Les esclaves et la piraterie : Des destins entrecroisés

Les esclaves et la piraterie : Des destins entrecroisés

En 1719, dans l'océan Indien, l'équipage d'Olivier Levasseur dit La Buse comptait à peu près autant d'hommes noirs que de Français, si l'on suit le récit du capitaine Johnson repris plus tard par l'historien Marcus Rediker. Le chiffre est fragile et la source discutable, mais il place le sujet au bon endroit : les esclaves et la piraterie appartiennent à la même histoire économique, celle de l'Atlantique et de l'océan Indien entre 1650 et 1730.

Compas et carte marine sur le pont, navire à voiles visible au large entre falaises rocheuses et océan agité.
Compas et carte marine sur le pont, navire à voiles visible au large entre falaises rocheuses et océan agité.

Cet article donne les trois issues attestées pour un captif dont le navire est pris par des pirates, ce que les procès disent des marins noirs enrôlés, l'ordre de grandeur des captivités barbaresques, et un critère simple pour ne pas confondre histoire, fiction et jeu.

Une chose est à poser tout de suite : il n'y a pas eu de pirates abolitionnistes. Les équipages de l'âge d'or ont vendu des captifs au moins aussi souvent qu'ils en ont enrôlé. Le reconnaître ne rend pas le sujet moins intéressant, cela permet de lire les sources sans les tordre.

En bref
  • Piraterie et esclavage sont liés par l'économie : un navire négrier était une proie rapide, bien armée, et sa cargaison humaine se revendait.
  • Une minorité de captifs a été enrôlée dans les équipages, avec une part de butin prévue par la chasse-partie ; d'autres ont rejoint des communautés marronnes.
  • Les marins noirs ont été nombreux à bord des navires pirates de l'âge d'or (1650-1730), ce que les récits d'époque et les procès documentent.
  • En Méditerranée, la course barbaresque a réduit des dizaines de milliers d'Européens en captivité, avec un système de rachat organisé.
  • « Captif rachetable » et « esclave de plantation » ne recouvrent pas la même réalité juridique ni la même économie.
  • La fiction pirate a presque entièrement effacé ce versant : le savoir aide à faire la part entre histoire attestée, roman et jeu.

Pourquoi les pirates s'attaquaient-ils aux navires négriers ?

Parce qu'un négrier réunissait tout ce qu'un équipage pirate cherchait : une coque conçue pour la longue traversée, une voilure généreuse, des canons, des vivres pour plusieurs mois, et une valeur négociable dans les ports coloniaux.

Le navire lui-même était souvent la meilleure prise. Ces bâtiments partaient d'Europe armés, doublés pour résister aux eaux chaudes, gréés pour tenir la mer longtemps. Beaucoup ont été reconvertis tels quels en navires pirates, avec quelques modifications : des sabords supplémentaires, des cloisons abattues pour dégager le pont.

Le cas le mieux documenté est celui du Whydah, construit à Londres en 1715 pour la traite, capturé début 1717 par Samuel Bellamy dans les Bahamas, puis coulé en avril de la même année dans une tempête au large de Wellfleet, sur le cap Cod. L'épave a été retrouvée en 1984 et fouillée depuis. Parmi les morts figurait un garçon de neuf ou dix ans, John King, dont j'ai raconté le cas dans l'article consacré au plus jeune boucanier connu.

Quant à la cargaison humaine, elle suivait le circuit commercial habituel : revente à des planteurs par un intermédiaire complaisant, échange contre de l'eau et des vivres, parfois rançon du navire et de ses passagers. Un équipage qui vivait de prises rapides n'avait ni la place ni l'intérêt de garder deux cents personnes à fond de cale.

Ce qui reste de cette histoire tient rarement dans un texte. Ce sont des objets de main, petits et usés : monnaies percées, boutons, plombs de scellé, fers, grains de verre. C'est ce genre de médaillon fatigué que reprennent aujourd'hui, en décoration, les médaillons de porte-clés pirates, à titre d'accessoire et non de pièce ancienne.

Dernier point de vocabulaire avant d'aller plus loin : le pirate agit pour son compte, le corsaire détient une lettre de marque d'un État, le flibustier désigne surtout les équipages des Antilles au XVIIe siècle. La différence n'est pas cosmétique. Un corsaire qui prenait un négrier ennemi conduisait la prise devant un tribunal, cargaison comprise, et la vente était légale.

Que devenait un captif quand des pirates prenaient le navire ?

Dans la majorité des cas, il changeait de propriétaire sans changer de condition. La prise le faisait passer d'un armateur à un équipage, puis d'un équipage à un acheteur colonial.

Trois issues sont attestées. La revente, d'abord, la plus fréquente, par le biais de marchands installés dans les îles ou d'un port complice. La mise au travail à bord ensuite, aux postes les plus durs : pompes, cale, carénage, corvées de bois et d'eau, sans part de butin ni voix dans les décisions. L'enrôlement enfin, dans l'équipage, avec la part prévue par les articles signés.

Le critère qui décidait était presque toujours le besoin de bras qualifiés. Un pirate manquait en permanence de charpentiers, de gabiers, de canonniers, de pilotes connaissant une côte. Un homme sachant tenir une barre ou boucher une voie d'eau valait plus dans l'équipage que sur un marché. Un homme sans expérience de la mer valait davantage à la vente.

Sur ce que ressentaient ces hommes, les sources sont pauvres. Presque tout ce que l'on sait vient de ceux qui les capturaient, des procès et des actes notariés coloniaux : des documents rédigés par ceux qui vendaient, jugeaient ou réclamaient une indemnité. Les récits écrits par des personnes réduites en esclavage existent, mais ils sont plus tardifs et parlent rarement d'une prise par des pirates.

Reste une quatrième voie, qui passait par la terre. Des fugitifs ont rejoint des communautés marronnes, en Jamaïque, dans l'intérieur de la Guyane, sur la côte est de Madagascar où des équipages européens s'étaient installés à Sainte-Marie et négociaient avec les chefs locaux. Ces alliances étaient ponctuelles et intéressées des deux côtés.

Y a-t-il eu des pirates noirs, et quelle était leur place à bord ?

Oui, en nombre. Les marins noirs, libres, affranchis ou évadés, ont servi sur beaucoup de navires pirates de l'âge d'or, à des postes ordinaires comme à des postes qualifiés.

La source la plus citée reste l'Histoire générale des plus fameux pirates, publiée à Londres en 1724 sous le nom de capitaine Charles Johnson. C'est un livre de librairie, écrit pour vendre, qui mêle actes de procès, témoignages de seconde main et morceaux romanesques : il faut le lire comme une chronique bien informée par endroits et inventive ailleurs. C'est de là que viennent la plupart des chiffres qui circulent, y compris sur l'équipage de La Buse.

Les procès sont plus solides. Lors de la capture de Barbe Noire à Ocracoke en 1718, plusieurs des hommes pris à son bord étaient noirs. Quand la Royal Navy s'empare des navires de Bartholomew Roberts au large du Gabon en 1722, les listes de prisonniers comptent plusieurs dizaines de marins noirs sur un peu moins de trois cents hommes.

La chasse-partie, ce contrat signé avant la campagne, prévoyait des parts égales entre membres d'équipage, avec un supplément pour le capitaine, le quartier-maître et le chirurgien. Quand un homme noir était enrôlé comme membre, il touchait sa part. Mais des équipages ont aussi gardé des hommes à bord comme domestiques ou comme main-d'œuvre, sans les compter dans le rôle. Les deux situations se côtoient dans les mêmes années, parfois sur le même navire.

Cordages enroulés et plancher de bois usé sur le pont d'un navire, baignés de lumière dorée.
Cordages enroulés et plancher de bois usé sur le pont d'un navire, baignés de lumière dorée.

La fin de l'histoire est parlante. Après la capture des hommes de Roberts, les comptes rendus du procès tenu à Cape Coast Castle indiquent que les marins noirs ne furent pas jugés comme les autres accusés : ils furent remis à la compagnie qui exploitait le comptoir. Le même équipage, la même corde pour les uns, le retour à la traite pour les autres.

Quel statut pour une personne noire à bord d'un navire pirate (1650-1730)
Statut Comment on y arrive Traitement à bord Ce que disent les sources
Captif de cargaison Pris avec le navire négrier Maintenu en cale, destiné à la revente Cas le plus fréquent dans les procès et les actes de vente coloniaux
Travailleur forcé à bord Retenu pour les pompes, la cale, le carénage Hors du rôle d'équipage, aucune part de butin Mentionné dans plusieurs récits de captures
Marin enrôlé Recruté pour un poste qualifié : gabier, charpentier, canonnier Membre d'équipage, part prévue par la chasse-partie Johnson (1724) décrit des équipages comptant jusqu'à moitié d'hommes noirs
Marron réfugié Évasion d'une plantation, ralliement d'une communauté ou d'un équipage Vie à terre, alliances ponctuelles avec des pirates Documenté en Jamaïque, en Guyane et à Madagascar
Captif de Barbarie Razzia côtière ou prise en Méditerranée Bagne, rame, travaux, en attente de rachat Registres des ordres rédempteurs et correspondances consulaires

Les pirates étaient-ils vraiment contre l'esclavage ?

Non. Présenter la piraterie de l'âge d'or comme un mouvement d'émancipation est un contresens : les mêmes équipages qui votaient entre eux vendaient des êtres humains quand l'occasion se présentait.

Ce qui alimente le mythe est réel, et c'est ce qui le rend tenace. Les articles signés avant une campagne prévoyaient l'élection du capitaine, sa révocation possible, la répartition des parts, une indemnisation chiffrée pour un homme mutilé, parfois l'interdiction du jeu à bord. Comparé au régime d'un navire marchand ou d'un vaisseau de guerre, où le fouet et l'enrôlement forcé étaient la règle, cela ressemble à une autre organisation du travail.

Marcus Rediker, dans ses travaux sur les marins et les pirates de l'Atlantique, insiste sur cette dimension : des équipages multiethniques, une hiérarchie plate, une culture d'opposition au monde marchand. D'autres historiens répondent que cette lecture prend une pratique interne pour un principe, et rappellent le volume de captifs revendus par ces mêmes équipages. Les deux séries de faits sont vraies en même temps.

Quant à Libertalia, cette république pirate de Madagascar où l'on aurait vécu sans esclavage ni propriété, elle vient du même livre de 1724 et n'a jamais été retrouvée. Les archéologues ont bien travaillé à Sainte-Marie, sur des installations pirates réelles ; aucune colonie de ce genre n'y correspond. C'est un récit littéraire.

À mon avis, l'erreur de méthode est simple : on cherche dans ces équipages une position morale sur l'esclavage, alors qu'ils avaient une position économique sur une marchandise. Quelques réflexes suffisent à s'y retrouver.

Sur ce point, Les captifs et la piraterie : une réponse à une conjoncture ... (books.openedition.org) donne des repères vérifiables.

  1. Demander la source et sa date. Un fait daté de 1724 dans un livre de librairie n'a pas le poids d'un acte de procès contemporain.
  2. Vérifier le mot employé. « Esclave », « captif », « serviteur », « passager de couleur » ne désignent pas le même statut juridique dans un document colonial.
  3. Regarder si l'exemple est unique. Un équipage qui enrôle n'établit pas une pratique générale, et un équipage qui revend n'annule pas le premier.
  4. Séparer la pratique interne du principe. Le partage égal entre membres d'un équipage ne dit rien de ce que cet équipage faisait des non-membres.
  5. Distinguer la course de la piraterie. Une prise sous lettre de marque passe devant un tribunal, avec des archives ; une prise pirate ne laisse souvent qu'une trace indirecte.

Qui étaient les pirates barbaresques et combien d'Européens ont-ils capturés ?

Des marins armés d'Alger, Tunis, Tripoli et Salé, qui pratiquaient la prise en mer et la razzia côtière du XVIe au début du XIXe siècle. Leur activité reposait moins sur le pillage que sur la captivité de rachat.

Les ordres de grandeur avancés varient beaucoup selon les historiens et les périodes retenues : de quelques dizaines de milliers de captifs européens pour un siècle donné jusqu'à un million sur deux siècles et demi dans les estimations les plus hautes, obtenues par extrapolation démographique et discutées depuis. Prends ces chiffres comme des fourchettes, pas comme des comptages.

Le système, lui, est bien documenté. Un captif était évalué selon son origine, son métier, sa famille. Les ordres rédempteurs, Trinitaires et Mercédaires, collectaient des fonds en Europe, envoyaient des religieux négocier sur place et tenaient des registres de rachats, nom par nom. Les consuls et les États s'en mêlaient, avec des traités, des tributs et des échanges de prisonniers.

D'où une différence de fond avec la traite atlantique. Un captif de Barbarie était un actif à liquider : on l'employait en attendant, à la rame, aux carrières, aux travaux du port, mais sa valeur résidait dans son rachat. Un captif embarqué à Ouidah ou à Loango était destiné à une plantation où il ne représentait de valeur que par son travail, sans horizon de retour. Ce sont deux économies distinctes, que le même mot recouvre mal.

Le phénomène s'éteint au XIXe siècle sous la pression navale : bombardements successifs d'Alger, dont celui de 1816 par l'escadre de lord Exmouth, expéditions américaines contre Tripoli et Alger, puis la prise d'Alger par la France en 1830.

D'où ça vient Le mot « pirate » vient du grec peiratês, celui qui tente l'aventure, qui attaque. Rome a mené contre les pirates ciliciens une campagne confiée à Pompée en 67 avant notre ère. La piraterie n'est donc pas née dans les Caraïbes : les Caraïbes lui ont donné, entre 1650 et 1730, son épisode le plus documenté et son iconographie.

Comment un butin se partageait-il, et que reste-t-il de ces trésors ?

En parts, selon la chasse-partie signée avant la campagne, et presque toujours en monnaie. Le coffre d'or massif appartient à l'imagerie : l'essentiel d'une prise, c'était des espèces, des marchandises revendables, du matériel de bord.

La monnaie est l'unité de mesure du sujet. La piastre espagnole, le réal de huit, cette « pièce de huit » que tout le monde connaît de nom, pesait environ 27 grammes d'argent pour 38 à 40 millimètres de diamètre. Elle circulait de Séville à Manille et servait de référence dans tout l'Atlantique. Elle chiffrait une part de butin comme elle chiffrait, dans un acte de vente colonial, le prix d'un homme.

Les fouilles d'épaves remontent exactement cela. Sur le site du Whydah : des milliers de monnaies, de l'or en poudre et en objets venus de la côte de l'Or, des grains de verre, des armes, des objets personnels, et des fers. Les mêmes caisses contenaient la valeur et l'instrument de contrainte.

Ces monnaies sortent rarement nettes. Un long séjour en mer ou en terre, le contact avec d'autres métaux, le sable qui frotte : le champ se ternit, le relief s'arrondit, la légende du pourtour devient illisible avant le motif central. Les frappes qui gardent un centre lisible et un bord effacé sont celles qui ont vraiment circulé, à la différence des pièces impeccables sorties d'un coffre oublié.

C'est ce qui explique l'attrait des médaillons de poche qui reprennent cette apparence : garder ce sujet sous la main, sans prétendre posséder une pièce d'époque. Une monnaie tenue entre deux doigts donne une idée plus juste d'un partage de butin qu'un dessin de coffre débordant.

Compas et instruments de navigation sur un quai au coucher de soleil, avec un fort et des navires en arrière-plan.
Compas et instruments de navigation sur un quai au coucher de soleil, avec un fort et des navires en arrière-plan.

Si tu cherches une pièce d'argent réellement frappée au XVIIIe siècle, ce n'est pas là qu'il faut regarder : passe par un numismate et compte un tout autre budget. Et pour un collectionneur qui veut exposer, un pavillon ou une maquette occupent l'espace bien mieux qu'un médaillon de 3,5 cm.

Un geste simple Le zinc moulé se marque au contact des clés et supporte mal l'humidité prolongée. Un coup de chiffon sec de temps en temps, et on évite de le laisser au fond d'une poche mouillée après une sortie en mer ou sous la pluie.

Pourquoi la fiction pirate a-t-elle effacé cette histoire ?

Parce que le pirate de cinéma est un personnage de liberté, et qu'un marchand d'hommes ne tient pas ce rôle. Montrer l'économie réelle des Antilles supposerait de montrer les plantations, les marchés et les registres, ce que le genre évite depuis le XIXe siècle.

Pirates des Caraïbes le montre bien : la série se déroule dans une Caraïbe coloniale du début du XVIIIe siècle, avec Port Royal, la Royal Navy, la Compagnie des Indes orientales, et pratiquement aucune plantation à l'écran. Les ports sont peuplés de marins et de soldats, pas de travailleurs asservis, alors que la sucrerie était la raison d'être de ces îles.

Dans One Piece, la question est traitée de front, mais dans un monde inventé : les Dragons Célestes achètent des êtres humains, le marché aux esclaves de Sabaody est un lieu de l'intrigue, et plusieurs arcs tournent autour de l'asservissement. C'est un ressort narratif, pas une source sur les années 1650-1730, et les deux styles ne se prouvent pas l'un par l'autre.

La matrice de tout cela est littéraire. Johnson en 1724 fournit les noms et les pavillons, Stevenson en 1883 avec L'Île au trésor fournit le coffre, la carte, le perroquet et la jambe de bois, puis un siècle de romans d'aventure et de films fixe le décor. L'histoire attestée, la fiction et le jeu forment trois familles distinctes, toutes trois légitimes tant qu'on ne les mélange pas.

Comment aborder ce sujet chez soi, en famille ou en décoration ?

En nommant les choses, et sans transformer un drame historique en thème de fête. Le déguisement et la chasse au trésor sont un jeu ; l'histoire de la traite est un cours ; les deux peuvent cohabiter sous le même toit à condition de ne pas se faire passer l'un pour l'autre.

Avec des enfants, la formulation courte fonctionne mieux que le détail. Les pirates volaient des navires et leur cargaison, et cette cargaison, c'étaient souvent des gens qu'ils revendaient. À six ans, on s'arrête là. À dix ou douze, on peut expliquer le circuit : un port européen, une côte africaine, une île sucrière, et le retour chargé de sucre.

Le jeu, lui, s'assume comme tel. Un déguisement pirate et un sabre en mousse relèvent du même esprit : un accessoire de fête, qui reste à la maison ou dans la salle louée pour l'occasion.

La documentation demande d'autres objets. Un pavillon de capitaine réel, correctement attribué, apprend quelque chose ; une maquette apprend à reconnaître un gréement, et le fonds de bateaux pirates miniatures donne des coques à comparer entre un sloop et un trois-mâts. Pour les lectures, le Dictionnaire des corsaires et des pirates paru chez CNRS Éditions est un point d'entrée sérieux, les publications sur les fouilles du Whydah donnent le versant archéologique, et la base Slave Voyages recense les expéditions de traite documentées, navire par navire, avec leurs escales et leurs effectifs.

Et pour ceux qui aiment garder un objet de poche plutôt qu'un mur décoré, les porte-clés pirates de Piraterie Shop réunissent plusieurs formats de médaillons, du Jolly Roger classique aux motifs plus colorés.

Questions fréquentes

Quelle est la phrase culte d'un pirate ?

Aucune n'est attestée dans les archives : les répliques que tout le monde connaît viennent de la fiction. « Yo ho ho, et une bouteille de rhum » est de Stevenson dans L'Île au trésor, « mille sabords » est un jurement du capitaine Haddock chez Hergé. Les seuls propos réellement conservés de pirates figurent dans les minutes de leurs procès, et ils parlent de parts, de dettes et de vivres.

Quelle est l'origine de la piraterie ?

Elle est aussi ancienne que le commerce maritime : la Méditerranée antique connaissait des flottes de pillards, et Rome a confié à Pompée en 67 avant notre ère une campagne contre les pirates ciliciens. Ce qu'on appelle l'âge d'or de la piraterie est un épisode bien plus tardif, entre 1650 et 1730, né du reflux de la course dans les Caraïbes et de la masse de marins désarmés après les guerres.

Qui étaient les pirates africains ?

L'expression recouvre deux réalités différentes. Au nord du continent, les équipages d'Alger, Tunis, Tripoli et Salé pratiquaient la prise et la captivité de rachat en Méditerranée. Ailleurs, il s'agit des marins africains et afro-descendants embarqués dans les équipages atlantiques, libres, affranchis ou évadés, dont les procès du début du XVIIIe siècle gardent la trace.

Qui était le plus grand pirate de tous les temps ?

Cela dépend du critère retenu. Au nombre de prises, Bartholomew Roberts domine l'âge d'or avec plusieurs centaines de navires capturés en trois ans. À la taille de la flotte commandée, on cite Zheng Yi Sao en mer de Chine au début du XIXe siècle, avec des effectifs que les sources chiffrent de façon très variable. À la notoriété, Barbe Noire reste devant, largement grâce au livre de 1724.

Les pirates libéraient-ils les esclaves qu'ils capturaient ?

Rarement, et jamais par principe. La cargaison d'un négrier pris était le plus souvent revendue, parfois employée aux travaux les plus durs à bord. L'enrôlement dans l'équipage a bien existé, avec une part de butin à la clé, mais il répondait à un besoin de bras qualifiés, pas à une position sur l'esclavage.

Qu'est-ce qu'une pièce de huit et combien valait-elle ?

C'est le réal de huit espagnol, une grosse monnaie d'argent d'environ 27 grammes et 38 à 40 millimètres de diamètre, frappée notamment au Mexique, à Lima et à Potosí. Elle valait huit réaux, d'où son nom, et on la coupait en huit fragments pour faire l'appoint. Sa valeur en euros n'a pas d'équivalent utile : ce qui compte, c'est qu'elle servait de monnaie de référence dans tout l'Atlantique.

Un porte-clé médaillon en métal s'abîme-t-il vite dans une poche ?

Il se marque, surtout au contact des clés, et c'est ce qui donne son aspect à un métal déjà vieilli à la fabrication. Sur un modèle en zinc de 3,5 cm comme celui décrit plus haut, le motif central reste lisible plus longtemps que les inscriptions du pourtour. Un chiffon sec de temps en temps et pas d'humidité prolongée suffisent ; il n'y a pas d'entretien particulier à prévoir.

« Dans un service honnête, il y a maigre pitance, bas salaires et dur labeur ; ici, l'abondance et la satiété, le plaisir et l'aisance, la liberté et le pouvoir. » Propos prêtés à Bartholomew Roberts par le capitaine Charles Johnson, Histoire générale des plus fameux pirates, 1724. Les marins noirs de son équipage, capturés en 1722, furent remis à la compagnie qui exploitait le comptoir de Cape Coast.