Peter Easton : L'inflexible pirate de l'Atlantique Nord
En 1612, les colons de Cuper's Cove, à Terre-Neuve, offrent deux porcs au capitaine qui tient la baie avec une dizaine de navires armés. Peter Easton pille alors les flottes de pêche de Trinity Bay à Ferryland, prend des hommes, du sel et des cordages, et laisse l'établissement de John Guy tranquille. Un pardon royal l'attend depuis février de la même année. Il ne lui parviendra jamais à temps.
Voilà le personnage : un ancien officier de convoi devenu hors-la-loi par changement de règlement, qui gère un port, des radoubs et des équipages plus qu'il ne collectionne les abordages spectaculaires.

Tu trouveras ci-dessous sa carrière datée, ce que les sources d'époque disent vraiment de ses prises, et un repère simple que j'utilise pour dater un navire sur une gravure ou une maquette : le nombre de mâts et le type de voilure.
- Peter Easton (v. 1570 – v. 1620) débute comme corsaire anglais : lettre de marque d'Élisabeth Ire en 1602, mission de protéger la flottille de pêche de Terre-Neuve contre les Espagnols.
- Il devient pirate après 1603, quand Jacques Ier fait la paix avec l'Espagne et retire les lettres de marque, un ordre qui, selon les sources, ne lui parvient pas.
- Sa base est Harbour Grace, dans la baie de la Conception : fort, radoub des coques, recrutement de pêcheurs de gré ou de force, entre 1611 et 1614.
- Les sources de référence (Richard Whitbourne, Dictionnaire biographique du Canada) parlent de 30 navires anglais pillés à Saint-Jean et de pertes évaluées à environ 20 400 £ pour les flottes de pêche.
- Il finit sa vie libre et riche en Savoie, avec un titre de marquis : ni gibet, ni combat final, ni disparition en mer.
- Sa flotte est faite de trois-mâts armés du début du XVIIe siècle, pas des petits voiliers rapides de la piraterie caribéenne postérieure.
Qui était Peter Easton, exactement ?
Un marin anglais né vers 1570, corsaire au service de la couronne d'Angleterre, puis pirate actif à Terre-Neuve et en Méditerranée, mort vers 1620 en Savoie. Sa période pirate documentée tient en une douzaine d'années, de 1603 environ à 1614.
Ses origines sont contestées. Une source ancienne le dit « of low birth », une autre le désigne comme « late of London, gent. ». Les deux formules ne peuvent pas être vraies en même temps, et personne n'a tranché : on ne sait pas d'où il sort socialement.
La tradition familiale, rapportée par plusieurs auteurs, fait descendre les Easton de combattants des Croisades et cite un parent engagé contre l'Invincible Armada en 1588. C'est une généalogie de famille reprise plus tard, pas un acte d'archive.
Les surnoms qui circulent, « maître-pirate » ou « Pirate Admiral », viennent surtout des chroniqueurs et des textes de vulgarisation postérieurs. Ils décrivent une réalité simple : à son sommet, Easton ne commandait pas un bateau, il commandait une escadre, avec ce que cela suppose de vivres, de poudre, de bois de réparation et de comptes à tenir.
On retrouve ce point dans No Colony for Old Men: Peter Easton in Conception Bay (conceptionbaymuseum.com).
Corsaire ou pirate : à quel moment Easton a-t-il basculé ?
En 1602, il navigue avec une lettre de marque signée d'Élisabeth Ire, à la tête d'un convoi chargé de protéger les pêcheurs anglais de Terre-Neuve contre les Espagnols. Il porte alors la croix de saint Georges. En 1603, Élisabeth meurt, Jacques Ier s'entend avec l'Espagne et révoque les commissions de course.
Le métier ne change pas, le cadre juridique si. Un capitaine qui continue d'arraisonner des navires après la révocation passe du statut de corsaire mandaté à celui de pirate poursuivable. Easton continue.
Une lettre de marque autorisait beaucoup : attaquer les navires et les ports de l'ennemi désigné, saisir cargaisons et bâtiments, et réquisitionner des hommes, notamment parmi les équipages de pêche. Quand elle disparaît, ces gestes restent identiques et deviennent des crimes. C'est ce glissement administratif qui explique la trajectoire d'Easton, plus qu'une quelconque cruauté personnelle.

Le vocabulaire mérite d'être remis en ordre, parce qu'il est mélangé partout : le corsaire agit sous commission d'un État, le pirate agit pour son compte, le flibustier et le boucanier renvoient à des réalités caribéennes plus tardives, celles des années 1650-1730. Easton appartient au premier XVIIe siècle : le pirate mis en scène aujourd'hui dans les films et dans les maquettes de la collection bateaux pirate des Caraïbes vient d'un siècle plus tard que lui.
Cette piraterie-là s'appuie sur des relais à terre. Les Killigrew de Falmouth, famille de notables des Cornouailles, ont longtemps servi d'intermédiaires aux marins de course revenant avec des cargaisons à écouler. Sans complicité côtière, une escadre ne se ravitaille pas. Si le passage du chasseur au chassé t'intéresse, j'ai écrit un article sur William Kidd, le chasseur de pirates devenu pirate, qui suit exactement la même mécanique un siècle plus tard.
Pourquoi Terre-Neuve et pas les Caraïbes ?
Parce que la morue valait de l'argent et que les bancs de Terre-Neuve concentraient chaque été des centaines de navires anglais, français, portugais et basques. Un pirate y trouvait des prises rapprochées, mal armées, et regroupées dans des anses connues.
Ce qu'on prenait sur ces bateaux n'était pas de l'or. Du sel, des provisions pour plusieurs mois, des canons, des cordages, des chaloupes, du bois de réparation. Et surtout des hommes : des pêcheurs qui savaient déjà tenir une drisse, ramer et survivre à une traversée de l'Atlantique Nord. Un équipage se recrute plus vite dans une baie à morue que dans un port de Cornouailles.

Harbour Grace, dans la baie de la Conception, lui sert de base entre 1611 et 1614 : mouillage abrité, fort élevé au-dessus de l'anse, place pour caréner et radouber les coques. De là, son rayon d'action couvre la côte est de Terre-Neuve, de Trinity Bay à Ferryland.
Les chiffres retenus par les historiens viennent des écrits de Richard Whitbourne et des archives coloniales : une trentaine de navires anglais pillés dans le port de Saint-Jean, des bâtiments français et portugais capturés vers Ferryland, et des pertes estimées à environ 20 400 £ pour les flottes de pêche. C'est un montant considérable pour l'époque, et il concerne du matériel de travail, pas des cargaisons précieuses.
Avec la colonie de John Guy, à Cuper's Cove, la relation est plus étrange. Pas de destruction, pas de sac. Les récits de la colonie rapportent des provisions cédées, dont deux porcs, et une seule échauffourée qui aurait fait un blessé par erreur. Un pirate qui a besoin d'une côte pour hiverner n'a aucun intérêt à brûler le seul établissement qui y produit de la nourriture.
Quelle flotte commandait-il et avec quels navires ?
Le Dictionnaire biographique du Canada parle, pour 1612, de « dix bons voiliers bien pourvus ». Les récits populaires montent à 40 navires et 1 500 hommes. Entre les deux, il y a la différence entre un chiffre d'archive et une amplification de récit.
Son bâtiment le plus souvent cité porte le nom de Happy Adventure. Le reste de l'escadre est fait de navires capturés et réarmés, dont plusieurs pris sur les flottes de pêche puis renforcés en artillerie.
Techniquement, on est dans le prolongement de la fin de la Renaissance : coques hautes, château arrière marqué, trois mâts, voiles carrées sur les deux premiers, artillerie légère à moyenne répartie sur un pont. Ces bateaux ne courent pas vite, ils encaissent et ils transportent. J'ai un faible pour les petites coques qui tirent peu d'eau, mais il faut reconnaître qu'un blocus ne se tient pas avec une chaloupe.

Cela dicte la tactique. En 1610, Easton bloque le canal de Bristol : on se poste, on intercepte, on rançonne. À Terre-Neuve, il entre dans des ports mal défendus et prend tout ce qui mouille. Il ne pratique pas la chasse à la voile sur cent milles, qui sera la spécialité des sloops et des goélettes de l'âge d'or.
Cinq réflexes pour dater un navire sur une image ou une maquette
- Compte les mâts. Trois mâts et des voiles carrées : grand navire armé, plutôt XVIe-XVIIe. Un seul mât avec une grand-voile à corne : sloop, plutôt 1700-1730.
- Regarde la poupe. Un château arrière haut, presque une tour, renvoie au début du XVIIe. Une poupe basse et fine renvoie aux coques rapides plus tardives.
- Cherche les sabords. Une rangée de sabords réguliers indique un bâtiment conçu pour le combat de bord, pas une prise de pêche réarmée à la hâte.
- Vérifie le pavillon. Une tête de mort sur un navire présenté comme celui d'Easton est un anachronisme de deux générations.
- Mesure l'encombrement. Sur une maquette, la hauteur des mâts décide autant que la longueur de coque : un trois-mâts court peut réclamer plus de hauteur libre qu'un long navire bas.
Quel a été son plus gros coup, et son trésor a-t-il existé ?
Le fait le plus cité est la capture de galions espagnols, situés selon les versions près des Açores ou vers le détroit de Gibraltar, souvent présentée comme la plus grosse prise pirate de son temps. Les montants avancés, deux millions de livres, « 50 millions de dollars actuels », sont des estimations tardives. Aucun inventaire de saisie n'existe.
La raison est simple : Easton n'a jamais été jugé. Pas de procès, pas de comptabilité de prise, pas de vente aux enchères de cargaison sous contrôle d'une cour d'amirauté. Ce qui a été pris a été écoulé ou emporté, sans registre conservé.
Son nom revient parfois dans les hypothèses des chasseurs de trésor d'Oak Island, en Nouvelle-Écosse, notamment dans l'émission consacrée à l'île. C'est une piste médiatique. Aucune fouille n'a produit d'objet rattachable à Easton, et sa zone d'activité documentée est plus au nord.
L'épisode le mieux attesté est d'un autre ordre. Richard Whitbourne, capitaine et futur auteur d'un ouvrage sur Terre-Neuve, est retenu onze semaines à bord par Easton, qui tente de le convaincre de rejoindre la piraterie et le charge finalement de porter une requête de pardon en Angleterre. Un pirate qui garde un notable pour négocier sa réintégration en dit plus long sur sa stratégie qu'un coffre enterré.
Comment finit-il : gibet, mer ou palais ?
Ni gibet, ni mer. Easton se retire en Savoie avec sa fortune, obtient un titre de marquis et meurt vers 1620. Les dates exactes de sa mort restent incertaines.
Deux pardons royaux lui sont pourtant accordés, en février puis le 26 novembre 1612. Le capitaine Roger Middleton est chargé de le retrouver pour le prévenir et le cherche jusque sur les côtes de Barbarie. Les deux documents arrivent trop tard ou pas du tout.
Whitbourne, qui l'a côtoyé onze semaines, décrit un homme qui souhaitait rentrer en grâce et qui a perdu espoir à force d'attendre. Après 1614, Easton passe en Méditerranée, puis quitte le métier. Son itinéraire précis pendant ces années reste mal documenté.
À mon avis, c'est ce dénouement qui donne la clé du personnage : un gestionnaire et un négociateur, capable de tenir une base, de réparer une escadre, de garder un otage utile et de sortir du jeu au bon moment. Les capitaines de sa génération finissent rarement ainsi.
Easton face à deux autres capitaines : statut, base et fin de carrière
| Capitaine | Période active | Statut de départ | Base d'opérations | Type de navires | Fin de carrière |
|---|---|---|---|---|---|
| Peter Easton | 1602-1614 (mort v. 1620) | Corsaire avec lettre de marque d'Élisabeth Ire | Harbour Grace, Terre-Neuve | Trois-mâts armés, jusqu'à une dizaine de voiliers documentés | Retraite libre en Savoie, fortune conservée, titre de marquis |
| Henry Mainwaring | v. 1612-1616 | Gentilhomme puis pirate en Méditerranée | Côtes de Barbarie, Maroc | Navires armés de course | Pardonné, devient officier de la marine anglaise |
| Barbe Noire (Edward Teach) | 1716-1718 | Pirate de l'âge d'or, sans commission | Caroline du Nord, Bahamas | Navire capturé de fort tonnage et sloops rapides | Tué au combat en 1718 |
Comment lui donner une place chez soi sans tomber dans le cliché caribéen ?
Par la silhouette du navire, pas par la tête de mort. Un objet qui évoque l'Atlantique Nord de 1610 se choisit sur trois critères concrets : trois mâts et voilure carrée, un encombrement compatible avec l'étagère visée, un entretien réaliste une fois la pièce posée.
Le premier point est le plus vite vérifié : compte les mâts avant de regarder le reste. Le deuxième se mesure : une coque courte et fine, mâts compris, tient sur un bureau ou une étagère sans occuper toute la surface, alors qu'un long navire à gréement complet réclame un mètre de mur et un dessus de meuble dégagé. Le troisième se pense avant l'achat : une maquette en plastique solide, livrée montée, se dépoussière au pinceau souple, tandis qu'un gréement en fil fin se salit, s'affaisse et se répare mal.
Elle ne conviendra pas à qui cherche un jouet à manipuler ou un modèle à assembler soi-même : c'est un objet à poser et à regarder. Pour un enfant qui veut faire naviguer un équipage et tirer au canon, une version de construction avec figurines rendra bien plus de service. Et si tu vises une maquette de fidélité historique, avec gréement en fil et voiles cousues, il faudra chercher du côté des kits de modélisme, plus exigeants en entretien.
Pour l'emplacement, une étagère fermée ou un dessus de meuble hors passage évite les chocs et les courants d'air. Le dépoussiérage se fait au pinceau souple, sec, jamais au chiffon humide passé sur les mâts et les haubans. Autour, une carte marine encadrée ou un coffre suffisent à composer un coin maritime ; les coffres pirate ont l'avantage de servir aussi de rangement réel pour les câbles, les jeux ou les papiers.
Si le contexte est une soirée à thème ou une classe qui travaille sur Terre-Neuve, sépare les rôles : une pièce de déguisement pirate tient le costume, la maquette reste l'objet de vitrine qu'on regarde sans le porter. Et quand les dimensions en centimètres, le poids ou la mention « livré monté » ne figurent pas dans la description d'un modèle, ce sont les trois précisions à demander avant de commander.
Où vérifier les faits sur Easton et que valent les récits qui circulent ?
Deux références suffisent pour l'essentiel : la notice du Dictionnaire biographique du Canada, qui cite ses sources, et les écrits de Richard Whitbourne, témoin direct, publiés à Londres en 1620. L'Encyclopédie canadienne et le musée de Conception Bay, à Harbour Grace, complètent utilement.
Les archives de la colonie de John Guy à Cuper's Cove constituent l'autre appui documentaire : elles décrivent la présence de l'escadre, les échanges de provisions et l'état des flottes de pêche saison après saison.
Pour repérer une amplification, quelques signaux reviennent toujours : des chiffres ronds sans référence (40 navires, 1 500 hommes), des dialogues reconstitués entre Easton et ses officiers, un trésor localisé avec précision alors qu'aucune fouille n'a rien donné, et l'usage de conversions monétaires spectaculaires en dollars actuels.
Quatre points restent ouverts, et je préfère les laisser ouverts : son origine sociale, la date exacte de sa mort, le montant réel de sa fortune et son itinéraire en Méditerranée après 1614. Le reste, base, prises, pardons, retraite en Savoie, tient debout.
Si tu passes par Terre-Neuve, Harbour Grace, Ferryland et la baie de la Conception se visitent, avec des sites archéologiques ouverts au public. Et une précision qui n'est pas superflue : on parle ici d'histoire au passé. La piraterie maritime d'aujourd'hui est un crime, elle n'a rien de romanesque.
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Les questions qu'on me pose
Peter Easton était-il un pirate ou un corsaire ?
Les deux, successivement. Il navigue comme corsaire à partir de 1602 avec une lettre de marque d'Élisabeth Ire, chargé de protéger les pêcheurs anglais de Terre-Neuve. Après 1603 et la révocation des commissions par Jacques Ier, il poursuit les mêmes opérations sans mandat : à partir de là, la couronne le considère comme pirate.
Combien de navires et d'hommes Peter Easton commandait-il ?
Le Dictionnaire biographique du Canada retient, pour 1612, une dizaine de bons voiliers bien pourvus. Les chiffres de 40 navires et 1 500 hommes qu'on lit souvent viennent de récits postérieurs, sans appui d'archive. Son navire le plus cité est le Happy Adventure.
Où se trouvait la base de Peter Easton à Terre-Neuve ?
À Harbour Grace, dans la baie de la Conception, sur la côte est de Terre-Neuve. Il y disposait d'un fort dominant l'anse et d'un mouillage abrité permettant de caréner et de radouber les coques entre 1611 et 1614. Son rayon d'action allait de Trinity Bay à Ferryland.
Peter Easton a-t-il caché un trésor, et le lien avec Oak Island est-il crédible ?
Rien ne le prouve. Aucun inventaire de ses prises n'existe, puisqu'il n'a jamais été jugé, et il a quitté le métier avec sa fortune pour s'installer en Savoie. Son nom figure parmi les candidats évoqués par les chercheurs d'Oak Island, mais il s'agit d'une hypothèse médiatique, sans découverte archéologique qui la soutienne.
Comment Peter Easton est-il mort ?
Libre et riche, vers 1620, en Savoie, où il avait obtenu un titre de marquis. Deux pardons royaux lui avaient été accordés en 1612, l'un en février, l'autre le 26 novembre, mais ils ne lui sont pas parvenus à temps malgré la mission du capitaine Roger Middleton envoyé le chercher. Les dates précises de sa mort restent incertaines.
Quel pavillon Peter Easton hissait-il sur ses navires ?
Pendant sa période corsaire, la croix de saint Georges, pavillon anglais de l'époque. Pour ses années de piraterie, aucune source ne décrit un emblème personnel. Le Jolly Roger noir à tête de mort est plus tardif : il apparaît dans les sources à partir de la fin du XVIIe siècle, une génération après lui.
Comment entretenir une maquette de trois-mâts posée sur une étagère ?
Un pinceau souple et sec, passé de haut en bas, du sommet des mâts vers la coque, suffit pour la poussière courante. Évite les chiffons, qui accrochent les haubans, et l'eau, qui marque les collages. Un emplacement à l'écart d'un rideau, d'une fenêtre ouverte ou d'un lieu de passage réduit les casses, qui viennent presque toujours d'un choc et non de l'usure.
Devant une gravure ou une maquette annoncée comme un navire d'Easton, je compte les mâts avant de regarder le pavillon : trois mâts et des voiles carrées pour 1610, un seul mât fin pour les Caraïbes de 1720. Le reste du décor suit rarement.