Sébastien Cabot : Naviguer sur les mers de la découverte et de l'échange culturel

Sébastien Cabot : Naviguer sur les mers de la découverte et de l'échange culturel

En 1544 paraît une mappemonde gravée signée Sébastien Cabot, dont un exemplaire est aujourd'hui conservé à Paris, au département des Cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France. C'est l'une des rares pièces matérielles qui rattache cet homme à son immense réputation. Pour le reste, même sa date de naissance flotte : selon les déclarations qu'il a faites lui-même devant des juridictions espagnoles, on la place entre 1479 et 1488.

Vue depuis le pont d'un navire à voiles vers un trois-mâts à l'horizon au lever du soleil, avec cordes et tonneau au premier plan.
Vue depuis le pont d'un navire à voiles vers un trois-mâts à l'horizon au lever du soleil, avec cordes et tonneau au premier plan.

Tu vas trouver ici ce qui est attesté et ce qui ne l'est pas : sa filiation, ses employeurs successifs, ses voyages un par un, et la manière de ne plus confondre les trois personnages qui portent ce nom.

Et parce que la question revient toujours quand on parle de cartes et de caps : avec quoi s'orientait-on vraiment vers 1520, et comment expliquer ça simplement à un enfant.

En bref
  • Sébastien Cabot (Sebastiano Caboto), fils de Jean Cabot, est né à Venise, probablement peu avant 1484, et mort à Londres en 1557.
  • Il a servi trois couronnes : l'Angleterre d'Henri VIII, l'Espagne de Charles Quint comme pilote major, puis à nouveau l'Angleterre d'Édouard VI avec le titre de grand pilote.
  • Son expédition partie en 1526 devait rejoindre les Moluques : il change de plan, remonte le Río de la Plata et le Paraná, fait bâtir un fort, et rentre en 1530 sans épices ni passage.
  • Il a brouillé lui-même sa biographie, se disant tantôt né à Bristol, tantôt à Venise ; les historiens s'appuient donc sur les actes plutôt que sur ses récits.
  • Sa mappemonde gravée de 1544 et son rôle dans la compagnie de Moscovie pèsent plus, dans l'histoire de la navigation, que ses prétendues découvertes.
  • Homonyme fréquent dans les recherches : Sebastian Cabot (1918-1977) est un acteur britannique, sans aucun lien avec le navigateur.

Qui était Sébastien Cabot, exactement ?

Un navigateur et cartographe d'origine vénitienne, fils de Jean Cabot, arrivé enfant en Angleterre, passé au service de l'Espagne pendant une trentaine d'années, puis revenu mourir à Londres en 1557. Sa carrière tient surtout à des fonctions techniques et administratives, pas à des débarquements.

Le premier document qui le nomme est anglais : les lettres patentes accordées par Henri VII en mars 1496 à « Jean Cabot, citoyen de Venise », et à ses trois fils, Louis, Sébastien et Sanctius. Sébastien y figure en deuxième position. C'est peu, mais c'est une base solide : un acte royal, daté, conservé.

Ses titres, ensuite, sont ceux d'un homme de cabinet autant que de pont. En Espagne, il devient pilote major de la Casa de Contratación de Séville : il examine les pilotes, valide leurs connaissances, participe à la tenue de la carte de référence de la Couronne. En Angleterre, à partir de 1548, il touche une pension et porte le titre de grand pilote. Un pilote de cette époque tient son cap avec une aiguille aimantée logée dans un boîtier de quelques centimètres ; les boussoles pirates proposées aujourd'hui pour le jeu reprennent d'ailleurs cette forme ronde à couvercle.

Trois styles se mélangent constamment dès qu'on parle de lui : le fait attesté par un acte, la légende qu'il a construite de son vivant pour se vendre aux souverains, et la fiction d'aventures qui arrive bien plus tard. Les trois circulent ensemble. Les séparer est la moitié du travail.

Est-il né à Venise ou à Bristol ?

Venise, très probablement, avec une installation en Angleterre avant la fin de 1495, alors qu'il est encore enfant. C'est la version que retiennent la plupart des historiens, faute de mieux, en s'appuyant sur la citoyenneté vénitienne du père et sur les propos que Sébastien lui-même a tenus au chroniqueur Pietro Martire d'Anghiera, à qui il se décrit comme « presque un enfant » au moment du départ pour l'Angleterre.

Mais il a aussi servi une autre version : né à Bristol, élevé à Venise. Le calcul se comprend. À la cour d'Angleterre, un pilote né sur le sol anglais valait mieux qu'un Italien de plus. Devant les fonctionnaires de Séville, l'origine vénitienne, elle, le rattachait à la tradition maritime la plus prestigieuse de la Méditerranée.

Ses déclarations d'âge, faites sous serment en Espagne dans les années 1530 et 1540, ne concordent pas non plus. Selon celle qu'on retient, sa naissance tombe entre 1479 et 1488. Aucune n'a de valeur supérieure aux autres.

D'où la méthode, qui vaut pour n'importe quel personnage de cette période : l'acte notarié, fiscal ou royal d'abord, le témoignage autobiographique ensuite, et jamais l'inverse. Sur sa date de naissance, la conclusion honnête est courte : on ne sait pas.

Quelle est la différence entre Jean Cabot et Sébastien Cabot ?

Le père traverse l'Atlantique en 1497 et atteint une terre d'Amérique du Nord pour le compte d'Henri VII. Le fils, lui, n'a jamais rien découvert d'équivalent : il fait carrière comme cartographe, examinateur de pilotes et chef d'expédition au service de plusieurs couronnes.

Le voyage de Jean Cabot part de Bristol au printemps 1497 et touche une côte que les historiens situent entre Terre-Neuve et le Cap-Breton, sans accord définitif. Il repart en 1498 avec plusieurs navires et disparaît. C'est là que commence l'ambiguïté : Sébastien a laissé entendre, plus tard, qu'il avait pris part aux voyages de son père. Aucun document ne le confirme.

La confusion s'est installée durablement, jusque sur des plaques commémoratives et dans des manuels scolaires du XIXe siècle. Les deux noms se ressemblent et les deux hommes travaillent pour l'Angleterre ; le fils, en plus, a passé sa vie à entretenir le flou.

Trois « Cabot » que les moteurs de recherche mélangent
Jean Cabot Sébastien Cabot Sebastian Cabot (acteur)
Dates v. 1450 - v. 1498/1500 v. 1477-1484 - 1557 1918 - 1977
Origine Génois naturalisé vénitien Né à Venise, élevé en Angleterre Né à Londres
Métier Navigateur au service d'Henri VII Navigateur, cartographe, pilote major Acteur, voix de films d'animation
Fait marquant Traversée de 1497 vers l'Amérique du Nord Mappemonde de 1544, expédition du Río de la Plata Rôles au cinéma et à la télévision britanniques et américains
Employeurs Couronne d'Angleterre Angleterre, puis Espagne, puis Angleterre Studios de cinéma et de télévision
Mort Disparu après le départ de 1498 Londres, 1557 North Saanich, Canada, 1977

Ce que la marine anglaise doit à l'un et à l'autre n'a rien à voir : une route atlantique ouverte pour le père, une méthode de pilotage, des cartes et une compagnie de commerce pour le fils.

Sur ce point, Chronologie: Sebastian Cabot Biographie (kronobase.org) donne des repères vérifiables.

Qu'a-t-il réellement exploré, voyage par voyage ?

Trois campagnes lui sont attribuées, dont deux mal documentées, et une seule est bien connue : celle du Río de la Plata, entre 1526 et 1530. Il faut aussi lui compter l'organisation, à Londres, de l'expédition de 1553 vers le nord-est, à laquelle il ne participe pas physiquement.

  • 1508-1509: une tentative de passage du Nord-Ouest, remontée jusqu'à de hautes latitudes, retour sans passage. Les sources sont tardives et reposent en partie sur ses propres récits ; l'ampleur du voyage reste discutée, et certains auteurs anciens lui ont prêté la reconnaissance de la baie d'Hudson, ce qu'on ne peut pas établir.
  • 1516-1517: une navigation pour Henri VIII vers l'Atlantique nord-ouest, souvent associée au nom de Thomas Pert. Là encore, la destination et la distance parcourue ne sont pas fixées.
  • 1526-1530: trois navires et environ cent cinquante hommes, financés dans l'orbite de Charles Quint, partis pour les Moluques par le détroit de Magellan. Cabot renonce à la route des épices, entre dans le Río de la Plata, remonte le Paraná puis le Paraguay, fait construire un fort, cherche l'argent et l'or dont parlent les récits locaux, et rentre les mains vides.
  • 1553: à Londres, il rédige les instructions de l'expédition de Hugh Willoughby et Richard Chancellor vers le nord-est. Willoughby y laisse la vie, Chancellor atteint la mer Blanche et ouvre le commerce anglais avec la Russie du Nord. La compagnie qui en naît reçoit sa charte en 1555, avec Cabot comme premier gouverneur.

Le retour de 1530 lui coûte cher. On lui reproche sa conduite envers ses subordonnés, notamment d'avoir laissé des compagnons à terre après une querelle. Un procès s'ensuit, un bannissement à Oran en 1532, puis une grâce et un retour à Séville, où il reprend ses fonctions. Si tu veux voir à quoi ressemblait la route des épices que Cabot a justement refusé de prendre, j'ai raconté ça dans mon article sur les voyages de Ferdinand Magellan.

Avec quels instruments naviguait-on à son époque ?

Très peu de choses, et toutes tiennent dans un coffre : un compas de route, un sablier, une sonde à main, un astrolabe nautique ou un quadrant, et un peu plus tard dans le siècle l'arbalestrille. Le reste tient au jugement du pilote.

Sablier posé dans son coffret de bois, compas de laiton ouvert et sonde sur une carte marine ancienne.
Sablier posé dans son coffret de bois, compas de laiton ouvert et sonde sur une carte marine ancienne.

La méthode s'appelle la navigation à l'estime. On tient un cap à l'aiguille aimantée, on mesure le temps écoulé au sablier, on estime la vitesse, on reporte la position sur la carte, et on recommence. La ligne de loch nouée, celle qui donne le nœud comme unité, se répand plus tard au XVIe siècle ; avant elle, la vitesse s'apprécie à l'œil, en regardant filer un objet jeté à la mer le long du bord.

Le boîtier du compas est petit, quelques centimètres, avec un couvercle, parce qu'il doit se glisser dans une poche ou dans un coffre sans se casser. C'est un objet qu'on tient à plat, dans la paume. Aux groupes que j'accueille à la base nautique, je montre toujours ce geste avant tout le reste : à plat, loin de la boucle de ceinture, et on attend que l'aiguille s'arrête.

Vient ensuite l'affaire qui occupe les cosmographes de la Renaissance : la déclinaison magnétique, c'est-à-dire l'écart entre le nord de l'aiguille et le nord géographique. Savoir que les deux ne coïncident pas, et de combien selon l'endroit, c'était déjà un savoir de spécialiste. Cabot s'y intéresse de près, comme tous ceux qui tiennent des cartes à jour.

D'où ça vient La charge de pilote major de Séville a été créée en 1508 au sein de la Casa de Contratación, pour Amerigo Vespucci. Elle consistait à examiner les pilotes des Indes et à contribuer à la carte de référence de la Couronne, le Padrón Real. Cabot occupe ce poste à partir de 1518 : un bureau, des cartes, des candidats à interroger, plus qu'un pont de navire.

Les cartes, justement. Le pilote travaille sur des portulans manuscrits, couverts de lignes de rhumbs qui partent des roses des vents et permettent de tracer un cap à la règle. La mappemonde de 1544 appartient à un autre monde : elle est gravée, donc reproductible, diffusable, discutable. C'est à mon avis là que se situe le vrai poids de Sébastien Cabot dans l'histoire de la navigation : un homme de cartes, de contrats et d'expéditions montées depuis un bureau.

Comment expliquer son parcours à un enfant, sans le romancer ?

Le fil est simple et vrai : un garçon né à Venise, élevé dans un port anglais, qui apprend à lire les cartes et finit par organiser des voyages pour des rois. Pas de trésor, pas de combat, mais des cartes, des directions et du temps mesuré à bord.

Trois notions concrètes suffisent pour rendre ça palpable. Le nord, qu'on trouve avec une aiguille aimantée. La carte, qui n'est qu'un dessin vu d'en haut. Le temps, qu'on compte pour savoir combien de chemin on a fait. Avec ces trois-là, un enfant de six ou sept ans comprend ce que faisait un pilote.

L'exercice qui marche le mieux se fait dans un jardin ou un parc, et prend un quart d'heure.

  1. Choisir un point de départ visible, un arbre, un banc, un piquet.
  2. Trouver le nord avec la boussole, à plat dans la main, et le montrer du doigt.
  3. Annoncer une direction et un nombre de pas : plein est, vingt pas.
  4. Marcher en comptant, puis changer de cap une fois, deux fois maximum.
  5. Revenir au point de départ en inversant les caps, ce qui est la partie la plus instructive de l'exercice.

Ensuite, on prolonge en chasse au trésor : un cap, un nombre de pas, un indice, et un coffre à trouver au bout. À cet âge, deux ou trois étapes valent mieux que huit, et une direction annoncée à voix haute vaut mieux qu'une carte trop compliquée.

Pour cet usage, il faut un objet qui indique le nord, qui tienne dans une main d'enfant et qui supporte l'herbe humide et les chutes. C'est le format des compas de bord de l'époque,, transposé en jouet.

Si tu cherches un instrument pour t'orienter réellement en randonnée ou en mer, ce n'est pas là qu'il faut regarder : il faut une boussole de plein air avec une capsule liquide et une graduation en degrés. Et si l'idée est de garnir une vitrine d'adulte, un objet en métal, plus lourd, tiendra mieux la comparaison avec les instruments qu'il imite.

Un geste simple Avant de lancer un jeu d'orientation, fais un essai à deux mètres d'une voiture, puis en plein milieu de la pelouse : l'aiguille ne donne pas la même direction. Une boussole se tient à plat, éloignée du métal, d'un téléphone et d'une boucle de ceinture, et on attend quelques secondes qu'elle se stabilise avant de lire.

Pourquoi sa réputation a-t-elle autant fluctué après sa mort ?

Parce qu'elle a d'abord été bâtie sur ses propres déclarations, avant d'être démontée par les archives. De son vivant, Cabot est un homme que les couronnes se disputent : il sait vendre l'idée d'un passage vers l'Asie, ce qui est alors le produit le plus recherché d'Europe.

Il négocie donc. Il quitte l'Angleterre pour l'Espagne, discute avec Venise, propose ses services à qui paiera. Cette mobilité, très commune chez les pilotes de la Renaissance, a nourri l'idée d'un homme précieux, et l'idée qu'il détenait un secret géographique.

Au XIXe siècle, l'Angleterre en fait une gloire nationale, parfois en le confondant avec son père. Puis des historiens relisent les archives espagnoles, notamment les procès qui suivent le retour de 1530, et le portrait s'inverse : peu de découvertes propres, une conduite contestée envers son équipage, beaucoup de promesses non tenues. La ligne de partage retenue aujourd'hui est plus mesurée. Son apport réel se situe dans la cartographie, la formation des pilotes et le montage de compagnies de commerce, ce qui est déjà considérable.

Une remarque pour situer les époques, parce que les deux se télescopent souvent sur les sites pirates : les routes ouvertes par ces expéditions du XVIe siècle deviennent, un siècle plus tard, le terrain de l'âge d'or de la piraterie, entre 1650 et 1730. Cabot n'appartient pas à ce monde. Il appartient à celui qui l'a rendu possible.

Où voir ses traces et que lire pour aller plus loin ?

La pièce la plus accessible reste la mappemonde gravée de 1544, conservée à la Bibliothèque nationale de France, à Paris. On y lit des contours de côtes, des toponymes, des roses des vents et de longues légendes explicatives, qui mêlent informations géographiques et affirmations sur les voyages des Cabot.

Pour le texte, deux ensembles de références suffisent : la notice consacrée à Sébastien Cabot dans le Dictionnaire biographique du Canada, qui pèse chaque source, et la notice de l'Encyclopædia Britannica pour une vue d'ensemble rapide. Les documents primaires, eux, sont répartis entre l'Archivo General de Indias à Séville, les archives vénitiennes et les archives anglaises.

Quand tu tombes sur une affirmation spectaculaire à son sujet, trois réflexes suffisent le plus souvent :

  1. Chercher l'acte : y a-t-il un contrat, une lettre patente, un procès-verbal, ou seulement un récit ?
  2. Dater la source : un témoignage écrit soixante ans après le fait ne vaut pas un document contemporain.
  3. Séparer le récit du document, surtout quand le récit vient de Cabot lui-même.

Côté navires, ces traversées se font sur des caraques et des naos lourdes, larges, capables d'emporter des vivres pour des mois, et sur de petites unités d'exploration fluviale une fois entré dans le Paraná. Cette différence de coque se voit très bien sur une maquette : coque haute et château arrière massif d'un côté, embarcation basse et légère de l'autre. C'est un exercice de regard qui fonctionne aussi sur un set de construction, et la collection de bateaux pirates du site donne une idée des silhouettes qu'on retrouve ensuite dans l'imaginaire pirate. Mon goût personnel va aux petites coques, celles qui tirent peu d'eau et remontent les fleuves ; ce sont elles qui ont remonté le Paraguay, pas les gros navires laissés en aval.

Ce qui reste ouvert, pour finir : sa date de naissance, l'étendue exacte du voyage de 1508-1509, et la part de son père dans ce qu'il a raconté de ses propres navigations. Si l'orientation t'intéresse plus que la biographie, les modèles de boussoles de la boutique Piraterie Shop se distinguent surtout par leur taille et leur matière, ce sont les deux points à regarder avant de choisir.

Pour aller plus loin sur ce point : Cabot : définition et synonymes - Dictionnaire français, sur universalis.fr.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que Jean Cabot a découvert ?

Jean Cabot a atteint en 1497, parti de Bristol pour Henri VII, une côte d'Amérique du Nord que les historiens situent entre Terre-Neuve et le Cap-Breton, sans consensus sur le point de débarquement. Il s'agit du premier contact anglais documenté avec cette partie du continent depuis les voyages scandinaves du Moyen Âge. Son expédition suivante, partie en 1498, a disparu sans retour.

Quelle est l'origine du nom de famille Cabot ?

Le navigateur s'appelait Caboto en italien, forme francisée ensuite en Cabot : la famille était vénitienne par naturalisation, obtenue par le père en 1476 après plusieurs années de résidence, et probablement génoise d'origine. Le patronyme français Cabot, lui, existe indépendamment et vient d'autres racines régionales, sans lien avec cette famille. Les deux se ressemblent, ils ne se rejoignent pas.

Sébastien Cabot était-il un pirate ou un corsaire ?

Ni l'un ni l'autre. Il navigue et travaille sous contrat royal, comme pilote, cartographe et chef d'expédition, avec des salaires et des titres officiels. Les critiques portées contre lui concernent sa gestion d'équipage et l'échec commercial de 1526-1530, pas des prises en mer.

Pourquoi Sébastien Cabot a-t-il quitté l'Espagne pour l'Angleterre ?

Après trente ans de service espagnol et l'échec de son grand voyage, il obtient en 1548 une pension d'Édouard VI et repasse en Angleterre, où des marchands de Londres cherchaient une route du Nord vers l'Asie. Il y avait donc un projet à vendre et un employeur prêt à payer. La Couronne espagnole a réclamé son retour, sans l'obtenir.

Où peut-on voir la carte du monde de Sébastien Cabot de 1544 ?

Un exemplaire est conservé à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, au département des Cartes et plans. Les cartes anciennes de ce type ne sont pas exposées en permanence pour des raisons de conservation, mais des reproductions numériques circulent et permettent d'en lire les légendes de près.

Une boussole jouet indique-t-elle vraiment le nord ?

Oui, pour un jeu d'orientation : la description de la Boussole ancienne de pirate indique qu'elle donne le nord, ce qui suffit pour annoncer un cap et compter des pas dans un jardin. Il faut la tenir à plat, à distance du métal et d'un téléphone, et attendre que l'aiguille se stabilise. Pour une marche en forêt ou une navigation, il faut un modèle de plein air gradué en degrés.

« À Jean Cabot, citoyen de Venise, et à Louis, Sébastien et Sanctius, fils dudit Jean. » Lettres patentes d'Henri VII, 5 mars 1496.