Le trésor perdu d'Henry Every

Le trésor perdu d'Henry Every

En juillet 1695, une flottille de pirates anglais attend à la sortie de la mer Rouge, sur la route des navires de pèlerinage qui rentrent de Moka vers Surate. En septembre, l'un d'eux, le Ganj-i-Sawai, propriété de l'empereur moghol Aurangzeb, est arraisonné par le Fancy d'Henry Every. C'est de là que part toute l'affaire du trésor perdu d'Henry Every.

Boussole, cordes et carte sur un rebord de hublot face à la mer et un voilier à l'horizon.
Boussole, cordes et carte sur un rebord de hublot face à la mer et un voilier à l'horizon.

Trois siècles plus tard, une lettre codée signée « Avery le Pirate », datée de 1700 et restée mal classée dans des archives écossaises, a été publiée en 2024 par Sean Kingsley et Rex Cowan. Elle déplace la question : non plus « où est le coffre », mais « qu'est devenu l'argent ».

Je reprends ici les chiffres de la prise, ce que disent les archives judiciaires, les fins concurrentes prêtées à Every, et cinq réflexes pour trier une piste sérieuse d'une rumeur de cache enterrée.

Les points qui comptent
  • En septembre 1695, Henry Every (alias Avery, « Long Ben ») capture le Ganj-i-Sawai, navire de l'empereur moghol Aurangzeb : la prise la plus lucrative de l'âge d'or de la piraterie (1650-1730).
  • Les estimations d'époque parlent de centaines de milliers de pièces d'or et d'argent, plus des joyaux. Les chiffres varient d'une source à l'autre et ne donnent que des ordres de grandeur.
  • Les violences commises à bord ont déclenché une crise diplomatique avec l'Empire moghol et une chasse à l'homme d'ampleur inédite, prime à l'appui.
  • Une partie de l'équipage a été jugée et pendue à Londres en 1696. Every, lui, sort des registres.
  • Une lettre codée de 1700, publiée en 2024, le relie à un réseau de renseignement au service de Guillaume III : la piste d'un butin échangé contre une grâce est celle que défendent ses auteurs.
  • Aucune cache, aucune épave, aucun dépôt attribuable à Every n'a été localisé à ce jour.

Henry Every avant 1695 : un marin devenu chef de mutinerie

Avant la mer Rouge, Every est un homme de mer ordinaire. Les sources le font naître vers 1659 à Newton Ferrers, dans le Devon, avec un service dans la marine anglaise, un passage par la traite des esclaves, puis un poste de second à bord du Charles II.

Ce navire appartient à une expédition anglo-espagnole armée pour opérer dans les Caraïbes. L'équipage n'est pas payé, la flotte moisit à La Corogne, et en mai 1694 les hommes s'emparent du bâtiment. Every prend le commandement, le Charles II devient le Fancy, et la route se dessine : Cap-Vert, golfe de Guinée, Madagascar, mer Rouge.

Il traîne déjà plusieurs noms : Long Ben pour ses hommes, Benjamin Bridgeman dans certains papiers, et « le roi des pirates » dans les brochures imprimées après sa disparition. Cette accumulation de surnoms est un bon indicateur : plus un personnage porte d'alias, plus il a servi de support à des récits qui ne se recoupent pas.

Trois styles se mélangent constamment dans cette histoire, et je les sépare tout au long de l'article : les archives judiciaires et diplomatiques, le récit publié (au premier rang A General History of the Pyrates de Charles Johnson, 1724), et la fiction contemporaine. Le premier permet de dater, le deuxième raconte, le troisième invente. Pour un point de départ propre sur la biographie, la notice de l'Encyclopædia Britannica consacrée à Henry Every donne les jalons admis.

Septembre 1695, la prise du Ganj-i-Sawai racontée par les sources

Le Ganj-i-Sawai rentre de Moka vers Surate avec des pèlerins, une escorte, le Fateh Muhammed, et un chargement de métal précieux. Il est mieux armé que le Fancy. Il est pris quand même, en septembre 1695, après deux ou trois heures de combat.

Every n'agit pas seul. Une petite coalition de pirates s'est formée dans la région, plusieurs navires anglais et coloniaux naviguant de conserve pour attendre la flotte de pèlerinage. Le Fancy mène la manœuvre, avec une coque rapide et un armement respectable pour un pirate, mais rien qui garantisse l'issue face à un vaisseau impérial.

Le déroulé rapporté par les sources tient à deux accidents. Un canon éclate à bord du navire moghol, semant le désordre sur son pont. Un boulet du Fancy abat un mât. L'abordage suit. Si tu veux comparer cet engagement à d'autres affrontements de la période, j'en détaille trois dans mon article sur les plus féroces batailles navales pirates.

Ce qui se passe ensuite est la partie que les récits romancés escamotent. Le chroniqueur moghol Khafi Khan rapporte plusieurs jours de sévices sur les passagers, hommes et femmes, à bord du navire capturé. Des passagères se sont suicidées ou ont été tuées. Aucune lecture aventureuse de cet épisode ne tient une fois qu'on a lu ce récit, et il faut le dire clairement quand on raconte l'histoire d'Every.

Précision Le Ganj-i-Sawai n'était pas un simple navire marchand. Il appartenait à l'empereur, transportait des pèlerins de retour de La Mecque et des membres de l'entourage impérial. C'est ce statut qui a transformé une prise en incident d'État entre Londres et la cour d'Aurangzeb.

Combien valait vraiment le butin : lire les chiffres du XVIIe siècle

Les estimations anglaises de l'époque, exprimées en livres sterling, se comptent en centaines de milliers. La composition annoncée est constante d'une source à l'autre : roupies d'or et d'argent, lingots, joyaux, objets appartenant à la suite impériale. Les montants, eux, varient du simple au double.

La part par homme est le chiffre le plus parlant. Les sources judiciaires citent autour de mille livres par pirate, à comparer avec la solde annuelle d'un matelot de commerce, quelques dizaines de livres au mieux. Un homme repartait donc avec l'équivalent de plusieurs dizaines d'années de salaire, en pièces, dans un sac ou dans un contenant à sa taille.

Ce détail matériel compte plus qu'on ne le croit. Un butin de cette nature ne tenait pas dans un grand coffre unique. On répartissait pièces, joyaux et papiers dans des contenants de bord transportables d'une trentaine de centimètres au plus, munis d'une poignée, qu'un homme pouvait porter d'un bord à l'autre sans aide. Le partage se faisait à bord, tout de suite, selon les articles convenus entre équipages.

Ce qui protégeait un dépôt à bord n'était pas une serrure inviolable : c'était un loquet manœuvrable d'une main, du bois renforcé de bandes de cuir, et un couvercle qui s'ouvre et se referme vite. Sur un pont qui bouge, la robustesse de la charnière vaut mieux que la complication du mécanisme.

Coffre de bord en bois brun, sangles de cuir et loquet en laiton, posé sur un plancher près d'un cordage.
Coffre de bord en bois brun, sangles de cuir et loquet en laiton, posé sur un plancher près d'un cordage.

Une dernière remarque sur les conversions. Traduire 1695 en euros d'aujourd'hui donne des résultats qui s'écartent d'un facteur dix selon qu'on indexe sur le prix du pain, sur le salaire d'un ouvrier ou sur le cours du métal. Je préfère m'en tenir à la comparaison en années de solde : elle ne dépend d'aucun modèle discutable.

Chasse à l'homme, procès de 1696 et disparition dans les registres

La réaction d'Aurangzeb est immédiate : menace sur les comptoirs de la Compagnie anglaise des Indes orientales, arrestations d'employés anglais, pression sur Londres. Pour dénouer la crise, la Couronne et la Compagnie mettent une prime sur la tête d'Every et de ses hommes, avis diffusés dans les ports et les colonies.

La suite est une dispersion organisée. Le Fancy passe par l'île Bourbon, l'actuelle La Réunion, où une partie de l'équipage débarque. Every gagne ensuite les Bahamas, à New Providence, où le gouverneur Nicholas Trott accepte cadeaux et navire sans poser trop de questions. De là, les hommes se séparent, certains vers les colonies américaines, certains vers l'Irlande.

C'est cette dernière route qui alimente les archives. Plusieurs pirates sont repérés puis arrêtés en Irlande et en Angleterre. Le procès de 1696 se tient à Londres : un premier jury refuse de condamner, un second, saisi sous une autre qualification, envoie six hommes à la potence. Le dossier d'audience reste l'une des meilleures sources sur la prise elle-même, puisque les accusés y racontent le partage.

Every, lui, s'évanouit. Les fins qu'on lui prête sont concurrentes et aucune n'est documentée : mort ruiné dans le Devon après avoir été dépouillé par des marchands de Bristol à qui il aurait confié ses diamants (c'est la version de Charles Johnson en 1724), retraite royale à Madagascar (version des brochures publiées dès 1709 et du King of Pirates attribué à Defoe), ou disparition sous un nom d'emprunt. Quand une source hésite à ce point, il n'y a rien à trancher.

La lettre codée de 1700 et ce qu'elle change à l'affaire du trésor

La pièce la plus neuve du dossier est un document d'archives, et non un objet retrouvé. Une lettre datée de 1700, en partie chiffrée, signée « Avery le Pirate », restée mal classée dans des archives écossaises, a été exhumée et publiée en 2024 par l'archéologue Sean Kingsley et le chercheur d'épaves Rex Cowan.

L'hypothèse défendue par ses auteurs est la suivante : Every aurait négocié, monnayé une part de son butin contre une grâce, et servi ensuite le renseignement de Guillaume III, dans le contexte des tensions entre l'Angleterre et la France. Le personnage passerait ainsi du pirate en fuite à l'informateur discret.

Si cette piste est la bonne, il n'y a jamais eu de coffre enterré. Un butin échangé contre une grâce est un butin converti : métal fondu ou vendu, joyaux écoulés par des receleurs, sommes réinvesties, papiers détruits. Rien à retrouver, sinon des traces comptables et diplomatiques.

Ce qui reste discuté, c'est le poids qu'on accorde à une pièce isolée. Une lettre n'est pas une comptabilité, et l'interprétation appartient à ceux qui l'ont publiée. Mon avis, en lisant ce qui est disponible aujourd'hui : cette hypothèse est plus économe que celle de la cache, parce qu'elle n'exige pas d'expliquer pourquoi un homme traqué aurait laissé sa fortune dans un trou au lieu de s'en servir pour acheter sa tranquillité.

Sur ce point, Henry Avery : une lettre codée du XVIIe siècle révèle le ... (radiofrance.fr) donne des repères vérifiables.

Trésors enterrés : pourquoi la légende résiste aux archives

Le coffre enfoui sur une île est une invention littéraire, pas une pratique attestée de la piraterie. Elle prend appui sur un cas réel unique, le dépôt de William Kidd à Gardiners Island en 1699, saisi presque aussitôt, puis se fixe dans la fiction du XIXe siècle.

Deux textes ont fixé l'image : Le Scarabée d'or d'Edgar Allan Poe en 1843, avec son parchemin chiffré, et L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson en 1883, avec sa carte, sa croix et son coffre. Tout ce que le grand public associe aujourd'hui au butin de pirate vient de là, y compris la croyance qu'une cache attend son inventeur.

Le fonctionnement réel du partage était l'inverse d'une thésaurisation. On répartissait le butin sur place, chacun repartait avec sa part, et cette part se convertissait vite : receleurs, marchands complaisants, tavernes et logeurs des ports où l'on ne posait pas de questions. Un pirate riche en pièces d'or étrangères avait surtout besoin d'un intermédiaire pour les écouler.

Cinq réflexes pour évaluer une annonce de trésor

  1. La nature du document: original daté, copie tardive, transcription du XIXe siècle, ou récit publié après coup ? Rien qu'avec ça, la moitié des annonces tombent.
  2. La provenance: où la pièce est-elle conservée, sous quelle cote, qui l'a trouvée et dans quel fonds. Une pièce sans lieu de conservation n'est pas exploitable.
  3. La chaîne des mentions: remonter qui cite qui. Beaucoup de « sources » sur les trésors renvoient toutes au même auteur du XVIIIe siècle.
  4. La fouille et sa publication: rapport de fouille, inventaire d'objets, dépôt dans un musée. Sans cela, une campagne de recherche ne prouve rien.
  5. L'intérêt de celui qui annonce: un livre à sortir, un documentaire, une levée de fonds, un objet à vendre. Cela n'invalide pas la découverte, mais cela explique le calendrier.

Appliqué au cas Every, ce filtre donne un résultat net : les chiffres de la prise et la chasse à l'homme passent, la cache ne passe pas. Côté fiction, l'usage est légitime tant qu'il est nommé comme tel. Dans Uncharted 4 : A Thief's End, sorti en 2016, Henry Avery est au cœur de l'intrigue avec la colonie pirate de Libertalia : c'est une inspiration soignée, mais le jeu ne sert pas de source historique.

Quatre trésors de pirates dits « perdus » : ce que disent les sources

Comparer aide à situer le cas Every. Sur quatre grandes affaires de la période, deux ont donné des épaves fouillées et publiées, une n'a jamais rien donné, et une repose sur un document plutôt que sur un site.

Trésor Date de la prise Composition annoncée État des recherches
Henry Every / Ganj-i-Sawai Septembre 1695 Roupies d'or et d'argent, lingots, joyaux moghols Aucune cache localisée ; lettre codée de 1700 publiée en 2024, suggérant un butin converti contre une grâce
Olivier Levasseur, dit La Buse / Nossa Senhora do Cabo Avril 1721 Objets liturgiques, diamants, métal précieux Jamais retrouvé ; cryptogramme attribué à La Buse non résolu de façon vérifiée ; fouilles à La Réunion et aux Seychelles sans résultat publié
William Kidd 1698 (Quedagh Merchant) Textiles, or, argent Dépôt partiel saisi à Gardiners Island en 1699 ; épave du Quedagh Merchant identifiée en 2007 au large de la République dominicaine
Barbe Noire (Edward Teach) 1717-1718 Marchandises, sucre, cacao, quelques valeurs Pas de trésor ; épave attribuée au Queen Anne's Revenge fouillée depuis 1996 en Caroline du Nord, objets déposés en musée
Le repère Quand une affaire de trésor ne présente ni site fouillé ni document coté, elle repose sur un récit. Ce n'est pas une raison de l'écarter, mais il faut alors la raconter au conditionnel.

Ranger et transmettre : ce qu'on mettait vraiment dans un coffre de bord

Le contenu le plus fréquent d'un coffre de bord, ce n'était pas un monceau de doublons. C'étaient des papiers : cartes, livres de bord, connaissements, lettres de marque, lettres de grâce, plus quelques affaires personnelles. Dans l'affaire Every, les documents ont pesé aussi lourd que le métal.

Un petit coffre de bord ouvert, cerclé de ferrures, contenant des rouleaux de parchemin et une cordelette tressée, posé sur un bureau en bois sombre avec cartes et quelques pièces.
Un petit coffre de bord ouvert, cerclé de ferrures, contenant des rouleaux de parchemin et une cordelette tressée, posé sur un bureau en bois sombre avec cartes et quelques pièces.

D'où le format. Un contenant fermé, d'une trentaine de centimètres de longueur utile, avec une poignée sur le dessus et un loquet qu'on manœuvre d'une main, se transporte, se pose et se rouvre vingt fois par jour. Il garde des choses à portée de main, il ne les met pas en sécurité.

C'est le rôle qu'un objet de ce genre peut tenir aujourd'hui chez toi, pour des papiers pliés, des pièces de collection, des photos ou un carnet. Ma question habituelle devant un contenant de cette taille est simple : ça se met où, et ça sert à quoi. Longueur utile, prise du couvercle, tenue du fermoir entre deux doigts.

Ce modèle ne conviendra pas si tu cherches un volume de rangement pour des jouets ou des livres : à 24 cm de long, il se remplit vite. Le verrou facilite l'ouverture et la fermeture, il ne protège rien de sérieux, et il n'a pas à le faire. Pour un coffre au pied d'un lit d'enfant ou un contenant de jeu qu'on remplit de déguisements, il faut viser franchement plus grand dans les coffres pirate de la boutique.

Entretien : un chiffon sec sur le bois, pas de produit gras sur les motifs imprimés, et une place à l'abri de l'humidité comme du plein soleil, qui ternit le cuir et fait pâlir les impressions. Un objet posé sur un rebord de fenêtre exposé sud vieillit visiblement en quelques saisons.

Faire vivre l'histoire d'Every chez soi ou avec des enfants

Le parcours réel d'Every est un meilleur scénario de chasse au trésor que n'importe quelle île inventée : mer Rouge, Bourbon, New Providence, Irlande. Quatre étapes, quatre indices, une progression géographique que les enfants suivent sur une carte.

Dans les chasses au trésor que j'organise pour l'anniversaire de ma nièce et de ses cousins, ce qui fonctionne le mieux est la contrainte : un indice glissé dans le coffre, une carte pliée à la taille du contenant, et une étape qui demande de compter des pas ou de trouver une direction plutôt que de lire une réponse. Un enfant de six ans se lasse d'un texte, pas d'une mesure à prendre.

  • Étape mer Rouge: l'indice de départ, avec la date de septembre 1695 à retrouver quelque part.
  • Étape Bourbon: une partie de l'équipage débarque, donc une partie du groupe se sépare pour chercher ailleurs.
  • Étape New Providence: il faut échanger quelque chose contre le passage, un objet à donner à l'adulte qui joue le gouverneur.
  • Étape finale: le coffre, avec la part de chacun.

Pour l'équipement, l'ordre que je conseille reste le même : le chapeau d'abord, la chemise ensuite, la ceinture, et les accessoires en dernier. Les déguisements pirate par âge couvrent l'essentiel, et pour les plus jeunes il vaut mieux rester sur du sabre en mousse ou gonflable, qui ne se porte pas hors de la maison ou du jardin.

Côté décoration adulte, la place au sol décide. Un coffre et un pavillon au mur tiennent dans n'importe quel bureau ; une maquette ou un grand set de bateau pirate en briques demande une étagère profonde et une surface dégagée, à mesurer avant de commander. Un set de plus de mille pièces monté occupe facilement un demi-mètre de long.

Dernier point, celui que je tiens à dire aux enfants comme aux adultes : la piraterie dont on parle ici est celle des années 1650-1730, elle se raconte au passé, et le témoignage de Khafi Khan rappelle ce qu'elle a coûté aux passagers d'un navire de pèlerinage. La piraterie maritime actuelle est un délit, pas un jeu.

Les questions qui reviennent

Quel était le trésor d'Henry Avery ?

Le produit de la prise du Ganj-i-Sawai en septembre 1695 : roupies d'or et d'argent, lingots, joyaux et objets appartenant à l'entourage de l'empereur moghol Aurangzeb. Les estimations d'époque, en livres sterling, se comptent en centaines de milliers, avec des écarts importants selon les sources. La part reçue par chaque pirate est citée autour de mille livres dans les pièces du procès de 1696, soit plusieurs dizaines d'années de solde pour un matelot.

Quelle est la citation célèbre d'Henry Avery ?

La phrase la plus citée vient d'une lettre qu'il a laissée en février 1695 à Johanna, dans l'archipel des Comores, adressée aux commandants anglais de passage. Il y assure ne pas avoir attaqué de navires anglais ni hollandais et ne pas avoir l'intention de le faire, tout en annonçant qu'il navigue sur le Fancy, ancien Charles parti de La Corogne en mai 1694. Les répliques flamboyantes qu'on lui prête ailleurs viennent des brochures du XVIIIe siècle ou de la fiction, pas des archives.

Est-ce que le trésor de La Buse a été retrouvé ?

Non. Olivier Levasseur, dit La Buse, a bien participé à la prise du Nossa Senhora do Cabo en avril 1721, l'une des plus riches de la période. Mais aucune cache ne lui a jamais été attribuée avec preuve, le cryptogramme qui circule sous son nom n'a pas de solution vérifiée, et les fouilles menées à La Réunion comme aux Seychelles n'ont donné aucun résultat publié.

Quelle est l'histoire d'Henry Avery ?

Un marin anglais né vers 1659 dans le Devon, second à bord du Charles II, qui prend la tête d'une mutinerie à La Corogne en mai 1694, rebaptise le navire Fancy, rejoint la mer Rouge, capture le Ganj-i-Sawai en septembre 1695, déclenche une crise entre l'Angleterre et l'Empire moghol, puis disparaît après un passage aux Bahamas. Six de ses hommes sont pendus à Londres en 1696 ; lui n'est jamais jugé.

Le trésor d'Henry Every a-t-il été retrouvé aujourd'hui ?

Aucune cache, aucune épave ni aucun dépôt attribuable à Every n'a été localisé. La lettre codée de 1700 publiée en 2024 par Sean Kingsley et Rex Cowan oriente vers une autre explication : un butin partiellement échangé contre une grâce royale, donc converti et dispersé plutôt qu'enfoui. Cette hypothèse reste une interprétation de ses auteurs, appuyée sur un document et non sur une comptabilité.

Henry Every est-il le pirate d'Uncharted 4 ?

Oui, il y figure sous le nom d'Avery, avec son trésor et la colonie de Libertalia comme moteur de l'intrigue du jeu sorti en 2016. Le personnage historique et le personnage du jeu partagent un nom et une prise fameuse, rien de plus : la fin inventée par le scénario n'a pas de contrepartie dans les archives.

Comment entretenir un coffre en bois de ce format ?

Un dépoussiérage au chiffon sec suffit sur le bois et sur les impressions. Les bandes de cuir supportent mal l'humidité prolongée et le plein soleil, qui les dessèchent et les ternissent, donc mieux vaut éviter salle de bain et rebord de fenêtre exposé. Pour des documents conservés à l'intérieur, un contenant en bois n'est pas étanche : il garde et transporte, il ne protège pas de l'eau.

Si tu cherches un contenant pour une chasse au trésor, un rangement de bureau ou une pièce de décoration, la Page des coffres pirate indique les dimensions modèle par modèle, ce qui reste le premier critère à comparer.

« Je n'ai jamais fait de tort à aucun Anglais ni à aucun Hollandais, et je n'en ai pas l'intention tant que je serai commandant. » Henry Every, lettre laissée à Johanna, février 1695.