Nathaniel Gordon : la chute d'un pirate

Nathaniel Gordon : la chute d'un pirate

Nathaniel Gordon a été pendu le 21 février 1862, dans l'enceinte de la prison des Tombs à New York, pour avoir embarqué 897 Africains à bord de l'Erie. Les pièces du procès le qualifient de pirate. Il n'avait pourtant attaqué aucun navire : c'était un capitaine négrier, condamné sous une loi américaine de 1820 qui rangeait la traite parmi les actes de piraterie.

Ce glissement de mot revient dans presque tous les récits de l'affaire, et il mérite d'être démonté. À mon avis, c'est même ce qui rend cette histoire précieuse pour qui s'intéresse à la marine du XIXe siècle : elle oblige à regarder le statut du commandement et de la cargaison avant de regarder le pavillon hissé au mât.

Compas de marine, petite boussole et longue-vue en laiton posés sur une toile de lin, devant une fenêtre ouvrant sur le port.
Compas de marine, petite boussole et longue-vue en laiton posés sur une toile de lin, devant une fenêtre ouvrant sur le port.

Tu trouveras plus loin le déroulé daté et chiffré : le voyage de La Havane au fleuve Congo, l'arraisonnement par l'USS Mohican, les deux procès de 1861, le refus de grâce de Lincoln. Puis une série de critères pour lire une affaire maritime ancienne sans se laisser piéger par le vocabulaire.

En bref
  • Nathaniel Gordon, né le 6 février 1826 à Portland (Maine) et exécuté le 21 février 1862 à New York, est la seule personne exécutée aux États-Unis pour traite d'esclaves.
  • Il n'a pas pratiqué la piraterie : c'est la loi américaine de 1820 qui qualifiait la traite de « piracy », d'où la confusion attachée à son nom.
  • Le 8 août 1860, l'Erie, navire d'environ 500 tonneaux, est arraisonné par l'USS Mohican à une cinquantaine de milles du fleuve Congo, avec 897 Africains à bord, dont près de la moitié d'enfants.
  • Deux procès ont été nécessaires : le premier s'achève sur un jury bloqué, le second, en novembre 1861, aboutit à une condamnation à mort.
  • Lincoln refuse la grâce et n'accorde qu'un sursis de deux semaines, en pleine guerre de Sécession.
  • Distinguer piraterie, course et traite est le seul moyen de raconter l'épisode sans le déformer, en histoire comme en jeu.

Qui était Nathaniel Gordon : les faits établis

Gordon naît le 6 février 1826 à Portland, dans le Maine, port de commerce et de construction navale. Il embarque très jeune, passe par les postes de pont puis d'officier, et commande avant trente ans. Rien dans son parcours ne ressemble à celui d'un pirate : c'est une carrière de marine marchande.

Les compilations anciennes donnent parfois 1832 comme année de naissance. La date du 6 février 1826 est celle retenue par les travaux récents appuyés sur les registres de Portland, et c'est celle que je reprends ici.

Les récits mentionnent des voyages négriers antérieurs, autour de 1848 puis de 1851. Cette partie de sa biographie est moins solide que la suite : elle repose sur des dépositions et des recoupements de presse, pas sur des pièces aussi nettes que celles du procès de 1861. Je la donne comme telle, sans la traiter au même niveau que le voyage de l'Erie.

Un point technique, souvent laissé de côté : ce qui définissait un capitaine à bord, ce n'était pas une arme, c'était ses instruments. Compas de route, sextant, montre, table de loch: sans eux, aucun commandant ne retrouve l'embouchure d'un fleuve africain après trente jours de mer. Tenir un cap est le vrai savoir-faire du métier, et un compas de relèvement tient dans une main, une dizaine de centimètres à peine, ce que reprennent aujourd'hui les boussoles d'orientation au format de poche vendues comme accessoires de jeu.

Ce détail est expliqué dans Nathaniel Gordon, Slave Trader born (aaregistry.org).

Pour aller plus loin sur ce point : À l'origine du drapeau pirate | France Culture, sur radiofrance.fr.

Le voyage de l'Erie, de La Havane au fleuve Congo

L'Erie quitte La Havane le 17 avril 1860 avec une cargaison de barils : alcool, porc, bœuf, pain, riz. Pour un navire qui annonce un voyage de commerce vers l'Afrique, ce chargement est déjà un indice, car il correspond à ce qu'il faut pour nourrir plusieurs centaines de personnes pendant une traversée.

Sacs de toile de jute empilés et barils cerclés de fer dans une cale en bois, éclairés par une lanterne.
Sacs de toile de jute empilés et barils cerclés de fer dans une cale en bois, éclairés par une lanterne.

Après une trentaine de jours de mer, quatre matelots interrogent le capitaine sur la nature réelle du voyage. Selon les dépositions produites plus tard, Gordon nie tout projet de ce genre, réprimande les hommes et les renvoie au travail. Le détail de ses paroles varie d'un témoignage à l'autre, et je ne le tiens pas pour fixé.

Le navire arrive à l'embouchure du Congo fin juillet, remonte le fleuve jusqu'à un point de chargement, et embarque le 7 août. Le lendemain, il redescend et prend la mer.

897 personnes sur 500 tonneaux

Le chiffre de 897, dont environ la moitié d'enfants, ne prend son sens qu'en le rapportant au volume disponible. Un navire de ce tonnage offre un entrepont de l'ordre de vingt-cinq à trente mètres de long sur sept ou huit de large, avec une hauteur sous barrots qui empêche un adulte de se tenir debout. L'ordre de grandeur tombe autour d'un quart de mètre carré par personne. Le nombre d'enfants embarqués n'est pas une circonstance : c'est une conséquence directe de ce calcul de place.

Entrepont lambrissé d'un voilier ancien: poutres basses, plancher usé, lampes à suspension et objets alignés sur les comptoirs.
Entrepont lambrissé d'un voilier ancien : poutres basses, plancher usé, lampes à suspension et objets alignés sur les comptoirs.

Le pavillon américain hissé au mât n'était pas un ornement. Depuis les années 1840, les États-Unis refusaient à la Royal Navy le droit de visite sur les navires battant leurs couleurs. Beaucoup d'armements négriers cherchaient donc un capitaine américain et des papiers américains pour couvrir un trafic organisé depuis Cuba ou l'Europe. Le pavillon servait d'assurance, pas d'identité.

D'où ça vient Le laiton et le cuivre des instruments de bord du XIXe siècle prenaient une teinte sombre et inégale au contact de l'air salé. C'est cet aspect « vieux cuivre » que reprennent aujourd'hui les boussoles décoratives et les jouets d'orientation, souvent moulés en plastique teinté. C'est une imitation d'aspect, pas une pièce ancienne, et autant le dire ainsi quand on l'offre.

Arraisonnement par l'USS Mohican : comment on prend un navire négrier

Le 8 août 1860, l'Erie est intercepté à une cinquantaine de milles au large du Congo, toute sa voilure établie, par l'USS Mohican, une unité à vapeur et à voiles de l'escadre américaine d'Afrique. Un coup de canon de semonce suffit. Le lieutenant Henry D. Todd monte à bord et prend le commandement du navire.

Deux marines patrouillaient alors la côte occidentale africaine : la Royal Navy, la plus nombreuse, et l'escadre américaine, plus faible en moyens et longtemps peu zélée. Le partage était simple et connu des trafiquants : les Britanniques visitaient tout, sauf les navires sous pavillon américain, que seuls les bâtiments américains pouvaient arraisonner. La capture de l'Erie tient donc autant à la présence du Mohican sur zone qu'à la nature du chargement.

Sur le bastingage de bois, une carte marine froissée et une longue-vue de laiton, un voilier au loin dans la brume.
Sur le bastingage de bois, une carte marine froissée et une longue-vue de laiton, un voilier au loin dans la brume.

Les captifs sont débarqués au Liberia, à Monrovia, comme le prévoyaient les accords de l'époque pour les personnes trouvées à bord des navires saisis. Une partie meurt pendant le transfert et dans les semaines qui suivent ; les chiffres varient d'une source à l'autre et je n'en retiens aucun comme définitif. L'Erie et Gordon, eux, sont convoyés vers New York, où l'affaire sera jugée.

Piraterie, course, traite : trois crimes maritimes qu'on confond

Un pirate attaque des navires pour son propre compte, hors de tout mandat. Un corsaire agit avec une lettre de marque délivrée par un État en guerre, ce qui rend ses prises légales devant les tribunaux de ce même État. Un négrier, après les interdictions du début du XIXe siècle, pratique un commerce prohibé : il ne prend rien, il transporte.

La loi américaine du 15 mai 1820 a brouillé cette frontière en décidant que tout citoyen américain participant à la traite serait jugé comme pirate, avec la peine capitale à la clef. Le texte visait l'efficacité : la piraterie relevait déjà des juridictions fédérales et de la peine de mort. En pratique, pendant quarante ans, aucun tribunal ne l'a appliqué jusqu'au bout. Les jurys de New York, port d'armement de nombreux navires négriers dans les années 1850, acquittaient ou se divisaient.

Le repère que j'utilise pour lire ce genre d'affaire est simple : regarder qui commande, pour le compte de qui, et ce que contient la cale. Le pavillon vient après, parce qu'il se change, s'emprunte et se falsifie. Un navire sous couleurs américaines menant une cargaison humaine depuis le Congo vers Cuba n'est pas un navire américain en commerce licite, quoi qu'affirment ses papiers.

Piraterie, course et traite : ce que la loi distinguait vraiment
Activité Qui la pratique Cadre juridique Pavillon hissé Peine encourue (États-Unis, XIXe s.)
Piraterie Équipage pour son propre compte Hors la loi de toutes les nations Pavillon de fantaisie ou faux pavillon, dont le Jolly Roger Mort
Course Corsaire mandaté par un État Lettre de marque en temps de guerre Pavillon national de l'État mandant Aucune si la lettre est valide
Traite après 1808 Armateur et capitaine négriers Interdiction d'importation, puis loi de 1820 assimilant la traite à la piraterie Pavillon national, souvent américain, utilisé comme protection Mort, appliquée une seule fois (Gordon, 1862)
Contrebande maritime Caboteurs et petits navires Droit douanier Pavillon national Amende, confiscation, prison

Le vocabulaire suit la même logique. Flibustier et boucanier renvoient aux Antilles des XVIIe et XVIIIe siècles, corsaire à un mandat écrit, négrier à un trafic. Employer « pirate » pour Gordon, c'est reprendre la formule d'un texte de loi de 1820 comme si elle décrivait une pratique de mer.

Deux procès et un verdict : le déroulé judiciaire de 1861

Le premier procès s'ouvre en juin 1861 devant la cour fédérale de New York et se termine sur un jury bloqué. Les historiens avancent plusieurs explications, sans trancher : les intérêts commerciaux de la ville dans l'armement négrier, la réticence de jurés à envoyer un capitaine à la potence, et des soupçons de pressions sur le jury.

Le second procès a lieu en novembre 1861. Le procureur fédéral poursuit sous la loi de 1820, celle qui prévoit la mort, et non sous les textes antérieurs qui se contentaient d'amendes et de confiscation. Ce choix d'incrimination change tout le procès : il ne s'agit plus de sanctionner un armement irrégulier mais de juger un crime capital.

Les pièces retenues sont maritimes avant d'être morales : les dépositions des officiers du Mohican, l'état du navire à la capture, la nature de la cargaison embarquée à La Havane, l'aménagement de l'entrepont, les papiers de bord. Gordon est déclaré coupable et condamné à mort, avec une amende.

Suit une campagne de pétitions et de démarches politiques pour obtenir la clémence. Lincoln refuse la grâce et n'accorde, début février 1862, qu'un sursis de deux semaines, en indiquant clairement que ce délai sert à la préparation du condamné et non à l'espoir d'un pardon. Le document figure parmi ses papiers, aujourd'hui numérisés et consultables dans la collection Abraham Lincoln Papers de la Library of Congress.

Exécution du 21 février 1862 et ce qu'elle a changé

Gordon est pendu le 21 février 1862 dans la cour des Tombs, à Manhattan, sous une garde militaire renforcée, les autorités craignant une tentative de délivrance ou un rassemblement hostile. La nuit précédente, il tente de se suicider par empoisonnement et est ranimé pour être conduit à l'échafaud.

Cour pavée cernée de hauts murs de granit et de fenêtres à barreaux, portes de bois massif alignées.
Cour pavée cernée de hauts murs de granit et de fenêtres à barreaux, portes de bois massif alignées.

La presse illustrée de l'époque, Harper's Weekly en particulier, couvre l'événement. Le contexte compte : la guerre de Sécession est engagée, et l'administration fédérale tient à montrer que la loi de 1820 n'est pas une lettre morte. Un mois plus tard, la même administration signera avec Londres un traité accordant enfin un droit de visite mutuel, ce qui achèvera la protection dont bénéficiait le pavillon américain.

Aucune autre exécution pour traite n'a eu lieu aux États-Unis, avant ni après. C'est ce qui fait de ce cas un point de repère : l'importation d'esclaves était interdite depuis le 1er janvier 1808, et le trafic avait continué pendant un demi-siècle grâce à des montages d'armement, des pavillons de complaisance et des jurys indulgents.

Les récits romancés ajoutent volontiers des dernières paroles, des scènes de bord et des dialogues introuvables dans les actes. J'ai lu le travail de Ron Soodalter, Hanging Captain Gordon (2006), qui s'appuie sur les minutes du procès et la correspondance : il permet justement de repérer où s'arrête le dossier et où commence l'embellissement.

Lire une affaire maritime du XIXe siècle : critères de vérification

Les affaires maritimes anciennes circulent surtout sous forme de compilations recopiées les unes sur les autres. Quelques réflexes suffisent à séparer ce qui est établi de ce qui a été ajouté en route.

  1. Hiérarchiser les sources. Actes judiciaires et papiers de bord d'abord, presse contemporaine ensuite, compilations du début du XXe siècle après, blogs et vidéos en dernier. Une compilation ancienne n'est pas une source primaire, même quand elle en a le ton.
  2. Vérifier tonnage, effectif et dates. Les chiffres trop ronds sont souvent les plus fragiles. Un tonnage donné à l'unité près et un effectif d'équipage cohérent avec ce tonnage sont bon signe.
  3. Contrôler le nom du navire et celui du bâtiment captureur. Une prise se documente des deux côtés : rapport du commandant, registre de la marine, port de relâche.
  4. Se méfier des « experts » cités sans existence vérifiable. Si un article attribue une phrase décisive à un historien introuvable dans un catalogue de bibliothèque, la phrase ne vaut rien.
  5. Séparer les registres. L'histoire attestée, la fiction (Pirates des Caraïbes, One Piece, Assassin's Creed) et le jeu costumé sont trois choses légitimes qui ne se prouvent pas l'une par l'autre.
  6. Ne jamais qualifier de pirate un capitaine qui n'a pris aucun navire, même quand un texte de loi le fait. Dire « capitaine négrier condamné sous la loi assimilant la traite à la piraterie » prend cinq mots de plus et évite quarante ans de malentendus.

Raconter cette histoire chez soi, sans la travestir

Avec des adultes, l'épisode se raconte pour ce qu'il est : un chapitre de l'histoire de la traite atlantique, au passé, sans esthétisation ni vocabulaire d'aventure. Le récit tient debout sans un seul sabre.

Avec des enfants, la porte d'entrée n'est pas le crime : c'est la navigation. Comment un navire retrouve une côte, comment on tient un cap, à quoi sert une aiguille qui pointe toujours dans la même direction. Une histoire maritime se transmet mieux avec un objet qui fonctionne vraiment : une boussole qui indique le nord permet de faire chercher une direction dans un jardin ou en forêt, là où un accessoire purement décoratif ne sert qu'à la photo.

Si tu cherches un instrument de marine pour toi, ce n'est pas la bonne piste : pour relever un cap en mer, il faut un compas de relèvement gradué, et pour une étagère, une pièce en laiton massif tiendra mieux le regard qu'un moulage en plastique. Cette boussole est faite pour être manipulée par un enfant, pas pour naviguer.

Pour le parcours lui-même, deux ou trois indices suffisent : un cap à tenir sur une vingtaine de pas, un repère fixe dans le jardin, puis un coffre en bois posé au bout du trajet. Les répliques de sabre restent des accessoires de costume, en mousse ou gonflables, et ne se manipulent pas comme des armes. Si tu prépares un anniversaire complet, je détaille le déroulé heure par heure dans mon article sur les activités d'anniversaire pirate.

Un geste simple Avant de cacher le coffre, marche le trajet toi-même en donnant les caps à voix haute (« nord sur vingt pas, puis est jusqu'au muret »). Tu repères en une minute les endroits où l'aiguille tourne à cause d'un portail métallique ou d'une gouttière, et tu déplaces l'indice de deux mètres.

Côté marine, le prolongement naturel est le navire lui-même. L'Erie était un trois-mâts marchand : coque large, cale profonde, pas d'artillerie, exactement l'inverse des petits gréements rapides que les équipages pirates du siècle précédent recherchaient. Comparer les mâtures et les voilures se fait très bien avec une maquette ou un set de construction, et la collection bateau pirate permet de mettre côte à côte un navire de commerce et un bâtiment de course. Pour l'instrument d'orientation, les modèles de la collection Boussole pirate sont réunis au même endroit, avec leurs dimensions.

Questions fréquentes

Nathaniel Gordon était-il vraiment un pirate ?

Non, pas au sens maritime du terme. Il n'a attaqué aucun navire et n'a pris aucune cargaison par la force : il commandait un navire marchand pratiquant la traite. La qualification de pirate vient de la loi américaine de 1820, qui assimilait juridiquement la traite à la piraterie pour la rendre passible de la peine capitale.

Pourquoi Nathaniel Gordon est-il le seul Américain exécuté pour traite d'esclaves ?

Parce que la loi de 1820 existait depuis quarante ans sans être appliquée jusqu'à son terme. Les procès de trafiquants aboutissaient à des acquittements, à des jurys divisés ou à des peines légères, en particulier à New York où plusieurs armements négriers avaient leurs intérêts. La condamnation de 1861 et le refus de grâce de Lincoln, en pleine guerre de Sécession, ont rompu cette pratique une seule fois.

Combien de personnes se trouvaient à bord de l'Erie lors de sa capture ?

897 Africains, dont environ la moitié d'enfants, sur un navire d'environ 500 tonneaux. Rapporté à l'entrepont disponible, cela donne un ordre de grandeur d'un quart de mètre carré par personne, sans possibilité de se tenir debout. Les pièces citées ne précisent pas l'effectif exact de l'équipage.

Pourquoi Lincoln a-t-il refusé de gracier Nathaniel Gordon ?

Il a reçu des pétitions en faveur de la clémence et les a écartées. Le sursis de deux semaines accordé début février 1862 était explicitement destiné à laisser au condamné le temps de se préparer, non à ouvrir la voie à un pardon. Le refus s'inscrit dans une politique de fermeté sur la traite, quelques semaines avant la signature d'un traité avec le Royaume-Uni accordant un droit de visite mutuel en mer.

Que sont devenus les captifs de l'Erie après l'arraisonnement ?

Ils ont été débarqués au Liberia, à Monrovia, conformément à ce que prévoyaient les dispositions américaines pour les personnes trouvées à bord des navires saisis. Une partie d'entre eux est morte pendant le transfert et dans les semaines suivantes. Les chiffres avancés diffèrent selon les sources, et aucun ne me paraît solide au point d'être cité comme définitif.

Quelle différence entre un pirate, un corsaire et un capitaine négrier ?

Le pirate attaque pour son compte, hors de tout cadre légal. Le corsaire attaque avec une lettre de marque délivrée par un État en guerre, et ses prises sont jugées légales par ce même État. Le capitaine négrier ne prend rien : il transporte une cargaison interdite, sous un pavillon national qui lui sert d'écran. La question utile, devant n'importe lequel des trois, reste celle de savoir qui a donné l'ordre et à qui l'homme devait rendre compte.

Quelle boussole choisir pour une chasse au trésor avec des enfants ?

Un modèle qui indique réellement le nord, assez petit pour tenir dans une main d'enfant, autour de dix à quinze centimètres. Le boîtier en plastique supporte les chocs et l'herbe humide mieux qu'un objet décoratif à charnière fine. Prévois de vérifier le cadran à l'extérieur avant la fête, loin d'un portail ou d'un mobilier métallique, qui font dévier l'aiguille de plusieurs degrés.

« Sera jugé pirate et, sur condamnation, subira la mort. » Loi du Congrès des États-Unis du 15 mai 1820, article visant les citoyens américains participant à la traite.