Roi Alfonso V - Roi du Portugal

Roi Alfonso V - Roi du Portugal

En 1469, Alphonse V, roi du Portugal, signe un contrat avec un marchand de Lisbonne, Fernão Gomes : le monopole du commerce de Guinée lui est cédé pour quelques années, à charge pour lui de faire reconnaître environ cent lieues de côte africaine par an, et de verser sa part à la couronne. L'exploration change de nature. Elle cesse d'être une entreprise de cour financée à fonds perdus pour devenir une affaire à rendement.

Cartes et instruments de navigation posés sur une terrasse en pierre face à l'océan et une forteresse côtière.
Cartes et instruments de navigation posés sur une terrasse en pierre face à l'océan et une forteresse côtière.

C'est ce roi que l'on raconte presque toujours à l'envers, en lui prêtant les caravelles de son oncle Henri ou la route des Indes de son fils Jean II.

Cet article remet les choses en ordre : cinq confusions courantes et leur correction, une chronologie d'Aviz utilisable telle quelle, une méthode courte pour vérifier n'importe quelle affirmation sur les découvertes portugaises, et de quoi expliquer cette époque à un enfant sans lui vendre des pirates à la place des navigateurs.

En bref
  • Alphonse V, né à Sintra en 1432 et mort dans la même ville en 1481, règne de 1438 à 1481 : douzième roi de Portugal, dynastie d'Aviz.
  • Son surnom « l'Africain » vient de ses conquêtes au Maroc (Alcácer Ceguer en 1458, Arzila et Tanger en 1471) ; il ne doit rien aux voyages d'exploration.
  • Il n'a pas pris la mer pour explorer : il a organisé et affermé l'exploration, notamment par le contrat de 1469 avec Fernão Gomes.
  • Henri le Navigateur, son oncle, meurt en 1460 : il finance et coordonne depuis le Portugal, il ne commande pas de caravelle en mer.
  • La route maritime vers l'Inde est atteinte sous Jean II puis Manuel Ier : Vasco de Gama part en 1497, seize ans après la mort d'Alphonse V.
  • Piraterie et découvertes portugaises sont deux histoires distinctes : les caravelles d'Alphonse V sont des navires d'État et de commerce.

Erreur 1 : faire d'Alphonse V un roi navigateur parti sur les mers

Alphonse V n'a jamais commandé de navire d'exploration. Les sources en font un roi de conseil, de chancellerie et de camp militaire. Ses embarquements documentés servent des expéditions militaires vers le Maroc, plus un voyage vers la France en 1476 pour chercher un appui contre la Castille.

Au XVe siècle portugais, trois rôles ne se recouvrent pas. L'armateur arme le navire, avance les vivres et prend le risque financier. Le commanditaire royal accorde le droit de naviguer dans une zone, encaisse une part et couvre l'entreprise par des actes diplomatiques. Le capitaine, lui, prend la mer avec vingt ou trente hommes et rentre, ou pas. Alphonse V occupe la case du milieu, et Henri le Navigateur, mort en 1460, occupait déjà celle-là avant lui, depuis Sagres et Lagos.

Les décisions du roi apparaissent dans les documents plutôt que dans les récits de traversée : autorisations de traite, exemptions, droits sur les cargaisons de retour, arbitrages entre familles marchandes de Lisbonne et de Lagos.

Tenue à plat dans la paume, la boussole se lit sans support: le premier geste consiste à stabiliser l'aiguille, puis à tourner tout le corps vers le cap choisi.
Tenue à plat dans la paume, la boussole se lit sans support : le premier geste consiste à stabiliser l'aiguille, puis à tourner tout le corps vers le cap choisi.

Ce que savaient réellement les pilotes de son règne

Avant les grandes cartes imprimées, une navigation atlantique tenait à trois repères : le nord, une côte déjà reconnue, et l'estime, c'est-à-dire le cap tenu, la vitesse estimée et le temps écoulé. La boussole donnait le premier des trois, mais trouver le nord ne suffisait pas : il fallait ensuite tenir un cap et compter le temps écoulé. Le quadrant, employé sur les côtes de Guinée pendant ce règne, permettait de relever la hauteur de l'étoile polaire, ce qui devenait délicat en descendant vers l'équateur, où elle s'efface sur l'horizon.

Le même enchaînement se transmet très bien à un enfant, d'ailleurs, avec une simple aiguille aimantée : c'est tout l'intérêt des boussoles de jeu au format de poche, qui donnent le nord et rien d'autre, exactement comme les instruments les plus anciens.

Erreur 2 : croire que « l'Africain » désigne les découvertes africaines

Le surnom renvoie aux places fortes prises au nord du Maroc ; les comptoirs de Guinée n'y sont pour rien. Il s'agit d'une politique de conquête terrestre, dans le prolongement de la prise de Ceuta par Jean Ier en 1415, et non des reconnaissances de côte menées plus au sud par des caravelles.

La séquence militaire est courte et facile à retenir :

  • 1458: prise d'Alcácer Ceguer (Ksar es-Seghir), entre Ceuta et Tanger.
  • 1464: échec devant Tanger, où l'armée portugaise doit se replier.
  • 1471: prise d'Arzila, suivie de l'occupation de Tanger, abandonnée par ses défenseurs.

Après ces prises, le titre royal s'allonge : roi de Portugal et des Algarves, de part et d'autre de la mer en Afrique. La formule désigne les deux rives du détroit de Gibraltar, et non les côtes du golfe de Guinée.

Pour aller plus loin sur ce point : Alfonso V d'Aragon, roi de Naples et de Sicile (1396-1458), sur parismuseescollections.paris.fr.

D'où ça vient Les deux politiques se déroulent en parallèle et se financent différemment. Le Maroc mobilise noblesse, infanterie et sièges, avec un coût énorme et un prestige immédiat. La côte atlantique mobilise des marchands, des pilotes et des petits équipages, avec un retour en or, en poivre de Guinée et en captifs. Un même règne, deux comptabilités : c'est la raison pour laquelle les chroniqueurs les traitent séparément, et pourquoi il vaut mieux ne pas les fusionner.

Erreur 3 : attribuer à Alphonse V la route des Indes et Christophe Colomb

Sous son règne, les navigations portugaises s'arrêtent au golfe de Guinée. Elles franchissent l'équateur, reconnaissent les îles du golfe et la Côte de l'Or, puis s'arrêtent là. Le cap de Bonne-Espérance est doublé par Bartolomeu Dias en 1488, sous Jean II, et Vasco de Gama quitte le Tage en 1497.

Autrement dit, tout ce qui concerne l'océan Indien appartient aux deux règnes suivants. Christophe Colomb, lui, présente son projet de route occidentale à Jean II vers 1484, après la mort d'Alphonse V, avant de se tourner vers la Castille.

Une nuance mérite d'être posée : l'idée d'atteindre l'Asie par l'ouest circule bel et bien dans l'entourage portugais du vivant d'Alphonse V. Une lettre attribuée au cosmographe florentin Paolo dal Pozzo Toscanelli, adressée en 1474 à Fernão Martins, chanoine de Lisbonne, en expose le raisonnement. Une hypothèse de géographe qui circule dans un cercle savant reste une hypothèse : aucune expédition royale n'est armée dans cette direction.

Si tu veux voir comment se prolonge cette histoire, une génération plus tard, avec un capitaine portugais passé au service de la Castille, je l'ai racontée dans mon article sur les voyages de Ferdinand Magellan.

Erreur 4 : lire le contrat Fernão Gomes comme une privatisation moderne

L'accord de 1469 cède à Fernão Gomes le monopole de la traite en Guinée pour une durée limitée, contre trois obligations : verser une redevance annuelle, réserver à la couronne sa part sur certaines marchandises, et faire reconnaître chaque année environ cent lieues de côte nouvelle vers le sud.

Ce n'est ni une délégation de souveraineté, ni une compagnie à actions comme celles du XVIIe siècle. Le roi ne vend pas un territoire, il afferme un droit, comme on affermait un impôt ou une pêcherie. Il peut le reprendre à l'échéance, et c'est ce qui arrive : la Guinée revient ensuite dans le domaine, sous la responsabilité du prince Jean, futur Jean II.

Le rendement du montage apparaît dans les noms relevés pendant ces années : Fernão do Pó, Lopo Gonçalves, João de Santarém et Pedro Escobar, Soeiro da Costa, Rui de Sequeira. Ce sont des pilotes employés par un marchand, et non des courtisans récompensés par le roi. Il faut dire aussi de quoi vivaient ces comptoirs, sans détour : de l'or, du poivre de Guinée, de l'ivoire, et de la traite d'êtres humains, qui devient à partir de ces décennies une composante permanente du commerce portugais en Afrique.

Un geste simple Devant une affirmation sur les découvertes portugaises, compare-la à la date de mort d'Alphonse V, 1481. Bonne-Espérance en 1488, Tordesillas en 1494, l'Inde en 1498, le Brésil en 1500 : tout cela tombe après. Cette seule date écarte la moitié des attributions fausses qu'on lit sur ce roi.

Erreur 5 : confondre caravelle portugaise et navire pirate

Une caravelle du XVe siècle est un petit bâtiment d'exploration et de cabotage : coque légère, faible tirant d'eau, deux ou trois mâts portant des voiles latines, un équipage réduit. Ce gréement lui permet de remonter au vent bien mieux qu'une nef à voiles carrées, donc de rentrer d'une côte descendue avec les vents portants.

Les navires de l'âge d'or de la piraterie, entre 1650 et 1730, répondent à un autre besoin : le sloop et la goélette sont choisis pour la vitesse, la manœuvre à petit effectif et la capacité à se réfugier dans des hauts-fonds. Deux siècles séparent les deux univers, avec d'autres mers, d'autres pavillons, d'autres équipages. Les petits gréements à faible tirant d'eau m'intéressent plus que les grands vaisseaux, et si la caravelle et le sloop se ressemblent, c'est parce qu'ils répondent à des besoins voisins, sans descendre l'un de l'autre.

Cela ne veut pas dire que le XVe siècle atlantique était paisible. La course existe, encadrée : un prince délivre une lettre de marque, le capitaine attaque les navires d'un adversaire désigné et rend compte des prises. Rien à voir avec un équipage hors la loi hissant son propre pavillon.

L'aspect ancien entretient la confusion. Un laiton vieilli, un vieux cuivre, un bois patiné, ce sont des finitions visuelles, pas des preuves d'ancienneté : un objet peut ressembler à une pièce de bord du XVe siècle tout en étant un jouet léger destiné au jeu.

Situer Alphonse V sans se tromper : chronologie d'Aviz et méthode de vérification

Le règne s'organise autour de la régence disputée, des campagnes du Maroc, puis du conflit avec la Castille. Alphonse V a six ans à la mort de son père Duarte Ier en 1438 ; le pouvoir passe à sa mère Éléonore d'Aragon, puis à son oncle Pierre, duc de Coimbra. Le roi est déclaré majeur en 1448, et son oncle meurt l'année suivante à Alfarrobeira, dans un affrontement contre les troupes royales.

Intérieur médiéval aux murs de pierre éclairé par des chandelles, avec un voilier visible par l'arche de la fenêtre.
Intérieur médiéval aux murs de pierre éclairé par des chandelles, avec un voilier visible par l'arche de la fenêtre.

Côté famille, il épouse d'abord Isabelle de Coimbra, fille de ce même Pierre, mère du futur Jean II. Il épouse ensuite Jeanne de Castille, ce qui l'entraîne dans la guerre de succession castillane : défaite de Toro en 1476, voyage infructueux auprès de Louis XI la même année, annonce de retrait en 1477 puis reprise du pouvoir. Le traité d'Alcáçovas, en 1479, referme le conflit et partage les zones atlantiques : Guinée, Madère, Açores et Cap-Vert au Portugal, Canaries à la Castille.

Sa sépulture se trouve au monastère de Batalha, dans la chapelle du Fondateur, avec les tombeaux de la première génération d'Aviz. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, et c'est l'endroit le plus simple pour voir la trace matérielle de cette dynastie.

Les rois d'Aviz et leur rôle maritime réel
Souverain Règne Apport maritime Confusion fréquente
Jean Ier 1385-1433 Prise de Ceuta (1415), point de départ de l'expansion On lui attribue parfois les caravelles de Guinée
Duarte Ier (Édouard Ier) 1433-1438 Poursuite des reconnaissances au-delà du cap Bojador Souvent nommé « Edouard Ier » dans les traductions
Alphonse V l'Africain 1438-1481 Guinée, franchissement de l'équateur, contrat Fernão Gomes (1469), traité d'Alcáçovas (1479) Crédité à tort des Indes et de Colomb
Jean II 1481-1495 Cap de Bonne-Espérance (Dias, 1488), traité de Tordesillas (1494) Confondu avec son père pour la Guinée
Manuel Ier 1495-1521 Arrivée de Vasco de Gama en Inde (1498), Brésil (1500) Vu comme l'initiateur de tout le mouvement

Trois réflexes devant une page ou une notice

  1. Dater: place le fait avant ou après 1481. Un règne s'arrête à la mort du roi, et les chroniqueurs du XVIe siècle ont tendance à rassembler un siècle de navigations sous un seul nom.
  2. Séparer chronique et document: les chroniques de Gomes Eanes de Zurara ou de Rui de Pina racontent avec un point de vue et un commanditaire ; les contrats, les chartes et les bulles pontificales, comme Romanus Pontifex en 1455, énoncent des droits. Les deux sont utiles, ils ne prouvent pas la même chose.
  3. Demander qui décide, qui arme, qui navigue: trois personnes différentes dans la plupart des expéditions du règne. Une page qui les confond se trompera aussi sur le reste.

Une remarque de traduction, tant qu'on y est : « Edouard Ier » désigne Duarte Ier, et les distances anciennes sont exprimées en lieues portugaises, pas en milles marins. Une notice qui écrit « 300 milles » là où le contrat parlait de cent lieues a déjà perdu son échelle.

Transmettre le XVe siècle des navigateurs à un enfant

Commence par le geste, pas par les dates. Un enfant comprend la navigation à l'estime en trois minutes s'il tient une aiguille aimantée, trouve le nord, choisit une direction et compte ses pas jusqu'à un repère. C'est très exactement ce que faisaient les pilotes de Guinée, avec des instruments plus fins et des enjeux autrement lourds.

Un geste simple Poser la boussole à plat dans la paume, attendre que l'aiguille se stabilise, puis tourner tout le corps plutôt que le poignet. La prise en main compte d'ailleurs beaucoup pour un instrument d'orientation : avec ses 13 cm environ, celui-ci repose à plat dans une main d'enfant et se consulte sans support ni table.

Ensuite, la carte. Quatre points cardinaux dessinés dans un coin, deux repères fixes qui ne bougeront pas (le portail, un arbre), et le reste laissé vide : voilà un portulan simplifié, avec la même logique que les cartes du XVe siècle, où l'intérieur des terres restait blanc. Les modèles vieillis de la collection cartes au trésor rendent le même service si tu n'as pas envie de dessiner.

  1. Trouver le nord et le marquer au sol avec un caillou.
  2. Annoncer un cap: « plein est, vingt pas ».
  3. Compter et vérifier: on arrive au repère prévu, ou on cherche pourquoi on a dérivé.
  4. Reporter le trajet sur la carte, trait par trait, avant de passer à l'indice suivant.

Pour que le geste devienne concret, il faut un objet à tenir. Une boussole d'orientation d'adulte, avec son cadran gradué et son limbe rotatif, perd un enfant de six ans. Un boîtier simple, léger, qui indique le nord et rien de plus, lui laisse toute l'attention pour la direction et les pas.

À qui elle ne conviendra pas : à un adulte qui cherche un instrument de marine ou un objet de vitrine en métal, et à une randonnée réelle en forêt, où il faut une boussole d'orientation graduée et un adulte qui sait s'en servir. L'aspect ancien est une finition, pas une pièce d'époque, et l'enfant gagne à ce que ce soit dit clairement : c'est un objet de jeu qui imite les instruments d'autrefois.

Décorer autour des découvertes plutôt que de la flibuste

Un thème « navigateurs » tient par un fil, pas par le nombre d'objets. Instruments d'orientation, cartes, navires nommés : trois familles suffisent, et l'ensemble reste lisible, là où un empilement de têtes de mort finit par se neutraliser.

Pour un pavillon, regarde d'abord la fixation. Les œillets métalliques permettent un accrochage à plat sur un mur intérieur avec deux crochets, sans percer le tissu ; une hampe ou une drisse suppose un ourlet renforcé et un usage extérieur, où le vent et la pluie font vieillir l'impression. L'impression recto/verso change ce que l'on voit quand le tissu se retourne, ce qui compte dès qu'il est libre.

Pour une maquette ou un set de construction, mesure le rayonnage avant de commander, en hauteur comme en profondeur, et ajoute le dégagement du beaupré à la longueur du modèle : c'est souvent lui qui dépasse. La poussière sur un gréement fin se retire au pinceau souple, pas au chiffon. Les bateaux pirates miniatures du catalogue couvrent ce besoin, des sets de construction aux modèles décoratifs.

Dernier point, valable dans une chambre comme dans un bureau : garde séparés les trois styles. L'histoire attestée du XVe siècle portugais, la fiction (One Piece, Pirates des Caraïbes), le jeu d'enfant. Chacun se tient très bien tout seul, à condition de ne pas se mélanger sur le même mur : une carte du golfe de Guinée et un pavillon d'équipage de manga côte à côte, les deux se brouillent.

Si le fil « orientation » te tente pour une chambre ou un bureau, les instruments de la collection boussole pirate sont là, du jouet d'apprentissage au modèle décoratif, sans obligation d'en faire un décor complet.

Questions fréquentes

Qui était le premier roi portugais ?

Alphonse Ier, Afonso Henriques, reconnu comme roi de Portugal au milieu du XIIe siècle : il prend le titre royal après la bataille d'Ourique (1139) et sa position est confirmée par le traité de Zamora, en 1143, avec le royaume de León. Il fonde la première dynastie, dite de Bourgogne. Alphonse V appartient à la dynastie suivante, celle d'Aviz, trois siècles plus tard.

Qui est le roi de Portugal le plus connu ?

Cela dépend du pays où l'on pose la question. Hors du Portugal, c'est le plus souvent Manuel Ier, associé au retour de Vasco de Gama des Indes et à l'arrivée au Brésil en 1500. Au Portugal, Jean Ier, vainqueur d'Aljubarrota en 1385 et fondateur de la maison d'Aviz, et Jean II, surnommé « le Prince parfait », restent au moins aussi présents dans les manuels.

Qui a été le dernier roi du Portugal ?

Manuel II, monté sur le trône en 1908 après l'assassinat de son père Charles Ier, et renversé par la révolution républicaine du 5 octobre 1910. Il finit sa vie en exil en Angleterre, où il meurt en 1932. La monarchie portugaise s'arrête donc en 1910, quatre siècles et demi après Alphonse V.

Qui était le roi de Portugal en 1492 ?

Jean II, fils d'Alphonse V, qui règne de 1481 à 1495. C'est lui qui reçoit Christophe Colomb à son retour des Antilles, début 1493, et qui négocie ensuite le traité de Tordesillas avec les Rois Catholiques, signé en 1494. Attribuer 1492 à Alphonse V est une erreur de onze ans : il est mort en 1481.

Pourquoi Alphonse V est-il surnommé « l'Africain » ?

À cause des places fortes prises au nord du Maroc : Alcácer Ceguer en 1458, puis Arzila et Tanger en 1471, après un échec devant Tanger en 1464. Le surnom vient de cette guerre de conquête au nord du Maroc, pas des comptoirs de Guinée ouverts pendant le même règne. Les deux politiques se déroulent en parallèle et ne se confondent pas.

Alphonse V a-t-il eu affaire à des pirates ou à des corsaires ?

À des corsaires, oui, surtout pendant la guerre de succession de Castille, entre 1475 et 1479 : navires castillans et portugais s'attaquent le long des routes de Guinée, avec autorisation de leur souverain, ce qui est la définition de la course. La question du trafic atlantique est d'ailleurs réglée par le traité d'Alcáçovas en 1479. Les pirates de l'imagerie classique, eux, appartiennent aux années 1650-1730, deux siècles plus tard, dans les Caraïbes et l'océan Indien.

Un jouet d'orientation en plastique se garde-t-il longtemps ?

Le geste utile est simple : une pochette en tissu, ou une case du coffre à jouets réservée aux « instruments ». Pour une vraie sortie en forêt ou sur un sentier côtier, il faut un compas de randonnée et un adulte qui sait s'en servir ; le jouet, lui, sert au jardin, à la chasse au trésor et à l'apprentissage des quatre points cardinaux.

Un dernier repère pratique, si tu dois retenir une seule chose de ce règne : note 1469 et 1481 sur un coin de page. Le contrat Fernão Gomes d'un côté, la mort d'Alphonse V de l'autre. Entre les deux, la Guinée et l'équateur. Après, ce sont Jean II et Manuel Ier qui travaillent, et toute affirmation qui place Alphonse V au cap de Bonne-Espérance ou aux Indes se corrige d'elle-même.