Anne Bonny : l'intrépide femme pirate de Black Sails

Anne Bonny : l'intrépide femme pirate de Black Sails

En novembre 1720, à Saint Jago de la Vega en Jamaïque, la cour de vice-amirauté juge séparément deux membres de l'équipage de John « Calico Jack » Rackham : Anne Bonny et Mary Read. Les hommes ont été condamnés quelques jours plus tôt. Le compte rendu de ce procès est l'un des rares documents d'époque qui attestent l'existence d'Anne Bonny. Tout le reste s'est construit dessus, y compris le personnage de Black Sails.

Deux mois d'activité en mer, un procès, puis plus rien : le dossier tient sur très peu de pages. C'est pour ça qu'il circule autant de versions différentes.

Je reprends ici, point par point, ce qui vient des archives de 1720-1721, ce qui vient du récit imprimé de 1724 attribué à Charles Johnson, et ce que la série a inventé pour son intrigue à Nassau. Avec, pour ceux qui veulent surtout la silhouette, les trois éléments de construction qui la rendent reconnaissable.

Ce qu'il faut savoir avant de lire
  • Anne Bonny, née Cormac près de Cork entre 1697 et 1705, est attestée par très peu de documents : essentiellement les minutes de son procès en Jamaïque, en novembre 1720.
  • Les épisodes les plus racontés (la plantation incendiée, le domestique poignardé, le maître d'armes désarmé) viennent d'un récit imprimé en 1724, pas d'un dossier judiciaire.
  • Condamnée à mort avec Mary Read, elle échappe à l'exécution en déclarant être enceinte. Après avril 1721, sa trace se perd : date et lieu de sa mort inconnus.
  • Dans Black Sails, Anne Bonny (Clara Paget) est un personnage de fiction : sa place dans l'équipage, sa relation avec Max et son rôle à Nassau relèvent de l'écriture de la série.
  • Assassin's Creed IV, la bande dessinée, la radio et les documentaires en donnent chacun une version différente ; nommer la source évite de répéter une légende comme un fait.
  • Pour reproduire sa silhouette, c'est la construction du vêtement qui compte : superposition, ceinture posée bas, contraste clair/sombre.

Anne Bonny en trois minutes : ce que l'on sait vraiment

Anne Cormac naît près de Cork, en Irlande, fille illégitime d'un homme de loi, William Cormac, et d'une domestique. La famille traverse l'Atlantique et s'installe en Caroline du Sud, où le père fait fortune. C'est le seul segment de sa vie qui ressemble à une biographie ordinaire, et il repose déjà en grande partie sur le récit de 1724.

Elle épouse un marin, James Bonny, et se retrouve à New Providence, aux Bahamas, autour de 1718. Nassau est alors en pleine reprise en main par le gouverneur Woodes Rogers, avec pardons distribués aux anciens équipages. C'est dans ce port qu'elle croise Rackham.

La partie documentée est courte : en août 1720, Rackham s'empare d'un sloop dans le port de Nassau et reprend la mer. En octobre, le chasseur de pirates Jonathan Barnet capture le bateau au large de la Jamaïque. En novembre, tout le monde passe en jugement. Deux mois, une poignée de prises de faible valeur, des barques de pêcheurs et de petits caboteurs.

Le reste tient à ce que d'autres ont écrit ensuite. C'est pourquoi je propose de procéder par vérifications successives : la source, la date, le navire, la fiction, la silhouette. Chaque point sépare une pièce du dossier d'une invention. Et si tu es arrivé jusqu'ici en cherchant surtout une tenue pour une soirée, sache que la plupart des déguisements pirate femme reprennent la même construction que l'écran : c'est le dernier point de la liste.

Pour aller plus loin sur ce point : Exposition Femmes Pirates, sur intramuros.org.

Point 1 Vérifier la source avant de répéter l'anecdote

Deux textes seulement fondent tout le reste : les minutes du procès de novembre 1720, imprimées à la Jamaïque, et A General History of the Pyrates, publié à Londres en 1724 sous le nom de Charles Johnson. Le premier est un acte de procédure. Le second est un livre à succès.

Le compte rendu du procès donne peu de choses, mais elles sont solides : les noms, les faits reprochés, les témoignages de personnes attaquées par l'équipage, la mention que Bonny et Read participaient aux manœuvres et aux abordages, vêtues en homme quand il y avait du travail à faire. Une déposition rapporte qu'elles portaient vestes et pantalons de marin, un mouchoir noué sur la tête, et qu'elles maniaient coutelas et pistolet.

Le livre de 1724 apporte tout le reste : l'enfance irlandaise, le déguisement en garçon, le caractère emporté, la rencontre avec Mary Read, la scène où elle découvre que son compagnon d'armes est une femme. Ces pages sont plaisantes et souvent citées. Elles n'indiquent aucune source. L'auteur n'a jamais été identifié avec certitude, et l'attribution à Daniel Defoe, longtemps répétée, est aujourd'hui contestée par les spécialistes.

Trois volumes reliés en cuir empilés sur une table en bois, près d'un vase de laiton, devant une fenêtre.
Trois volumes reliés en cuir empilés sur une table en bois, près d'un vase de laiton, devant une fenêtre.

Le réflexe utile est simple : avant de reprendre une anecdote, demander d'où vient la phrase. La réplique la plus célèbre, « si tu t'étais battu comme un homme, tu ne serais pas pendu comme un chien », adressée à Rackham la veille de son exécution, n'apparaît pas dans les minutes du procès. Elle vient du récit imprimé, et rien ne permet de dire qu'elle a été prononcée. La notice de l'Encyclopædia Britannica la présente d'ailleurs comme une tradition.

Point 2 Vérifier les dates : naissance floue, mort inconnue

Aucune date de naissance fiable n'existe. Les propositions vont de 1697 à 1705 selon les auteurs, faute d'acte de baptême retrouvé. Sa carrière de pirate documentée tient, elle, dans une saison : août à octobre 1720.

Le procès se tient fin novembre 1720. Rackham est pendu quelques jours avant, à Port Royal. Bonny et Read sont condamnées à mort, puis déclarent être enceintes. La procédure anglaise le prévoyait : une femme jugée grosse d'un enfant viable obtenait un sursis d'exécution, ce qu'on appelait plead the belly. Un jury de matrones vérifiait l'état. Le sursis n'était pas une grâce, seulement un report.

Mary Read meurt en prison en avril 1721, probablement de fièvre ; son inhumation est enregistrée à Sainte-Catherine, en Jamaïque. Pour Anne Bonny, les registres s'arrêtent là. Pas d'exécution enregistrée, pas de libération enregistrée.

Les dates de mort qui circulent (1733, 1743, 1782) proviennent de reconstitutions généalogiques tardives ou de fictions. La plus répandue, avril 1782 en Caroline du Sud, repose sur une identification proposée au XXe siècle et jamais confirmée par un document contemporain des faits. Autrement dit, toute chronologie « complète » d'Anne Bonny comporte une part d'hypothèse, et il vaut mieux le dire que le masquer.

Bon à savoir Le procès de novembre 1720 juge Bonny et Read après les hommes de l'équipage, dans une session distincte. Ce détail de procédure explique en partie leur célébrité : leur affaire a fait l'objet d'un compte rendu imprimé séparé, vendu comme un fait divers, alors que la plupart des équipages capturés à la même époque n'ont laissé qu'une ligne dans un registre.

Point 3 Vérifier le navire et l'équipage

Rackham naviguait sur un sloop : un seul mât, une grand-voile importante, un foc, une coque qui tire peu d'eau. Rien à voir avec les trois-mâts des affiches. Ce type de bâtiment se faufile entre les hauts-fonds et les mangroves des Caraïbes, se cache dans une crique, et repart vite avec quinze hommes à bord.

Sloop en bois à mât unique, grand-voile et foc hissés, mouillé sur fond turquoise devant la mangrove.
Sloop en bois à mât unique, grand-voile et foc hissés, mouillé sur fond turquoise devant la mangrove.

J'ai un faible assumé pour ces petits gréements, et pas seulement par goût : ils expliquent la façon d'opérer de l'équipage. Un sloop de faible tonnage ne prend pas un galion. Il prend des barques de pêcheurs, des sloops marchands, du linge, du poisson, des cordages, un peu de tabac. C'est le contenu des chefs d'accusation en 1720.

« Faire partie de l'équipage » signifiait alors des choses concrètes : tenir une drisse, prendre la barre, veiller, monter à l'abordage, et toucher une part du butin fixée par les règles de bord. Les témoignages du procès placent Bonny et Read dans ce rôle-là, pas dans un rôle décoratif. Aucun texte d'époque n'en fait des capitaines, et aucun ne leur prête de commandement.

Le pavillon de Calico Jack

Le motif attribué à Rackham est une tête de mort surmontant deux sabres croisés. L'attribution vient de la tradition et des recueils postérieurs, pas d'un dessin signé de sa main. Anne Bonny, elle, n'a jamais eu de pavillon personnel : l'idée d'un emblème individuel est une invention moderne, largement diffusée par les jeux vidéo. Si le sujet t'intéresse, je détaille les attributions et leurs limites dans mon top 8 des drapeaux pirates les plus célèbres.

Quant à Mary Read, son parcours est distinct : service militaire en Flandre sous une identité masculine, mariage, veuvage, embarquement pour les Antilles, capture par des pirates. Elle rejoint Rackham par un autre chemin qu'Anne Bonny. Les deux femmes se retrouvent devant la même cour, et leurs deux noms sont restés liés depuis.

Sur ce point, Mary Read et Anne Bonny, pirates des Caraïbes (radiofrance.fr) donne des repères vérifiables.

Point 4 Vérifier ce que Black Sails invente

Dans la série Black Sails (2014-2017), Anne Bonny est interprétée par Clara Paget. Elle apparaît d'abord au second plan, dans l'ombre de son associé, puis prend une place centrale dans les rapports de force de Nassau. Rien de cet arc ne figure dans les archives.

La série se situe autour de 1715, soit cinq ans avant les faits documentés. C'est une préquelle libre de L'Île au trésor: elle fait cohabiter des personnages historiques (Vane, Rackham, Bonny, Read, Woodes Rogers) et des personnages de Stevenson (Flint, Silver, Billy Bones). Le mélange est assumé par les auteurs.

Deux écarts valent d'être notés. D'abord, la relation avec Rackham, réécrite en association longue et en complicité de stratèges, quand les archives ne documentent que quelques mois communs. Ensuite, Max, personnage créé pour la série et sans équivalent historique : la relation entre les deux femmes structure une grande partie de l'intrigue et n'a aucun fondement documentaire.

Ce que la série réussit, en revanche, tient à autre chose que la biographie. Elle montre un équipage qui vote, un port qui négocie, des receleurs, des comptes à tenir, une économie du pillage avec ses circuits d'écoulement. Sur ce terrain-là, elle est plus juste que la plupart des films de pirates.

Point 5 Vérifier la silhouette avant de vouloir la reproduire

Les textes d'époque décrivent une pratique fonctionnelle : vêtements d'homme en mer, tenue féminine à terre. Veste, culotte de marin, mouchoir de tête, coutelas. Le but n'était pas de brouiller une identité mais de pouvoir grimper, tirer sur un cordage et sauter d'un bord à l'autre.

À l'écran, la silhouette retenue est différente et très stable d'une production à l'autre : chemise claire, veste courte ouverte à l'avant, ceinture large posée bas, jupe ou pantalon fluide. Cette version doit peu aux sources historiques et beaucoup au besoin de rester identifiable à distance.

Trois repères de construction suffisent à obtenir cette allure :

  • La superposition: au moins deux épaisseurs visibles sur le buste, chemise et veste, pour éviter l'effet robe unique.
  • Le point de serrage bas: la ceinture se place sur le bassin, pas à la taille. C'est ce décalage qui donne l'allure corsaire.
  • Le contraste clair/sombre: une pièce claire près du visage, une pièce sombre autour, pour que la silhouette se lise même en photo de soirée.

Reste la matière, qui décide de la tenue au bout de trois heures. Un polyester mat et souple, bien opaque, garde sa ligne quand on s'assoit, qu'on s'accroupit pour attraper un verre ou qu'on danse. Les étoffes brillantes et fines marquent les plis dès la première photo et donnent l'aspect costume de location.

Deux échantillons aux bords dentelés, beige mat et bleu marine drapé, posés sur une surface grise sous lumière douce.
Deux échantillons aux bords dentelés, beige mat et bleu marine drapé, posés sur une surface grise sous lumière douce.

Dernier point, souvent négligé : un ensemble cohérent évite d'aller chercher trois pièces ailleurs. Robe, manteau, ceinture et chapeau réunis dans une même teinte tombent juste du premier coup, là où l'assemblage de trois achats séparés produit presque toujours un décalage de noirs et de dorés.

Si tu cherches une reconstitution proche des descriptions de 1720, cet ensemble n'est pas le bon choix : le corset rouge et la jupe dorée sont des pièces de scène, pas des vêtements de travail à bord. Dans ce cas, mieux vaut partir sur une chemise ample, une culotte sombre et un mouchoir de tête. Et pour qui préfère une pièce unique sans superposition, les robes pirate demandent moins d'ajustements de taille.

Le détail qui aide Avant une soirée, teste la tenue assise pendant dix minutes, puis lève-toi et regarde le bas du vêtement. Une matière qui garde les plis marqués après ce court essai les gardera toute la nuit. C'est aussi le moment de vérifier que la ceinture ne remonte pas à la taille dès qu'on bouge : si elle glisse, une bride discrète cousue à l'intérieur du vêtement la maintient en place.

Point 6 Vérifier quelle Anne Bonny on a en face de soi

Le nom circule dans une dizaine d'œuvres qui ne racontent pas la même personne. Les mettre côte à côte évite les malentendus : dans un jeu vidéo, elle commande ; dans les archives, elle sert dans l'équipage.

Assassin's Creed IV : Black Flag (2013) la fait apparaître à Nassau puis embarquer sur le Jackdaw, où elle devient quartier-maître d'Edward Kenway. Le jeu situe son action entre 1715 et 1722 et lui donne un rôle qu'aucun document ne soutient. Il a énormément fait pour sa notoriété auprès des joueurs.

Côté bande dessinée, plusieurs albums lui sont consacrés, avec des partis pris très différents : récit d'aventure classique d'un côté, relecture intime et politique de l'autre. Côté audio, des fictions radiophoniques et des chroniques historiques en français reprennent le personnage, généralement en s'appuyant sur le livre de 1724 sans toujours le préciser.

Reste la lecture féministe contemporaine, qui lui donne une place de figure d'émancipation. Elle éclaire une chose réelle : deux femmes jugées comme membres à part entière d'un équipage, dans un monde juridique qui ne le prévoyait pas. Elle projette aussi des intentions qu'aucune source ne documente, puisqu'on ignore tout de ce qu'Anne Bonny pensait de sa propre situation.

Anne Bonny selon les sources : ce qui change d'une version à l'autre

Le tableau ci-dessous met en regard les cinq versions les plus rencontrées. La colonne « niveau de preuve » est celle qui sert le plus : elle indique si on lit un document, un récit imprimé ou un scénario.

Version Période couverte Statut à bord Fin de l'histoire Niveau de preuve
Archives du procès (1720-1721) Août-octobre 1720 Membre de l'équipage de Rackham Condamnée, sursis pour grossesse, trace perdue après avril 1721 Document d'époque
A General History of the Pyrates (1724) Enfance à 1720 Combattante aux côtés de Mary Read Remise à sa famille, non vérifiable Récit imprimé, sources inconnues
Black Sails (2014-2017) Années 1710 à Nassau Associée de Rackham, actrice du pouvoir local Arc propre à la série Fiction
Assassin's Creed IV : Black Flag (2013) 1715-1722 Quartier-maître sur le Jackdaw Trajectoire de jeu Fiction
Bandes dessinées et fictions radio récentes Variable Variable Variable Fiction documentée

Ce qui compte vraiment

Face à une anecdote sur Anne Bonny, cinq vérifications suffisent à savoir dans quel registre on se trouve. Elles prennent une minute et évitent de répéter une légende comme un fait.

  1. La date de l'épisode raconté. S'il se situe hors de la fenêtre août-octobre 1720, ou après avril 1721, il vient d'un récit, pas d'un dossier.
  2. Le nom de la source. Minutes du procès, livre de 1724, scénariste, auteur de bande dessinée : la réponse change tout le poids de l'histoire.
  3. Le navire. Un sloop de quinze hommes, c'est cohérent. Dès qu'on lui prête une flotte, un commandement ou un galion, on a quitté l'histoire.
  4. La citation. Une phrase prononcée doit venir d'un texte identifiable. Les répliques mémorables d'Anne Bonny viennent toutes de sources tardives.
  5. La tenue. Pour un costume, je regarde la construction avant la couleur : superposition, ceinture basse, contraste clair/sombre. Le choix des accessoires vient après, et deux suffisent.

Mon avis, pour finir : garder Black Sails pour le plaisir de la série, qui vaut largement le détour, et garder Anne Bonny pour ce qu'elle est réellement, une femme dont deux mois de vie documentés ont nourri trois siècles de récits. Les deux se voient très bien chacune de son côté.

Et si l'envie te vient d'en reprendre la silhouette pour un carnaval ou une soirée, les ensembles complets de la collection déguisement pirate femme sont classés par taille et par palette, du noir et or au bleu.

Les questions qu'on me pose

Pourquoi Anne Bonny est-elle célèbre ?

Parce qu'elle a été jugée en Jamaïque en novembre 1720 comme membre à part entière d'un équipage pirate, avec Mary Read, et que le compte rendu de ce procès a été imprimé et vendu. Le livre de 1724 attribué à Charles Johnson a ensuite popularisé son histoire en Europe. Sa notoriété tient donc autant à la publicité faite autour de son procès qu'à ses actes en mer, qui sont restés modestes.

Quand Anne Bonny est-elle morte ?

On ne sait pas. Sa trace disparaît des registres après avril 1721, une fois obtenu le sursis d'exécution pour grossesse. Ni exécution ni libération enregistrées. Les dates de 1733, 1743 ou 1782 que l'on trouve en ligne proviennent de reconstitutions généalogiques tardives ou de fictions, aucune n'est appuyée par un document contemporain des faits.

Qui est la plus grande femme pirate de l'histoire ?

Si le critère est l'ampleur réelle des opérations, ce n'est ni Anne Bonny ni Mary Read, mais Zheng Yi Sao, qui commandait au début du XIXe siècle une confédération de plusieurs centaines de jonques en mer de Chine méridionale et a négocié sa reddition en 1810. Anne Bonny reste la plus connue en Occident, ce qui n'est pas la même chose. Grace O'Malley, en Irlande au XVIe siècle, est un troisième cas, mieux documenté que Bonny.

Quelle est l'histoire d'Anne Bonny en résumé ?

Née en Irlande près de Cork, élevée en Caroline du Sud, elle épouse un marin et s'installe à New Providence vers 1718. En août 1720, elle rejoint l'équipage de John Rackham sur un sloop, participe à quelques prises de faible valeur, et se fait capturer en octobre au large de la Jamaïque. Condamnée à mort en novembre, elle échappe à la potence en déclarant être enceinte, puis disparaît des documents.

L'Anne Bonny de Black Sails est-elle fidèle à la réalité ?

Non, et la série ne le prétend pas. Elle situe l'action vers 1715, cinq ans avant les faits documentés, mêle personnages historiques et personnages tirés de L'Île au trésor, et invente entièrement Max ainsi que la trajectoire politique du personnage à Nassau. Ce qu'elle rend bien, en revanche, c'est le fonctionnement d'un équipage et l'économie d'un port de pillage.

Comment reproduire sa silhouette pour une soirée costumée ?

Commence par la construction plutôt que par les accessoires : une pièce claire sur le buste, une veste courte ouverte par-dessus, une ceinture large posée sur le bassin. Choisis une matière mate et opaque, qui ne marque pas les plis après trois heures assise. Pour la taille, la hauteur compte autant que le tour de poitrine sur les modèles ajustés : S correspond à 155-165 cm, M à 165-175 cm. Deux accessoires suffisent, un chapeau et une bague ou un collier en acier ; au-delà, la silhouette se brouille.

« She was of a fierce and courageous temper. » A General History of the Pyrates, Londres, 1724, ouvrage attribué à Charles Johnson.