Les bateaux pirates : Une variété de navires pour piller les mers

Les bateaux pirates : Une variété de navires pour piller les mers

Le Queen Anne's Revenge n'a pas été construit pour Barbe Noire. C'était La Concorde, un navire négrier armé à Nantes, capturé aux Antilles en novembre 1717, puis percé de nouveaux sabords jusqu'à porter une quarantaine de canons. Presque tous les bateaux pirates ont eu cette double vie : une coque marchande, une prise, un nouveau nom peint sur le tableau arrière.

Carte marine, boussole et lunette d'approche posés sur le rebord de la cabine, navire à voiles visible à l'horizon au crépuscule.
Carte marine, boussole et lunette d'approche posés sur le rebord de la cabine, navire à voiles visible à l'horizon au crépuscule.

C'est le fil de cet article. Quels navires ont réellement servi à la piraterie entre 1650 et 1730, pourquoi le sloop et la goélette reviennent si souvent dans les archives, et ce que valent vraiment les grands bâtiments qu'on imagine en premier.

La seconde moitié est pratique : les critères qui comptent quand on choisit une reproduction (silhouette, matière, âge indiqué, place qu'elle prend), puis six modèles de la boutique comparés sur ces mêmes critères, avec pour chacun une limite claire.

L'essentiel
  • Aucun navire n'a été construit pour la piraterie : les équipages capturaient des bâtiments marchands et les modifiaient (cloisons abattues, sabords percés, gréement allégé).
  • Le sloop domine l'âge d'or de la piraterie (1650-1730) dans les Caraïbes : un mât, un long bout-dehors, un faible tirant d'eau, de quoi attaquer puis disparaître dans les hauts-fonds.
  • Goélette, brick, brigantin et chébec méditerranéen correspondent chacun à une zone de chasse et à un type de proie.
  • Les navires célèbres (Queen Anne's Revenge, Adventure Galley, Whydah, Royal Fortune) sont presque tous des prises rebaptisées.
  • Pour une reproduction, la première question est simple : objet posé qu'on regarde, ou construction qu'on assemble puis qu'on manipule.
  • Parmi les six modèles comparés plus bas, celui que je retiens en priorité est le Bateau Pirate des Caraïbes Maquette, trois-mâts noir en plastique solide, indiqué 6+.

Un navire pirate est d'abord un navire volé, puis modifié

Il n'existe pas de type de navire appelé « bateau pirate ». Un pirate prend une coque marchande, la modifie, s'en sert quelques mois, puis en change dès qu'il tombe sur mieux. La piraterie a consisté à utiliser des bateaux existants, sans jamais faire construire de coques spécifiques.

Le cas de Barbe Noire est le mieux documenté. La Concorde, navire négrier français armé à Nantes, est capturée fin novembre 1717 près des Grenadines. Rebaptisée Queen Anne's Revenge, elle reçoit des sabords supplémentaires et une artillerie portée à une quarantaine de pièces. Elle s'échoue à Beaufort Inlet, en Caroline du Nord, en juin 1718. Une épave attribuée à ce navire y est fouillée depuis 1996 par les services du patrimoine de Caroline du Nord, qui publient l'avancée des travaux sur le Queen Anne's Revenge Project.

Les modifications reviennent d'un équipage à l'autre :

  • Cloisons et cabines abattues: un marchand embarque une vingtaine d'hommes, un pirate en embarque parfois cent, il lui faut de la place pour dormir et pour manœuvrer les canons.
  • Sabords percés: on augmente le nombre de pièces, quitte à fragiliser le bordé et à alourdir le bateau.
  • Gréement allégé et carène nettoyée dès qu'une crique le permet : la vitesse prime sur le confort.
  • Cales vidées de leur fret: moins de tonneaux de marchandise, plus de vivres, de poudre et d'eau.

Ce qu'on gagne d'un côté se paie de l'autre. Un navire surchargé de canons et d'hommes fatigue vite, se répare mal loin de tout chantier, et coûte cher à entretenir sur une saison. Beaucoup d'équipages abandonnent leur prise après quelques mois, non parce qu'ils en ont assez, mais parce que la coque ne tient plus. Quelques mots de vocabulaire utiles pour la suite : le tirant d'eau est la hauteur immergée de la coque, le beaupré le mât incliné qui dépasse à l'avant, le tonneau une mesure de volume, pas de poids.

Le sloop, cheval de bataille des Caraïbes (1650-1730)

Le sloop est le navire le plus utilisé par les pirates des Antilles. Un seul mât, une grand-voile aurique, un ou deux focs, un bout-dehors très long qui porte beaucoup de toile pour une coque courte. Il tire peu d'eau et remonte bien au vent.

Les chantiers des Bermudes et de la Jamaïque le produisaient pour le cabotage entre les îles : transport de sucre, de bois, de sel, courses courtes entre des ports séparés par quelques dizaines de milles. Ces coques fines, taillées pour la vitesse, se sont révélées exactement ce qu'il fallait pour rattraper un marchand lourd puis fausser compagnie à une frégate de la Royal Navy.

Le faible tirant d'eau change tout. Un sloop passe sur un haut-fond où un navire de guerre ne s'engage pas, mouille dans une crique fermée par une barre de corail, s'échoue volontairement à marée basse pour qu'on nettoie sa carène. La poursuite s'arrête là. C'est un avantage tactique bien plus décisif que le nombre de canons.

La manœuvre typique tient en trois temps : approche sous pavillon neutre ou sans pavillon, hissage du pavillon au dernier moment pour obtenir la reddition sans combat, puis rupture au près dès que la prise est vidée. Je préfère de loin ces petits gréements aux gros bâtiments : ils demandent un équipage réduit, ils se réparent avec les moyens du bord, et ils expliquent mieux que n'importe quel galion pourquoi la piraterie antillaise a duré aussi longtemps.

Les limites sont réelles : autonomie courte, place très réduite à bord, artillerie légère (souvent une poignée de canons de petit calibre et des pièces pivotantes). Un sloop ne tient pas tête à un navire de guerre, il l'évite.

Goélette, brick, brigantin, chébec : à chaque mer sa coque

Le type de navire suit la zone de chasse. Plus on s'éloigne des îles, plus il faut de capacité, de canons et de tenue à la mer, donc de mâts.

La goélette à deux mâts auriques est le compromis le plus répandu dans l'Atlantique nord et le golfe du Mexique : plus de cale et plus d'hommes qu'un sloop, presque autant de finesse, un équipage encore restreint. Si le gréement des goélettes t'intéresse en détail, j'ai consacré un article complet à la goélette à trois mâts Tern, avec sa voilure et son passage au service de la piraterie.

Le brick et le brigantin portent des voiles carrées sur deux mâts. Ils encaissent mieux la haute mer, embarquent une vraie batterie, et permettent de tenir plusieurs semaines au large. On les retrouve chez les équipages qui traversent vers l'Afrique de l'Ouest ou remontent la côte américaine.

En Méditerranée, le chébec occupe la même place que le sloop aux Antilles : trois mâts à voiles latines, coque très fine, parfois des rames pour manœuvrer dans le calme. Il est associé aux corsaires barbaresques d'Alger, de Tunis et de Salé, dont l'activité relève d'un cadre différent de la flibuste antillaise, avec des États derrière.

Les grands bâtiments existent, mais restent l'exception : le Whydah Gally et les différents Royal Fortune étaient des navires de traite ou de commerce reconvertis, jamais des galions de guerre construits pour l'abordage.

Pour identifier un navire sur une maquette ou une illustration, deux repères suffisent le plus souvent : compte les mâts, puis regarde la forme des voiles. Voiles triangulaires ou quadrangulaires alignées dans l'axe du bateau, c'est un gréement aurique ou latin (sloop, goélette, chébec). Voiles rectangulaires en travers, c'est un gréement carré (brick, senau, trois-mâts). Sur une étagère, la même règle vaut : un trois-mâts sombre se repère à trois mètres, un petit deux-mâts passe inaperçu sur une étagère haute. C'est d'ailleurs pour cette raison que les reproductions inspirées des navires des Caraïbes reprennent presque toutes la silhouette du trois-mâts.

Navires pirates célèbres et ce qu'on sait vraiment d'eux

Quatre navires reviennent dans toutes les listes. Trois ont laissé des traces archéologiques ou judiciaires solides, le quatrième est surtout un nom réutilisé plusieurs fois.

Queen Anne's Revenge. Ancien négrier français, capturé en 1717, échoué en 1718. L'épave attribuée, retrouvée en 1996 près de Beaufort Inlet, a livré des canons de calibres différents, ce qui correspond bien à un armement constitué de prises successives plutôt qu'à une batterie homogène.

Canons de fer corrodés, de calibres différents, alignés sur un plateau de conservation gris avec monnaies et concrétions métalliques.
Canons de fer corrodés, de calibres différents, alignés sur un plateau de conservation gris avec monnaies et concrétions métalliques.

Adventure Galley. Le navire de William Kidd, armé en 1696, était une galère : trois mâts et des rames, pour manœuvrer par temps calme. Sa coque, rongée par les tarets, a été abandonnée à Madagascar en 1698. Le détail intéresse peu les récits, il est pourtant central : les vers de mer ont mis fin à cette expédition avant les canons.

Whydah Gally. Navire de traite anglais capturé par Samuel Bellamy en 1717, coulé la même année dans une tempête au large de Cape Cod. L'épave, identifiée en 1984 par Barry Clifford, reste l'un des rares gisements formellement rattachés à un équipage pirate nommé, grâce à la cloche du navire portant son nom.

Royal Fortune. Bartholomew Roberts a donné ce nom à plusieurs bâtiments successifs. Le dernier a été capturé par le HMS Swallow en février 1722, au large du cap Lopez. Chercher « le » Royal Fortune n'a donc pas de sens : il y en a eu plusieurs, de tailles différentes.

Deux navires très demandés en reproduction n'appartiennent pas aux archives. Le Black Pearl vient de la saga Pirates des Caraïbes, le Going Merry du manga One Piece. Les descriptions des modèles vendus les présentent comme des répliques de navires de fiction, ce qu'ils sont : aucun de ces deux bateaux n'a navigué. Cela ne retire rien à l'objet, cela évite juste de présenter une coque de cinéma comme une pièce d'histoire maritime.

Fin de l'âge d'or et piraterie d'aujourd'hui : deux sujets différents

Le modèle pirate atlantique s'effondre en une dizaine d'années. Deux leviers l'expliquent : les actes de grâce proposés à partir de 1717 par la couronne britannique, qui vident les équipages de leurs hommes, et les campagnes navales menées dans les Antilles et sur les côtes d'Afrique, qui traquent les capitaines restants. La mort de Roberts en 1722 marque la fin de la période dans la plupart des chronologies.

La piraterie contemporaine est autre chose : une criminalité maritime actuelle, avec des victimes, suivie par l'Organisation maritime internationale et par le Bureau maritime international de la Chambre de commerce internationale. Les zones concernées sont notamment le golfe de Guinée et le détroit de Malacca, et les incidents sont recensés chaque année dans les rapports de l'OMI sur la piraterie et les vols à main armée.

D'où la règle que je m'applique dans tous les textes de ce blog : l'histoire se raconte au passé, la fiction se nomme comme fiction, et le jeu (déguisement, décoration, set à monter) se dit comme jeu. Quand on pose un navire sur une étagère, on reproduit une coque et un gréement, sans rejouer ce que faisaient ces équipages.

Pont de voilier ancien avec cordages enroulés, boussole et voile de toile, vue depuis le gréement.
Pont de voilier ancien avec cordages enroulés, boussole et voile de toile, vue depuis le gréement.

Critères pour choisir une reproduction de bateau pirate

La première décision commande toutes les autres : veux-tu un objet posé, que l'on regarde, ou une construction que l'on assemble puis que l'on manipule ? Un modèle déjà formé se place et se dépoussière. Un assemblage de briques se monte, se démonte au moindre choc, et se remonte.

  1. Trancher l'usage. Vitrine ou jeu. Un set destiné à un enfant qui joue tous les jours ne pose pas les mêmes contraintes qu'une pièce posée sur une bibliothèque.
  2. Regarder la silhouette avant les détails. Nombre de mâts, hauteur totale, couleur de coque. Une coque sombre ressort sur un mur clair, une coque en bois clair demande un fond plus neutre pour ne pas se fondre dans le meuble.
  3. Vérifier la matière annoncée. Plastique solide, briques assemblées, bois : trois entretiens différents. Un modèle en plastique solide se dépoussière au pinceau doux, un gréement fin ne supporte pas le chiffon humide qui accroche les cordages.
  4. Lire l'âge indiqué. La plupart des modèles à briques portent la mention 6+. Cette indication dit surtout si l'objet est prévu pour être manipulé ou pour rester posé, et elle écarte d'office les plus petits, à cause des pièces détachables.
  5. Mesurer la place. Profondeur d'étagère, hauteur sous tablette, dégagement autour des mâts. Un grand set réclame souvent une surface libre au sol ou une tablette dédiée, difficile à caser sur un coin de bureau déjà encombré.
  6. Décider si c'est un cadeau ou une pièce pour toi. Pour un cadeau, l'âge indiqué et le temps de montage priment. Pour ta propre décoration, la silhouette et la couleur de coque comptent davantage.

Côté budget, l'écart est large sur ce type de produits : un petit modèle compact reste sous les 40 €, un grand set de briques dépasse largement les 100 €. La différence porte moins sur la finesse du détail que sur la taille finale et le temps de montage.

Dans la pratique Avant de commander, pose un mètre ruban sur l'endroit visé et mesure trois choses : la profondeur de la tablette, la hauteur libre au-dessus, et la distance à laquelle tu passeras devant. Un modèle de 35 cm de long a besoin d'environ 40 cm de tablette pour ne pas dépasser, et les mâts réclament souvent plus de hauteur qu'on ne le croit. C'est la mesure qui évite les retours, bien plus que la photo.

Six bateaux pirate de la boutique comparés

Même grille pour les six : nature de l'objet, silhouette, matière annoncée, âge indiqué, profil auquel il convient. Les informations viennent des descriptions des modèles ; quand une donnée n'y figure pas (dimensions, nombre de pièces), je ne la remplace pas par une estimation.

Modèle Nature de l'objet Silhouette Matière annoncée Âge indiqué Pour qui
Bateau Pirate des Caraïbes Maquette Pièce décorative déjà assemblée, inspirée des navires de flibustiers Trois-mâts noir, lignes sobres Plastique solide 6+ Décoration de bureau ou de salon, cadeau polyvalent
Bateau Pirate des Caraïbes Bois Modèle décoratif détaillé Voilier de vitrine, coque claire Bois clair 6+ Amateur d'un aspect chaleureux, pièce posée
Bateau Pirate des Caraïbes Black Pearl Réplique en briques du navire de la saga Coque noire, voiles grises Plastique solide 6+ Lecteur attaché à l'univers Pirates des Caraïbes
Bateau Pirate des Caraïbes Playmobil Set de jeu avec équipage Navire coloré, six voiles rouges, ponts ouverts Plastique solide 6+ Enfant qui joue au quotidien
Bateau Pirate Lego Grand Grand set de construction Trois-mâts imposant, sept voiles rouges Plastique solide 6+ Constructeur patient, tablette dédiée
Bateau Pirate Lego Petit Petit set de construction Silhouette compacte, voiles bleues Plastique solide 6+ Premier montage, petite étagère

Bateau Pirate des Caraïbes Maquette

Un trois-mâts noir en plastique solide, décrit comme une pièce décorative inspirée des navires de flibustiers, indiqué 6+. Sa coque sombre et ses lignes sobres le rendent lisible de loin, ce qui est l'atout principal quand l'objet est destiné à une bibliothèque ou à un bureau. Il convient aussi bien à un adulte qui décore qu'à un cadeau dont on ne connaît pas précisément les goûts. Sa limite : il n'apporte rien à qui cherche surtout des heures de montage, et les dimensions ne sont pas précisées dans la description, il faut donc prévoir de la marge sur l'étagère.

Bateau Pirate des Caraïbes Bois

Celui-ci change de style : une reproduction entièrement en bois clair, détaillée, présentée comme un modèle de vitrine, indiqué 6+. L'aspect bois va bien sur un meuble ancien ou dans une pièce aux tons chauds, et la coque claire donne l'impression d'un navire en cours de construction. En revanche, un modèle en bois clair se fond dans un mobilier de la même teinte et perd sa silhouette ; sur une étagère en chêne, il faut un fond sombre derrière. Ce n'est pas un objet à manipuler tous les jours.

Bateau Pirate des Caraïbes Black Pearl

Réplique en briques du navire de la saga, coque noire et voiles grises, avec une taille annoncée de 35 x 25 cm et une indication 6+. C'est le seul des six pour lequel les dimensions figurent noir sur blanc, ce qui aide à décider avant commande. Il s'adresse à qui veut ce navire précis, celui de Jack Sparrow, pour naviguer dans les Caraïbes de la fiction plutôt qu'un navire générique. Si tu cherches un bateau d'inspiration historique, ce n'est pas le bon : sa silhouette vient du cinéma.

Bateau Pirate des Caraïbes Playmobil

Ce set de jeu est le plus tourné vers l'enfant : navire coloré à six voiles rouges, canons fonctionnels, équipage complet, plastique solide, 6+. Les ponts ouverts permettent de faire circuler les figurines, ce qu'aucun modèle de vitrine ne propose. Il occupe de la place au sol et sort rarement d'une chambre. À qui veut une pièce discrète dans un salon d'adulte, il ne conviendra pas : les couleurs vives sont assumées, et un set de jeu vit démonté, remonté, incomplet.

Bateau Pirate Lego Grand

Le grand set est un trois-mâts à coque robuste et sept voiles rouge sang, en plastique solide, indiqué 6+. C'est le modèle le plus cher de cette famille sur le site, et le plus exigeant en place une fois monté. Il vise le constructeur qui apprécie autant l'assemblage que le résultat, et qui a une tablette libre pour le poser ensuite. Deux réserves : le nombre de pièces n'est pas indiqué dans la description, et un assemblage de cette taille se déplace mal, il vaut mieux le monter à l'endroit où il restera.

Bateau Pirate Lego Petit

Le petit set, compact, voiles bleues, plastique solide, 6+, est le plus facile à caser : une étagère étroite suffit. C'est un bon premier montage pour un enfant qui n'a jamais assemblé de bateau, ou un objet d'appoint à côté d'une pièce plus grande. Sa silhouette réduite se remarque peu dans une grande pièce, et il ne remplacera pas un modèle de vitrine si tu cherches un effet visible depuis l'autre bout du salon.

Il ne conviendra pas à deux profils. Si l'objet est destiné à un enfant qui veut faire jouer des figurines sur les ponts, le set Playmobil rend mieux ce service. Et si le plaisir attendu est celui du montage, plusieurs soirées passées sur des planches de construction, le grand set de briques est plus indiqué : la maquette est faite pour être posée, pas démontée.

Pour aller plus loin sur ce point : Qui étaient les pirates et d'où viennent-ils ?, sur futura-sciences.com.

Exposer, entretenir et compléter son navire

Le meilleur emplacement est une tablette à hauteur d'œil, hors des zones de passage, sans soleil direct. La lumière franche décolore les voiles en tissu et fatigue les plastiques colorés sur plusieurs années ; un couloir étroit expose les mâts aux coups d'épaule.

Pour le dépoussiérage, un pinceau doux large et une poire à air suffisent. On travaille de haut en bas, mâts d'abord, pont ensuite, en tenant la coque d'une main. Le chiffon, même à peine humide, s'accroche dans les haubans et tire les pièces fines. Sur un modèle en bois, on évite tout produit ménager : le pinceau sec règle l'essentiel.

Pour compléter sans surcharger, une seule pièce forte suffit derrière ou sous le navire : un pavillon accroché au mur, ou un coffre posé au sol qui sert aussi de rangement. Deux objets bien placés valent mieux qu'une étagère saturée où plus rien ne se distingue.

Un mot sur les cadeaux enfants : mieux vaut séparer ce qui se manipule et ce qui se contemple. Un set de jeu vit sur le tapis, un modèle de vitrine reste en hauteur. Mélanger les deux dans la même chambre finit toujours par un mât cassé. Les accessoires de costume relèvent encore d'un autre usage, celui de la fête, et se rangent avec les déguisements pirate plutôt qu'avec les maquettes.

Si tu hésites encore entre un navire à monter et un modèle déjà formé, l'ensemble de la sélection de bateaux pirate permet de comparer les silhouettes et les formats côte à côte, et les navires inspirés de l'univers des Caraïbes y forment une famille à part, à coque sombre.

Les questions qui reviennent

Comment s'appellent les bateaux des pirates ?

Ils portent le nom du type de navire dont ils viennent : sloop, goélette, brick, brigantin, chébec, parfois galère. Chaque équipage donnait ensuite un nom propre à sa prise, souvent politique ou provocateur, comme Queen Anne's Revenge ou Revenge. Il n'existe pas de terme technique désignant un « bateau pirate », puisque ces navires venaient tous du commerce, de la pêche ou de la marine d'État.

Quel est le bateau pirate le plus connu ?

Le Queen Anne's Revenge de Barbe Noire, parce qu'une épave lui est attribuée depuis 1996 en Caroline du Nord et que les fouilles ont été largement publiées. Le Whydah Gally de Samuel Bellamy le suit de près, avec une identification appuyée par la cloche du navire. Le Black Pearl, lui, est plus célèbre que les deux, mais il appartient à la saga Pirates des Caraïbes.

Est-ce que les bateaux pirates existent ?

Les navires de l'âge d'or ont bel et bien existé, on en fouille les épaves. Aujourd'hui, la piraterie maritime reste un délit réel, notamment dans le golfe de Guinée et le détroit de Malacca, mais elle emploie des embarcations rapides à moteur et n'a plus rien à voir avec la voile. Les trois-mâts qu'on voit en mer sont des navires du patrimoine ou des reconstitutions.

Quels sont les différents types de bateaux pirates ?

Les plus fréquents dans les archives des Caraïbes sont le sloop (un mât) et la goélette (deux mâts auriques). Viennent ensuite le brick et le brigantin, à voiles carrées, pour les traversées longues, et le chébec méditerranéen à voiles latines. Les grands navires à trois mâts armés d'une quarantaine de canons restent rares, et il s'agissait presque toujours d'anciens navires de traite ou de commerce transformés.

Pourquoi les pirates préféraient-ils le sloop à un gros navire de guerre ?

Parce qu'un sloop coûte moins cher à entretenir, se manœuvre avec peu d'hommes, remonte bien au vent et tire peu d'eau. Cette dernière qualité était décisive : elle permettait de fuir dans des hauts-fonds où une frégate ne pouvait pas s'engager, et d'échouer volontairement le bateau pour nettoyer la carène. Un gros bâtiment impressionne, mais il se répare mal loin d'un chantier et demande un équipage nombreux à nourrir.

Quelle reproduction de bateau pirate choisir pour un enfant de 6 ans ?

Les six modèles comparés ici portent tous la mention 6+, ce qui signifie qu'ils comportent de petits éléments et ne conviennent pas aux plus jeunes. Pour un enfant de cet âge qui veut jouer, le set Playmobil avec son équipage est le plus adapté, parce que ses ponts ouverts supportent la manipulation quotidienne. Pour un premier montage, le petit set de briques demande moins de patience que le grand. Dans les deux cas, prévois un endroit fixe où le bateau sera posé entre deux sessions : c'est ce qui évite les mâts arrachés.

« A merry life and a short one shall be my motto. » Propos attribués à Bartholomew Roberts par Charles Johnson, A General History of the Pyrates, Londres, 1724.