Ferdinand Magellan : Ses voyages et interactions avec les pirates

Ferdinand Magellan : Ses voyages et interactions avec les pirates

Magellan n'a pas fait le tour du monde. Il est mort le 27 avril 1521 sur l'île de Mactan, aux Philippines, à peu près à mi-parcours. C'est la Victoria, commandée par Juan Sebastián Elcano, qui achève la boucle en septembre 1522 avec dix-huit survivants à bord.

Cordages et voiles d'un navire au premier plan, avec un trois-mâts visible à l'horizon sur une mer agitée.
Cordages et voiles d'un navire au premier plan, avec un trois-mâts visible à l'horizon sur une mer agitée.

Et il n'a jamais croisé de pirate au sens où on l'entend d'habitude. L'expédition se joue de 1519 à 1522, soit près de cent trente ans avant l'âge d'or de la piraterie (1650-1730). Ce qu'il affronte, ce sont des mutins, des couronnes rivales et une géographie que personne n'avait mesurée.

Remettre les dates à leur place change la lecture de toute l'histoire : on comprend alors pourquoi les deux univers se ressemblent quand même, du côté des instruments, du gréement et de la façon de tenir un cap. Et on sait quoi répondre à un enfant qui demande si Magellan se battait contre des pirates.

À retenir
  • Magellan est mort le 27 avril 1521 à Mactan, tué lors d'un affrontement avec les guerriers de Lapu-Lapu, pas par des pirates.
  • La première circumnavigation est achevée en septembre 1522 par la Victoria, sous le commandement de Juan Sebastián Elcano, avec 18 survivants sur environ 240 hommes au départ.
  • L'âge d'or de la piraterie est postérieur d'environ cent trente ans : les adversaires de Magellan sont des mutins, des déserteurs et des puissances d'État.
  • Son apport majeur : le détroit franchi à l'automne 1520, et la démonstration que le Pacifique est bien plus large que tous les calculs de l'époque.
  • Aiguille aimantée, astrolabe, quadrant, sablier : la navigation du XVIe siècle combine plusieurs instruments, aucun ne suffit seul.
  • Pour transmettre cette histoire à des enfants, la boussole reste l'objet le plus efficace : elle explique la notion de cap en trente secondes.

Erreur n°1 : « Magellan a fait le tour du monde »

Non. Il a conçu la route et ouvert le passage, il n'en a pas vu la fin. La flotte quitte Séville le 10 août 1519 et prend la mer depuis Sanlúcar de Barrameda le 20 septembre. Magellan meurt en avril 1521. Le retour a lieu seize mois plus tard, sans lui.

Cinq navires appareillent : la Trinidad (navire amiral), le San Antonio, la Concepción, la Victoria et le Santiago. Un seul rentre. Le Santiago se perd sur la côte de Patagonie en mai 1520, le San Antonio déserte dans le détroit et regagne l'Espagne, la Concepción est brûlée faute d'équipage pour l'armer, la Trinidad est arraisonnée par les Portugais en 1522. Sur environ 240 hommes embarqués, dix-huit rentrent à Sanlúcar le 6 septembre 1522.

Celui qui ramène le navire s'appelle Juan Sebastián Elcano, basque de Getaria, second passé au commandement après une série de morts. Si le nom de Magellan a écrasé le sien, c'est en grande partie à cause de deux choses : la relation d'Antonio Pigafetta, chroniqueur vénitien embarqué à bord et principal témoin détaillé du voyage, et le fait que le détroit porte le nom du capitaine général. Un toponyme pèse lourd dans la mémoire.

Un peu de contexte Le détroit fut d'abord appelé Estrecho de Todos los Santos, en référence à la Toussaint 1520, pendant laquelle la flotte y progressait. Le nom de Magellan s'impose plus tard, par l'usage des cartographes.

Erreur n°2 : « Magellan combattait des pirates »

Aucune source de première main ne mentionne d'attaque de pirates contre la flotte. Les épisodes violents de l'expédition sont une mutinerie, une désertion et un arraisonnement par une marine d'État. Trois choses très différentes d'un abordage de flibustiers.

La mutinerie éclate à Puerto San Julián, en Patagonie, à Pâques 1520, pendant un hivernage long et rationné. Trois capitaines espagnols se dressent contre un capitaine général portugais qu'ils supportent mal. La répression est brutale : exécution, écartèlement, deux hommes abandonnés à terre. Quelques mois plus tard, le San Antonio, le plus gros navire de la flotte, fait demi-tour dans le détroit avec une bonne part des vivres.

La menace de fond, elle, est diplomatique. Le traité de Tordesillas (1494) partage le monde à découvrir entre Portugal et Castille, et l'expédition d'un Portugais au service de Charles Ier d'Espagne, cherchant à atteindre les Moluques par l'ouest, est vue à Lisbonne comme une manœuvre hostile. La Trinidad, capturée par les Portugais aux Moluques en 1522, ne finit pas entre les mains d'une bande hors la loi : elle est saisie par une puissance rivale, au nom d'un droit revendiqué.

Corsaire, flibustier, pirate : trois statuts distincts. Le corsaire agit avec une lettre de course délivrée par un souverain, le flibustier est une figure des Antilles du XVIIe siècle, le pirate n'a aucun mandat et se place hors de toutes les lois. Magellan n'entre dans aucune des trois cases : il navigue sous capitulations signées, avec un pavillon royal.

Erreur n°3 : « il a été assassiné lors d'un abordage »

Magellan meurt à terre, dans l'eau jusqu'aux cuisses, lors d'un débarquement raté sur l'île de Mactan. Pas en mer, pas sur un pont, pas sous un pavillon noir. La différence n'est pas un détail : elle change la nature de l'épisode.

Le contexte est politique. Arrivée aux Philippines en mars 1521, l'expédition noue une alliance avec le rajah Humabon, à Cebu, et une partie de la population reçoit le baptême. Un chef de l'île voisine, Lapu-Lapu, refuse de se soumettre. Magellan décide d'intervenir dans ce conflit local avec une quarantaine d'hommes.

Le 27 avril 1521, les chaloupes ne peuvent pas approcher à cause des récifs et des hauts-fonds. Les Espagnols débarquent loin du rivage, l'artillerie des embarcations tire trop court, les armures ne protègent pas les jambes. Selon Pigafetta, Magellan couvre la retraite de ses hommes et tombe dans l'eau peu profonde, frappé par les lances et les coutelas des combattants de Mactan. Son corps ne sera pas rendu.

Aux Philippines, l'épisode se présente dans l'autre sens : Lapu-Lapu y est une figure de résistance à l'intrusion étrangère, avec une ville qui porte son nom sur Mactan et un monument sur le site présumé de l'affrontement. Deux récits pour un même 27 avril, et les deux s'appuient sur les mêmes faits.

Erreur n°4 : « on naviguait à l'estime, sans instruments »

Faux : les navires embarquent des aiguilles aimantées, des astrolabes, des quadrants et des sabliers, plus des cartes et des portulans. L'exploit n'est pas d'avoir navigué sans rien. C'est d'avoir tenu un cap pendant trois ans avec des instruments qui ne donnaient qu'une partie de la réponse.

Cordages enroulés et poulies sur le pont usé d'un voilier ancien, baigné de lumière du matin.
Cordages enroulés et poulies sur le pont usé d'un voilier ancien, baigné de lumière du matin.

Une boussole n'a jamais donné de position. Elle indique le nord, donc un cap. C'est déjà énorme quand on ne voit aucune côte depuis six semaines, mais ça ne dit ni où l'on est, ni quelle distance on a couverte. La latitude, on l'obtient par la hauteur du Soleil ou de l'étoile Polaire, à l'astrolabe ou au quadrant, avec une précision médiocre sur un pont qui bouge. La longitude, elle, reste hors de portée : personne ne sait la mesurer en mer avant les chronomètres de marine du XVIIIe siècle. C'est cette lacune qui explique en partie l'erreur monumentale sur la largeur du Pacifique.

Les pilotes de l'époque connaissaient déjà la déclinaison magnétique, cet écart entre le nord indiqué par l'aiguille et le nord géographique. Ils la constataient, la notaient parfois, sans en comprendre la cause. Sur une longue traversée, quelques degrés d'écart non corrigés déplacent l'arrivée de plusieurs dizaines de lieues.

Reste le format de ces objets, qu'on oublie souvent en les imaginant à travers les films : un compas de route du XVIe siècle se tient dans la paume. Boîtier d'une dizaine de centimètres, souvent en laiton ou en cuivre, couvercle rabattable pour protéger le cadran, pensé pour être sorti d'une poche puis refermé. C'est cette silhouette que reprennent aujourd'hui les boussoles de poche à couvercle rabattable vendues comme objets de jeu ou de décoration.

Repère utile Pour lire une boussole correctement, tiens-la à plat, loin d'une boucle de ceinture, d'un téléphone ou d'une portière de voiture : quelques centimètres de métal aimanté suffisent à faire dévier l'aiguille de plusieurs degrés.

Lire l'expédition en six repères datés

Chaque étape du voyage se date, et c'est ce qui sépare l'histoire du récit d'aventure. Voici la trame, dans l'ordre.

  1. Vers 1480-1517, la formation. Naissance au Portugal, service à la cour, campagnes en Inde puis à Malacca entre 1505 et 1512, blessure à la jambe au Maroc qui le laisse boiteux, disgrâce auprès du roi Manuel Ier. Il passe au service de l'Espagne.
  2. 22 mars 1518, le contrat. Les capitulations signées à Valladolid avec Charles Ier fixent l'objectif : atteindre les îles aux épices par l'ouest, sans empiéter sur la zone portugaise.
  3. 1519-1520, l'Atlantique et l'hivernage. Traversée, escale au Brésil, remontée du Rio de la Plata, hivernage en Patagonie, mutinerie, perte du Santiago, rencontres avec les peuples de Patagonie et de Terre de Feu.
  4. 21 octobre au 28 novembre 1520, le détroit. Trente-huit jours dans un labyrinthe de chenaux, de bras sans issue et de vents contraires, avec la désertion du San Antonio en cours de route.
  5. Décembre 1520 à mars 1521, le Pacifique. Trois mois et vingt jours sans ravitaillement selon Pigafetta, scorbut, famine, puis Guam en mars et l'archipel des Philippines dans la foulée.
  6. 1521-1522, le retour. Mort de Magellan, arrivée aux Moluques en novembre 1521, chargement de girofle, route de la Victoria par le cap de Bonne-Espérance et arrivée à Sanlúcar le 6 septembre 1522.

Un détail commercial mérite d'être noté : la cargaison d'épices ramenée par un seul navire aurait couvert, selon les comptes de l'époque, le coût de l'expédition entière. Cinq navires perdus pour un chargement de clous de girofle, c'est le calcul qui justifiait ce genre de campagne.

Sur ce point, MAGELLAN FERNAND DE (1480 env.-1521) (universalis.fr) donne des repères vérifiables.

Séparer histoire attestée, fiction et jeu

Trois styles circulent en permanence sur ce sujet, et ils ne se prouvent pas l'un l'autre. L'histoire s'appuie sur des sources datées. La fiction invente. Le jeu s'amuse. Les trois sont légitimes tant qu'on ne présente pas l'un pour l'autre.

Côté sources, on dispose de la relation d'Antonio Pigafetta, du journal du pilote Francisco Albo, des registres de la Casa de Contratación de Séville et de plusieurs témoignages de survivants recueillis au retour. Ces sources ne concordent pas toujours, notamment sur les effectifs au départ, qui varient d'une liste à l'autre entre 237 et 270 hommes. Sur ce point, on donne la fourchette et on s'arrête là. Pour une synthèse solide en accès libre, la notice de l'Encyclopædia Britannica consacrée à Ferdinand Magellan reprend la chronologie établie.

La fiction, elle, fabrique des ponts qui n'existent pas : romans d'aventure, films et mangas maritimes où l'explorateur devient hors-la-loi et le hors-la-loi devient héros. Rien à redire, à condition de ne pas transformer ces ponts en faits.

Le costume brouille encore plus les pistes. Le tricorne, la redingote longue, le coutelas d'abordage et le pavillon à tête de mort appartiennent à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle. Un homme de l'équipage de 1519 porte des chausses, un pourpoint, une chemise de toile, éventuellement un morion pour les soldats. Autrement dit, les pièces de déguisement pirate qu'on achète pour une fête relèvent d'un autre siècle que celui de Magellan : ce sont des costumes de jeu, et ils se présentent comme tels.

Explorateur d'État, corsaire, pirate : ce qui les sépare vraiment

Trois statuts, trois cadres juridiques, trois façons de naviguer. Le tableau ci-dessous permet de situer Magellan par rapport aux deux figures auxquelles on l'associe à tort.

Critère Navigateur d'État (Magellan, 1519-1522) Corsaire (ex. Francis Drake, fin XVIe s.) Pirate de l'âge d'or (1650-1730)
Mandat Capitulations signées avec la couronne d'Espagne Lettre de course délivrée par un souverain Aucun, hors la loi de toutes les nations
Objectif Ouvrir une route vers les épices des Moluques Prise de navires ennemis en temps de guerre Butin, sur n'importe quel pavillon
Pavillon hissé Pavillon royal espagnol Pavillon national de la couronne mandataire Pavillon de couleurs, puis Jolly Roger à l'assaut
Navires types Naos et caraques de 75 à 120 tonneaux Galions et navires armés en course Sloops, goélettes, brigantins rapides
Sort en cas de capture Prisonnier d'État, échangeable Traité en combattant régulier Jugé et pendu
Rapport à Magellan Son cadre exact Génération suivante, sur sa route Un siècle et demi plus tard, autre monde

Drake est l'exemple le plus parlant de la case du milieu : sa circumnavigation de 1577-1580 emprunte le passage ouvert par Magellan, avec un mandat de la reine Élisabeth et l'intention de piller les possessions espagnoles du Pacifique. Pour Madrid, c'était un pirate. Pour Londres, un officier. Le même homme, deux qualifications, selon qui tenait la plume.

Faire vivre l'expédition à des enfants de 5 à 10 ans

La notion qui fait tout comprendre tient en un geste : trouver le nord, puis marcher droit dessus. Magellan applique ce principe à l'échelle d'un océan pendant trois mois et vingt jours. Un enfant peut l'appliquer à l'échelle d'un jardin en dix pas.

Ce qui fonctionne le mieux, chez les six-huit ans, ce n'est ni le costume ni les énigmes compliquées : c'est le moment où on leur met un instrument dans la main et une consigne simple, « cap au nord, vingt pas ».

Carte marine, cordes enroulées et instruments de navigation sur une corniche rocheuse face au voilier au coucher de soleil.
Carte marine, cordes enroulées et instruments de navigation sur une corniche rocheuse face au voilier au coucher de soleil.

Un parcours en quatre stations suffit largement pour une heure d'activité :

  • Station 1, le nord. Chacun cherche le nord avec sa boussole, on vérifie ensemble, on explique que l'aiguille rouge ne dit pas où l'on est mais dans quelle direction aller.
  • Station 2, le comptage. Vingt pas au nord, puis quinze pas à l'est, avec un adulte qui compte à voix haute pour les plus petits.
  • Station 3, l'indice. Un message caché sous une pierre ou dans un pot, qui donne le cap suivant.
  • Station 4, le trésor. Un coffre en bois posé au sol comme point d'arrivée, rempli de pièces en chocolat, de petits objets ou de cadeaux d'anniversaire.

Une carte tracée à la main tient mieux qu'une carte imprimée, parce que les enfants reconnaissent leur propre jardin dessiné de travers. Et pour le matériel, on ne cherche pas un instrument de précision : on cherche un boîtier léger, incassable, qui supporte d'être posé dans l'herbe humide et fourré dans une poche entre deux stations.

Ce n'est pas la pièce à choisir pour de la randonnée ni pour une vitrine d'adulte : un plastique moulé ne remplace pas un compas de marche gradué, et un collectionneur qui veut du laiton et un couvercle à charnière regardera plutôt du côté des boussoles décoratives en métal. Pour un anniversaire ou un jeu de jardin, en revanche, la légèreté et la robustesse valent mieux que la finition.

Reconnaître les navires de 1519 sur une maquette ou un set

Les navires de Magellan sont des naos et des caraques : coque ventrue, tirant d'eau important, château arrière haut et carré, trois mâts avec des voiles carrées à la misaine et au grand mât, plus une voile latine triangulaire à l'artimon. Tout l'inverse des coques basses et rapides des Antilles.

La comparaison est nette côté tonnage. La Victoria est donnée autour de 85 tonneaux, le San Antonio autour de 120, ce sont des bâtiments de charge conçus pour tenir la mer longtemps et emporter des vivres, pas pour rattraper une proie. Les pirates de l'âge d'or cherchaient exactement le contraire : peu de tirant d'eau pour se faufiler dans les hauts-fonds, une voilure aurique manœuvrable à peu d'hommes, et de la vitesse au près. Si tu veux creuser ce point de gréement, j'ai écrit une fiche entière sur la goélette à trois mâts et les raisons de sa réputation.

Devant une maquette ou un set de construction, quatre éléments suffisent à dater l'inspiration à un siècle près :

  • Le nombre de mâts et la forme des voiles: voiles carrées partout et latine à l'arrière, on est au XVIe siècle ; voiles auriques et grand-voile à bôme, on est bien plus tard.
  • La poupe: château arrière haut et étagé pour une nao, tableau arrière plus bas et galerie sculptée pour un galion du XVIIe.
  • Les sabords: peu nombreux et hauts sur une nao de commerce, alignés en batterie sur un navire de guerre.
  • Le pavillon hissé: un pavillon à tête de mort sur une coque de 1519 est une licence de fabricant, pas une reconstitution.

Avant de commander un modèle, mesure la place réelle : un set de bateau à trois mâts monté dépasse souvent 50 cm de long et autant en hauteur de gréement, et il lui faut une étagère dégagée, à l'abri du soleil direct qui décolore les voiles en tissu. Le dépoussiérage se fait au pinceau souple, jamais au chiffon, qui accroche les haubans. Les modèles disponibles sont regroupés dans la collection bateaux pirate, sets de construction compris.

Un peu de contexte Aucun plan d'origine des cinq navires de l'expédition n'a été conservé. Les répliques modernes, comme la Nao Victoria construite en Espagne dans les années 1990, s'appuient sur des traités de construction navale de l'époque et sur les tonnages consignés dans les registres, pas sur un devis retrouvé.

Pour ceux qui préparent un parcours d'orientation ou une déco de chambre autour du thème, les différents modèles de boussoles de jeu sont réunis dans la collection boussole pirate de Piraterie Shop, avec leurs dimensions indiquées.

Questions pratiques

Pourquoi Fernand de Magellan est-il connu ?

Pour avoir conçu et dirigé la première expédition qui a relié l'Atlantique au Pacifique par le sud du continent américain, en 1520, et ouvert la route de la première circumnavigation. Son nom reste attaché au détroit qu'il a franchi et, par extension, à la preuve que l'océan Pacifique est immense. Il n'a pas terminé le voyage lui-même.

Qui a été le premier à faire le tour du monde ?

Juan Sebastián Elcano et les dix-sept hommes rentrés avec lui à bord de la Victoria, le 6 septembre 1522. Une nuance existe : Enrique de Malacca, l'esclave interprète de Magellan originaire de l'archipel malais, aurait pu boucler la boucle avant eux en revenant dans sa région d'origine en 1521. Les sources ne permettent pas de trancher, et les historiens s'en tiennent aux hypothèses.

Comment est mort le capitaine Magellan ?

Tué le 27 avril 1521 sur la plage de Mactan, aux Philippines, lors d'un débarquement contre les guerriers du chef Lapu-Lapu. Les chaloupes n'ayant pas pu approcher à cause des récifs, ses hommes ont combattu à pied dans l'eau, à portée des lances. Pigafetta, présent et blessé ce jour-là, raconte qu'il est tombé en couvrant la retraite.

Quelle est la plus grande découverte de Magellan ?

Le passage entre l'Atlantique et le Pacifique par le sud de l'Amérique, franchi en trente-huit jours à l'automne 1520. La seconde, moins spectaculaire mais plus lourde de conséquences, est la mesure de l'immensité du Pacifique : la traversée sans ravitaillement a montré que la Terre était bien plus vaste que les calculs sur lesquels le projet avait été vendu à la couronne.

Magellan a-t-il été un pirate ou un corsaire ?

Ni l'un ni l'autre. Il naviguait sous capitulations signées avec Charles Ier d'Espagne, avec un pavillon royal et une mission commerciale. Un corsaire opère avec une lettre de course en temps de guerre, un pirate sans aucun mandat : les deux statuts supposent une activité de prise, ce qui n'était pas l'objet de l'expédition.

Une boussole de jeu suffit-elle pour apprendre à s'orienter, et comment l'entretenir ?

Pour la notion de base, oui : un boîtier qui indique le nord permet de comprendre ce qu'est un cap et de suivre une direction sur quelques dizaines de mètres. Pour la marche en terrain réel, il faut un compas gradué en degrés, avec plaquette et miroir de visée. Côté entretien, garde l'objet à l'écart des aimants et des enceintes, essuie le cadran avec un chiffon sec, et vérifie de temps en temps que l'aiguille revient bien au nord après une rotation rapide du boîtier.

« Nous ne mangions plus que de vieux biscuits réduits en poudre, pleins de vers et empuantis par l'urine des rats. » Antonio Pigafetta, Relation du premier voyage autour du monde, à propos de la traversée du Pacifique, 1520-1521.