Le Satisfaction : Le navire amiral du capitaine Morgan

Le Satisfaction : Le navire amiral du capitaine Morgan

Avant de s'appeler Satisfaction, ce navire battait pavillon français sous le nom de Cerf Volant. Saisi dans les Caraïbes à la fin des années 1660, condamné comme prise devant la cour de Port Royal, il est rebaptisé et devient le navire amiral du capitaine Henry Morgan.

Il ne finit pas dans une bataille navale. En janvier 1671, il talonne et se brise sur un récif à l'embouchure du Chagres, sur la côte caraïbe de l'isthme de Panama, avec plusieurs autres bâtiments de la flotte.

Maquette de trois-mâts à coque noire et voiles de toile écrue, posée sur une table en bois brut à côté d'une longue-vue et d'un cordage.
Maquette de trois-mâts à coque noire et voiles de toile écrue, posée sur une table en bois brut à côté d'une longue-vue et d'un cordage.

Ce qui suit sépare trois choses : ce que les sources permettent d'affirmer, ce qu'elles ne permettent pas (tonnage, artillerie, attribution des épaves retrouvées), et la manière dont un trois-mâts de cette époque se reconnaît quand on le regarde sur une maquette posée sur une étagère.

En bref
  • Le Satisfaction était le navire amiral d'Henry Morgan, corsaire gallois opérant depuis la Jamaïque avec une commission anglaise, et non un pirate hors-la-loi au sens strict.
  • Le navire est à l'origine un bâtiment français, le Cerf Volant, saisi puis rebaptisé après condamnation comme prise à Port Royal.
  • Il conduit la flotte de Morgan vers l'isthme de Panama en 1670-1671 et sert à l'opération contre le fort San Lorenzo, à l'embouchure du Chagres.
  • Il se perd sur le récif de Lajas en janvier 1671, avec plusieurs autres navires : la cause est une erreur d'approche et non un affrontement.
  • Des fouilles sous-marines menées près du Chagres depuis 2008 ont livré canons, éléments de coque et coffres ; l'attribution formelle au Satisfaction reste discutée.
  • Tonnage, voilure et nombre exact de canons ne sont pas établis : les chiffres qui circulent sont des estimations.

Fiche d'identité du Satisfaction : ce que l'on sait vraiment

Le noyau vérifiable est court. Un navire d'origine française, actif dans les Caraïbes à la toute fin des années 1660, devenu navire amiral d'Henry Morgan pour l'expédition de l'isthme de Panama, perdu en janvier 1671 à l'entrée du Chagres. Tout le reste demande des précautions.

  • Nom et période: Satisfaction à partir de sa condamnation comme prise, jusqu'en janvier 1671.
  • Zone d'opération: Caraïbes occidentales, base à Port Royal en Jamaïque, opérations vers la côte de l'isthme.
  • Statut: bâtiment de course armé et équipé sous commission anglaise, tête d'une flotte composite.
  • Type: navire de commerce armé, gréé à trois mâts, converti pour la course.

Ce que les sources ne donnent pas : longueur, tonnage, nombre de canons, effectif embarqué. Les récits contemporains parlent des expéditions et des hommes, très peu des dimensions des coques. Quand un site avance « 22 canons » ou « 120 tonneaux » pour ce navire précis, le chiffre vient d'une reconstitution, pas d'un document connu.

S'ajoute une source de confusion : plusieurs bâtiments anglais du XVIIe siècle ont porté le nom de Satisfaction, y compris dans la marine d'État. Deux récits qui semblent se contredire parlent parfois de deux navires différents.

Henry Morgan, corsaire avant tout : ce que change une lettre de course

Morgan agissait avec une commission délivrée par le gouverneur de la Jamaïque, Thomas Modyford. Ce papier fait toute la différence de statut : il autorise l'attaque des biens espagnols au nom de la Couronne, il permet de faire condamner les prises devant une cour, et il ouvre l'accès à des navires plus gros que ceux d'un équipage indépendant.

Les quatre mots que l'on mélange en permanence ne désignent pas la même chose. Le corsaire navigue avec une commission d'un État en guerre. Le flibustier désigne, dans les Caraïbes du XVIIe siècle, ces équipages mêlés qui opéraient depuis la Tortue et la Jamaïque, tantôt commissionnés, tantôt non. Le boucanier vient de la terre : chasseurs d'Hispaniola qui fumaient la viande sur un boucan avant de se tourner vers la mer. Le pirate, lui, n'a de papier d'aucune sorte et relève de la justice de n'importe quel pavillon.

La suite de la carrière de Morgan éclaire mieux son statut que n'importe quel drapeau. Après le sac de Panama, il est arrêté et renvoyé en Angleterre en 1672, parce que l'attaque tombe après la signature du traité de Madrid entre l'Angleterre et l'Espagne. Deux ans plus tard, il est fait chevalier et nommé lieutenant-gouverneur de la Jamaïque. Aucun pirate ordinaire ne suit ce chemin. Sur la bascule inverse, celle d'un homme parti chasser les pirates avec une commission et pendu comme pirate, j'ai écrit un article sur William Kidd, qui se voit bien à côté de celui-ci.

Reste la question des sources. Alexandre Olivier Exquemelin, ancien membre de ces équipages, publie en 1678 De Americaensche Zee-Roovers, qui reste la source narrative la plus utilisée sur Morgan. Elle est précieuse et partisane : les traductions anglaises ont valu à leurs éditeurs un procès en diffamation intenté par Morgan lui-même, qui contestait notamment d'y être présenté comme un pirate.

D'où ça vient Une prise ne devient utilisable qu'après jugement. Le navire saisi est amené dans un port, une cour de vice-amirauté examine les papiers de bord et la validité de la commission du capteur, puis condamne la prise, c'est-à-dire transfère la propriété. C'est ce mécanisme, appliqué à Port Royal, qui transforme un navire français en navire amiral anglais.

Du Cerf Volant au Satisfaction : l'histoire d'une prise renommée

Le Cerf Volant était un navire français croisant dans les mêmes eaux que les équipages de la Jamaïque. Il est saisi à la fin des années 1660, conduit à Port Royal, condamné comme prise, puis rebaptisé Satisfaction. Morgan en fait son bâtiment de commandement.

Rebaptiser un navire pris ne se limite pas à un nouveau nom prononcé sur le quai. On repeint le tableau arrière, on change le pavillon, on inscrit le bâtiment sous son nouveau nom dans les rôles du port, et l'équipage n'est plus le même. Pour un commandant de flotte, l'opération a aussi une valeur d'affichage : le navire de tête de l'expédition suivante est un ancien adversaire.

Convertir un marchand pour la course demande des travaux concrets : percer ou renforcer des sabords, embarquer des pièces d'artillerie souvent dépareillées, dégager des ponts encombrés par la cale de commerce, loger un équipage bien plus nombreux qu'un équipage de fret. Une coque de commerce accepte mal ce traitement : elle porte du poids haut, elle gagne du monde et perd de la manœuvrabilité.

Sabords percés dans la coque bleue, cordages et pièces de laiton posés sur l'établi près d'une carte marine.
Sabords percés dans la coque bleue, cordages et pièces de laiton posés sur l'établi près d'une carte marine.

Un point à ne pas confondre : avant le Satisfaction, Morgan avait pour navire amiral le HMS Oxford, une frégate anglaise mise à sa disposition. En janvier 1669, pendant un conseil de guerre tenu à bord à l'Île à Vache, la soute à poudre explose. Le navire est détruit, une grande partie des officiers périt, Morgan survit. Les deux navires amiraux se suivent à deux ans d'intervalle, et beaucoup de récits en ligne les mélangent.

Sur la forme, retenons un repère simple, valable bien au-delà de ce cas : un trois-mâts se reconnaît d'abord au nombre de mâts et à la forme de la coque, avant tout détail de gréement. C'est ce qui permet de dire, devant les modèles réduits d'une collection de bateaux Pirates des Caraïbes, si l'on regarde un gros galion de guerre ou un bâtiment court et pincé, du genre de ceux qu'on armait pour la course.

Sur ce point, Définitions : satisfaction - Dictionnaire de français ... (larousse.fr) donne des repères vérifiables.

Portobelo, Maracaibo, Panama : le rôle du navire dans les expéditions

Dans les campagnes de Morgan, la mer sert au transport, au blocus et à la retraite. L'assaut, lui, se donne presque toujours à terre. Comprendre ça évite d'imaginer des duels de bordées qui n'ont pas eu lieu.

À Portobelo, en 1668, les hommes débarquent à distance de la ville et approchent par la côte, de nuit, en petites embarcations. À Maracaibo, en 1669, le problème est l'inverse : une fois le lac pillé, il faut ressortir par une passe étroite tenue par des navires espagnols, et c'est un brûlot lancé sur le bâtiment le plus fort qui ouvre le chemin. Dans les deux cas, la flotte compte pour ce qu'elle porte et pour l'endroit où elle mouille.

L'expédition de 1670-1671 change d'échelle : une trentaine de navires rassemblés et plus d'un millier d'hommes, réunis à l'Île à Vache puis dirigés sur l'isthme. Le Satisfaction y tient la place de navire amiral, c'est-à-dire le bâtiment sur lequel se tient le conseil, celui dont les autres surveillent les signaux et dont ils règlent leur allure dans l'ordre de marche.

La première cible est le fort San Lorenzo el Real, qui verrouille l'embouchure du Chagres, la rivière par laquelle on remonte vers l'intérieur. Un détachement envoyé en avant, commandé par Joseph Bradley, l'enlève au prix de pertes lourdes. Morgan arrive ensuite avec le gros de la flotte, et c'est en approchant de cette entrée que se produit l'accident.

Les navires amiraux d'Henry Morgan et leurs campagnes

Navire Origine Période Campagne principale Fin connue
HMS Oxford Frégate anglaise mise à disposition depuis la Jamaïque 1669 Rassemblement avant Maracaibo Détruit par l'explosion accidentelle de sa soute à poudre
Satisfaction Navire français Cerf Volant, saisi puis condamné comme prise vers 1669 - janvier 1671 Expédition de l'isthme de Panama, opération contre le fort San Lorenzo Perdu sur le récif de Lajas, embouchure du Chagres
Navires d'escorte de la flotte de 1670-1671 Prises et bâtiments marchands armés des Caraïbes 1670-1671 Transport des hommes vers le Chagres Plusieurs perdus sur le même récif, selon les récits

Naufrage sur le récif de Lajas, janvier 1671

L'embouchure du Chagres est un piège classique de côte tropicale : une rivière qui débouche dans la houle, une barre de sable mobile, des têtes de corail peu profondes de part et d'autre de la passe. Aucun relevé fiable n'existait, et l'approche se faisait à la sonde, au repérage d'amers et à l'expérience des pilotes.

Le Satisfaction talonne sur le récif de Lajas et s'y brise. Plusieurs autres bâtiments de la flotte, engagés dans le même chenal, subissent le même sort selon les récits, dont celui d'Exquemelin. Personne ne tire un coup de canon : le navire amiral d'une expédition de plus de mille hommes est perdu par la géographie.

Ce que perd une flotte dans un naufrage d'entrée de rivière est très concret. Des vivres, d'abord, entassés en cale et gâtés en quelques heures. De l'artillerie, difficile à relever par petits fonds agités. Des chaloupes et des canots, qui sont exactement l'outil dont on a besoin pour remonter une rivière. Le reste, poudre et armes légères, se sauve quand les hommes s'en sortent.

L'expédition continue malgré tout, parce que la suite ne se joue plus à la voile. Morgan remonte le Chagres en embarcations, puis traverse l'isthme à pied avec ses hommes, marche épuisante et affamée que les récits décrivent longuement. Panama est prise et incendiée fin janvier 1671. Au retour, la nouvelle du traité de Madrid rattrape tout le monde : Modyford est rappelé, Morgan est arrêté, puis réhabilité et anobli.

Archéologie sous-marine du Chagres : lire une épave sans surinterpréter

Depuis 2008, des campagnes de recherche sous-marine ont été menées dans la zone du récif de Lajas, à l'embouchure du Chagres, sous la direction de l'archéologue Fritz Hanselmann, alors rattaché à la Texas State University, en coopération avec les autorités panaméennes. Les plongées ont livré des canons en fer concrétionnés, des éléments de coque en bois et des caisses et coffres remontés lors de campagnes ultérieures.

Ces trouvailles sont datées du XVIIe siècle et se situent au bon endroit. Cela ne suffit pas à écrire « on a retrouvé le Satisfaction ». Attribuer une épave à un navire nommé demande une convergence : datation du bois, typologie et marques des pièces d'artillerie, nature du lest et de la cargaison, correspondance avec des archives de prises ou d'armement. Quand plusieurs bâtiments se sont perdus au même endroit le même mois, la difficulté est encore plus grande.

Les titres de presse vont plus vite que les rapports de fouille. « L'épave du navire de Morgan » est une formule de journal ; « épave du XVIIe siècle compatible avec la flotte de 1671 » est ce que dit le matériel. Les deux ne se valent pas.

Quelques réflexes utiles quand une découverte est annoncée :

  1. Regarder la date du rapport, pas celle de l'article qui en parle, et voir si une publication scientifique a suivi la conférence de presse.
  2. Chercher le mot employé par l'archéologue: « compatible avec », « probablement », « identifié ». Ces trois formules n'ont pas la même valeur.
  3. Vérifier combien de navires ont sombré au même endroit: sur le Chagres, les récits en donnent plusieurs pour janvier 1671.
  4. Regarder ce qui a été daté et comment: bois de coque, concrétions, objets de cargaison ne donnent pas la même précision.
  5. Noter qui finance et qui communique: les campagnes du Chagres ont été soutenues par un sponsor privé, ce qui n'invalide rien mais explique l'emballement des titres.

Trois mots reviennent dans les rapports et méritent d'être connus. La concrétion est la gangue de corail, de sable et d'oxydes qui enveloppe un objet en fer immergé, et qui conserve parfois sa forme mieux que le métal lui-même. Le lest est la masse de pierres ou de gravier placée en fond de cale, souvent le premier indice qu'on repère sur un fond plat. La membrure désigne les couples de bois qui forment le squelette de la coque, et son espacement renseigne sur la construction.

Une épave de navire de course, quand elle est bien lue, montre en général les traces de sa conversion : artillerie hétérogène, sabords ajoutés, chargement mixte de vivres et de butin plutôt que cargaison unique de commerce.

Reconnaître un trois-mâts de la fin du XVIIe siècle sur une maquette

Les repères visuels tiennent en quatre points : trois mâts, une coque courte et pincée à l'avant, une poupe travaillée avec ses galeries, un beaupré long et fortement incliné. Un galion de guerre du siècle précédent, lui, montre des châteaux plus hauts et une silhouette plus lourde.

Une maquette de vitrine simplifie toujours. Les drisses et les haubans sont réduits à quelques fils, les canons sont des reliefs moulés, les manœuvres courantes n'existent pas. C'est normal et ce n'est pas un défaut : un modèle décoratif restitue la silhouette, sans reproduire le fonctionnement du gréement.

En 2016, aux fêtes maritimes de Brest, j'ai passé quatre jours à noter des noms de bateaux dans un carnet et à regarder des mâts bouger. C'est là qu'on mesure l'écart : sur l'eau, un gréement travaille, il vibre, il grince, les drisses claquent. Sur une étagère, ce qui reste, c'est la ligne générale et la proportion des mâts. Autant choisir un modèle qui rende bien cette ligne.

Deux critères comptent davantage que le nombre de détails. L'encombrement réel d'abord : un modèle compact tient sur une étagère de bibliothèque, un grand trois-mâts demande un plateau dédié et de la marge au-dessus des mâts. La matière et l'âge conseillé ensuite : un modèle en plastique solide annoncé à partir de 6 ans est fait pour être exposé et regardé, pas embarqué dans une baignoire ni manipulé quotidiennement.

Deux maquettes de trois-mâts à coque noire, voiles écrues, posées sur leurs socles près d'une fenêtre.
Deux maquettes de trois-mâts à coque noire, voiles écrues, posées sur leurs socles près d'une fenêtre.

Si l'intention est d'illustrer chez soi un navire de course de l'époque de Morgan, un modèle sombre à trois mâts, court, gréé fin, correspond mieux à l'idée qu'un gros galion doré.

Ce modèle ne conviendra pas à qui cherche à monter quelque chose : il n'y a rien à assembler, aucun plaisir de construction. Pour un enfant qui veut jouer, avec un équipage et un canon, un set de construction est plus adapté ; pour un amateur de modélisme qui veut des haubans gréés fil par fil et une coque à bordés, il faut se tourner vers une maquette d'assemblage en bois, avec les heures de travail que cela suppose.

Un geste simple La poussière s'accroche aux fils du gréement et ne part pas au chiffon, qui accroche et déforme. Un pinceau doux et sec, du haut des mâts vers la coque, suffit ; une poire à air pour objectif photo fait aussi bien. Éviter les produits et l'eau, qui laissent des traces sur les surfaces sombres.

Prolonger le sujet : sources, navires voisins et coin marine

Pour lire sérieusement cette histoire, le point de départ reste Exquemelin, de préférence dans une édition annotée qui signale ses exagérations. Le texte anglais est accessible librement en ligne, notamment sur Project Gutenberg. À côté, les travaux universitaires sur la course dans les Caraïbes et les rapports de fouille du Chagres donnent le contrepoids documentaire qui manque au récit d'origine.

Si le sujet des navires t'intéresse plus que celui des capitaines, les bâtiments à regarder ensuite ne sont pas les gros trois-mâts. Le sloop, la goélette et le brigantin tirent peu d'eau, se faufilent dans les hauts-fonds et se manœuvrent avec peu de monde : ce sont eux qui font le quotidien de la course, quand un navire amiral sert surtout à porter un commandement et une réputation. Le reste du fonds navires du blog et les bateaux pirate de la boutique se voient bien avec ce filtre en tête.

Pour composer un coin marine cohérent chez soi, trois éléments suffisent et se répartissent facilement : un modèle réduit sur une étagère, un pavillon au mur au-dessus, et un coffre pirate au sol ou sur une commode pour ranger cartes, carnets et petits objets. L'ensemble se tient si les échelles sont cohérentes, c'est-à-dire si le modèle ne disparaît pas sous un grand drapeau.

Une dernière précaution, de vocabulaire cette fois. Aucun objet vendu aujourd'hui n'est une « réplique historique » du Satisfaction, pour une raison simple : on ne connaît ni son plan, ni ses dimensions, ni son artillerie. Un modèle réduit évoque un type de navire, il ne reproduit pas un bâtiment identifié. Et si tu veux comparer les silhouettes avant de choisir, la collection de bateaux Pirates des Caraïbes reste l'endroit où les modèles sont rassemblés par format.

Questions fréquentes

C'est quoi le Satisfaction, et pourquoi ce nom revient-il aussi pour le mot « satisfaction » ?

Le Satisfaction est le navire amiral d'Henry Morgan entre 1669 et janvier 1671, un ancien navire français rebaptisé après avoir été pris. Le mot lui-même, en français comme en anglais, désigne le contentement obtenu quand une attente est remplie, et il servait aussi à l'époque au sens de réparation d'un tort. Les moteurs de recherche mélangent les deux sujets, mais il n'y a aucun lien entre le navire et le vocabulaire de la relation client.

Le Satisfaction était-il un navire pirate ou un navire corsaire ?

Un navire corsaire. Morgan opérait sous commission délivrée par le gouverneur de la Jamaïque, ce qui rendait ses prises jugeables devant une cour et légalement transférables. Les Espagnols le considéraient évidemment comme un pirate, et l'attaque de Panama, menée après le traité de Madrid, lui a valu une arrestation. Le statut juridique et la réputation ne se recouvrent pas toujours.

Comment le Satisfaction a-t-il coulé ?

Il s'est brisé sur le récif de Lajas, à l'embouchure de la rivière Chagres, en janvier 1671, en approchant de la côte de l'isthme de Panama. Aucun combat n'est en cause : la passe était mal connue, sans relevés fiables, bordée de têtes de corail. Plusieurs autres navires de la flotte se sont perdus au même endroit selon les récits contemporains.

A-t-on retrouvé l'épave du Satisfaction ?

Des campagnes menées depuis 2008 près du récif de Lajas ont remonté des canons concrétionnés, des éléments de coque du XVIIe siècle et des coffres. Le matériel est cohérent avec la flotte de 1671, mais aucune identification formelle du Satisfaction n'a été établie. Comme plusieurs bâtiments ont sombré dans la même zone, distinguer l'un de l'autre demanderait des indices matériels que les fouilles n'ont pas livrés à ce jour.

Quel type de navire était le Satisfaction : galion, frégate ou trois-mâts marchand armé ?

Un trois-mâts de commerce armé pour la course, ce qui était courant dans les Caraïbes de cette période. Le terme « galion » renvoie à un type espagnol plus ancien et plus lourd, et « frégate » désignait alors un bâtiment de guerre construit comme tel, comme l'était le HMS Oxford. Le Satisfaction n'entre dans aucune de ces deux catégories.

Quelle maquette choisir pour représenter un navire de l'époque de Morgan chez soi ?

Un trois-mâts sombre, de coque courte, plutôt qu'un grand galion doré : la silhouette sera plus proche des bâtiments armés pour la course. Mesure l'emplacement avant de choisir, hauteur comprise, car les mâts prennent souvent autant de place que la longueur de coque. Pour l'entretien, prévois un pinceau sec, et garde la pièce hors d'une zone de passage où les manches de vêtements accrochent le gréement.

Quand une page annonce le tonnage exact ou le nombre de canons du Satisfaction, cherche d'où sort le chiffre : dans les archives connues, il n'y est pas.