Les canons et caronades des pirates

Les canons et caronades des pirates

En 2011, au large de Beaufort Inlet, en Caroline du Nord, les archéologues du chantier de fouille du Queen Anne's Revenge ont remonté un canon en fonte de près d'une tonne, couvert de concrétions. Le navire est attribué à Barbe Noire, échoué là en 1718. Un tube pareil dit assez bien ce qu'était l'artillerie d'un pirate : lourde, lente à servir, encombrante sur un pont, et beaucoup moins bavarde qu'au cinéma.

Canon en fonte posé sur un berceau de bois, sa bouche encore piquetée de concrétions marines, entouré de petits fragments coquilliers.
Canon en fonte posé sur un berceau de bois, sa bouche encore piquetée de concrétions marines, entouré de petits fragments coquilliers.

Cet article traite des canons et caronades des pirates : le vocabulaire exact des pièces, le nombre réellement embarqué selon le type de navire, la séquence de chargement dans l'ordre, les différents boulets, et pourquoi le mot « caronade » n'a rien à faire dans une histoire de 1650-1730.

Il y a aussi, plus loin, un point pratique pour ceux qui regardent des modèles réduits : trois repères simples pour juger si un bateau pirate en maquette ou en set de construction est armé de façon cohérente.

L'essentiel
  • La caronade est une pièce écossaise apparue vers 1778-1779 : elle est postérieure à l'âge d'or de la piraterie (1650-1730), les pirates historiques ne l'ont pas connue.
  • Un canon de marine se désigne par le poids de son boulet (4, 6, 12, 24, 32 livres) : plus le calibre monte, plus le tube, l'équipe de servants et le recul deviennent lourds à gérer.
  • Charger se fait en séquence : gargousse, valet, boulet, valet, épinglette dans la lumière, étoupille, tire-feu. Une équipe rodée tire environ un coup toutes les deux minutes.
  • Les pirates préféraient le coup de semonce et l'abordage : couler ou trouer une prise qu'on comptait revendre n'avait aucun intérêt.
  • Le pierrier monté sur chandelier, léger et pivotant, servait à balayer le pont adverse juste avant l'abordage.
  • Sur une maquette ou un set de construction, la cohérence se juge au nombre de mâts, à l'alignement des sabords et à la voilure, pas au nombre de tubes noirs.

Qu'est-ce qu'une caronade, et les pirates en ont-ils vraiment eu ?

Une caronade est un canon court, léger, à courte portée, fondu par la Carron Company, en Écosse, et adopté par la Royal Navy à partir de 1778-1779. Les pirates de l'âge d'or n'en ont jamais vu : Barbe Noire meurt en novembre 1718, Bartholomew Roberts en février 1722, soit deux générations plus tôt.

L'écart chronologique est net et pourtant le mot circule partout dans l'univers pirate, sur les forums de maquettes comme dans les jeux vidéo. La raison est simple : la fiction mélange librement deux siècles d'artillerie navale, et « caronade » sonne plus marin que « canon ». La confusion vient aussi de la silhouette, un tube trapu et court qu'on associe volontiers aux ponts encombrés des films.

Ce que les équipages de 1650-1730 embarquaient réellement, c'était des pièces longues en fonte, montées sur affût à roues, plus des pierriers pivotants au bastingage. À cela s'ajoutaient des armes d'épaule dont l'espingole, ce fusil à canon évasé chargé de balles et de ferraille, qui n'est pas de l'artillerie mais servait au même moment de l'action.

La caronade, elle, a changé le combat des marines de guerre après 1780. Gros calibre, tube court, charge de poudre réduite, peu de servants, un affût à glissière au lieu de quatre roues : redoutable à quelques dizaines de mètres, sans intérêt au-delà. Les navires légers ont pu s'armer lourdement sans écraser leurs ponts. Une invention de flotte d'État, pas de flibustier.

Deux canons de marine en fonte noire posés sur des affûts en bois à roues, sur un sol de pierre.
Deux canons de marine en fonte noire posés sur des affûts en bois à roues, sur un sol de pierre.

Comment appelle-t-on les différentes pièces d'artillerie d'un navire ?

On désigne une pièce par sa position et par son calibre. Les canons alignés le long de la muraille forment la bordée, celui qui tire vers l'avant est le canon de chasse, celui de l'arrière le canon de retraite. Le calibre s'exprime en livres, c'est-à-dire au poids du boulet.

Le vocabulaire de bord vaut la peine d'être connu, parce qu'il revient dans les descriptions de maquettes comme dans les récits de fouille :

  • Sabord: l'ouverture carrée dans la muraille, fermée par un mantelet à charnières.
  • Âme, lumière, culasse: l'intérieur du tube, le petit trou d'allumage sur le dessus, la partie arrière pleine.
  • Brague et palans: le cordage qui limite le recul, les moufles qui ramènent la pièce en batterie.
  • Coins de mire et barres d'anspect: le coin de bois qu'on glisse sous la culasse pour régler la hausse, les leviers pour orienter l'affût.

Le pierrier occupe une case à part. Petite pièce pivotante montée sur un chandelier ou une fourche fichée dans le bastingage, chargée de mitraille, servie par un ou deux hommes. Il tire à très courte distance et se recharge vite. Pour un équipage qui vise l'abordage, c'est l'outil le plus utile du bord.

Petite pièce de fonte montée sur pivot dans un billot de chêne du bastingage, gréement flou à l'arrière-plan.
Petite pièce de fonte montée sur pivot dans un billot de chêne du bastingage, gréement flou à l'arrière-plan.

Reste l'échelle. Un vaisseau de ligne du XVIIIe siècle aligne plusieurs dizaines de pièces sur deux ou trois ponts, avec des équipes entraînées à la manœuvre. Un navire pirate en compte quelques-unes, servies par des hommes qui sont aussi gabiers, charpentiers et abordeurs.

Canon long, caronade et pierrier : trois pièces, trois époques, trois usages

Pièce Période d'usage Calibre courant Portée utile Servants Usage à bord
Canon long de bordée XVIIe-XIXe siècle, présent pendant tout l'âge d'or 6 à 32 livres Longue, plusieurs centaines de mètres 6 à 12 hommes Bordée, coup de semonce, tir dans le gréement
Canon de chasse Même période 4 à 12 livres Longue Équipe réduite Tir vers l'avant pendant la poursuite d'une proie
Caronade À partir de 1779 environ, donc après l'âge d'or 12 à 68 livres Courte, quelques dizaines de mètres Équipe réduite, affût à glissière Coup de destruction à bout portant, marines de guerre
Pierrier sur chandelier XVIe-XVIIIe siècle, très utilisé par les flibustiers Moins d'une livre, mitraille Très courte 1 à 2 hommes Balayer le pont adverse juste avant l'abordage

Combien de canons portait un bateau pirate ?

Le plus souvent entre quatre et douze pièces. On est très loin des trente à quarante d'un navire de guerre, et encore plus loin des murailles hérissées de sabords qu'on voit dans les films. L'armement suit la coque : petit navire, peu de canons.

Le Queen Anne's Revenge fait figure d'exception. Ancien navire négrier français capturé puis transformé, il portait une trentaine de pièces d'après ce que le site de fouille a livré, de calibres et d'origines très variés, ce qui est typique d'un armement rassemblé au fil des prises. Un pirate ne commande pas ses canons chez un fondeur, il prend ceux qu'il trouve.

Le sloop, navire préféré des flibustiers des Caraïbes, se contente de deux à huit pièces, parfois moins. En échange il tire peu d'eau, remonte bien au vent, se faufile dans les hauts-fonds et embarque un équipage nombreux au regard de sa taille. Ce sont ces coques rapides qui font la piraterie, plus que les gros trois-mâts, et j'ai un faible avoué pour ces petits gréements. La collection consacrée aux navires pirates rassemble des modèles inspirés des coques qui reviennent le plus souvent dans les archives.

Surcharger un pont coûte cher, et pas seulement en argent. Une pièce de 6 livres pèse déjà plusieurs centaines de kilos avec son affût, une pièce de 12 approche la tonne, les gros calibres des vaisseaux de ligne dépassent les deux tonnes. Ce poids monte haut dans le navire, il dégrade la stabilité, il exige de la place pour la poudre et les boulets, et chaque canon immobilise plusieurs hommes qui ne sont plus disponibles pour la manœuvre.

Le nombre de mâts et la longueur de coque annoncent la capacité d'emport. Un trois-mâts porte une muraille longue, des sabords répartis sur toute sa longueur et une voilure ample ; un mât unique et une grand-voile, c'est la silhouette d'un sloop de course. Le repère vaut aussi pour les modèles réduits : dans les sets de construction de bateaux pirates, la longueur de la coque commande directement le nombre de sabords que le fabricant peut aligner sans que ça sonne faux.

Le pavillon fait partie de l'armement au même titre que les pièces. Un Jolly Roger lisible à distance, crâne surmontant deux tibias ou deux sabres croisés, annonce la couleur avant le premier coup de semonce. Sur les modèles réduits, ce détail change complètement la silhouette : sept voiles rouges frappées d'une tête de mort se repèrent d'un bout de la pièce à l'autre, là où un pavillon minuscule en haut du grand mât disparaît.

Comment les pirates chargeaient-ils et tiraient-ils un canon ?

La manœuvre suit un ordre strict, appris par répétition, parce qu'une erreur de séquence tue l'équipe. Voici le cycle complet d'une pièce de bordée, du sabord fermé au coup parti.

Sur un plancher sombre, refouloir, écouvillon à tête de laine, cordages lovés, cadran gradué et sac de toile clair.
Sur un plancher sombre, refouloir, écouvillon à tête de laine, cordages lovés, cadran gradué et sac de toile clair.
  1. Ouvrir le mantelet du sabord et amener la pièce à bout de brague, culasse vers l'intérieur, pour dégager la bouche.
  2. Écouvillonner l'âme avec l'écouvillon mouillé dans la baille de combat, pour noyer les braises du coup précédent.
  3. Introduire la gargousse, la charge de poudre en sachet, puis un valet, tampon d'étoupe ou de foin, poussé au refouloir.
  4. Charger le boulet, suivi d'un second valet qui l'empêche de rouler hors du tube au roulis.
  5. Remettre en batterie aux palans de côté, bouche passée hors du sabord.
  6. Pointer: barres d'anspect pour la direction, coin de mire enfoncé ou retiré sous la culasse pour la hausse.
  7. Percer la gargousse avec l'épinglette glissée dans la lumière, mettre l'étoupille et un peu de poudre fine.
  8. Tirer au cordon tire-feu, l'équipe écartée de la trajectoire de recul, en attendant le bon moment du roulis.

Le tir au roulis est le vrai savoir-faire. Un navire bouge sans arrêt : on tire quand la coque se relève pour viser le gréement et les vergues, quand elle s'enfonce pour toucher la muraille au ras de l'eau. Une équipe entraînée tient environ un coup toutes les deux minutes, davantage sur un navire de guerre discipliné, moins sur un pont de pirates où les servants sont aussi les abordeurs. Pour se faire une idée de ce que dégageaient ces pièces, une démonstration filmée à partir des canons de la Bataille de Trafalgar par National Geographic donne l'ordre de grandeur du souffle et de la charge.

Le danger venait autant de l'intérieur que de l'ennemi. Une brague rompue laisse partir une masse de plusieurs centaines de kilos en travers d'un pont mouillé. La poudre humide fait long feu, le tube fissuré éclate, un fond de gargousse resté allumé enflamme la charge suivante pendant qu'un homme a le bras dans la bouche du canon.

Dans la pratique Pour visualiser la scène, le meilleur exercice reste de monter à bord d'un vieux gréement à quai lors d'une fête maritime. En 2016, à Brest, ce qui m'a le plus marqué en notant des noms de bateaux dans un carnet, c'est la hauteur des bastingages et l'exiguïté des ponts : entre le cabestan, les manœuvres courantes et les hommes, la place pour reculer un affût de plusieurs centaines de kilos est ridicule. On comprend d'un coup pourquoi personne ne charge quinze canons sur un sloop.

Pourquoi les pirates tiraient-ils si peu, en réalité ?

Parce que l'objectif était la prise intacte. Un navire troué à la flottaison coule avec sa cargaison, une cale noyée ruine les tissus, le sucre et le tabac, et un bâtiment démâté se remorque mal. On tire pour faire amener un pavillon, pas pour créer une épave.

L'arsenal d'intimidation passait donc en premier : pavillon noir hissé à bonne distance, pavillon rouge ensuite quand la proie s'obstinait, coup de semonce tiré en travers de l'étrave, cris, tambours et ferrailles frappées contre le bordé. Beaucoup de marchands amenaient sans qu'un seul boulet touche. Un équipage de commerce est payé pour naviguer, pas pour mourir en défendant la cargaison d'un armateur.

Quand il fallait tirer, on visait haut. Les boulets ramés et enchaînés hachent la toile, coupent les drisses et cassent les vergues : la proie perd sa vitesse sans prendre l'eau. Ensuite venaient la mitraille et les pierriers, à quelques mètres, pour dégager le pont adverse dans les secondes qui précèdent l'abordage. C'est là que se jouait l'affaire, au sabre et au pistolet, pas à la bordée.

Les cibles habituelles étaient des marchands peu ou pas armés. Face à un navire de guerre, on fuyait, et le choix du navire léger prend là tout son sens. Dans les rares cas où la fuite était impossible, le combat a été bref et souvent fatal : je raconte plusieurs de ces affrontements dans mon article sur les batailles navales pirates les mieux documentées, dont celle qui coûte la vie à Bartholomew Roberts.

De quoi étaient faits les boulets, et quels types existaient ?

Le boulet ordinaire est une sphère pleine en fonte, coulée au moule et calibrée au poids de la pièce : un boulet de 6 livres pour un canon de 6. Il traverse le bordé, envoie des éclats de bois à l'intérieur, et ce sont souvent ces éclats qui blessent plus que le boulet lui-même.

À côté du boulet plein, quelques projectiles spécialisés :

Boulets pleins de plusieurs tailles, boulets ramés et boulet enchaîné posés sur une table de bois usée, près de cordages.
Boulets pleins de plusieurs tailles, boulets ramés et boulet enchaîné posés sur une table de bois usée, près de cordages.
  • Boulet ramé: deux demi-sphères ou deux masses reliées par une barre de fer, qui tournoient et coupent tout ce qu'elles rencontrent dans la voilure.
  • Boulet enchaîné: même principe avec une chaîne, encore plus destructeur pour les manœuvres et les vergues, très imprécis au-delà de courte distance.
  • Mitraille: balles de plomb, clous et ferraille assemblés en sac ou en boîte de fer-blanc, qui se dispersent en gerbe à la sortie du tube.
  • Boulet rouge: boulet chauffé au four pour incendier une coque, employé par les batteries côtières et les marines de guerre. Sans four à bord, un pirate ne pouvait pas s'en servir, et personne n'a envie d'un projectile incandescent près de sa soute à poudre.

Sur les épaves, tout cela ressort sous forme de concrétions : des masses de fonte, de coquillages et de sable agglomérés, qu'il faut radiographier avant d'ouvrir pour savoir ce qu'elles contiennent. On y trouve aussi des grenades à main, sphères creuses munies d'une mèche, lancées sur le pont adverse au moment de l'abordage.

Comment reconnaître un navire correctement armé sur une maquette ou un set de construction ?

Trois repères suffisent : le nombre de mâts, la régularité des sabords sur la muraille, et la cohérence de la voilure avec cette coque. Un modèle qui aligne dix canons sur une coque courte à un seul mât n'a aucun sens ; un trois-mâts long qui n'a que deux sabords non plus.

La voilure se compte. Sept voiles réparties sur trois mâts, c'est la silhouette d'un grand voilier armé, capable de porter du monde et du poids. Une seule grand-voile sur un mât unique, c'est le sloop de course, rapide et peu armé. Entre les deux, la goélette à deux mâts occupe la place la plus fréquente dans la piraterie réelle.

Le pavillon compte dans la silhouette au même titre que la mâture. Sur beaucoup de modèles récents, le Jolly Roger est répété sur toutes les voiles, avec un crâne surmontant deux sabres croisés au lieu des tibias : c'est une variante graphique de fabricant, plaisante à l'œil, pas un emblème historique attesté. Autant le savoir avant de chercher à quel capitaine il correspond, la réponse est : aucun.

Reste l'encombrement, qu'on oublie systématiquement au moment de choisir. Un grand trois-mâts monté demande de la profondeur d'étagère, de la hauteur libre au-dessus des mâts, et une manipulation soignée quand on le déplace. Les modèles de grande taille se destinent à partir de 6 ans, pas aux tout-petits, à cause des petites pièces et de la fragilité du gréement.

Pour le Bateau Pirate Lego Grand, la description du modèle annonce un trois-mâts à coque marron allongée, sept voiles rouges portant chacune un Jolly Roger où les tibias sont remplacés par des sabres, un matériau plastique solide et un âge conseillé de 6 ans et plus. Elle ne donne ni dimensions une fois monté, ni nombre de pièces : ce sont deux points à vérifier auprès de la boutique si tu comptes lui réserver une étagère précise.

Quand quelqu'un cherche un modèle à exposer monté, la question est moins « combien de canons » que « quelle silhouette ». Un trois-mâts long avec une voilure complète donne l'échelle et se voit de loin dans une pièce ; c'est ce type de coque qui correspond à un navire lourdement armé, celui qu'un équipage pirate capturait plutôt qu'il ne le construisait.

Il ne conviendra pas dans deux cas. Si l'enfant a moins de 6 ans, oriente-toi vers un jouet de bain ou une figurine robuste plutôt que vers un set à petites pièces. Et si tu n'as qu'une étagère standard de bibliothèque, un modèle compact du type Bateau Pirate Lego Petit tiendra debout sans que la pointe du grand mât touche la planche du dessus, ce qui vaut mieux qu'un grand voilier couché sur le côté faute de hauteur.

Comment exposer et entretenir un grand voilier pirate une fois monté ?

Choisis l'emplacement avant d'ouvrir la boîte, pas après. Mesure la profondeur de l'étagère, la hauteur libre au-dessus, et regarde l'exposition à la lumière : une fenêtre plein sud décolore les voiles rouges et les autocollants en quelques saisons.

Pour la présentation, l'angle de trois quarts avant reste le plus lisible : on voit la muraille avec ses sabords et l'étagement des voiles en même temps. Un modèle posé strictement de profil paraît plat, et vu de face il perd toute sa longueur de coque.

Le dépoussiérage se fait à la brosse douce, pinceau large ou brosse à maquillage propre, en descendant du gréement vers le pont. Une poire soufflante ou de l'air comprimé à faible pression fonctionne bien pour les haubans. Évite le chiffon humide sur les voiles en tissu et sur les autocollants, qui décollent ou marquent.

Pour prolonger l'ensemble dans une chambre ou un bureau, un pavillon accroché au mur derrière l'étagère, un petit coffre en bois et une carte au trésor suffisent à composer un coin cohérent sans surcharger. Et si le bateau est un cadeau d'anniversaire, monte-le avec l'enfant plutôt qu'à sa place : la notice se garde, les remontages sont fréquents, et c'est souvent la partie qu'il préfère. Si tu veux comparer les tailles et les silhouettes avant de te décider, la collection bateaux pirate en set de construction permet de voir les modèles à un mât et les grands trois-mâts côte à côte.

Bon à savoir avant de choisir

Quelles étaient les armes utilisées par les pirates ?

Au corps à corps, le sabre d'abordage ou coutelas, la hache, le pistolet à silex (souvent plusieurs par homme, faute de pouvoir recharger dans la mêlée) et la pique. À distance, le mousquet, l'espingole et les grenades à main. Côté artillerie, des canons longs en fonte et des pierriers pivotants au bastingage. L'arme la plus efficace restait pourtant le pavillon noir hissé assez tôt pour éviter le combat.

Quel est le plus gros canon jamais monté sur un bateau ?

À l'époque de la voile, les plus grosses pièces couramment embarquées étaient les canons de 32 et de 42 livres des vaisseaux de ligne, et les caronades de 68 livres après 1780. Les records absolus appartiennent aux cuirassés du XXe siècle, avec les tourelles de 460 mm des cuirassés japonais de classe Yamato. Rien de tout cela n'a le moindre rapport avec un pont de flibustiers.

De quoi étaient faits les boulets de canon ?

De fonte coulée au moule, calibrée au poids de la pièce. Les variantes utilisaient le même métal sous d'autres formes : deux masses reliées par une barre pour le boulet ramé, par une chaîne pour le boulet enchaîné, balles de plomb et ferraille en sac pour la mitraille. Le boulet chauffé au rouge existait, mais il exigeait un four, donc une installation à terre ou sur un navire de guerre.

Comment s'appellent les bateaux des pirates ?

Il n'y a pas de « bateau pirate » comme type de navire : les pirates prenaient ce qui passait. Les noms qui reviennent le plus dans les archives des Caraïbes sont le sloop, la goélette, le brigantin et le senau, tous plutôt petits et rapides. Un grand trois-mâts capturé, comme le Queen Anne's Revenge, restait l'exception, coûteuse à entretenir et à équiper en hommes.

Quelle différence entre une caronade et un canon classique ?

La caronade est plus courte, plus légère, tire un gros boulet avec une charge de poudre réduite et sur une distance faible, quelques dizaines de mètres. Le canon long envoie un boulet plus petit beaucoup plus loin et demande une équipe nombreuse. La différence de date compte autant : la caronade apparaît vers 1778-1779, soit après la période qui nous intéresse ici.

Combien de temps fallait-il pour recharger un canon de marine ?

Environ deux minutes pour une équipe rodée, entre le coup parti et le suivant : rentrer la pièce, écouvillonner, charger poudre, valet, boulet, valet, remettre en batterie, pointer, amorcer. Les marines de guerre entraînées descendaient plus bas grâce à l'exercice quotidien. Sur un navire pirate, où les mêmes hommes servent les canons et se préparent à l'abordage, la cadence était nettement plus lente.

Un grand set de bateau pirate, ça prend quelle place une fois monté ?

Un grand trois-mâts monté demande une étagère profonde et surtout de la hauteur au-dessus des mâts, ce qui exclut la plupart des rayonnages de bibliothèque standard. Le plus simple est de mesurer l'emplacement avant l'achat et de demander les dimensions du modèle assemblé quand la description ne les donne pas. Une console basse, un dessus de commode ou une étagère murale isolée conviennent mieux qu'un rayon encastré.

« Every man to keep his piece, pistols, and cutlass clean, and fit for service. » Article des règles de l'équipage de Bartholomew Roberts, rapporté par Charles Johnson, A General History of the Pyrates, 1724.