Juan Sebastián del Cano : Le héros méconnu du premier tour du monde
Le 6 septembre 1522, une caraque d'une vingtaine de mètres remonte l'estuaire du Guadalquivir jusqu'à Sanlúcar de Barrameda. La coque est rongée par les tarets, les pompes tournent, il reste dix-huit hommes valides à bord. C'est la Victoria, partie trois ans plus tôt avec quatre autres navires et environ 240 marins.

Son capitaine s'appelle Juan Sebastián del Cano, plus connu aujourd'hui sous la forme Elcano. Il n'était pas le chef de l'expédition, il n'était pas noble, et il avait participé à une mutinerie contre Magellan deux ans plus tôt. C'est pourtant lui qui a ramené le navire.
Tu trouveras ci-dessous sa biographie, la chronologie exacte du voyage, le sort des cinq navires, et ce que savait réellement un pilote de 1519 quand il « faisait route à l'ouest ». Ce dernier point vaut la peine d'être compris avant le reste : il explique pourquoi le retour de la Victoria tient plus du métier de marin que du coup de génie.
- Juan Sebastián Elcano (del Cano dans les documents castillans), né à Getaria vers 1486-1487, mort en mer le 4 août 1526 : premier homme à avoir bouclé un tour du monde complet.
- Il n'était pas le chef de l'armada. Magellan commandait la flotte partie de Sanlúcar le 20 septembre 1519 et il est mort à Mactan, aux Philippines, le 27 avril 1521.
- Elcano prend le commandement de la Victoria en septembre 1521, charge le clou de girofle aux Moluques et rentre par le cap de Bonne-Espérance, route contrôlée par les Portugais.
- Cinq navires et environ 240 hommes au départ, un navire et 18 survivants à l'arrivée le 6 septembre 1522.
- Charles Quint lui accorde un blason à la devise « Primus circumdedisti me », « le premier, tu m'as fait le tour ».
- Son nom est aujourd'hui porté par le quatre-mâts goélette école de la marine espagnole, lancé en 1927.
Elcano en repères : dates, graphies, et ce qu'il était vraiment
Elcano naît à Getaria, sur la côte du Gipuzkoa, vers 1486-1487, dans la couronne de Castille. Il meurt en mer le 4 août 1526, dans le Pacifique, au cours d'une seconde expédition vers les Moluques. Entre les deux, un métier : maître et propriétaire de navire marchand.
Les trois graphies viennent de trois moments. Les documents castillans du XVIe siècle écrivent le plus souvent del Cano, et c'est ainsi qu'il signe. La forme Elcano s'impose plus tard dans l'usage espagnol, et Elkano est l'orthographe basque employée aujourd'hui à Getaria. Les trois désignent le même homme, aucune n'est fautive.
Le point important pour lire sa biographie : il n'a jamais été un capitaine de cour. Pas de charge royale, pas de commandement obtenu par faveur. Un maître de navire, c'est-à-dire l'homme responsable du gréement, de l'arrimage de la cargaison, de l'eau et des vivres. Sur un bateau du XVIe siècle, ce poste technique compte autant que le commandement, et il ne donne aucun prestige.
Pour situer l'époque : Colomb touche les Antilles en 1492, Vasco de Gama atteint l'Inde par le cap en 1498, et l'armada partie en 1519 cherche un passage vers les îles à épices par l'ouest. À peine une génération sépare ces trois voyages. Le reste, la statue, la devise, le héros national, se construit bien plus tard, et il vaut la peine de séparer les deux couches.
Getaria : l'apprentissage d'un marin de métier
Getaria est au début du XVIe siècle un port de pêche à la baleine et de cabotage. On y apprend la manœuvre avant la théorie : sortir par mauvais temps, charger, décharger, rentrer. Elcano y grandit dans ce milieu et devient propriétaire d'un navire de 200 tonneaux environ.
Plusieurs biographies lui attribuent des campagnes au service de la Castille en Méditerranée et en Afrique du Nord, dont l'expédition d'Alger de 1509. Le détail des dates reste discuté selon les auteurs. Ce qui est mieux établi, c'est la nature du travail : transporter des troupes et du matériel pour la couronne, un métier de logisticien de la mer.
Vient ensuite l'épisode qui décide de la suite. Faute d'être payé par la couronne, Elcano cède son navire à des banquiers étrangers pour régler la solde de son équipage. La loi castillane interdisait de livrer un bâtiment à des mains non castillanes. Il se retrouve en faute, donc en position de demander une grâce royale, ce qui l'amène à Séville en 1518 et à s'embarquer dans l'armada qui se prépare.
Concrètement, ce parcours lui donne quatre choses que peu d'hommes de la flotte possédaient ensemble : la connaissance du gréement, la maîtrise de l'arrimage, le calcul des rations sur la longue durée, et l'habitude de tenir un équipage sans autorité de naissance.
Naviguer en 1519 : ce qu'un pilote savait, ce qu'il ignorait
La navigation hauturière de 1519 tient sur trois savoirs élémentaires : trouver le nord, estimer sa route, tenir un journal. L'aiguille aimantée et sa rose des vents sont le seul repère permanent, disponible de jour comme de nuit, par temps couvert.
Le reste est plus fragile. On mesurait la hauteur du soleil ou de l'étoile polaire à l'astrolabe ou au quadrant, ce qui donnait une latitude approchée. La longitude, elle, était hors de portée : aucun moyen de savoir précisément à quelle distance est-ouest on se trouvait. Le pilote comptait donc les heures avec l'ampolleta, un sablier retourné par le mousse, estimait la vitesse à l'œil, notait le cap tenu, et cumulait le tout. C'est l'estime, et elle dérive.
La déclinaison magnétique, cet écart entre le nord de l'aiguille et le nord géographique, était constatée sans être comprise. Les pilotes corrigeaient à la main, chacun selon son expérience. Ajoute que les cartes portugaises et castillanes étaient des secrets d'État, souvent incomplètes au-delà des routes connues : on naviguait autant à la mémoire des hommes qu'au tracé.
Les instruments de bord de l'époque étaient petits et faits pour la main. Un boîtier d'une douzaine de centimètres, un couvercle à rabattre, une rose lisible d'un coup d'œil sur un pont qui bouge. La lisibilité passait avant la sophistication, et c'est resté vrai : les boussoles décoratives d'inspiration ancienne reprennent d'ailleurs ce format de poche plutôt que celui d'un compas de route.
1519-1521 : de Sanlúcar à Mactan, la part réelle d'Elcano
L'armada quitte Séville en août 1519, puis Sanlúcar de Barrameda le 20 septembre : cinq navires, environ 240 hommes. Elcano embarque comme maître de la Concepción, sous les ordres de Gaspar de Quesada. Poste technique, aucune part au commandement.
La flotte descend l'Atlantique, longe le Brésil, cherche un passage sur la côte de Patagonie. L'hivernage à Puerto San Julián, en 1520, tourne à la crise : froid, rations réduites, officiers castillans en conflit ouvert avec un capitaine général portugais. La mutinerie éclate à Pâques. Elcano y prend part. Quesada est exécuté, Juan de Cartagena abandonné à terre plus tard, et Elcano, condamné, est finalement gracié : Magellan n'avait plus assez de bras pour se priver d'un maître de navire.

Le détroit est franchi entre octobre et novembre 1520. Pendant la traversée, le San Antonio, le plus gros porteur de vivres, fait demi-tour et rentre seul en Espagne. Puis vient le Pacifique : plus de trois mois sans escale digne de ce nom, biscuit pourri, eau croupie, scorbut. Magellan meurt le 27 avril 1521 à Mactan, aux Philippines, dans un engagement avec les hommes du chef local Lapulapu.
S'ouvre alors une longue période sans autorité stable. Duarte Barbosa et Juan Serrano d'abord, tués ou abandonnés peu après, puis João Lopes Carvalho, puis Gonzalo Gómez de Espinosa. Les survivants brûlent la Concepción, faute d'hommes pour armer trois coques, et continuent à deux navires vers les îles à épices.
Cinq navires, cinq destins
Sur les cinq bâtiments partis en 1519, un seul boucle le tour du monde. Deux sont perdus comme navires, sans que les équipages disparaissent tous, un déserte, un est capturé. Le tableau ci-dessous récapitule les capitaines du départ et le sort de chaque unité.
| Navire | Capitaine au départ | Rôle dans l'expédition | Sort |
|---|---|---|---|
| Trinidad | Fernand de Magellan | Navire amiral de l'armada | Tente le retour par le Pacifique en 1522, capturée par les Portugais |
| San Antonio | Juan de Cartagena | Plus gros porteur, réserves de vivres | Déserte dans le détroit fin 1520 et rentre seule en Espagne |
| Concepción | Gaspar de Quesada | Elcano y sert comme maître | Brûlée en 1521 aux Philippines, faute d'équipage suffisant |
| Victoria | Luis Mendoza | Caraque d'une vingtaine de mètres, environ 85 tonneaux | Seule à boucler le tour du monde, sous Elcano, retour le 6 septembre 1522 |
| Santiago | Juan Serrano | Navire d'exploration côtière | Naufragée en 1520 sur la côte patagonne, équipage sauvé |
En septembre 1521, à Bornéo, les hommes élisent Elcano au commandement de la Victoria. Une élection, pas une nomination royale : le choix d'un équipage réduit qui désigne le marin le plus compétent pour la manœuvre et l'arrimage. À Tidore, en novembre et décembre 1521, les deux navires chargent le clou de girofle. C'est la seule marchandise capable de rentabiliser trois ans de mer, et elle le fera : la cargaison de la Victoria couvrira une bonne part du coût de l'armada.
La Trinidad, trop abîmée, reste aux Moluques pour réparer et tentera plus tard un retour par le Pacifique qui échouera. Elcano appareille avec la seule Victoria le 21 décembre 1521.
Sur ce point, Grandes Découvertes - Le tour du monde de Magellan et ... (herodote.net) donne des repères vérifiables.
Tidore-Sanlúcar 1522 : la route interdite et les dix-huit survivants
Le choix d'Elcano au départ des Moluques est le point où son métier se voit. Plutôt que de rebrousser chemin par le Pacifique, il rentre vers l'ouest, par l'océan Indien et le cap de Bonne-Espérance, en pleine zone de contrôle portugaise. Un navire chargé d'épices, sans escale possible, sur une route où la moindre rencontre signifie la saisie.
La traversée de l'océan Indien se fait sans toucher terre pendant environ trois mois. Le cap est doublé en mai 1522 après plusieurs tentatives, dans le gros temps. À bord, les pompes tournent en permanence, la coque travaille, les hommes meurent de faim et de scorbut. Le riz est mangé sans autre accompagnement, les voiles se déchirent et se recousent.
En juillet 1522, il faut se résoudre à une escale au Cap-Vert, portugais, pour de l'eau et des vivres. La ruse dure peu : une douzaine d'hommes descendus à terre sont retenus. Elcano lève l'ancre en abandonnant ses hommes, décision dure qui sauve le navire et sa cargaison.
Le 6 septembre 1522, la Victoria mouille à Sanlúcar de Barrameda avec dix-huit survivants du voyage complet. Deux jours plus tard, elle remonte à Séville. Les hommes constatent alors une chose que personne n'avait anticipée : il leur manque un jour au calendrier par rapport à la terre. En faisant le tour du globe vers l'ouest, ils avaient perdu vingt-quatre heures, preuve pratique du sens de rotation de la Terre. Pigafetta, le chroniqueur vénitien du voyage, s'en étonne dans son récit.
Elcano écrit à Charles Quint pour annoncer le retour. Il obtient une pension, un blason et la devise « Primus circumdedisti me ». Pas de titre de noblesse, pas de commandement d'une flotte.
1525-1526 : le dernier voyage
Elcano repart en 1525, non pas comme chef mais comme pilote majeur de l'expédition de García Jofre de Loaísa, envoyée prendre pied aux Moluques. Sept navires quittent La Corogne. Le détroit de Magellan est franchi une deuxième fois, la flotte se disperse dans le Pacifique. Loaísa meurt fin juillet 1526, Elcano quelques jours après lui, le 4 août 1526, à bord. Il avait dicté son testament une semaine plus tôt.
Ce testament dit beaucoup de l'homme : des dettes, des legs modestes, des enfants nés hors mariage qu'il reconnaît, des dispositions pour Getaria. Rien d'un grand d'Espagne.
Raconter le premier tour du monde à un enfant
Avec des enfants, ce sont les chiffres qui accrochent plus que la géographie : cinq navires partent, un seul revient. Deux cent quarante hommes partent, dix-huit rentrent. Ça se comprend à six ans et ça donne la mesure du voyage sans avoir besoin d'un atlas.
Ensuite vient la notion de cap, et là il faut un objet. Trouver le nord dans un jardin, puis tenir cette direction sur cent pas en comptant à voix haute, suffit à faire sentir ce que voulait dire « faire route à l'ouest » pendant trois ans. Un enfant qui a essayé de marcher droit vers l'ouest en contournant un arbre a compris l'estime mieux qu'avec une explication.
- Poser le chiffre: cinq navires au départ, un au retour. Montrer les cinq avec la main, en replier quatre.
- Trouver le nord: poser la boussole à plat, attendre que l'aiguille se stabilise, désigner un repère fixe dans cette direction (un poteau, un arbre).
- Tenir un cap: partir vers l'ouest sur cent pas comptés, en visant à chaque arrêt un nouveau repère.
- Contourner un obstacle: faire dix pas de côté, dix pas dans le cap, dix pas de retour. C'est le problème d'un pilote qui louvoie.
- Arriver quelque part: au bout du parcours, une carte tracée à la main, puis un coffre. Le point d'arrivée doit exister physiquement, sinon le jeu s'éteint.
À la base nautique où je travaille, je donne toujours la boussole au plus jeune du groupe plutôt qu'au plus grand : celui qui tient l'instrument devient l'homme de barre, et les autres suivent. Pour un anniversaire, l'effet est le même. Un objet léger, robuste, avec une rose lisible, qui indique le nord de façon stable, suffit largement. La précision d'arpenteur ne sert à rien ici.

Si tu veux mettre un objet dans la main de ton enfant pour ce genre de parcours, c'est le type de pièce que je regarderais chez Piraterie Shop.
À qui ça ne conviendra pas : un adulte qui cherche un compas de relèvement pour naviguer, ou une pièce à poser sur une étagère à côté d'une maquette, doit regarder ailleurs. Pour de la randonnée réelle, il faut une boussole de terrain avec plaquette et graduations, achetée en magasin de sport. Ici, on parle de jeu et d'apprentissage, et c'est un usage à part entière.
Pour compléter le parcours, une carte tracée à la main sur du papier vieilli fait mieux qu'une carte imprimée, et un coffre en bois pour marquer le point d'arrivée donne un objectif visible. Le déguisement vient en dernier : il habille la fête, il ne la fait pas tenir. Côté maquettes, comparer une caraque et un galion sur un bateau miniature à monter permet de montrer une chose difficile à croire, la petitesse de la Victoria par rapport à ce que l'on imagine d'un navire de découverte.
Pourquoi son nom s'est effacé, et ce qui reste aujourd'hui
Elcano réunit tout ce qu'il faut du héros encombrant pour la couronne du XVIe siècle : roturier, endetté, ancien mutin condamné, élu par ses hommes au lieu d'être nommé par le roi. Magellan, mort en chemin, faisait un chef de flotte plus commode à célébrer. À mon avis, c'est justement le profil de marin de métier d'Elcano, maître de navire marchand rompu à l'arrimage et aux rations, qui explique le retour d'une coque pourrie de Tidore à l'Andalousie, davantage que le génie du capitaine général.
S'ajoute une raison de source. Le récit le plus lu du voyage est celui d'Antonio Pigafetta, embarqué comme surnuméraire, admirateur de Magellan et centré sur lui. Quand un seul témoin structure la mémoire d'un événement, sa hiérarchie devient celle des manuels.
Le nom revient au XIXe siècle avec les travaux d'érudition sur les archives espagnoles, notamment la publication de documents par Martín Fernández de Navarrete. Il est ensuite récupéré au XXe siècle par des discours nationalistes, espagnols puis basques, chacun tirant à soi le marin de Getaria. Le cinquième centenaire, entre 2019 et 2022, a fixé une formule plus juste et désormais courante : expédition Magellan-Elcano. Pour vérifier une date ou une graphie, la notice de l'Encyclopædia Britannica consacrée à Juan Sebastián del Cano donne un point de départ fiable.
Ce qui reste à voir est concret. À Getaria, une statue, la maison natale, des fêtes commémoratives et un espace consacré au voyage. Sur l'eau, le Juan Sebastián de Elcano, quatre-mâts goélette de la marine espagnole lancé en 1927 à Cadix, qui compte une dizaine de tours du monde à son actif et sert encore de navire-école. Et une réplique navigante de la Nao Victoria, construite dans les années 1990 pour l'Exposition de Séville, qui a elle aussi bouclé une circumnavigation : c'est en montant à son bord, ou simplement en la voyant à quai, qu'on mesure l'échelle réelle du navire de 1522.
Si tu veux creuser l'autre bout de l'histoire, j'ai écrit un article sur Ferdinand Magellan, ses voyages et ses rencontres avec la piraterie, qui éclaire la première moitié du périple, celle qui s'arrête à Mactan. Et pour l'orientation en jeu, les modèles de boussoles de la boutique se distinguent surtout par le format du boîtier et le style du cadran, deux critères à regarder avant tout le reste.
Vos questions les plus courantes
Qu'a découvert Juan Sebastián Elcano ?
Il n'a pas découvert de terre nouvelle à proprement parler : il a établi par la pratique qu'un tour complet du globe était réalisable, et il en a rapporté la route. Son retour a aussi apporté deux données concrètes, l'immensité réelle du Pacifique et la perte d'un jour de calendrier en navigant vers l'ouest. C'est une démonstration, pas une découverte géographique.
Qui est le second de Magellan ?
Il n'y a pas de second unique. Au départ de 1519, l'autorité était partagée avec des officiers royaux castillans, dont Juan de Cartagena, inspecteur de la flotte, qui contesta très vite le capitaine général. Après la mort de Magellan, le commandement passe successivement à Duarte Barbosa, Juan Serrano, João Lopes Carvalho puis Gonzalo Gómez de Espinosa. Elcano n'arrive au commandement de la Victoria qu'en septembre 1521.
Qui était le capitaine de Magellan ?
Magellan était lui-même capitaine général de l'armada et capitaine de la Trinidad. Personne ne le commandait en mer : il tenait son autorité directement de Charles Quint, ce qui explique une bonne partie des frictions avec les officiers castillans de la flotte.
Qu'est-ce que la circumnavigation de Magellan ?
C'est le premier tour du monde par mer, réalisé entre le 20 septembre 1519 et le 6 septembre 1522. Le départ se fait vers l'ouest par l'Atlantique, avec passage du détroit qui porte aujourd'hui le nom de Magellan, traversée du Pacifique, arrêt aux Philippines et aux Moluques, puis retour par l'océan Indien et le cap de Bonne-Espérance. Magellan a commandé la première moitié du trajet, Elcano a ramené le seul navire rentré.
Combien d'hommes sont rentrés vivants du premier tour du monde ?
Dix-huit hommes débarquent de la Victoria à Sanlúcar le 6 septembre 1522 après avoir fait le tour complet. Une douzaine d'autres, retenus par les Portugais au Cap-Vert, rentreront plus tard en Espagne. Le reste des quelque 240 marins du départ est mort en route, a déserté avec le San Antonio ou est resté prisonnier aux Moluques.
Pourquoi dit-on « expédition Magellan-Elcano » ?
Parce que les deux hommes ont commandé deux moitiés distinctes du voyage : Magellan de Sanlúcar à Mactan, Elcano de Bornéo à Sanlúcar. La formule s'est généralisée autour du cinquième centenaire, entre 2019 et 2022, et elle rend simplement compte des faits attestés par les archives.
À quel âge une boussole jouet a-t-elle un intérêt, et comment la garder en état ?
Vers cinq ou six ans, un enfant comprend qu'une aiguille montre toujours la même direction et sait suivre un repère fixe. Avant, l'objet amuse mais l'exercice d'orientation lui échappe. Pour la conserver, garde-la à l'écart des aimants (portes de réfrigérateur, enceintes, fermetures magnétiques) qui peuvent perturber l'aiguille, essuie le boîtier plutôt que de le tremper, et vérifie que le couvercle se referme bien avant de la ranger dans un coffre à jouets.
« Primus circumdedisti me » (« le premier, tu m'as fait le tour »), devise du blason accordé à Juan Sebastián Elcano par Charles Quint en 1523.