Animaux à bord des navires pirates : les preuves

Animaux à bord des navires pirates : les preuves

Dans L'Île au trésor, publié en 1883, Robert Louis Stevenson donne à Long John Silver un perroquet nommé Capitaine Flint, qui crie « Pièces de huit ! » d'un bout à l'autre du roman. L'oiseau posé sur l'épaule vient de là : d'un personnage écrit plus d'un siècle et demi après l'âge d'or de la piraterie.

Reste la question de départ. Quels animaux à bord des navires pirates sont réellement attestés, et par quelles sources ? Les archives maritimes, les récits de voyage et les romans ne racontent pas du tout la même chose, et c'est précisément le critère de tri que j'utilise dans tout cet article : la nature du document qu'on lit.

Registre de bord ouvert sur une table de bois patinée, cordage tressé, compas de laiton et rouleaux de cartes près de la fenêtre.
Registre de bord ouvert sur une table de bois patinée, cordage tressé, compas de laiton et rouleaux de cartes près de la fenêtre.

Animal par animal, tu auras ce qui est documenté (le chat), ce qui est plausible mais pour d'autres raisons que la compagnie (le perroquet, le singe), ce qui relève des vivres (chèvres, poules, cochons) et ce qui a été ajouté par la littérature.

Ce qu'il faut savoir avant de lire
  • Les chats de navire sont la présence animale la mieux documentée à bord : leur rôle était la lutte contre les rats, qui rongeaient vivres et cordages.
  • Les perroquets existaient bien sur les navires de l'âge d'or de la piraterie (1650-1730), mais surtout comme animaux exotiques à revendre dans les ports européens.
  • Le perroquet sur l'épaule vient de la fiction : L'Île au trésor, puis le théâtre et le cinéma, dont le perroquet de Cotton dans Pirates des Caraïbes.
  • Les chiens embarquaient plus rarement : ils mangeaient beaucoup, supportaient mal le confinement, et la ration d'eau douce était comptée.
  • Singes, chèvres, poules et cochons figuraient aussi à bord, les derniers comme vivres sur pied plutôt que comme compagnons.
  • Pour décorer sur ce thème, une silhouette de navire toutes voiles dehors tient mieux dans le temps que le perroquet caricatural.

Les pirates avaient-ils vraiment un perroquet sur l'épaule ?

Des perroquets, oui : les routes de la flibuste passaient par les Antilles et l'Amérique centrale, terrain des aras et des amazones. Sur l'épaule, non. Aucun témoignage de bord connu ne décrit cette posture, et un oiseau libre sur un pont où l'on manœuvre ne tient pas cinq minutes.

Ce qui explique le mieux la présence de ces oiseaux, c'est leur valeur. Un ara vivant débarqué à Londres, à Bristol ou à Nantes se vendait très bien : les cabinets de curiosités, les riches particuliers et les marchands d'animaux exotiques payaient pour ça. Un équipage qui relâchait dans une île pour l'eau et le bois pouvait capturer quelques oiseaux, les mettre en cage à claire-voie et les considérer comme une part de butin comme une autre.

Cage à claire-voie en bois et fer, posée sur le plat-bord près d'un cordage lové, gréement en arrière-plan.
Cage à claire-voie en bois et fer, posée sur le plat-bord près d'un cordage lové, gréement en arrière-plan.

Les récits de voyage vont dans ce sens. William Dampier, flibustier passé à l'écriture, publie en 1697 A New Voyage Round the World: les oiseaux tropicaux y sont décrits en naturaliste, nommés, situés, parfois mangés. Pas en animaux de compagnie perchés près du barreur.

Le reste est une affaire de conditions matérielles. Un perroquet crie, salit, réclame de l'eau propre, et l'air chargé de sel abîme le plumage. En cage sous le pont, sous la garde d'un homme qui espère le revendre, c'est vraisemblable. En liberté sur l'épaule d'un capitaine pendant un abordage, ça ne l'est pas.

Ce qui reste d'un navire dans l'imaginaire, d'ailleurs, ce n'est jamais l'animal : c'est la silhouette du gréement, les hautes voiles déployées sur l'horizon, un motif lisible à plusieurs mètres de distance. Les maquettes et les sets de navires pirates montrent toujours une mâture et une coque, jamais un oiseau.

Pourquoi trouvait-on des chats sur presque tous les navires ?

Parce qu'un rat coûtait plus cher qu'un chat. Les rats entamaient les vivres, rongeaient les cordages et la toile des voiles, contaminaient l'eau et propageaient des maladies. Un ou deux chats à bord réglaient une partie du problème sans rien coûter.

Le chat de navire n'a rien de spécifiquement pirate. On le trouve dans la marine marchande, dans les marines de guerre, chez les corsaires, sur les baleiniers, et cette pratique s'est prolongée jusqu'aux navires à vapeur du XXe siècle. Un pirate qui s'emparait d'un navire marchand héritait souvent du chat avec la prise.

Côté superstitions, les traditions de marins accordaient au chat de bord un statut particulier : on lui prêtait une influence sur la chance du navire, et on racontait qu'un chat jeté par-dessus bord attirait le mauvais temps. Ce sont des croyances de métier, pas des faits, mais elles expliquent en partie qu'on ait toléré l'animal plutôt que de s'en débarrasser.

Sur le plan pratique, il demandait très peu : il chassait sa nourriture, buvait peu, dormait dans un cordage lové et supportait l'espace clos mieux qu'un chien. Sur les listes d'équipage, en revanche, il n'apparaît quasiment jamais nommément, puisqu'il ne touchait ni solde ni part de butin. La documentation existe surtout par les récits, les journaux de bord et les mentions indirectes.

Chat tigré endormi au creux d'un cordage de chanvre lové sur les planches usées d'un pont.
Chat tigré endormi au creux d'un cordage de chanvre lové sur les planches usées d'un pont.

Ce point est détaillé dans Les coulisses de l'histoire - chats à bord ! (musee-marine.fr).

Les chiens embarquaient-ils avec les équipages ?

Oui, mais nettement moins souvent, et rarement comme animal d'agrément. Un chien consomme de la viande salée et de l'eau douce, deux ressources rationnées, et il supporte mal plusieurs semaines de faux-pont.

Quand un chien montait à bord, c'était souvent pour un rôle : donner l'alerte la nuit, garder un navire de prise ou une cargaison mouillée au large, et pour certains terriers de petite taille, participer à la chasse aux rats dans la cale. Les navires de guerre ont eu leurs chiens de bord, parfois adoptés en escale, plus souvent appartenant à un officier qu'à l'équipage.

Sur un navire de flibuste, le calcul était plus serré encore. Un sloop de vingt mètres avec soixante ou quatre-vingts hommes entassés n'a pas de place à perdre, et l'eau douce est la première contrainte de toute traversée. C'est probablement la raison principale pour laquelle le chien reste marginal dans les sources, quand le chat est partout.

Singes, chèvres, cochons : que faisaient les autres animaux à bord ?

Trois statuts très différents se croisaient sur un même pont : la curiosité exotique destinée à la revente, les vivres sur pied, et de temps en temps l'animal de compagnie toléré par l'équipage.

Les singes capturés le long des côtes d'Afrique ou aux Caraïbes appartiennent à la première catégorie. Ils amusaient l'équipage pendant la traversée, ils s'échappaient, ils volaient de la nourriture, et ils valaient de l'argent une fois débarqués. La même logique que le perroquet, avec plus de dégâts.

Chèvres, poules et cochons embarquaient vivants pour une raison simple : sans conservation par le froid, la seule viande fraîche disponible en mer était celle qui marchait encore. Une chèvre donnait du lait, les poules des œufs, et les longues traversées transatlantiques justifiaient leur encombrement. Il fallait embarquer du fourrage pour elles, ce qui prenait de la place en cale.

Poules brunes dans des cageots de bois sur le pont, tonneau de grain et longue-vue de laiton posée sur une carte marine.
Poules brunes dans des cageots de bois sur le pont, tonneau de grain et longue-vue de laiton posée sur une carte marine.

Les rats, eux, montaient seuls, par les amarres et avec les vivres. Personne ne les a jamais embarqués volontairement, et leur présence conditionne tout le reste : sans rats, pas de chats de navire.

Animaux à bord : ce qui est attesté, ce qui est vraisemblable, ce qui relève de la fiction
Animal Présence à bord Rôle principal Contrainte pratique Part de légende
Chat Bien documentée, toutes marines Chasse aux rats Aucune majeure : autonome en nourriture Faible
Rat Systématique, non désirée Aucun (nuisible) Ronge vivres, cordages et voiles Nulle
Perroquet Plausible, évoquée par les récits de voyage Curiosité exotique et valeur de revente Cage, bruit, sel et humidité Forte sur l'image de l'épaule
Chien Occasionnelle Alerte, garde, parfois chasse au rat Ration d'eau douce et de viande Moyenne
Singe Occasionnelle, ports tropicaux Divertissement, marchandise Fugue, dégâts, alimentation Moyenne
Chèvre, poule, cochon Fréquente sur les longues traversées Vivres sur pied : lait, œufs, viande Encombrement de la cale, fourrage Faible

D'où vient l'image du pirate au perroquet dans les livres et les films ?

De Stevenson, principalement. L'Île au trésor paraît en 1883 et donne à son cuisinier unijambiste un perroquet baptisé du nom d'un capitaine mort, Flint. Le livre a eu un succès immédiat, et le couple homme-oiseau est passé dans toutes les adaptations qui ont suivi. Le texte est dans le domaine public et se voit en entier sur le Projet Gutenberg.

Le théâtre puis le cinéma ont fixé le motif, pour une raison très concrète : un oiseau coloré sur une épaule identifie un personnage en une seconde, de loin, sans dialogue. Dans le premier film de Pirates des Caraïbes, l'équipage recruté à Tortuga compte un marin muet, Cotton, dont le perroquet parle à sa place. La blague ne fonctionne que parce que le spectateur connaît déjà la convention.

Dans le manga One Piece, les compagnons animaux relèvent d'un registre encore différent : un renne médecin fait partie de l'équipage du Chapeau de Paille, et la fiction y est assumée du début à la fin. Personne ne la présente comme un document historique, et c'est très bien ainsi.

C'est aussi ce qui a fait du perroquet en peluche un accessoire standard des déguisements de pirate: un signe de reconnaissance immédiat, hérité du roman et pas des archives. Si tu veux voir un autre motif où la légende et les sources divergent, j'ai écrit sur les raisons du cache-œil chez les pirates, où les hypothèses sérieuses sont plus intéressantes que l'explication toute faite.

Bon à savoir Les types de documents sur ce sujet se distinguent facilement à la source. Un journal de bord ou un rôle d'équipage relève de l'histoire attestée. Un récit de voyage comme celui de Dampier mêle observation et récit d'auteur. Un roman de 1883 ou un film de 2003 relèvent de la fiction. Les trois sont agréables à lire, aucun ne prouve les deux autres.

Comment un animal pouvait-il survivre à un long voyage en mer ?

Mal, sauf s'il se nourrissait de ce que le bord produisait déjà. Un chat mangeait les rats. Une chèvre broutait le fourrage embarqué. Un perroquet dépendait entièrement de la volonté d'un homme de partager son eau et son biscuit.

Les contraintes tenaient en quatre points.

  • L'eau douce: rationnée par homme et par jour, et souvent croupie après quelques semaines de tonneau. Une bête qui en réclamait devenait une charge.
  • La nourriture: biscuit de mer dur comme du bois, viande de porc ou de bœuf salée. Rien qui convienne durablement à un oiseau frugivore.
  • L'air et l'humidité: les faux-ponts étaient chauds, mal ventilés, saturés d'humidité salée. Le sel se dépose sur le pelage et sur les plumes.
  • Le mouvement: roulis et tangage rendent les animaux malades, chiens et chèvres en particulier, et un animal qui glisse sur un pont mouillé se blesse.

Restait la question du logement, sur des bateaux où chaque mètre cube servait déjà. Les volailles voyageaient en cages à claire-voie amarrées sur le pont ou dans la coursive, les gros animaux dans un parc improvisé en cale, le chat nulle part en particulier. Le petit matériel, lui, tenait dans les caisses et les coffres de marin qui servent aujourd'hui de meubles de décoration.

Quel type de navire pouvait embarquer un animal, et comment garder cette image sous les yeux ?

Le volume disponible dépendait du gréement et du rôle du navire. Un sloop rapide n'a presque pas de place perdue. Un trois-mâts capturé sur un marchand en a beaucoup plus, et tolère une chèvre en cale sans que personne ne s'en plaigne.

J'ai un faible pour les petits gréements, et c'est aussi le type de coque qui a fait la piraterie caribéenne : sloop et goélette, faible tirant d'eau, capables de se faufiler dans les hauts-fonds où une frégate ne suit pas. Le prix à payer était l'entassement, avec un équipage bien plus nombreux que sur un marchand de tonnage équivalent. Le brigantin et les prises à trois mâts offraient de la cale, donc de la marge pour les vivres sur pied.

Devant une maquette ou un set de construction, je lis d'abord la mâture : nombre de mâts, forme des voiles, présence d'un beaupré. C'est ce qui permet de nommer le navire avant de regarder la coque.

Maquette de voilier en bois à deux mâts, voiles écrues et gréement fin, posée sur une étagère près de poteries grises.
Maquette de voilier en bois à deux mâts, voiles écrues et gréement fin, posée sur une étagère près de poteries grises.
Le détail qui aide Une pièce murale légère se fixe avec un simple clou, sans cheville ni perçage. Le critère est décisif en location, dans un couloir en placo ou dans une chambre d'enfant, où l'on déplace la décoration plus souvent qu'on ne le prévoit.

Pour ce thème, la mer pose un problème d'impression connu : le bleu est la couleur la plus difficile à restituer. Une toile en coton et lin garde des dégradés nets là où un papier fin les aplatit, et le grain de la toile rapproche l'ensemble de l'aspect d'une peinture. Si tu veux garder ce sujet sous les yeux dans une pièce de tous les jours, c'est vers un navire toutes voiles dehors que je regarde, pas vers l'oiseau de carte postale.

Ce format ne conviendra pas à tout le monde. Cinq panneaux demandent un mur dégagé et un alignement soigné, ce qui est pénible au-dessus d'un canapé encombré ou sur une cloison courte. Si tu cherches une seule pièce à poser sur une étagère, ou si tu veux un motif d'équipage précis plutôt qu'une scène de mer, un pavillon ou une maquette répondront mieux. Et comme pour toute impression, mieux vaut un mur qui ne reçoit pas le soleil direct plusieurs heures par jour.

Et aujourd'hui, peut-on embarquer son chien sur un bateau ?

Oui, sur beaucoup de bateaux de plaisance et sur certaines lignes commerciales, sous conditions et selon le règlement du bord. Le propriétaire ou le capitaine décide, et une compagnie de ferry applique sa propre politique, qui varie d'une ligne à l'autre.

  1. Demande l'accord du bord avant de monter. Sur un bateau privé, c'est le propriétaire qui tranche, et il pense d'abord à son pont teck et à son équipage.
  2. Prévois un gilet de sauvetage à la taille de l'animal, avec une poignée dorsale : c'est ce qui permet de le remonter à bord, un chien mouillé étant beaucoup plus lourd à manipuler qu'à sec.
  3. Installe un coin d'ombre et une gamelle d'eau douce. Jamais d'eau de mer, et le pont exposé monte vite en température, y compris par ciel voilé.
  4. Vérifie la politique de la compagnie avant de réserver pour un ferry ou une navette : cage, laisse, muselière, accès aux ponts, tout dépend du transporteur.
  5. Pour une traversée internationale, contrôle les documents de l'animal auprès des autorités compétentes : identification, vaccination, passeport selon la destination.

L'écart avec le XVIIIe siècle est ce qu'il y a de plus instructif dans ce sujet. Un chien de plaisance dispose aujourd'hui d'eau potable illimitée, d'un gilet à sa taille et d'un retour au port en quelques heures. Un animal embarqué en 1710 pour six semaines de traversée n'avait rien de tout cela. La collection bateaux pirate réunit d'ailleurs maquettes et sets de construction classés par type de navire, si tu veux voir à quoi ressemblaient ces coques et leur volume de cale.

Les questions qu'on me pose

Est-ce que les pirates avaient des perroquets ?

Des perroquets circulaient bel et bien sur les navires de l'âge d'or de la piraterie, capturés dans les Antilles et en Amérique centrale. Leur intérêt était marchand : un oiseau tropical vivant se vendait cher dans un port européen. Rien n'indique en revanche qu'ils vivaient en liberté sur le pont, encore moins sur l'épaule d'un capitaine.

Quel bateau accepte les chiens ?

Beaucoup de bateaux de plaisance, dès lors que le propriétaire est d'accord, et une partie des ferries et navettes selon leur règlement propre. Les conditions changent d'une compagnie à l'autre : cage obligatoire, laisse, accès limité à certains ponts, supplément. Le seul réflexe fiable est d'appeler ou d'écrire au transporteur avant de réserver, et de vérifier les documents de l'animal pour une traversée internationale.

Pourquoi les pirates sont-ils toujours représentés avec un perroquet sur l'épaule ?

Parce que Stevenson a donné un perroquet à Long John Silver en 1883, et que le roman a été adapté sans arrêt. Au théâtre comme au cinéma, un oiseau coloré sur une épaule permet d'identifier un personnage instantanément, sans une ligne de dialogue. Le motif s'est installé pour son efficacité visuelle, pas parce qu'une source d'époque le décrivait.

Les chats étaient-ils vraiment utiles à bord d'un navire ?

Oui, et c'est le seul animal dont l'utilité soit documentée à cette échelle. Les rats attaquaient le biscuit et la farine, rongeaient les cordages et la toile, et un cordage abîmé se casse au mauvais moment. Le chat réglait une partie du problème sans coût de ration, puisqu'il se nourrissait de ce qu'il chassait.

Que mangeaient les animaux pendant une longue traversée ?

Le chat mangeait les rats. Les volailles et les gros animaux consommaient le fourrage et les grains embarqués pour eux, ce qui prenait de la place en cale et limitait leur nombre. Pour un perroquet ou un singe, tout dépendait de ce qu'un homme d'équipage acceptait de prélever sur sa propre ration, d'où une mortalité forte pendant les traversées longues.

Les pirates vendaient-ils les animaux exotiques qu'ils capturaient ?

C'est l'explication la plus solide de leur présence à bord. Perroquets et singes étaient recherchés en Europe par les collectionneurs et les marchands d'animaux, et ils entraient dans le butin comme n'importe quelle marchandise transportable. Un équipage qui relâchait pour l'eau et le bois pouvait en profiter pour en capturer quelques-uns.

« Pieces of eight ! Pieces of eight ! » le perroquet Capitaine Flint, dans L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson, 1883.