Les 3 plus célèbres alliances de pirates : Entre fraternité et trahison

Les 3 plus célèbres alliances de pirates : Entre fraternité et trahison

En juillet 1718, Woodes Rogers débarque à New Providence avec une grâce royale signée du roi George. Pas de bataille rangée, pas d'abordage : la majorité des pirates de Nassau acceptent le pardon, quelques-uns reprennent la mer, et l'accord qui tenait les Bahamas depuis une douzaine d'années se défait en quelques semaines.

C'est presque toujours comme ça que se terminent les alliances de pirates: par un arbitrage d'intérêts. Les trois cas les plus cités (Nassau, le Flying Gang, Barbe Noire et Stede Bonnet) se comprennent mieux comme des sociétés en participation que comme des serments de sang.

Tu ressortiras d'ici avec de quoi distinguer une escadre montée pour une campagne d'une confédération organisée, avec cinq cas comparés, et avec un critère concret pour lire un pavillon collectif : ce n'est pas le même objet qu'un pavillon de capitaine.

Les points qui comptent
  • Trois alliances dominent les sources caribéennes : la « République des pirates » de Nassau (vers 1706-1718), le Flying Gang autour de Benjamin Hornigold, et l'association Barbe Noire / Stede Bonnet en 1717-1718.
  • Aucune ne reposait sur un serment mystique : les articles de bord fixaient les parts de butin, les indemnités de blessure et les sanctions, et se renégociaient à chaque campagne.
  • La trahison la mieux documentée reste celle du Topsail Inlet, en 1718, quand Teach abandonne Bonnet et une partie des hommes après avoir échoué le Queen Anne's Revenge.
  • Hors Caraïbes, deux ensembles bien plus vastes : les Frères de la Côte à la Tortue au XVIIe siècle, et la flotte du Pavillon rouge de Zheng Yi Sao en mer de Chine méridionale dans les années 1800.
  • Dans la fiction, l'alliance obéit à une autre logique : One Piece la met en scène équipage par équipage, Assassin's Creed Shadows en fait une organisation de jeu à démanteler.
  • Pour représenter une alliance chez soi, le pavillon collectif à devise est la pièce la plus parlante : format 90 x 150 cm, œillets laiton, toile polyester.

Alliance de pirates : ce que le terme désignait dans les faits

Une alliance de pirates, dans les sources de l'âge d'or de la piraterie (1650-1730), désigne quatre choses différentes qu'on mélange souvent : un équipage unique, une escadre montée pour une campagne, un sanctuaire à terre partagé par plusieurs équipages, et une confédération durable avec hiérarchie et taxes. Les trois premières sont fréquentes, la quatrième est rare.

L'intérêt de s'associer était très concret. Un sloop rapide capture, mais ne peut pas emporter cent tonneaux de sucre ; un navire porteur transporte, mais se laisse distancer. Deux équipages qui s'entendent couvrent une route commerciale en se relayant, mutualisent la poudre et les hommes, et surtout partagent les mêmes receleurs à terre. Sans acheteur pour la cargaison, une prise ne vaut rien.

Ces accords avaient une limite majeure : aucune autorité supérieure ne pouvait les faire respecter. Pas de tribunal, pas de contrat opposable, rien qu'un texte signé entre gens hors la loi. Le jour où l'intérêt d'un capitaine divergeait de celui du groupe, il n'existait aucun recours, sinon le vote de l'équipage et la force.

Précision Trois mots à ne pas confondre. Le corsaire agit avec une lettre de marque délivrée par un État, en temps de guerre : il rend des comptes et paie une part à l'armateur. Le flibustier des Antilles navigue dans une zone grise, tantôt commissionné, tantôt non. Le boucanier vient de la chasse à terre sur Saint-Domingue avant de passer à la mer. Beaucoup d'hommes de Nassau étaient des corsaires démobilisés après 1713, et ce basculement explique la vitesse à laquelle une alliance a pu se former là-bas. Tout ce qui suit se rapporte à cette époque : la piraterie maritime d'aujourd'hui relève du droit pénal, et non d'un thème décoratif.

Nassau, 1706-1718 : la République des pirates

Nassau s'explique par sa géographie avant de s'expliquer par ses hommes. Le port de New Providence est peu profond et semé de hauts-fonds : un sloop y entre à toute heure, une frégate de la Royal Navy non. Ajoute une position à portée du détroit de Floride, par où remontaient les navires chargés, et tu as la base idéale.

Le vide de pouvoir fait le reste. Après les raids franco-espagnols du début du XVIIIe siècle et le départ de l'administration anglaise, l'île reste sans gouverneur effectif pendant des années. Les équipages occupent la place, avec des marchands complices venus de Caroline et de Nouvelle-Angleterre pour racheter les cargaisons.

Le fonctionnement interne suit le modèle du bord : capitaine élu, révocable, quartier-maître qui représente l'équipage, conseil qui tranche les prises. Hornigold, Henry Jennings, Charles Vane, plus tard Jack Rackham, Anne Bonny et Mary Read fréquentent ce port. Personne n'y gouverne : on s'y tolère, on y répare, on y boit et on y revend.

La fin est administrative. La proclamation de grâce de 1717, puis l'arrivée de Rogers l'année suivante, offrent une sortie légale à des hommes fatigués et endettés. Jennings et Hornigold acceptent ; Vane refuse et met à la voile en tirant un brûlot dans le port. Je trouve que le mot « république » gonfle un peu la chose : ni constitution, ni citoyens, ni frontière, juste un accord de tolérance mutuelle entre équipages qui avaient besoin du même mouillage. La formule a survécu parce qu'elle sonne bien, et elle figure aujourd'hui sur des pavillons de capitaines et d'équipages qui n'ont jamais flotté à New Providence.

Flying Gang : le réseau Hornigold, Bellamy, La Buse et Barbe Noire

Le Flying Gang est le nom donné au groupe d'équipages gravitant autour de Benjamin Hornigold à Nassau, entre 1714 et 1718. On y croise Samuel Bellamy, Olivier Levasseur dit La Buse, et Edward Teach avant qu'il ne prenne son propre commandement sous le nom de Barbe Noire. Ce n'était pas une flotte unifiée, plutôt un réseau de capitaines qui s'épaulaient et se partageaient les prises.

Ce réseau s'est cassé sur une règle de conduite. Hornigold, ancien corsaire, refusait d'attaquer les navires anglais. Ses hommes, eux, voulaient prendre ce qui passait. Fin 1717, un vote lui retire le commandement. La divergence ne portait pas sur un caractère ou une rivalité personnelle, mais sur la liste des cibles autorisées.

Les trajectoires se séparent ensuite très vite. Bellamy s'empare du Whydah et coule au large de Cape Cod en avril 1717. La Buse part vers l'océan Indien et finira pendu à Saint-Denis de La Réunion en 1730. Teach arme le Queen Anne's Revenge et devient une figure autonome.

Deux maquettes de voiliers en bois posées sur une table, la plus petite montrant l'écart de taille avec le grand trois-mâts.
Deux maquettes de voiliers en bois posées sur une table, la plus petite montrant l'écart de taille avec le grand trois-mâts.

Quant à Hornigold, il accepte la grâce et se retrouve employé par Rogers à traquer ses anciens compagnons. Ce genre de retournement est plus courant qu'on ne l'imagine dans cette période, et il donne des trajectoires difficiles à classer : j'ai écrit un article entier sur William Kidd, le chasseur de pirates devenu pirate, qui suit exactement le chemin inverse.

Barbe Noire et Stede Bonnet : l'alliance qui finit en trahison

Le duo est mal assorti dès le départ. Teach est un marin d'expérience, formé pendant la guerre de Succession d'Espagne. Stede Bonnet est un planteur de la Barbade qui a acheté son sloop, le Revenge, et payé son équipage à la solde, ce qui ne se faisait pas. Il ne savait pas manœuvrer. Teach a rapidement placé un de ses hommes à la tête du navire de Bonnet, en gardant celui-ci à bord comme invité.

Au printemps 1718, l'escadre compte plusieurs bâtiments et bloque l'entrée du port de Charleston pendant plusieurs jours. Les pirates arraisonnent les navires au mouillage, prennent des otages, et réclament une rançon : non pas de l'or, mais un coffre de médicaments. Le détail dit quelque chose de l'état sanitaire d'un équipage de cette taille.

Peu après vient le Topsail Inlet, en Caroline du Nord. Le Queen Anne's Revenge s'échoue sur un banc de sable. Teach transfère le butin sur un sloop, part avec une poignée d'hommes, et laisse une partie de l'équipage sur un îlot pendant que Bonnet est allé chercher sa grâce à Bath. Bonnet revient, récupère les abandonnés, reprend la mer, se fait capturer sur la Cape Fear, et il est jugé puis pendu à Charleston en décembre 1718. Teach meurt un mois plus tôt, tué à Ocracoke lors de l'attaque menée par le lieutenant Maynard.

Trahison ou calcul ? Les deux hypothèses sont défendables. Un chef qui perd son navire amiral allège sa flotte, réduit le nombre de parts à distribuer et disparaît avec la valeur transportable. Pour les hommes laissés sur le banc de sable, c'est une trahison ; pour un comptable, c'est une liquidation de société où le principal associé se sert en premier.

Coffre en bois ouvert sur le sable, flacons de verre bouchés au liège, boussole et bandages roulés, près d'une fenêtre ouverte sur la mer.
Coffre en bois ouvert sur le sable, flacons de verre bouchés au liège, boussole et bandages roulés, près d'une fenêtre ouverte sur la mer.

Frères de la Côte et flotte du Pavillon rouge : deux alliances plus vastes que Nassau

Les trois cas caribéens tiennent tous en une douzaine d'années. Deux autres ensembles ont duré plus longtemps et rassemblé beaucoup plus de monde : les Frères de la Côte au XVIIe siècle, et la confédération de la mer de Chine méridionale au début du XIXe.

Les Frères de la Côte désignent les flibustiers installés à l'île de la Tortue puis sur la côte de Saint-Domingue. Deux usages structuraient leur vie : la chasse-partie, contrat de campagne qui fixait à l'avance les parts et les compensations pour un bras ou un œil perdu, et le matelotage, association entre deux hommes qui mettaient leurs biens en commun et héritaient l'un de l'autre. C'est de là que vient le mot « fraternité » appliqué à ce groupe. Il ne s'agissait pas d'un ordre secret avec initiation, mais d'un régime de partage et de succession entre équipiers. Les grandes expéditions de François l'Olonnais sur Maracaibo en 1667, ou de Henry Morgan sur Portobelo puis Panama, fonctionnaient sur ce modèle.

Le second ensemble change d'échelle. Après la mort de son mari en 1807, Zheng Yi Sao prend la tête d'une confédération de flottes organisées par couleur de bannière, celle du Pavillon rouge étant la plus nombreuse, avec Cheung Po Tsai comme lieutenant. Des centaines de jonques, plusieurs dizaines de milliers d'hommes selon les estimations, un code écrit et appliqué, des taxes de protection prélevées sur les villages côtiers et les marchands. Face à ce qui ressemblait à un État parallèle, l'empire Qing a fini par négocier : en 1810, la reddition est obtenue par accord, avec amnistie et postes pour certains chefs. Une issue de ce genre est rarissime dans l'histoire de la piraterie.

Cinq alliances de pirates comparées

Alliance Période et zone Figures principales Ce qui la tenait Ce qui l'a rompue
République des pirates de Nassau vers 1706-1718, Bahamas Hornigold, Jennings, Vane, Rackham Un port sûr, des receleurs, des capitaines élus La grâce royale de 1717 et l'arrivée de Woodes Rogers
Flying Gang 1714-1718, Caraïbes Hornigold, Bellamy, La Buse, Teach Le partage des prises et un chef expérimenté Le refus d'attaquer les navires anglais, puis la mutinerie
Barbe Noire et Stede Bonnet 1717-1718, côte américaine Edward Teach, Stede Bonnet, Israel Hands Une escadre de plusieurs bâtiments et un blocus payant L'échouage au Topsail Inlet et le départ de Teach avec le butin
Frères de la Côte XVIIe siècle, Tortue et Saint-Domingue L'Olonnais, Morgan, capitaines flibustiers La chasse-partie et le matelotage entre équipiers Les traités entre couronnes et la fin des lettres de marque
Flotte du Pavillon rouge années 1800, mer de Chine méridionale Zheng Yi Sao, Cheung Po Tsai Un code écrit, une hiérarchie de bannières, des taxes Rivalités internes puis reddition négociée avec l'empire Qing

Articles de bord et pavillon commun : ce qui tenait une alliance debout

Ce qui tenait ces groupes n'était ni l'amitié ni le serment, mais un texte lu à voix haute et signé avant d'appareiller : les articles de bord. Ils fixaient les parts, le sort des blessés et les sanctions. Le pavillon venait ensuite, comme signal collectif.

Les articles les mieux connus sont ceux de l'équipage de Bartholomew Roberts, rapportés par Charles Johnson dans A General History of the Pyrates (1724). On y trouve le droit de vote de chaque homme sur les affaires importantes, la part du capitaine et du quartier-maître fixée à une part et demie ou deux parts, une compensation chiffrée pour la perte d'un membre, l'interdiction des jeux d'argent à bord, l'extinction des lumières à une heure donnée, et l'obligation de garder ses armes en état. Rien de mystique là-dedans : de la gestion de risque.

Le serment de sang, en revanche, appartient surtout à la littérature du XIXe siècle et au cinéma. Les sources judiciaires de l'époque, minutes de procès comprises, parlent de signatures, de témoins et de parts, pas de rituels. Quand un texte de vulgarisation te présente une scène de pacte sanglant, il transpose un imaginaire romanesque sur un document comptable.

Le pavillon, lui, joue un rôle précis dans une alliance. Hisser le même emblème sur trois coques annonçait une force collective avant même la portée du canon. Un pavillon de capitaine porte une signature individuelle, Roberts debout sur deux crânes, le squelette de Teach au verre levé. Un pavillon d'alliance fonctionne autrement : un motif central simple, souvent la tête de mort dans un cercle, et une devise inscrite autour. La formule la plus redoutée était « no quarter », pas de quartier, qui signifiait qu'aucune reddition ne serait acceptée.

Le repère Un pavillon reste lisible à distance s'il fait environ 90 x 150 cm, s'il est imprimé en couleurs franches sans dégradé, et s'il est taillé dans un polyester qui ne se déforme pas au vent. La fixation décide du reste : deux œillets métalliques et une bande de guindant renforcée permettent de hisser et d'amener la pièce sur une drisse ou un mât de jardin, là où un tirage sans œillets reste un objet de mur d'intérieur.

Aux fêtes maritimes de Brest, j'ai passé quatre jours à noter des gréements dans un carnet, et la différence m'a sauté aux yeux : un pavillon accroché à un mur se regarde comme un dessin, un pavillon hissé doit rester identifiable à trois cents mètres, sinon il ne sert à rien. Le motif doit être franc, le fond sombre, la devise assez grosse.

Pavillon noir à tête de mort hissé le long d'un mât de bois écaillé, tendu par le vent au-dessus d'un port brumeux.
Pavillon noir à tête de mort hissé le long d'un mât de bois écaillé, tendu par le vent au-dessus d'un port brumeux.

Si tu veux représenter une alliance chez toi, c'est ce type de pavillon collectif à devise qu'il faut chercher, pas l'emblème personnel d'un capitaine. Dans les drapeaux de Piraterie Shop, un modèle reprend précisément cette logique.

Deux cas où il ne conviendra pas. Si tu cherches la reproduction d'un pavillon attesté, celui de Rackham ou de Roberts, ce modèle n'en est pas un : c'est une pièce de décoration inspirée de l'histoire de Nassau, avec une devise rédigée en français. Et si le mur est destiné à un enfant qui suit One Piece, un pavillon d'équipage lui parlera davantage qu'une inscription du XVIIIe siècle.

On retrouve ce point dans Pirate : définition et synonymes - Dictionnaire français (universalis.fr).

Alliances de fiction : One Piece, Assassin's Creed Shadows, Black Sails

Dans la fiction, l'alliance devient un ressort de scénario, avec des règles qui n'ont rien à voir avec les articles de bord. Il vaut mieux le savoir avant de choisir un motif à accrocher, parce que les deux styles se vendent côte à côte.

One Piece est le cas le plus explicite : les pactes entre capitaines y sont annoncés, célébrés, parfois trahis, et plusieurs équipages se rangent derrière un même chef à la fin de l'arc Dressrosa. Chaque équipage possède son pavillon, construit sur le même principe : la tête de mort reprend un signe distinctif du capitaine. Le catalogue descend jusqu'aux formations secondaires, Bartolomeo, la Flotte Yonte Maria, le Nouvel Équipage des Géants, Mad Treasure ou Wetton. Ne cherche pas de source historique derrière ces emblèmes : ce sont des dessins d'auteur, et c'est très bien comme ça.

Dans Assassin's Creed Shadows, situé au Japon, l'« Alliance des Pirates » est une organisation du jeu, avec des cibles à identifier et des récompenses associées. Le nom est le même, le contexte n'a aucun rapport avec les Bahamas. Côté écran, la série Black Sails imagine Nassau à partir de personnages réels et fictifs mêlés, et la saga Pirates des Caraïbes invente la Confrérie et ses Seigneurs pirates, inspirés de faits épars mais sans équivalent documenté.

Précision Histoire, fiction et jeu sont trois styles légitimes qui ne se prouvent pas l'un l'autre. Un pavillon d'équipage de manga ne devient pas historique parce qu'il est imprimé sur la même toile qu'un Jolly Roger de 1718, et une confrérie de cinéma ne valide pas l'existence d'une confrérie réelle.

Représenter une alliance chez soi ou pour une fête

Un 90 x 150 cm prend de la place : compte une surface de mur d'un mètre par un mètre cinquante libre de meubles, ou une longueur de mât d'au moins deux mètres pour que le pavillon ne traîne pas. Le reste est une affaire de fixation.

  1. Déplie et laisse reposer la toile vingt-quatre heures à plat ou sur un cintre : les plis de pliage s'atténuent seuls, sans fer.
  2. Choisis le sens: la bande de guindant renforcée se place à gauche pour une lecture murale, côté mât pour un hissage.
  3. Au mur, passe une tringle fine ou une baguette dans les œillets, ou fixe les quatre angles ; deux points seulement font bâiller le bas.
  4. Sur une hampe, frappe deux bouts courts dans les œillets plutôt que de passer la drisse directement dedans : c'est le laiton qui s'arrache en premier quand ça tire.
  5. Dépoussière à la brosse douce ou au chiffon sec, et range plié à l'abri de la lumière hors saison, les couleurs vives supportant mal une exposition permanente au soleil.

Pour composer un ensemble, je m'en tiens à un registre par mur. Un pavillon historique à devise d'un côté, les emblèmes d'équipages de fiction de l'autre : mélangés, ils se neutralisent, parce que l'œil cherche une cohérence de style et n'en trouve pas.

Pour un anniversaire, la logique change. Le point de rassemblement, c'est le coffre au trésor, posé au sol dès le début et ouvert à la fin ; le pavillon sert à marquer la porte de la pièce ou le fond du jardin. Les déguisements par âge permettent de constituer un équipage complet, et les sabres en mousse ou gonflables restent des accessoires de jeu, pour la maison, jamais pour la voie publique.

Un dernier prolongement, pour qui a la place : poser une maquette ou un bateau pirate miniature sous le pavillon explique visuellement pourquoi ces alliances tenaient à des coques légères. Les sloops et les goélettes tiraient peu d'eau, entraient dans les passes que les navires de guerre évitaient, et se laissaient réparer sur une plage. J'ai un faible pour ces petits gréements, et Nassau donne raison à ce goût : le port a été choisi pour son tirant d'eau avant de l'être pour ses tavernes. Si tu cherches un emblème précis, capitaine réel ou équipage de manga, la collection de drapeaux pirate les classe par univers, avec les dimensions indiquées.

Les questions qui reviennent

Qui sont les pirates les plus célèbres ?

Les noms qui reviennent dans les sources anglaises du XVIIIe siècle sont Edward Teach dit Barbe Noire, Bartholomew Roberts, Charles Vane, Jack Rackham, Anne Bonny et Mary Read, Stede Bonnet, Henry Every et William Kidd. Hors Caraïbes, il faut ajouter Zheng Yi Sao pour la mer de Chine et Olivier Levasseur pour l'océan Indien. Beaucoup de leur notoriété vient d'un seul livre, A General History of the Pyrates publié en 1724 sous le nom de Charles Johnson, dont les informations sont inégalement fiables.

Qui est le plus grand pirate de l'Histoire ?

Si le critère est le nombre de prises, Bartholomew Roberts arrive en tête : on lui attribue plusieurs centaines de navires capturés entre 1719 et 1722, un chiffre sans équivalent chez ses contemporains. Si le critère est la durée, Barbe Noire fait pâle figure avec deux ans d'activité seulement. Le classement dépend donc entièrement de ce qu'on mesure, et aucune source de l'époque ne tenait de comptabilité complète.

Quels sont les noms des navires pirates les plus célèbres ?

Le Queen Anne's Revenge de Barbe Noire, ancien négrier français rebaptisé, échoué en 1718 en Caroline du Nord. Le Whydah Gally de Samuel Bellamy, coulé au large de Cape Cod en 1717, dont l'épave a été localisée en 1984 : c'est le seul naufrage de pirate formellement identifié. On cite aussi le Royal Fortune de Roberts, l'Adventure Galley de Kidd et le Revenge de Stede Bonnet.

Qui est le pirate le plus puissant de l'Histoire ?

Zheng Yi Sao, en mer de Chine méridionale dans les années 1800, à condition de compter en hommes et en navires. Elle dirigeait une confédération de flottes à bannières comptant des centaines de jonques et plusieurs dizaines de milliers d'hommes selon les estimations, avec un code écrit, des sanctions et un système de taxes sur le commerce côtier. Aucun capitaine caribéen n'a jamais approché cette échelle : Barbe Noire commandait quatre bâtiments au maximum de sa flotte.

La République des pirates de Nassau a-t-elle vraiment existé ?

Oui, mais pas comme un État. Entre 1706 environ et 1718, New Providence a réellement échappé à toute administration coloniale effective et a servi de base à plusieurs centaines de pirates, avec ses receleurs et ses capitaines élus. Il n'y a jamais eu de constitution, de frontière ni de citoyenneté, et le nom de « république » a été popularisé bien plus tard par les historiens et les romanciers.

Quel format de pavillon prendre, et comment l'entretenir ?

Le 90 x 150 cm est le format de hampe standard : il se hisse sur un mât de jardin comme il se tend au mur, à condition de disposer d'environ un mètre cinquante de largeur libre. Pour l'entretien, un dépoussiérage au chiffon sec ou à la brosse douce suffit, et un pavillon laissé dehors en permanence perd ses couleurs plus vite : range-le plié à l'abri de la lumière hors saison. Sur un mât, frappe deux bouts courts dans les œillets plutôt que d'y passer la drisse directement, c'est ce qui fatigue le moins la toile.

« Chacun a une voix dans les affaires du moment. » Article I des articles de bord de l'équipage de Bartholomew Roberts, rapportés par Charles Johnson, A General History of the Pyrates, 1724.