Capitaine Edward England : Le pirate miséricordieux
En août 1720, au large d'Anjouan, dans les Comores, Edward England laisse la vie sauve au capitaine James Macrae, du Cassandra, et lui abandonne un navire pour rentrer aux Indes. Quelques semaines plus tard, son propre équipage vote sa destitution et le débarque à terre avec trois compagnons.
Une mutinerie pour excès de clémence : le cas est rare dans l'âge d'or de la piraterie, entre 1690 et 1730. On en apprend davantage sur la manière dont un équipage tenait son capitaine que sur le tempérament d'un homme.

Ce qui suit remet England dans sa chronologie, sépare ce que les archives établissent de ce qu'ajoute un livre de 1724 à moitié littéraire, et donne de quoi lire le pavillon qu'on lui attribue sans le confondre avec celui d'Edward Low.
- Né Edward Seegar (variantes Seager, parfois Jasper Seagar selon les documents) en Irlande, vers 1685 ; mort à Madagascar autour de 1720-1721.
- Second sur un sloop jamaïcain capturé par le pirate Christopher Winter, il bascule dans la piraterie, puis quitte New Providence en 1718 devant la répression de Woodes Rogers.
- Navires successifs : un sloop, la Pearl, puis le Fancy, un hollandais de 34 canons pris en 1720. Il navigue de conserve avec John Taylor et croise la route d'Olivier Levasseur, dit La Buse.
- Le combat d'Anjouan contre le Cassandra de la Compagnie anglaise des Indes orientales est l'épisode central : il épargne le capitaine Macrae et lui laisse un navire.
- Son équipage le destitue et l'abandonne à terre. Sa carrière s'arrête sur un vote de son équipage, non sous les canons de la Royal Navy.
- Le pavillon qui lui est attribué circule en plusieurs versions et se mélange souvent à celui d'Edward Low : l'attribution vient de gravures et de listes, aucun exemplaire n'a été conservé.
Qui était Edward England : la fiche en clair
Edward England est un pirate d'origine irlandaise, actif entre 1717 et 1720 dans les Caraïbes, sur les côtes d'Afrique de l'Ouest puis dans l'océan Indien. Son nom de naissance est Edward Seegar. Il meurt à Madagascar, sans procès et sans pendaison.
Les dates sont molles. On lit « vers 1685 » pour la naissance, « 1720 » ou « 1721 » pour la mort, et les deux se discutent. Le nom lui-même flotte : Seegar, Seager, et dans certains documents de compagnie un « Jasper Seagar » que plusieurs historiens identifient à England sans que l'équivalence soit certaine. Quand une source hésite à ce point, mieux vaut donner les deux hypothèses que trancher.
Ce qui est solide tient à peu de choses : des archives de la Compagnie anglaise des Indes orientales, les rapports du capitaine Macrae, quelques dépositions judiciaires liées aux équipages voisins. Le reste, y compris le portrait moral qui lui a valu son surnom, vient d'un livre publié à Londres en 1724. Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas une archive.
Reste la question que les lecteurs posent le plus souvent : à quoi ressemblait son pavillon. Un pavillon de capitaine ne se réduit jamais au crâne. Beaucoup de motifs attribués figurent un homme entier, ou un buste coiffé du tricorne, avec cache-œil et arme à la main ou entre les dents. Ces attributs sont ce qui permet de distinguer un pavillon d'un autre, et c'est aussi ce qui sépare, dans une collection de drapeaux Jolly Roger, un motif de capitaine identifiable d'un crâne passe-partout.
Sur ce point, Edward England - définition (encyclopedie.fr) donne des repères vérifiables.
Du sloop marchand à la piraterie : comment on basculait
England n'a pas choisi la piraterie par vocation affichée. Il servait comme officier sur un sloop marchand jamaïcain quand le navire fut capturé par le pirate Christopher Winter. Le récit classique veut qu'il ait rejoint l'équipage après cette prise.
Le mécanisme était ordinaire. Un équipage pirate manquait toujours de bras et de compétences : charpentiers, chirurgiens, navigateurs, pilotes côtiers. Un marin capturé se voyait proposer de signer, avec le fond de cale comme perspective de rechange. Certains signaient de bon cœur, d'autres se faisaient consigner « forcé » par écrit, ce qui pouvait servir de défense devant une cour d'amirauté. Le mot « forcé » revient d'ailleurs très souvent dans les procès des années 1720.
Vers 1717-1718, England opère depuis New Providence, l'actuelle Nassau, aux Bahamas : mouillage abrité, faible tirant d'eau, receleurs sur place pour écouler le butin, ravitaillement en eau et en bois. Ce n'était pas une république de bande dessinée, plutôt un port de négoce toléré où quelques centaines d'hommes se croisaient entre deux campagnes.
En 1718, Woodes Rogers arrive avec une commission de gouverneur et le pardon royal en poche. Ceux qui veulent l'amnistie la prennent. England, lui, appareille vers l'Afrique de l'Ouest, où les navires négriers, les traitants et les caboteurs de la côte de Guinée offrent des prises plus faciles que des Caraïbes désormais surveillées.
Ses navires : du sloop à la Pearl, puis au Fancy
England commence avec un sloop, passe ensuite à un navire plus grand qu'il rebaptise Pearl, puis prend en 1720 un hollandais de 34 canons qu'il nomme Fancy. Trois étapes, trois échelles d'opérations.
Le sloop, coque unique, un mât, grand-voile aurique et foc, tire peu d'eau et remonte bien au vent. Il se cache derrière une pointe, sort d'une baie où une frégate ne peut pas entrer, et se contente d'une trentaine d'hommes. Pour rançonner du caboteur, c'est l'outil le plus économique qui soit. J'ai un faible pour ces petits gréements où l'on voit tout le fonctionnement d'un seul coup d'œil, et l'histoire de la piraterie leur donne raison plus souvent qu'aux grands trois-mâts.

Passer à un navire de rang supérieur change la nature de la campagne. Plus de canons, plus de vivres, plus d'hommes à nourrir, mais la capacité de tenir la mer plusieurs mois et d'attaquer un navire de compagnie armé. C'est ce qu'il faut pour quitter l'Atlantique et descendre vers le canal du Mozambique.
Madagascar sert de base arrière : criques, eau douce, bois, et des communautés installées de longue date. De là, on guette la route des Indes, celle des navires de compagnie chargés de textiles, d'épices et de numéraire. Une seule prise heureuse valait dix caboteurs antillais. England y arrive en 1720 avec le Fancy, en association avec John Taylor sur le Victory.
Le combat d'Anjouan et la mutinerie
En août 1720, à Anjouan, dans l'archipel des Comores, les pirates tombent sur trois navires : deux hollandais et le Cassandra de la Compagnie anglaise des Indes orientales, commandé par James Macrae. Le combat dure plusieurs heures et coûte cher aux deux camps.
Le Cassandra finit échoué. Macrae gagne la terre avec une partie de ses hommes et s'y cache une dizaine de jours, puis revient se remettre entre les mains des pirates. La suite est le cœur de l'affaire : England lui laisse la vie et lui abandonne un navire, l'ancien Fancy passablement amoché, pour rentrer. Macrae rallie Bombay au terme d'une traversée misérable et fera ensuite carrière dans la Compagnie.
John Taylor, lui, voulait la tête de Macrae. Il avait pour lui l'argument le plus efficace à bord d'un navire pirate : un capitaine trop tendre rend l'équipage vulnérable, un adversaire relâché témoigne au procès et les prochaines proies se battront au lieu d'amener leur pavillon. L'équipage tranche par un vote. England est destitué, puis débarqué avec trois compagnons.
Un capitaine pirate n'était pas un chef absolu
C'est là que le cas devient intéressant. Sur un navire de commerce ou de guerre, le capitaine tient son autorité d'un armateur ou d'une commission. Sur un navire pirate, il la tient d'une élection, et il la perd de la même façon. Les chartes de bord, ces articles signés par l'équipage, répartissaient les parts, prévoyaient les indemnités en cas de blessure, et limitaient le pouvoir du capitaine à la chasse et au combat. Le reste du temps, le quartier-maître représentait l'équipage.
La clémence d'England lui a coûté son commandement parce qu'elle a été jugée comme une décision politique, pas comme une qualité personnelle. Voilà pourquoi l'étiquette de « pirate miséricordieux » me paraît étroite : elle transforme en trait de caractère ce qui fut d'abord un désaccord de gouvernance à bord.
Abandonné, England construit avec ses compagnons une embarcation de fortune et gagne Madagascar. Il y vit de la charité d'autres pirates installés et meurt peu après, autour de 1720-1721, sans fortune.
Pavillon attribué à Edward England : comment le décrire sans le confondre
Le pavillon associé à England est un crâne blanc au-dessus de deux os croisés, sur fond noir. Certaines listes y ajoutent un sablier ou une seconde version. Aucun exemplaire d'époque n'a été conservé : l'attribution repose sur des gravures et des compilations du XVIIIe siècle.
Autrement dit, on sait que les équipages hissaient des pavillons personnalisés, on a des descriptions et des images imprimées, mais on n'a pas la toile. C'est vrai pour presque tous les capitaines de l'âge d'or. Écrire « réplique historique » sur un drapeau vendu aujourd'hui n'aurait donc aucun sens.
Sur un navire, ce motif servait à une chose précise : sommer. Le pavillon noir hissé à bonne distance annonçait qu'une reddition immédiate épargnerait l'équipage marchand. Le pavillon rouge, chez plusieurs équipages, annonçait l'inverse. La décoration est une lecture moderne, la sommation était l'usage.
Les attributs à repérer
- Crâne seul ou crâne et os croisés : le motif le plus répandu, le moins identifiant.
- Buste coiffé du tricorne, parfois avec cache-œil : on passe du symbole de mort à la figure d'un capitaine.
- Homme entier, debout, souvent tenant une arme : typique des motifs attribués à Bartholomew Roberts.
- Arme, sabre ou poignard, à la main ou entre les dents : marqueur de menace directe.
- Sablier: le temps qui reste pour se rendre.
- Cœur percé ou gouttes de sang : présent dans les descriptions de plusieurs équipages, avec des variantes.
| Capitaine | Motif attribué | Origine de l'attribution | Confusion fréquente |
|---|---|---|---|
| Edward England | Crâne blanc et os croisés sur fond noir, variantes avec sablier | Gravures et listes du XVIIIe siècle, aucun exemplaire conservé | Pris pour le pavillon d'Edward Low ou pour un Jolly Roger générique |
| Edward Low | Squelette rouge sur fond noir | Récits d'époque et gravures, versions divergentes | Attribué à England dans de nombreuses listes en ligne |
| Barbe Noire (Edward Teach) | Squelette au sablier perçant un cœur | Attribution tardive, popularisée au XXe siècle | Présentée comme documentée d'époque, ce qu'elle n'est pas |
| Calico Jack (John Rackham) | Crâne surmontant deux sabres croisés | Attribution ancienne, largement reprise | Devenue le symbole pirate par défaut, tous capitaines confondus |
Le mélange England / Low vient surtout des prénoms et de la proximité de dates. Les deux motifs n'ont pourtant rien à voir : un crâne blanc et des os d'un côté, une figure squelettique rouge de l'autre. Si tu veux creuser ce cas précis, je l'ai détaillé dans l'article consacré au drapeau d'Edward Low.

Sources : ce que le livre de 1724 ajoute, et parfois invente
Presque tout le portrait moral d'Edward England vient d'un seul ouvrage : A General History of the Robberies and Murders of the Most Notorious Pyrates, publié à Londres en 1724 sous le nom de « capitaine Charles Johnson ». L'attribution du texte à Daniel Defoe a longtemps été défendue, elle est aujourd'hui discutée.
Ce livre est à la fois une mine et un piège. Il donne des noms de navires, des dates, des itinéraires que d'autres documents confirment. Il compose aussi des dialogues, prête des intentions, et raconte au moins un épisode, la colonie de Libertalia, dont l'existence n'est établie par rien. C'est de lui que vient le England « de bon naturel », qui refuse les mauvais traitements aux prisonniers et se fait constamment déborder par son équipage.
Autre récit à manier avec des pincettes : la mort du capitaine Skinner, du Cadogan, tué par d'anciens matelots qu'il avait grugés, lors d'une prise de l'équipage d'England. On la retrouve dans la tradition du Newgate Calendar, un recueil de récits criminels destiné au grand public, pas un registre judiciaire. La scène est peut-être vraie ; la façon dont elle est racontée est faite pour être lue le soir à la chandelle.
- Identifie la nature du document. Registre de compagnie, déposition de procès, journal de bord, ou récit imprimé pour le public : les quatre n'ont pas le même poids.
- Cherche la date de première publication. Un détail apparu au XIXe siècle sur un événement de 1720 est une addition tardive, sans valeur de témoignage.
- Croise au moins deux sources indépendantes. Pour England, la notice de la Wikipédia francophone et celle de la World History Encyclopedia donnent déjà des bases comparables et signalent leurs zones d'incertitude.
- Note les contradictions au lieu de les gommer. Maurice ou Madagascar pour l'abandon, 1720 ou 1721 pour la mort : écrire les deux est plus honnête que choisir.
- Sépare le fait du jugement. « Il a laissé un navire à Macrae » est un fait rapporté. « Il était bon » est une appréciation d'auteur.
England dans la fiction : jeux, mythes et homonymes
Edward England apparaît dans plusieurs œuvres récentes, la plus visible étant le jeu vidéo Uncharted 4 : A Thief's End, où il figure parmi les capitaines fondateurs de la colonie pirate de Libertalia. C'est une reconstruction romanesque, greffée sur un lieu dont l'existence historique n'est pas établie.
Le socle du mythe est double : le récit de Libertalia dans le livre de 1724, et la réalité des installations pirates à Madagascar et sur l'île Sainte-Marie au tournant du XVIIIe siècle. Des hommes s'y sont bel et bien fixés, ont commercé, se sont mariés localement. De là à une république égalitaire avec constitution et langue commune, il y a le pas que la fiction franchit et que les documents ne franchissent pas. Olivier Levasseur, dit La Buse, qui opérait dans les mêmes eaux avec Taylor, sert souvent de second personnage à cette légende.
Deux confusions valent d'être signalées. La première envoie régulièrement les recherches vers Edward Smith, capitaine du Titanic, qui n'a évidemment rien à voir. La seconde mélange England et Low, comme vu plus haut.
Quant aux univers contemporains, ils empruntent le répertoire visuel de ces pavillons sans en reproduire les motifs. Dans One Piece, chaque équipage possède son emblème propre, dérivé du crâne mais personnalisé par un attribut du capitaine, exactement la logique des pavillons du XVIIIe siècle appliquée à une fiction. Les pavillons de Pirates des Caraïbes fonctionnent de la même manière. Histoire attestée, fiction et jeu sont trois styles légitimes ; ils ne se prouvent pas l'un l'autre.
Afficher un pavillon de capitaine chez soi
Pour un mur d'intérieur comme pour une hampe de jardin, le format de marine qui sert à tout est la toile de 90 x 150 cm : assez grande pour que le motif se lise à quelques mètres, assez petite pour tenir au-dessus d'un bureau ou d'un lit. En dessous, un crâne blanc devient illisible dès qu'on recule.
Ce qui décide de l'usage extérieur, c'est la finition. Une bande latérale renforcée et deux œillets métalliques permettent de passer une drisse ou une hampe. Des coutures fermées et une toile polyester évitent que le tissu gondole à l'humidité. Sans ces éléments, un pavillon reste un objet d'intérieur, et il n'y a rien de honteux à cela.
Sur le motif, une préférence de connaisseur : un buste de capitaine avec tricorne, cache-œil et arme identifie une figure, là où un crâne seul ne dit rien de personne. C'est aussi ce qui rapproche le plus une décoration murale des figures gravées du XVIIIe siècle, qui montraient presque toujours un homme, pas un emblème abstrait.
Il ne conviendra pas à qui cherche précisément le pavillon attribué à England : ce motif-là est un crâne et des os croisés, pas un portrait de capitaine. Et si l'idée est de le laisser dehors en permanence, aucune toile imprimée ne tient indéfiniment le soleil et le vent ; mieux vaut le rentrer entre deux occasions, ou lui trouver un mur.
- Sur un mur: deux crochets ou deux clous à tête plate dans les œillets, la toile bien tendue, le centre du motif à hauteur d'œil, soit environ 1,50 m du sol.
- Sur une hampe ou un mât: une drisse passée dans les deux œillets, un nœud de chaise à chaque extrémité, et on amène le pavillon par grand vent plutôt que de le laisser se déchirer.
- Sur une porte ou un plafond mansardé: ajoute une baguette de bois glissée dans un ourlet ou fixée au dos pour éviter les plis en accordéon.
- Entretien: rinçage à l'eau froide, séchage à plat, ni sèche-linge ni exposition permanente au plein soleil, qui affadit les impressions.
Un dernier point, qui revient souvent chez les plaisanciers : un pavillon décoratif n'est ni une pièce d'époque, ni un signal réglementaire. Sur un bateau immatriculé, le pavillon national reste ce qui identifie le navire, et les règles de pavillonnerie relèvent des affaires maritimes. Hisser un Jolly Roger en plus, à la marina, tient de l'usage festif ; il ne remplace rien. À terre, la question ne se pose pas.
Le reste des motifs, capitaines historiques comme équipages de fiction, se regarde tranquillement du côté des décorations pirate de Piraterie Shop, où les formats et les finitions sont indiqués modèle par modèle.
Les questions qui reviennent
Pourquoi Edward England est-il appelé le pirate miséricordieux ?
Parce qu'il a épargné le capitaine James Macrae après le combat d'Anjouan, en 1720, et lui a laissé un navire pour rentrer, alors que son associé John Taylor voulait le tuer. Le surnom vient surtout du portrait qu'en donne le livre de 1724, qui insiste sur son refus des mauvais traitements infligés aux prisonniers. Ce geste lui a coûté son commandement quelques semaines plus tard.
Comment Edward England est-il mort ?
Destitué par le vote de son équipage, il est abandonné à terre avec trois compagnons, gagne Madagascar sur une embarcation de fortune et y meurt autour de 1720-1721, sans ressources, vivant de la charité d'autres pirates installés. Les sources divergent sur le lieu exact de l'abandon, souvent situé à Maurice, et sur l'année de sa mort. Il n'a été ni capturé, ni jugé, ni pendu.
Que s'est-il passé lors du combat d'Anjouan contre le Cassandra?
En août 1720, les pirates attaquent trois navires mouillés à Anjouan, dont le Cassandra de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Le combat dure plusieurs heures, le Cassandra s'échoue et Macrae se réfugie à terre une dizaine de jours avant de revenir se rendre. England lui laisse la vie et l'ancien Fancy, très endommagé, avec lequel il rallie Bombay.
Quel était le pavillon d'Edward England et à quoi ressemblait-il ?
On lui attribue un crâne blanc au-dessus de deux os croisés, sur fond noir, avec des variantes comportant un sablier selon les gravures. Aucune toile d'époque n'a été conservée : l'attribution repose sur des images imprimées et des listes du XVIIIe siècle, ce qui impose de dire « pavillon attribué à » plutôt que « pavillon de ».
Edward England et Edward Low sont-ils la même personne ?
Non, ce sont deux capitaines distincts. Low, actif au début des années 1720 dans l'Atlantique, est associé à une figure squelettique rouge sur fond noir et à une réputation de brutalité ; England opère dans l'océan Indien et disparaît dès 1720-1721. La proximité des prénoms et des dates explique le mélange fréquent des deux pavillons dans les listes en ligne.
Edward England a-t-il vraiment existé, ou est-ce un personnage de jeu vidéo ?
Il a existé. Sa carrière est documentée par les archives de la Compagnie anglaise des Indes orientales et par les rapports du capitaine Macrae, indépendamment du livre de 1724. Son apparition dans Uncharted 4, parmi les fondateurs d'une Libertalia romancée, est une invention de scénario greffée sur un personnage réel.
Un pavillon de 90 x 150 cm, ça occupe quelle place sur un mur ?
Compte l'équivalent d'une grande affiche de cinéma posée en paysage : un peu moins d'un mètre de haut sur un mètre et demi de large. Au-dessus d'un lit une place ou d'un bureau standard, il remplit le champ sans déborder. Prévois quelques centimètres de marge de chaque côté, la toile se tend rarement au millimètre.
« He had a great deal of good nature, and did not want for courage ; he was not avaricious, and always averse to the ill usage prisoners received... But he was generally over-ruled. » Charles Johnson, A General History of the Pyrates, Londres, 1724, à propos d'Edward England.