William Dampier : Le pirate naturaliste qui a fait le tour du monde

William Dampier : Le pirate naturaliste qui a fait le tour du monde

Les dictionnaires anglais renvoient à ses récits de voyage pour les premières attestations écrites de mots comme avocado, cashew, catamaran, chopsticks ou barbecue. L'auteur de ces pages est William Dampier, boucanier des Caraïbes devenu capitaine de la marine royale britannique, qui notait la flore, la faune, les vents et les courants entre deux prises.

C'est le genre de détail qui situe l'homme mieux qu'un récit d'abordage. Matelot, coupeur de bois de campêche, boucanier, capitaine du HMS Roebuck, puis pilote d'une expédition corsaire : son statut légal change d'une expédition à l'autre, et à mon avis on le lit mal tant qu'on essaie de le ranger une fois pour toutes dans « pirate » ou dans « savant ».

Journal de bord ouvert, plume posée sur la page et encrier de laiton sur une table de bois usée, près de la fenêtre.
Journal de bord ouvert, plume posée sur la page et encrier de laiton sur une table de bois usée, près de la fenêtre.

Tu trouveras plus bas les dates et les navires, sept points à vérifier avant de raconter Dampier à quelqu'un, et une façon simple de distinguer un instrument de navigation réel, un objet de fiction et un accessoire de costume.

À retenir
  • William Dampier (baptisé le 5 septembre 1652 à East Coker, mort à Londres en mars 1715) a été tour à tour matelot, boucanier des Antilles, capitaine de la Royal Navy puis pilote pour des corsaires : son statut varie selon la période.
  • Il est le premier Anglais à relever des portions de côte de la Nouvelle-Hollande (Australie) : King Sound en 1688 avec le Cygnet, puis la campagne du HMS Roebuck en 1699-1701.
  • Son succès de librairie A New Voyage Round the World (1697) et son traité sur les vents ont servi de références à Cook, à Joseph Banks et à Darwin, et ont nourri Defoe comme Swift.
  • Le comptage « deux » ou « trois » tours du monde dépend de la définition retenue : la troisième circumnavigation se fait comme pilote, pas comme commandant.
  • Passé en conseil de guerre en 1702 pour sa conduite envers ses officiers, il perd sa réputation de chef sans perdre celle d'hydrographe.
  • Ce qu'on vend aujourd'hui comme « boussole de pirate » relève du costume ou de la décoration, jamais de l'instrument de bord.

Dampier en une page : dates, navires, faits établis

Dampier naît dans le Somerset et meurt à Londres en mars 1715, sans fortune. Entre les deux, il traverse trois fois les grands océans et publie des livres que les navigateurs consultent encore longtemps après sa mort.

Les repères sûrs sont peu nombreux et il vaut mieux s'y tenir : baptême le 5 septembre 1652 à East Coker, années antillaises dans les décennies 1670-1680 (Jamaïque, baie de Campêche), départ pour le Pacifique en 1679, retour en Angleterre en 1691, publication de A New Voyage Round the World en 1697, commandement du Roebuck en 1699, conseil de guerre en 1702, expédition du St George de 1703 à 1707, campagne de Woodes Rogers de 1708 à 1711.

Les navires qui reviennent dans les sources : le Cygnet, le HMS Roebuck, le St George, le Duke. Deux toponymes portent encore son nom, l'archipel Dampier en Australie-Occidentale et le détroit Dampier en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Pour la fiction, l'univers des navires de la saga Pirates des Caraïbes en miniature emprunte à cette époque une allure et des noms, pas des faits.

On retrouve ce point dans Biographie de WILLIAM DAMPIER (1652-1715) (universalis.fr).

  1. Le statut à la date citée: boucanier, corsaire commissionné ou officier d'État ?
  2. Le nombre de tours du monde, et la définition employée pour le compter.
  3. Les débarquements en Nouvelle-Hollande, 1688 puis 1699, et ce qu'ils prouvent.
  4. Ses propres textes, plutôt que les résumés qui circulent.
  5. Les instruments et les navires dont il disposait réellement.
  6. Le conseil de guerre de 1702, qu'on gomme souvent.
  7. La part de fiction qu'on a greffée sur lui après coup.
Repère utile Trois objets portent le même nom et n'ont rien à voir. L'instrument de navigation réel (rose des vents, aiguille aimantée, indication du nord magnétique, corrections de déclinaison). L'objet de fiction, comme la boussole de Jack Sparrow, qui dans les films ne pointe pas le nord mais ce que son détenteur désire. Et l'accessoire de costume, qui n'a pas à fonctionner mais doit tenir une soirée entière sans se perdre. Dire lequel des trois on a en main évite la moitié des malentendus.

Point 1 : vérifier son statut à la date dont tu parles

Dampier n'a jamais été jugé pour piraterie. Selon l'année, il agit comme boucanier des Antilles, comme corsaire muni d'une commission, ou comme officier commissionné de la marine royale. Donne l'année avant de donner le mot.

Dans les années 1670-1680, il vit du bois de campêche et navigue avec des équipages qui pillent les possessions espagnoles. Ce monde antillais est toléré ou poursuivi selon l'état des alliances européennes, et les hommes y passent d'un camp à l'autre sans changer de métier. En 1699, il est capitaine d'un navire d'État chargé d'une mission d'exploration, avec solde, hiérarchie et rapport à rendre : rien de commun avec la razzia de Campêche, sinon l'homme lui-même.

C'est pour cette raison que les notices divergent. La notice de l'Encyclopædia Britannica consacrée à William Dampier insiste sur le navigateur et l'hydrographe ; d'autres ouvrages retiennent d'abord le boucanier. Chacune choisit une période dominante. Si le passage d'un statut à l'autre t'intéresse pour lui-même, je l'ai détaillé sur un cas bien plus litigieux dans ma fiche sur William Kidd, le chasseur de pirates devenu pirate.

Terme Ce qu'il désigne réellement Statut légal à l'époque Période où il s'applique à Dampier
Boucanier Homme des Antilles vivant de chasse et de raids, souvent contre les possessions espagnoles Toléré selon les alliances, hors cadre régulier Années 1670-1680, Jamaïque, Campêche
Flibustier Équipage antillais opérant en petites unités rapides, butin partagé Variable selon la présence d'une commission Traversée du Pacifique dans les années 1680, à bord du Cygnet
Corsaire Marin armé par autorisation d'un État contre les navires ennemis Activité légale, encadrée par une commission St George (1703-1707) et campagne de Woodes Rogers (1708-1711)
Pirate Attaque sans mandat, contre tout pavillon Délit poursuivi, passible de la pendaison Étiquette accolée à ses années antillaises, jamais confirmée par un procès
Officier de la Royal Navy Commandement d'un navire d'État en mission Fonction officielle, soumise au conseil de guerre HMS Roebuck, 1699-1701, puis procédure de 1702

Point 2 : compter les tours du monde sans se tromper

On lit « deux » ou « trois » circumnavigations selon les auteurs. La formulation la plus sûre : trois tours du monde, dont un seul sous son commandement.

Le premier court de 1679 à 1691. Il part par les Antilles, traverse l'isthme, remonte la côte pacifique de l'Amérique du Sud avec des équipages de flibuste, passe à Guam, aux Philippines, en Chine, à Sumatra, puis rentre par l'Inde et le Cap. L'itinéraire n'a rien de planifié : il résulte d'embarquements successifs, ce qui explique la densité du récit en observations de ports et de mouillages.

Le deuxième correspond à la campagne du Roebuck, de 1699 à 1701, achevée par le naufrage du navire à l'île de l'Ascension et un retour par bâtiment de secours. Le troisième se fait de 1708 à 1711 comme pilote de l'expédition menée par Woodes Rogers, sur le Duke: il connaît les routes, il conseille, il ne commande pas.

Suivant la définition retenue (continuité de l'itinéraire, retour au port de départ, commandement effectif), le total change. Autant le préciser en une demi-phrase plutôt que de trancher.

Point 3 : situer les débarquements en Nouvelle-Hollande

Dampier touche deux fois les côtes australiennes. En janvier 1688, avec le Cygnet, du côté de King Sound, près de l'actuelle Broome. En 1699-1700, avec le Roebuck, à Shark Bay et plus au nord, où il collecte des plantes et décrit des animaux.

Le premier passage donne le plus ancien relevé anglais d'une portion de côte australienne. Le second est une mission d'exploration en règle : herbier, notes sur les oiseaux et les poissons, sondages, croquis de côtes. Son projet de remonter vers la côte est échoue, faute d'eau, de vivres et d'un navire en état.

Toile de lin bleue pliée sur une planche de bois, loupe en laiton et fleurs séchées posées sur une carte ancienne.
Toile de lin bleue pliée sur une planche de bois, loupe en laiton et fleurs séchées posées sur une carte ancienne.

Il faut résister à la formule « découvreur de l'Australie ». Les navigateurs néerlandais l'ont précédé de plusieurs décennies, James Cook aborde Botany Bay en 1770, et les populations aborigènes vivent sur ce continent depuis des millénaires. Ce qui reste vérifiable est plus modeste et plus intéressant : Dampier signe les premières descriptions scientifiques européennes de la flore et de la faune de ces rivages, et une partie de ses spécimens séchés est parvenue jusqu'aux collections britanniques.

Un peu de contexte Le nom « Nouvelle-Hollande » vient des navigateurs néerlandais du XVIIe siècle ; Abel Tasman l'emploie après ses campagnes de 1642-1644. Le mot « Australie » ne se généralise qu'au XIXe siècle. Employer « Nouvelle-Hollande » quand on parle de 1688 ou de 1699 évite un anachronisme discret mais gênant.

Point 4 : lire ce qu'il a écrit, pas seulement ce qu'on raconte

A New Voyage Round the World paraît en 1697 et se vend très bien. Suivent Voyages and Descriptions (1699), qui contient son discours sur les alizés, les moussons, les marées et les courants de la zone tropicale, puis A Voyage to New Holland (1703, avec une seconde partie en 1709).

Le volet hydrographique est celui qui a le plus servi. Dampier y décrit des régimes de vents, des saisons, des atterrages, avec une régularité de notation qui manquait aux récits d'aventures de son temps. Cook emporte ses livres, Joseph Banks les cite, Darwin le lit et le mentionne dans ses propres notes de voyage. Du côté de la fiction, Defoe et Swift reprennent au récit de voyage son ton d'observation minutieuse sans en reprendre le contenu factuel.

Le vocabulaire reste sa trace la plus quotidienne : les dictionnaires anglais renvoient à ses pages pour les premières attestations écrites de avocado, cashew, chopsticks, flamingo, catamaran, breadfruit ou barbecue. Un homme qui note le nom local d'un fruit et la façon de le manger n'écrit pas pour se faire un nom de guerrier.

Avocat coupé en deux, noix dans un bol en bois et baguettes posées sur une pierre grise, près d'un lin bleu.
Avocat coupé en deux, noix dans un bol en bois et baguettes posées sur une pierre grise, près d'un lin bleu.

Ses textes sont dans le domaine public et consultables en fac-similé numérisé sur les grandes bibliothèques en ligne, en plus des rééditions annotées disponibles en anglais. Deux pages du discours sur les vents apprennent davantage sur sa méthode que dix pages de biographie.

Point 5 : reconnaître ses instruments et son gréement

À bord des navires de Dampier, on trouve un compas de route dans son habitacle, une sonde à plomb, un sablier, une ligne de loch, un quadrant ou une arbalestrille pour la latitude, et un journal tenu à la plume. Aucun moyen fiable de connaître la longitude.

Cette limite explique la marge de ses positions. Les chronomètres de marine n'arrivent qu'au milieu du XVIIIe siècle : avant eux, la longitude s'estime par la route parcourue et l'estime des vitesses, avec des erreurs qui peuvent atteindre plusieurs degrés. Quand tu lis un point relevé par Dampier, la latitude est en général solide, la longitude beaucoup moins.

Le compas de route, lui, ne ressemble pas à une boussole de poche. C'est une rose de papier montée sur une aiguille aimantée, en équilibre sur un pivot, la cuvette étant suspendue à la Cardan, protégée par un habitacle en bois avec une lampe pour la nuit. Sur les instruments portatifs de l'époque, le boîtier en laiton et son clapet servent d'abord à protéger le cadran dans une poche ou un coffre, et ce poids de métal explique qu'on les portait souvent au cordon plutôt qu'à la main.

Compas de laiton monté sur cardan dans son coffret de bois, posé près d'une carte marine sur une table usée.
Compas de laiton monté sur cardan dans son coffret de bois, posé près d'une carte marine sur une table usée.

Côté navires, Dampier a surtout servi sur des unités modestes. J'ai un faible pour ces coques-là : petit tirant d'eau, gréement maniable, capables d'entrer dans une baie mal connue et d'en ressortir au vent. Le fonds navires du blog détaille sloop, goélette et tartane, et la collection des bateaux pirate en miniature permet de comparer ces silhouettes en volume.

Si ton besoin relève du costume ou de la vitrine, le raisonnement change complètement. Ce qui compte alors : un boîtier qui se referme pour protéger le cadran décoratif, un cordon assez long pour passer au cou, et un objet dont on assume qu'il ne pointe rien du tout. Un accessoire pendu au cou se perd beaucoup moins qu'un objet glissé à la ceinture, critère prosaïque qu'aucun manuel de navigation n'évoque et qui règle la question au bout d'une heure de fête.

Si tu cherches un objet gradué qui indique réellement le nord pour une randonnée ou une sortie en mer, passe ton chemin : oriente-toi vers une vraie boussole d'orientation, ce modèle reste un accessoire de costume. Et si l'idée est de meubler une vitrine de marine avec du laiton lourd et une rose des vents lisible, un modèle de boussole marine correspond mieux au style historique.

Repère utile Pour le rangement, sépare les deux usages : l'accessoire de jeu qui circule entre plusieurs mains vit très bien dans un coffre pirate avec les cache-œil et les cartes, tandis qu'une pièce de vitrine reste sur une étagère, à l'abri du soleil direct, et se dépoussière au chiffon sec. Sur les finitions noircies, éviter les produits ménagers et l'eau : le zinc et les vernis de surface marquent vite.

Point 6 : ne pas gommer le conseil de guerre de 1702

Au retour du Roebuck, Dampier passe en conseil de guerre. Sa conduite envers ses officiers, jugée abusive, lui coûte le commandement de navires de la Couronne. Le naufrage du bâtiment à l'Ascension n'est qu'une partie du dossier.

L'affaire naît d'un conflit ouvert avec son lieutenant, laissé à terre au Brésil, et d'un équipage tenu par la menace. Le jugement le déclare inapte à commander un navire de la reine, avec retenue de sa solde. Sa réputation de mauvais chef lui colle ensuite à la peau, y compris chez ceux qui l'admirent comme navigateur.

L'expédition suivante confirme l'impression. De 1703 à 1707, à bord du St George, sous commission de course contre les Espagnols, il enchaîne les désertions, les disputes avec ses associés et les prises manquées, et rentre tard, sans profit. Ses contemporains lui reprochent l'autoritarisme et la grossièreté, et lui reconnaissent un œil de pilote que personne ne conteste. Les deux jugements tiennent ensemble : c'est ce qui permet de le comprendre.

Un mot de cadre, puisque le sujet s'y prête : la course et la flibuste appartiennent à l'histoire des XVIIe et XVIIIe siècles. La piraterie maritime contemporaine est un délit, avec des victimes réelles, et n'entre pas dans ce style-là.

Point 7 : séparer Dampier des personnages qu'il a inspirés

Alexander Selkirk est débarqué à sa demande sur une île de l'archipel Juan Fernández en 1704, pendant l'expédition du St George, à laquelle il participe sur le Cinque Ports. Il est récupéré en 1709 par l'expédition de Woodes Rogers, où Dampier sert de pilote. Le lien avec Robinson Crusoé passe par cet épisode, et par les récits publiés au retour.

Ce que Defoe emprunte au genre, c'est la manière : dates, inventaires, descriptions de plantes et de bêtes, ton de rapport. Swift s'en amuse dans Les Voyages de Gulliver, qui pastiche la précision géographique des récits de mer. Aucun des deux ne raconte la vie de Dampier.

La fiction moderne ajoute une autre couche : Jack Sparrow, les malédictions, la boussole magique. Ce sont des inventions de scénario, écrites au début des années 2000, et non des objets d'époque. Quand on décrit une pièce, trois formulations suffisent à rester honnête :

  • « attribué à » pour un pavillon ou un objet dont la source historique est fragile.
  • « inspiré de » pour une pièce qui reprend une forme ancienne sans en être une copie.
  • « dans le film » ou « dans le manga » pour tout ce qui vient de la fiction.

Cette séparation sert aussi quand on monte une décoration ou un déguisement : on sait ce qu'on montre, et on peut l'expliquer à un enfant qui demande si c'est vrai.

Les premiers points à vérifier chez Dampier

La date et le navire, toujours, avant le mot. Un même homme sur le Cygnet en 1688 et sur le Roebuck en 1699 ne relève pas du même droit ni du même métier, et l'étiquette posée sans année ne veut rien dire.

Ensuite, le texte. Deux pages sur les alizés en apprennent plus sur sa façon de travailler que n'importe quel portrait rédigé après coup : il note ce qu'il voit, il compare, il revient sur une observation précédente. Je garde deux réserves fermes : la longitude approximative de ses relevés, et le jugement de 1702, qui interdit d'en faire un héros lisse.

Pour la partie objets, la règle est la même que pour les pavillons : un accessoire se raconte par le bateau, le vent et le port dont il vient, ou bien par le film dont il sort, jamais par un vague parfum de légende. Si le versant cinéma t'intéresse, les navires de l'univers Pirates des Caraïbes de la boutique restent le rayon le plus simple pour compléter une vitrine ou une chambre.

Questions pratiques

William Dampier était-il vraiment un pirate ?

En partie, et seulement pour certaines années. Dans les décennies 1670-1680, il navigue avec des équipages antillais qui attaquent les possessions espagnoles hors de tout cadre régulier, ce que ses contemporains appellent boucanier ou flibustier. Plus tard, il opère sous commission comme corsaire, puis commande un navire d'État. Il n'a jamais été poursuivi pour piraterie.

Combien de fois William Dampier a-t-il fait le tour du monde ?

Trois fois, dont une seule comme commandant. Le premier tour s'étale de 1679 à 1691 par voie de flibuste, le deuxième correspond à la campagne du Roebuck (1699-1701), le troisième à l'expédition de Woodes Rogers (1708-1711), où il sert de pilote. Certains auteurs n'en comptent que deux, selon qu'ils exigent la continuité de l'itinéraire ou le commandement.

Dampier a-t-il découvert l'Australie avant James Cook ?

Non. Les navigateurs néerlandais avaient déjà reconnu ces côtes au début du XVIIe siècle, et les peuples aborigènes y vivaient depuis des millénaires. Dampier signe en revanche le premier relevé anglais d'une côte australienne, en 1688 vers King Sound, et les premières descriptions scientifiques européennes de la flore et de la faune locales lors de la campagne de 1699-1700. Cook aborde Botany Bay en 1770.

Quels livres William Dampier a-t-il écrits et où les lire aujourd'hui ?

A New Voyage Round the World (1697), Voyages and Descriptions (1699), qui contient son discours sur les vents, les marées et les courants, et A Voyage to New Holland (1703, seconde partie en 1709). Les éditions anciennes étant dans le domaine public, on les consulte en fac-similé numérisé sur les grandes bibliothèques en ligne ; il existe aussi des rééditions annotées en anglais. Aucune traduction française intégrale récente n'est facile à trouver.

Quel est le lien entre Dampier, Alexander Selkirk et Robinson Crusoé ?

Selkirk sert sur le Cinque Ports, navire associé à l'expédition du St George commandée par Dampier, et demande à être débarqué sur une île de Juan Fernández en 1704. Il y reste plus de quatre ans, jusqu'à son sauvetage en 1709 par l'expédition Woodes Rogers, où Dampier est pilote. Le récit de cette aventure a nourri le roman de Defoe publié en 1719, mais Crusoé n'est pas le portrait de Selkirk et encore moins celui de Dampier.

Quels instruments de navigation utilisait-on à bord des navires de Dampier ?

Un compas de route suspendu à la cardan dans son habitacle, une sonde à plomb pour les fonds, un sablier et une ligne de loch pour l'estime de la vitesse, un quadrant ou une arbalestrille pour la hauteur du soleil, et un journal de bord tenu à la plume. La longitude n'était pas mesurable de façon fiable avant les chronomètres de marine du milieu du XVIIIe siècle, d'où la marge d'erreur de ses positions est-ouest.

Comment entretenir une boussole décorative en zinc ou en laiton ?

Chiffon sec, et rien d'autre pour commencer. L'eau et les produits ménagers attaquent les finitions noircies ou vernies appliquées en surface, et le zinc marque là où on le frotte trop. Pour une pièce à clapet, referme le couvercle quand elle n'est pas exposée : cela protège le cadran de la poussière et de la lumière directe, qui fait pâlir les impressions. Un accessoire de costume porté au cordon se vérifie surtout au niveau du passage du cordon dans l'anneau, point d'usure habituel.

La phrase la plus citée de son livre de 1697 n'est pas une observation de naturaliste : c'est un jugement sur les habitants de la Nouvelle-Hollande, et mieux vaut la connaître avant de faire de Dampier un observateur neutre.

« The Inhabitants of this Country are the miserablest People in the World. » William Dampier, A New Voyage Round the World, 1697, chapitre sur la Nouvelle-Hollande.