Le Fancy : Navire du pirate Henry Every

Le Fancy : Navire du pirate Henry Every

En mai 1694, le Charles II mouille depuis des mois devant La Corogne. La solde n'arrive pas, l'expédition ne part pas, et une nuit une partie de l'équipage s'empare du navire. Le second, Henry Every, est élu capitaine par les hommes. Le navire est rebaptisé Fancy.

Quinze mois plus tard, ce même navire du pirate Henry Every prend le Ganj-i-Sawai, bâtiment du Grand Moghol Aurangzeb, et déclenche une traque internationale.

Maquette d'un trois-mâts carré à coque noire, voiles brunes, posée sur une carte marine près d'une fenêtre donnant sur le port.
Maquette d'un trois-mâts carré à coque noire, voiles brunes, posée sur une carte marine près d'une fenêtre donnant sur le port.

Cet article donne ce que les archives établissent sur ce navire, ce qui reste discuté d'une source à l'autre (tonnage, nombre de canons, montant du butin), et pourquoi sa vitesse explique mieux sa carrière que son artillerie. Avec, au passage, une façon simple de reconnaître sa silhouette sur une gravure comme sur une maquette.

À retenir
  • Le Fancy s'appelait d'abord Charles II: un navire marchand armé pour une expédition corsaire anglo-espagnole, devenu navire pirate après la mutinerie de mai 1694.
  • Every le fait alléger et abaisser pour gagner en vitesse. C'est son principal atout, avant son artillerie (une quarantaine de canons selon les sources).
  • Septembre 1695 : avec une petite flottille, le Fancy capture le Ganj-i-Sawai, navire du Grand Moghol Aurangzeb, dans les approches du détroit de Bab-el-Mandeb.
  • La prise entraîne une chasse à l'homme d'ampleur inédite : prime de la Compagnie anglaise des Indes orientales, six hommes pendus à Londres en 1696, Every jamais retrouvé.
  • Le navire finit aux Bahamas, cédé au gouverneur Nicholas Trott contre la protection de l'équipage. Aucune épave ne lui a été attribuée à ce jour.
  • Pour l'évoquer chez soi, la silhouette la plus juste est celle d'un trois-mâts sombre aux lignes courtes, pas celle d'un galion à hauts châteaux.

Qu'est-ce que le Fancy, exactement ?

Un navire de commerce anglais armé en corsaire, passé aux mains de son équipage en 1694 et rebaptisé par lui. Avant cette date il s'appelait Charles II, du nom du roi d'Espagne alors sur le trône, et il avait été armé dans le cadre de la Spanish Expedition Shipping, une entreprise privée qui devait aller opérer contre les Français dans les Antilles espagnoles.

Pour identifier un navire de ce type, on commence par compter les mâts, puis on regarde la hauteur des châteaux avant et arrière. Ces deux indices renseignent bien mieux que la taille apparente d'une coque sur une gravure. Le Fancy est un trois-mâts, gréé carré, de dimensions moyennes pour l'époque : les récits parlent d'un navire de 46 canons et de plus de cent hommes d'équipage après la mutinerie, mais le tonnage varie d'une source à l'autre.

Deux maquettes de voiliers en bois sur socle, voiles de toile et gréement fin, posées sur un plateau usé.
Deux maquettes de voiliers en bois sur socle, voiles de toile et gréement fin, posées sur un plateau usé.

Ce qui est solide vient des minutes du procès de 1696 à Londres, des correspondances de la Compagnie anglaise des Indes orientales et des chroniques indiennes. Ce qui est fragile vient des récits imprimés du XVIIIe siècle, à commencer par la General History of the Pyrates publiée en 1724 sous le nom de capitaine Charles Johnson, qui romance beaucoup. Et il faut ranger à part la fiction moderne, jeux vidéo compris, qui a repris le personnage pour en faire autre chose. Trois styles, trois niveaux de fiabilité, et il vaut mieux les tenir séparés quand on cherche à savoir à quoi ce bateau ressemblait.

Sur ce point, Colloque : Fancy‒Fantaisie‒Capriccio : Diversions and ... (grham.hypotheses.org) donne des repères vérifiables.

Sur ce point, Traduction : fancy - Dictionnaire anglais-français ... (larousse.fr) donne des repères vérifiables.

Un peu de contexte Dans les années 1690, la limite entre course et piraterie est administrative avant d'être morale : une lettre de marque autorise à attaquer les navires d'une nation ennemie, au profit d'armateurs identifiés. Sans ce papier, la même action devient un crime jugé par une cour d'amirauté. Le Charles II avait un armement légal ; le Fancy n'en avait plus aucun.

Pourquoi le Charles II a-t-il changé de nom et de camp ?

Parce que les hommes n'étaient pas payés. L'expédition, retardée par des problèmes d'autorisations et d'argent, reste bloquée à La Corogne pendant des mois. Les salaires n'arrivent pas, les vivres s'épuisent, et le 7 mai 1694 une partie de l'équipage prend le navire pendant que le capitaine Gibson, malade, est à bord.

Every était second. Il est élu capitaine, ce qui est la pratique courante chez les flibustiers de cette période : le capitaine est choisi par les hommes et peut être démis par eux. Gibson se voit proposer de rester au commandement s'il rejoint l'entreprise. Il refuse. On le débarque avec ceux qui ne veulent pas suivre, et le navire quitte la baie de nuit.

Le changement de nom vient tout de suite. Ce n'est pas seulement un pavillon qu'on amène pour en hisser un autre : le navire est effacé des registres sous son ancien nom et sort de toute filiation légale. Un Charles II pouvait être réclamé par ses armateurs ; le Fancy n'appartenait plus qu'à son équipage.

Qu'est-ce qui rendait le Fancy si rapide ?

Un chantier, pas un secret de construction. Les récits rapportent qu'Every fit raser les superstructures du navire et abaisser les châteaux, en plus d'un nettoyage de carène. Moins de fardage dans le vent, moins de poids dans les hauts, une coque plus propre : le gain se compte en fractions de nœud, et ces fractions décident d'une poursuite.

Sur un trois-mâts gréé carré, cette transformation change surtout deux choses. Le navire prend moins le vent de travers sur ses œuvres mortes, donc il dérive moins et il gîte moins sous une forte toile. Et il porte sa voilure plus longtemps avant qu'on doive réduire, ce qui compte quand il s'agit de courir grand largue pendant plusieurs heures. Sur le misainier où je suis équipier bénévole dans la rade de Lorient, la différence entre une coque grattée et une coque sale se sent dès la sortie du chenal, à voilure égale.

Proue et beaupré d'une maquette de voilier à coque noire, posée sur une carte marine avec compas en laiton.
Proue et beaupré d'une maquette de voilier à coque noire, posée sur une carte marine avec compas en laiton.

Le prix à payer est connu : moins de logements, moins d'abri sur le pont, un navire inconfortable et plus mouillé. Un équipage pirate l'acceptait parce qu'il vivait de la chasse et devait pouvoir décrocher devant un bâtiment de guerre. Un armateur marchand, non.

Sur une gravure, cette silhouette se repère à un détail : la ligne de pont reste presque droite de l'avant à l'arrière, sans le gros bloc de château arrière qu'on voit sur les galions. Sur une maquette, c'est le même repère. Trois mâts, une coque courte et fine, peu de relief au-dessus du pont.

Quelle a été sa prise la plus célèbre ?

Le Ganj-i-Sawai, en septembre 1695, dans les approches du détroit de Bab-el-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge. Ce navire appartenait au Grand Moghol Aurangzeb et rentrait de Moka avec des pèlerins et des marchandises, escorté par d'autres bâtiments de la flotte de Surate.

Every ne chassait pas seul. Une petite flottille s'était formée autour du Fancy : l'Amity de Thomas Tew, le Pearl, le Portsmouth Adventure, le Susanna, le Dolphin. Le Fancy servait de navire de tête, parce qu'il marchait mieux que les autres. Quelques jours avant, le groupe avait déjà pris le Fateh Muhammed.

Le combat contre le Ganj-i-Sawai tourne vite : le navire moghol, plus gros et mieux armé sur le papier, perd un mât et voit un de ses canons éclater. Ce qui suit est décrit par les chroniques indiennes, notamment celle de Khafi Khan, et par les témoignages du procès de Londres : plusieurs jours de pillage à bord, des passagers torturés, des femmes violées. Ces faits sont attestés, ils appartiennent au dossier de l'affaire, et il n'y a rien à en tirer d'héroïque.

Le butin, lui, se cite au conditionnel. Les estimations contemporaines vont d'environ 200 000 à 600 000 livres sterling en or, argent et pierres. Aucun inventaire n'a été dressé : les parts ont été distribuées à bord.

Repère utile Quand deux récits d'une prise se contredisent, les actes de procédure valent mieux que les récits imprimés. Pour cette affaire, les minutes du procès de 1696 et les lettres de la Compagnie des Indes datent les faits ; les chiffres de butin, eux, circulent surtout par la presse et les pamphlets de l'époque.

Que s'est-il passé après, et le Fancy a-t-il été coulé ?

Il n'a pas été pris au combat. Après la prise, la flottille se disperse. Le Fancy passe par l'île de Bourbon, l'actuelle Réunion, où une partie des hommes débarque, puis traverse l'Atlantique et arrive au printemps 1696 à New Providence, aux Bahamas.

Là, Every négocie. Il se présente sous un faux nom, offre de l'argent et des marchandises au gouverneur Nicholas Trott, et lui cède le navire en échange de la tranquillité de son équipage. L'équipage se sépare, certains embarquent vers les colonies d'Amérique, d'autres vers l'Irlande et l'Angleterre, où plusieurs seront reconnus et arrêtés.

Le Fancy disparaît ensuite des documents. Aucune épave ne lui a été attribuée : les fouilles sous-marines qui ont donné des résultats sur cette période concernent d'autres navires, comme le Whydah de Samuel Bellamy. Pour le navire d'Every, on en reste aux archives écrites.

Les suites diplomatiques, en revanche, sont bien documentées. Aurangzeb fait fermer les comptoirs anglais et menace la présence de la Compagnie en Inde. Pour se dédouaner, Londres et la Compagnie mettent des primes sur la tête des mutins et organisent leur recherche dans plusieurs ports d'Europe et des colonies.

Henry Every a-t-il été capturé ?

Non. Six de ses hommes ont été jugés et pendus à Londres en 1696, mais lui n'apparaît plus dans aucune archive fiable après son passage en Irlande. Les biographies de référence, comme la notice que lui consacre l'Encyclopædia Britannica, s'arrêtent au même endroit.

L'avis de recherche lancé contre lui, doublé de la prime de la Compagnie des Indes, est souvent présenté comme l'une des premières traques coordonnées à l'échelle de plusieurs continents. Il y avait à la fois une motivation judiciaire et une urgence commerciale : la Compagnie devait montrer à Aurangzeb qu'elle n'avait pas armé ces hommes.

Sur sa fin, deux versions circulent, et aucune n'est étayée. Johnson raconte en 1724 qu'il serait mort ruiné dans le Devon, dépouillé par des marchands à qui il avait confié ses diamants. D'autres textes le font vieillir tranquillement à Madagascar. Ces deux récits arrangent chacun une morale, ce qui est déjà une raison de s'en méfier. Il portait le surnom de Long Ben et voyageait sous le nom de Benjamin Bridgeman : c'est à peu près tout ce que les documents assurent sur l'homme après 1696.

Le Fancy face à quatre autres navires pirates connus

Par le butin rapporté, le Fancy domine tous les autres. Par le tonnage et l'artillerie, plusieurs navires de l'âge d'or de la piraterie faisaient aussi bien ou mieux. La comparaison est utile parce qu'elle montre que chaque équipage choisissait son bâtiment en fonction de sa zone de chasse.

Navire Capitaine Origine du navire Armement annoncé par les sources Fin connue
Fancy (ex-Charles II) Henry Every Marchand armé en corsaire, mutiné en 1694 Une quarantaine de canons, coque allégée pour la vitesse Cédé au gouverneur des Bahamas en 1696, aucune épave identifiée
Queen Anne's Revenge Barbe Noire (Edward Teach) Ancien navire négrier français La Concorde Une quarantaine de canons Échoué en 1718 en Caroline du Nord, épave attribuée retrouvée en 1996
Whydah Samuel Bellamy Navire négrier anglais capturé Une trentaine de canons Coulé par une tempête en 1717 au large de Cape Cod, épave fouillée
Adventure Galley William Kidd Navire construit pour une commission corsaire Une trentaine de canons et des avirons Abandonné à Madagascar, coque trop fatiguée
Royal Fortune Bartholomew Roberts Plusieurs navires successifs ont porté ce nom Jusqu'à une quarantaine de canons Pris par la Royal Navy en 1722 au large du Cap Lopez

La plupart des équipages travaillaient d'ailleurs sur plus petit : un sloop ou une goélette tirent peu d'eau, se réparent dans une crique et se faufilent là où une frégate n'entre pas. J'ai un faible pour ces petites coques, parce qu'elles expliquent la façon d'opérer de l'équipage mieux qu'un grand pont couvert de canons. Le Fancy fait exception parce que sa zone de chasse était l'océan Indien : il fallait un navire capable de tenir la haute mer plusieurs mois entre l'Atlantique, Madagascar et la mer Rouge.

Comment représenter le Fancy chez soi

Cherche un trois-mâts sombre aux lignes courtes, pas un galion à hauts châteaux : c'est le seul détail qui sépare une évocation crédible du bateau générique de fête. Aucune source ne donne la couleur réelle de la coque, mais un ton sombre correspond bien aux gravures du XVIIe siècle et met en valeur la ligne basse du pont.

Avant de regarder les modèles, deux mesures comptent : l'emprise au sol réelle du socle et la hauteur du grand mât. Un trois-mâts se pose bien sur une étagère profonde, mal sur un rebord de bureau où passent des mains et des câbles. Et le gréement se dépoussière au pinceau doux, jamais au chiffon, qui accroche les haubans et déforme les vergues.

  1. Mesure l'emplacement d'abord, largeur et profondeur, avant de comparer les modèles. C'est plus rapide que de déplacer trois objets après réception.
  2. Compte les mâts sur la photo du modèle et regarde la hauteur des châteaux : ce sont les deux critères qui font ressembler un objet au Fancy plutôt qu'à un galion espagnol.
  3. Choisis la matière selon la manipulation prévue: un plastique solide encaisse d'être déplacé par un enfant, un gréement en fil sur maquette en bois demande une vitrine.
  4. Place-le hors passage, à lumière indirecte, pour éviter les mâts pliés et le jaunissement des voiles claires.
  5. Dépoussière au pinceau sec, dans le sens des haubans, une fois par mois environ, et vérifie à ce moment-là la tenue des mâts dans leur logement.

Si l'idée est d'avoir sous les yeux la silhouette dont on vient de parler, sans chantier de montage ni vitrine, un modèle décoratif de trois-mâts en plastique répond directement. C'est le format que je citerais pour ce sujet, dans les maquettes de trois-mâts de la collection Bateaux Pirate des Caraïbes chez Piraterie Shop.

Ce modèle ne conviendra pas à qui cherche l'objet à construire : si le plaisir est dans le montage, oriente-toi vers un set de construction avec équipage et canon, ou vers une maquette en bois à gréer soi-même, qui prend plus de place et demande plus de soin. Et pour un enfant qui veut faire jouer un équipage, une pièce décorative frustre vite.

Pour compléter la scène sans mentir sur ce qu'on possède, un pavillon au mur et un coffre en bois posé au sol suffisent. Aucun de ces objets n'est une pièce d'époque, ils évoquent une période, et c'est déjà beaucoup. J'organise mes murs par registre, l'histoire d'un côté et la fiction de l'autre, ce qui évite de faire passer un motif de film pour un emblème du XVIIe siècle.

Où retrouver le Fancy dans la fiction et les jeux

Henry Every et son navire circulent surtout par la littérature de piraterie et, plus récemment, par le jeu vidéo. La General History of the Pyrates de 1724 a fixé le personnage, avec ses diamants perdus et sa fin misérable. Un pamphlet de 1720, The King of Pirates, souvent attribué à Daniel Defoe, l'installe déjà en souverain d'une colonie pirate.

Dans le jeu Uncharted 4 : A Thief's End, sorti en 2016, toute l'intrigue tourne autour du trésor d'Avery et de Libertalia, la colonie pirate imaginée par ces textes du XVIIIe siècle. C'est une belle histoire, et elle n'a aucune base d'archive : ni trésor caché localisé, ni royaume pirate documenté. Le Fancy y sert de décor, pas de source.

La distinction change quelque chose au moment de choisir un objet. Une maquette de trois-mâts sombre évoque un navire dont on connaît la carrière par les procès et les correspondances ; un décor de film évoque un univers de cinéma. Les deux ont leur place, à condition de savoir lequel on installe. Si tu veux creuser le versant emblème, j'ai détaillé les pavillons attestés et leurs attributions dans mon article sur les drapeaux pirates les plus célèbres.

Et si tu compares plusieurs formats avant de te décider, les modèles de bateau pirate de la boutique vont du petit trois-mâts décoratif aux sets de construction complets, avec les âges indiqués et les matières annoncées pour chacun.

Questions pratiques

Qui était Henry Every et pourquoi l'appelait-on aussi Long Ben ?

Un marin anglais, probablement né dans le Devon vers 1659, passé par la Royal Navy puis par des armements privés avant de devenir second du Charles II. Son équipage l'appelait Long Ben, surnom rapporté par les récits du XVIIIe siècle sans qu'on sache s'il vient de sa taille ou d'un usage de bord. Il utilisait aussi l'alias Benjamin Bridgeman lors de son escale aux Bahamas.

Combien de canons le Fancy portait-il réellement ?

Les sources donnent le plus souvent une quarantaine de canons, avec le chiffre de 46 qui revient dans plusieurs récits, mais aucun état d'armement contemporain ne le confirme précisément. Après la transformation du navire, une partie du poids dans les hauts a été retirée, ce qui a pu modifier la répartition de l'artillerie. Sur ce point, l'honnête réponse est qu'on connaît un ordre de grandeur, pas un inventaire.

Que valait le butin du Ganj-i-Sawai en monnaie d'aujourd'hui ?

Impossible à convertir sérieusement. Les estimations de l'époque vont d'environ 200 000 à 600 000 livres sterling, une fourchette déjà très large, et les conversions modernes dépendent de l'indice choisi, prix ou revenus. Ce qui est mesurable, c'est l'effet politique : la fermeture de comptoirs anglais en Inde et une prime lancée par la Compagnie des Indes orientales.

L'épave du Fancy a-t-elle été retrouvée ?

Non, aucune épave ne lui a été attribuée. Le navire a été cédé au gouverneur Nicholas Trott à New Providence en 1696 et n'apparaît plus ensuite dans les documents connus. Les campagnes archéologiques de référence pour cette période portent sur d'autres navires, comme le Whydah au large de Cape Cod ou l'épave attribuée au Queen Anne's Revenge en Caroline du Nord.

Quel type de navire était le Fancy : galion, frégate ou trois-mâts marchand ?

Un trois-mâts marchand gréé carré, armé pour la course, et non un galion. Le mot galion désigne un type plus ancien, aux châteaux avant et arrière très hauts, alors que le Fancy a justement été abaissé. On lui donne parfois le mot frégate dans les textes du XVIIIe siècle, mais à l'époque ce terme désigne surtout une manière de naviguer, rapide et légère, plus qu'une classe de bâtiment stricte.

Quelle maquette choisir pour évoquer un navire pirate comme le Fancy chez soi ?

Prends un trois-mâts sombre à faible relief au-dessus du pont, et décide d'abord de l'endroit où il sera posé. Pour une étagère de bureau ou un coin de collection, un modèle décoratif compact en plastique solide se manipule et se dépoussière facilement au pinceau doux. Pour un projet plus long, une maquette à monter avec gréement en fil demande une vitrine et un entretien plus délicat ; pour un enfant qui veut jouer, un set de construction avec figurines est plus adapté qu'une pièce de vitrine.

Sur ce navire, je regarde d'abord la ligne du pont : châteaux rasés, coque courte, trois mâts. Une maquette qui rend ce dessin-là en dit plus sur Every que dix canons de plus.