéressent au-delà des capitaines historiques, la collection réunit aussi les emblèmes de fiction, notamment les pavillons d'équipages de One Piece, jusqu'à des équipages secondaires que peu de catalogues nomment. La porte d'entrée est la même : l'ensemble des drapeaux pirates du catalogue, classés par univers, avec leurs formats et leurs finitions.
Questions fréquentes
Qui était Stede Bonnet ?
Un planteur de la Barbade, baptisé le 29 juillet 1688, qui a acheté et armé un sloop en 1717 pour se faire pirate sans avoir jamais navigué. Il a croisé sur les côtes américaines sous l'alias de « capitaine Thomas », s'est associé à Barbe Noire, a obtenu puis perdu le bénéfice d'une grâce, et a été pendu à Charleston le 10 décembre 1718 après sa capture à Cape Fear. On l'appelle souvent le gentilhomme pirate à cause de cette trajectoire sociale, unique parmi les capitaines de l'époque.
Comment s'appelle le drapeau pirate à tête de mort ?
Jolly Roger. Le terme désigne l'ensemble des pavillons noirs à tête de mort, pas un dessin unique : celui de Rackham, celui de Bonnet et celui attribué à Barbe Noire sont trois Jolly Roger différents. L'origine du nom est discutée, entre le « joli rouge » français et le Old Roger anglais qui désignait le diable, sans qu'aucune piste l'emporte.
Peut-on hisser un drapeau pirate sur un bateau en France ?
Ce qui est encadré, c'est l'arborage du pavillon national, marque de nationalité obligatoire d'un navire. Un Jolly Roger relève du pavillon de fantaisie et ne remplace jamais le pavillon national ni les marques réglementaires. Avant de sortir avec, renseigne-toi auprès des affaires maritimes ou de ton club, car les règles varient selon la catégorie du bateau et la zone de navigation. À terre, sur un mât de jardin ou un mur, aucune de ces contraintes ne s'applique.
Quel est le drapeau pirate le plus connu ?
Le crâne sur deux sabres croisés, associé traditionnellement à John Rackham, dit Calico Jack. Il s'est imposé comme l'emblème pirate générique au point qu'on l'utilise aujourd'hui sans référence à son capitaine. Le motif au crâne sur deux tibias croisés, plus ancien dans l'iconographie funéraire, le suit de près.
Que signifient le cœur et la dague sur le pavillon de Stede Bonnet ?
L'interprétation la plus répandue veut que le cœur promette la vie sauve à qui se rend et que la dague annonce ce qui attend celui qui résiste. C'est une lecture transmise par la tradition et reprise par les ouvrages postérieurs, pas une explication laissée par Bonnet lui-même. D'autres y ont vu une balance ou une allusion à sa vie conjugale, mais les sources disponibles ne permettent pas de trancher.
Quelle taille de pavillon choisir pour un mur ou un mât de jardin ?
Le 90 x 150 cm convient aux deux usages et reste le format le plus courant. Sur un mur, prévois environ 110 x 170 cm de surface libre pour que le pavillon respire ; sur un mât de trois à quatre mètres, c'est la taille qui se déploie franchement sans peser sur la drisse. Les formats plus petits, autour de 60 x 90 cm, se réservent aux chambres d'enfant et aux fêtes, où le pavillon se regarde de près.
« Un gentilhomme de bonne réputation dans l'île de la Barbade, maître d'une fortune abondante, et qui avait eu l'avantage d'une éducation libérale. » Charles Johnson, A General History of the Pyrates, Londres, 1724, au sujet de Stede Bonnet.