Juan de Grijalva : le voyageur méconnu du Nouveau Monde

Juan de Grijalva : le voyageur méconnu du Nouveau Monde

En 1604, le vice-roi de Nouvelle-Espagne Juan de Mendoza y Luna autorise une ville de la province de Tabasco à changer de nom en l'honneur de Juan de Grijalva. Aujourd'hui encore, un fleuve du Tabasco porte son nom au Mexique. En Europe, ce nom a presque disparu des récits de la conquête, coincé entre Hernández de Córdoba, mort de ses blessures en 1517, et Cortés, parti en 1519.

Cet article donne sa biographie datée, le détail de son expédition de 1518, ce qu'elle a réellement apporté aux cartes, et les points où les notices se contredisent (année de naissance, lieu de mort). Avec, à la fin, la partie pratique : comment on s'oriente sans longitude, et comment transformer un relevé de côte en jeu pour un enfant.

Sablier en laiton, chaîne et carte côtière déroulée sur une table de bois, face au port brumeux.
Sablier en laiton, chaîne et carte côtière déroulée sur une table de bois, face au port brumeux.

Un critère revient tout au long : je juge un capitaine de cette époque sur ce qu'il a relevé, pas sur ce qu'il a pris. Grijalva y gagne beaucoup.

Les points qui comptent
  • Né vers 1489-1490 à Cuéllar, en Castille ; participe à la conquête de Cuba en 1511 sous Diego Velázquez de Cuéllar, dont il est parent ; mort le 21 janvier 1527 à Olancho, dans le Honduras actuel.
  • Son expédition majeure quitte Cuba le 8 avril 1518 avec quatre navires et 200 à 240 hommes. C'est la deuxième armada envoyée par Velázquez vers le continent.
  • Apport principal : la démonstration que le Yucatán est une péninsule et non une île, et le relevé de la côte du golfe jusqu'à l'îlot baptisé San Juan de Ulúa.
  • Bernal Díaz del Castillo était à bord ; son récit, rédigé bien plus tard, est l'une des sources de l'expédition, avec ses incohérences.
  • Grijalva a commercé au lieu de fonder un établissement. L'or rapporté par échange a déclenché l'envoi de Cortés en 1519, expédition dont il a été écarté.
  • Trois objets suffisent à comprendre une campagne de cabotage : un compas, une carte au trait de côte, un point de mouillage.

Cuéllar, Hispaniola, Cuba : la formation d'un capitaine (1489-1517)

Juan de Grijalva naît vers 1489-1490 à Cuéllar, dans la province de Ségovie. Il passe aux Indes en 1508, à Hispaniola, puis participe en 1511 à la conquête de Cuba aux côtés de Diego Velázquez de Cuéllar et de Pánfilo de Narváez. C'est là qu'il devient un homme de confiance du gouverneur.

Le lien de parenté avec Velázquez est constant dans les sources, le degré beaucoup moins. On le présente couramment comme son neveu ; les notices espagnoles récentes se contentent souvent d'écrire « parent », faute d'acte qui tranche. Les deux hommes viennent de la même ville castillane, ce qui explique déjà beaucoup dans le fonctionnement de ces expéditions : on arme entre gens du même bourg, du même réseau, du même créancier.

Après la conquête de Cuba, Grijalva reçoit une encomienda. Le mot mérite d'être dit pour ce qu'il désigne : le droit d'exploiter le travail contraint d'une population locale, en échange de son évangélisation. C'est un statut juridique, pas une couleur d'époque, et c'est la rémunération ordinaire d'un capitaine de ce temps.

En 1517, Francisco Hernández de Córdoba rentre du Yucatán avec trois navires, un rapport prometteur sur des constructions en pierre et des populations nombreuses, et des pertes lourdes après le combat de Champotón. Córdoba meurt de ses blessures peu après son retour. Velázquez décide aussitôt d'y renvoyer une armada, mieux montée, sous un commandement qu'il contrôle. Grijalva est choisi.

8 avril 1518 : quatre navires, 240 hommes, une côte inconnue

L'armada quitte Cuba le 8 avril 1518 : quatre navires, entre 200 et 240 hommes selon les sources, et un pilote de premier plan, Antón de Alaminos, qui avait déjà navigué dans les Caraïbes et connaissait la route de 1517. Pedro de Alvarado commande l'un des bâtiments. Deux Mayas capturés l'année précédente, appelés Julián et Melchor dans les récits, embarquent comme interprètes.

Ces navires sont de petites unités de charge, à faible tirant d'eau et à voilure réduite. Rien à voir avec les galions qu'on voit au cinéma. Leur autonomie en eau douce se compte en jours, pas en semaines, ce qui impose la méthode : on longe la côte, on mouille, on cherche une rivière ou un puits, on repart. C'est du cabotage à vue, avec une contrainte logistique permanente.

Maquette en bois d'une caravelle à coque peu profonde et gréement réduit, posée sur fond gris avec une chute de toile écrue et une longue-vue en laiton.
Maquette en bois d'une caravelle à coque peu profonde et gréement réduit, posée sur fond gris avec une chute de toile écrue et une longue-vue en laiton.

Au début du XVIe siècle, un capitaine n'a aucun moyen fiable de calculer sa longitude. Il navigue à l'estime : cap tenu au compas, vitesse évaluée, temps mesuré au sablier. La latitude se prend tant bien que mal à l'astrolabe ou au quadrant, à l'arrêt. Le seul repère réellement constant à bord est le nord donné par le compas. Tout le reste le cap, le dessin de la côte, l'endroit où l'on débarque s'y rapporte. C'est aussi pour cela que les boussoles à boîtier et à cadran ont gardé la même silhouette pendant des siècles : un objet de main, tenu dans la paume, qu'on lit d'un coup d'œil.

L'itinéraire est connu dans ses grandes lignes. Cozumel d'abord, puis la remontée de la côte vers Champotón, où l'armada affronte les guerriers mayas en mai 1518 ; Grijalva y est blessé, plusieurs récits parlent d'une blessure au visage. La flotte poursuit vers l'ouest, atteint un grand fleuve que ses hommes baptisent du nom de leur capitaine l'actuel rio Grijalva, dans le Tabasco puis, en juin 1518, un îlot de la côte de l'actuel Veracruz qui reçoit le nom de San Juan de Ulúa.

Ce que Grijalva a réellement prouvé : le Yucatán est une péninsule

Avant 1518, le Yucatán passe pour une île. Le raisonnement est simple : depuis vingt-cinq ans, tout ce que les Espagnols abordent dans ces eaux en est une, d'Hispaniola à Cuba en passant par la Jamaïque. Le rapport de 1517 n'avait pas permis de trancher.

Un relevé de côte suffit à défaire l'hypothèse. En suivant le littoral mouillage après mouillage, du sud du Yucatán vers l'ouest puis vers le nord-ouest, sans jamais retrouver de passage refermant une île, l'armada montre que cette terre tient au continent. C'est le mérite technique de la campagne, et il est cartographique : ce que Grijalva ramène, ce sont des jours de côte relevés, des estuaires repérés, des mouillages notés.

Sur cette côte du golfe, l'expédition entre aussi en contact avec des envoyés du monde nahua, dépendant de l'empire mexica. Les échanges se font par troc : verroterie et objets européens contre pièces d'or travaillé. Les quantités sont modestes à l'échelle de ce qui suivra, mais elles suffisent à établir qu'il existe, à l'intérieur des terres, un pouvoir riche et organisé.

Trois métiers différents se cachent derrière un même mot. Explorer, c'est aller voir. Relever, c'est rapporter une côte utilisable par le pilote suivant. Conquérir, c'est s'établir et soumettre. Grijalva a fait les deux premiers avec méthode et n'a pas fait le troisième, ce qui, dans son cas, était moins une hésitation qu'une lecture stricte de ses instructions.

Retour à Cuba, disgrâce et fin au Honduras (1518-1527)

Au retour, Velázquez lui reproche l'inverse de ce qu'il avait écrit : n'avoir fondé aucun établissement, n'avoir pas pénétré à l'intérieur. Les instructions de départ, elles, restaient ambiguës commercer, reconnaître, rendre compte. Alvarado, renvoyé en avant avec l'or et les blessés, avait eu le temps de raconter sa version au gouverneur avant l'arrivée du capitaine.

La suite est connue. En 1519, Velázquez confie la troisième armada à Hernán Cortés, avec onze navires et environ cinq cents hommes. Plusieurs compagnons de Grijalva rembarquent, dont Francisco de Montejo et Sancho de Barahona : l'expérience acquise en 1518 profite entièrement à l'expédition suivante, sans son chef.

Expédition Départ Moyens Résultat principal
Francisco Hernández de Córdoba 1517 3 navires Premier rapport sur le Yucatán ; lourdes pertes contre les Mayas, Córdoba meurt de ses blessures
Juan de Grijalva 8 avril 1518 4 navires, 200 à 240 hommes Relevé de la côte jusqu'à San Juan de Ulúa ; Yucatán prouvé péninsule ; or obtenu par échange ; aucun établissement fondé
Hernán Cortés février 1519 11 navires, environ 500 hommes Fondation de Veracruz, puis campagne aboutissant à la chute de l'empire mexica en 1521

Grijalva ne reste pas à terre. En 1523, il participe à l'expédition de Francisco de Garay sur la côte du golfe, au nord de Veracruz. Il rejoint ensuite Pedrarias Dávila et sert dans les campagnes du Nicaragua et du Honduras. Il est tué le 21 janvier 1527 à Olancho, au cours d'un soulèvement contre les Espagnols. Certaines notices situent sa mort au Nicaragua ; la date, elle, est stable.

Les hommages sont venus d'Amérique, pas d'Espagne : le fleuve du Tabasco porte son nom depuis le XVIe siècle, et en 1604 le vice-roi Juan de Mendoza y Luna autorise une ville de cette même province à changer de nom en son honneur.

Pour aller plus loin sur ce point : Mots-clés - Juan de Grijalva, sur journals.openedition.org.

Précision Rien de tout cela ne relève de la piraterie. Grijalva navigue sous commission d'un gouverneur agissant au nom de la Couronne de Castille, dans un cadre juridique écrit armada, instructions, comptes à rendre. L'âge d'or de la piraterie (1650-1730) vient plus d'un siècle après, et les mots ne se mélangent pas : un conquistador, un adelantado, un corsaire et un pirate ont chacun un statut différent.

Sources, contradictions et pièges de datation à connaître

Deux textes portent l'essentiel de ce qu'on sait de 1518. Le premier est l'Itinerario attribué à Juan Díaz, chapelain embarqué, qui suit l'itinéraire au jour le jour : c'est la source la plus proche des faits. Le second est la Historia verdadera de la conquista de la Nueva España de Bernal Díaz del Castillo, qui était à bord, mais qui rédige environ cinquante ans plus tard.

Ce décalage se voit. Bernal Díaz gonfle certains effectifs, en oublie d'autres, et écrit en partie pour corriger les chroniqueurs officiels qui, selon lui, donnaient trop à Cortés. Son témoignage reste précieux, à condition de le lire comme une mémoire tardive et non comme un journal de bord. Quand deux notices se contredisent sur un homme de ce siècle, je regarde d'abord les actes de procédure et les contrats d'armement : ces documents donnent des dates sûres, une chronique beaucoup moins.

D'où les flottements que tu retrouveras partout. La naissance oscille entre 1489 et 1490, faute d'acte de baptême conservé. Le lieu de mort varie entre Nicaragua et Olancho selon les auteurs, parce que les deux campagnes se suivent. Le degré de parenté avec Velázquez change d'une page à l'autre. Le Diccionario Biográfico de la Real Academia de la Historia est le point de départ le plus sobre pour vérifier ces variantes en espagnol.

Naviguer en 1518 : compas, estime et carte au trait de côte

À bord, l'instrumentation tient sur une petite table : un compas de route dans son habitacle, une ampoulette (le sablier) pour mesurer le temps, une sonde de plomb pour connaître le fond, un quadrant ou un astrolabe pour la hauteur du soleil. Pas de chronomètre, donc pas de longitude. Le loch à ligne et à nœuds n'est pas encore d'usage courant.

Compas en laiton, cordage lové, longue-vue et toile pliée réunis sur une table de bord en bois près d'une fenêtre.
Compas en laiton, cordage lové, longue-vue et toile pliée réunis sur une table de bord en bois près d'une fenêtre.

Cette absence de longitude explique la forme des cartes du temps. On y voit des littoraux détaillés, avec caps, baies et embouchures, et de grands vides à l'intérieur ; les distances est-ouest y sont approximatives. Ce sont des cartes de côtes faites pour approcher, mouiller et repartir. J'aime beaucoup ces tracés-là, pour une raison simple : ils montrent exactement ce que l'équipage a vu, et rien d'autre.

Trois gestes suffisaient alors et suffisent encore. Trouver le nord. Tenir un cap par rapport à ce nord. Relever un amer, c'est-à-dire noter dans quelle direction se trouve un point remarquable de la côte, un promontoire, une pointe, une montagne. Avec deux relèvements pris depuis deux positions différentes, on situe l'amer sur le papier.

Une erreur de cap ne se paie pas en mètres mais en jours. Deux journées de route dans la mauvaise direction, c'est de l'eau douce consommée pour rien, et sur ces coques une aiguade manquée devient vite un problème sérieux. C'est pourquoi ces armadas avancent lentement, de jour, et mouillent la nuit près de la côte.

Le repère On lit un compas à l'arrêt, boîtier posé à plat, et loin du fer. Une boucle de ceinture, un couteau, un téléphone ou une rambarde métallique suffisent à faire dévier l'aiguille de plusieurs degrés. Le geste est le même sur un pont de bateau et dans un jardin : on s'écarte, on pose, on attend que l'aiguille se stabilise, puis on lit.

Sur la navigation de cette génération de capitaines, l'article que j'ai consacré aux voyages de Ferdinand Magellan éclaire bien le contexte : c'est la même décennie, les mêmes instruments, et un problème de longitude encore plus lourd de conséquences.

Raconter Grijalva à un enfant : chasse au trésor, cap et point de débarquement

Le relevé de côte est un excellent jeu, parce qu'il repose sur une règle unique et compréhensible à six ans : on ne cherche pas un endroit, on suit une direction. Le trésor n'est pas indiqué par une croix : on l'atteint en tenant un cap depuis un point de départ.

  1. Trace le trait de côte. Sur une grande feuille, dessine une côte sinueuse au crayon, avec deux pointes et un estuaire. C'est la carte, et elle est volontairement incomplète à l'intérieur.
  2. Place trois mouillages. Trois étapes numérotées le long de la côte, comme Cozumel, le fleuve, puis l'îlot. Chaque mouillage donne l'indice qui mène au suivant.
  3. Cherche le nord à chaque étape. L'enfant pose la boussole à plat, attend l'aiguille, oriente la carte dans le bon sens. C'est le seul geste répété du jeu, et c'est celui qu'il retiendra.
  4. Donne un cap et un nombre de pas. « Nord-est, quarante pas » vaut mieux qu'une énigme verbale : c'est vérifiable, et l'erreur se corrige en revenant au point précédent.
  5. Termine sur un point de débarquement. Un coffre posé au sol, sous une bâche ou derrière un massif, atteint par le dernier cap.

Pour tenir ce déroulé, il faut un instrument que l'enfant peut manipuler seul, tenir dans une main et poser à plat sans le casser. Un compas de randonnée d'adulte, avec sa plaquette transparente et ses graduations fines, n'a pas ce format : l'enfant le lit mal et le tient mal. Un boîtier rond à couvercle, plus petit qu'une paume, correspond mieux à ce que le jeu demande.

Si tu cherches un instrument pour naviguer réellement, en randonnée ou sur l'eau, ce n'est pas ce format qu'il te faut : prends un compas de marche ou un compas de relèvement chez un spécialiste. Et pour un enfant qui ne sait pas encore compter ses pas, il vaut mieux garder la boussole dans la main de l'adulte et la lui donner à chaque étape, sinon l'objet devient un jouet à manipuler et le jeu s'arrête là.

Le reste des accessoires suit l'histoire : une carte pour l'itinéraire, un coffre en bois pour le point d'arrivée, et une pièce de costume pour le rôle de capitaine. Ce sont des accessoires de jeu, à garder à la maison ou au jardin.

Selon l'âge, la difficulté change. Entre 4 et 6 ans, l'adulte donne le nord et l'enfant compte ses pas à voix haute. Entre 7 et 10 ans, il trace lui-même la côte, place ses mouillages et lit le cap sur le cadran ; certains passent une demi-heure sur le dessin de la carte, ce qui fait partie du jeu.

Prolonger le sujet : navires de cabotage, maquettes et décoration d'expédition

Les quatre navires de 1518 étaient des unités de charge modestes : coque courte, faible tirant d'eau, voilure réduite, équipage entassé. Un galion de fiction, avec ses trois ponts de sabords, appartient à un autre siècle et à un autre usage. Cette différence se voit sur une maquette dès qu'on regarde la hauteur du bord et le nombre de mâts.

Avant de choisir une maquette ou un set de construction, deux vérifications concrètes : le type de coque et de gréement représenté, et la place au sol une fois monté. Un grand set assemblé demande une étagère profonde et un endroit où il ne prendra pas la poussière en trois semaines. Les collections de bateaux pirate en modèle réduit mélangent des échelles très différentes, et les dimensions annoncées valent mieux qu'une impression sur photo.

Pour un mur de bureau ou une chambre, une carte ancienne du golfe, un poster de trait de côte ou un pavillon fonctionnent bien ensemble, à condition de ne pas raconter la même chose. Une carte du XVIe siècle relève de l'histoire ; un pavillon à tête de mort relève de l'imaginaire pirate du XVIIIe siècle et de la fiction. Les deux peuvent cohabiter au mur, ils ne se prouvent pas l'un l'autre.

Et si l'orientation t'intéresse plus que la décoration, les modèles de boussoles de la boutique se distinguent surtout par leur format et leur destination, jouet ou objet de vitrine : c'est le premier critère à regarder avant le style.

Questions fréquentes

Qui était Juan de Grijalva ?

Un capitaine espagnol né vers 1489-1490 à Cuéllar, en Castille, parent de Diego Velázquez de Cuéllar, gouverneur de Cuba. Il participe à la conquête de l'île en 1511, puis commande en 1518 la deuxième expédition envoyée vers le continent américain. Il meurt le 21 janvier 1527 à Olancho, dans l'actuel Honduras.

Qu'a découvert Juan de Grijalva lors de son expédition de 1518 ?

Il a relevé la côte depuis Cozumel jusqu'à l'îlot de San Juan de Ulúa, sur le littoral de l'actuel Veracruz, et démontré que le Yucatán tient au continent au lieu d'être une île. Son expédition a aussi établi les premiers échanges avec des envoyés du monde nahua et rapporté de l'or obtenu par troc, sans fonder d'établissement.

Quel lien de parenté unissait Grijalva et Diego Velázquez de Cuéllar ?

Les deux hommes étaient parents et originaires de la même ville castillane. La tradition en fait son neveu, mais les notices prudentes s'en tiennent à « parent » : aucun document connu ne fixe le degré exact. C'est un cas typique où la répétition d'une génération à l'autre a solidifié une filiation invérifiable.

Pourquoi est-ce Cortés, et non Grijalva, qui a mené la conquête du Mexique ?

Parce que Velázquez lui a reproché de n'avoir ni fondé de ville ni pénétré à l'intérieur des terres, alors que ses instructions restaient ambiguës sur ce point. Alvarado, rentré en avance avec l'or, avait exposé sa version avant le retour de l'armada. La troisième expédition fut confiée à Cortés en 1519, avec plusieurs vétérans de 1518 à bord.

Comment et où Juan de Grijalva est-il mort ?

Il est tué le 21 janvier 1527 à Olancho, dans le Honduras actuel, lors d'un soulèvement contre les Espagnols, alors qu'il servait sous Pedrarias Dávila. Quelques notices situent sa mort au Nicaragua, les deux campagnes s'étant enchaînées dans la même région.

Pourquoi un fleuve du Mexique porte-t-il son nom ?

Ses hommes ont baptisé du nom de leur capitaine le grand fleuve du Tabasco atteint en juin 1518, appelé jusque-là Tabasco par les populations locales. Le nom est resté, et en 1604 le vice-roi Juan de Mendoza y Luna a autorisé une ville de la même province à changer de nom en son honneur.

Une boussole jouet indique-t-elle vraiment le nord, et comment l'entretenir ?

Oui, une boussole d'enfant indique le nord, à condition d'être posée à plat, à l'arrêt, et à l'écart du métal ; elle donne une direction, pas une position. Côté entretien, rien de compliqué pour un boîtier en plastique : on l'essuie avec un chiffon sec, on évite de le laisser dehors sous la pluie ou en plein soleil, et on le range à part des aimants et des outils. Si l'aiguille se met à coller ou à osciller sans se fixer, l'objet a pris un choc et il vaut mieux vérifier la direction avec un second compas.

« Nous sommes venus ici pour servir Dieu et Sa Majesté, pour donner la lumière à ceux qui étaient dans les ténèbres, et aussi pour acquérir des richesses. » Bernal Díaz del Castillo, Historia verdadera de la conquista de la Nueva España.