Queen Anne's Revenge : le redoutable navire amiral de Barbe Noire

Queen Anne's Revenge : le redoutable navire amiral de Barbe Noire

Le 28 novembre 1717, à une centaine de milles de la Martinique, Barbe Noire arraisonne un navire négrier français, La Concorde, parti de Nantes au printemps et affaibli par la maladie. Quelques jours plus tard, mouillé aux Grenadines, ce trois-mâts de commerce est rebaptisé Queen Anne's Revenge et armé pour la course.

Sa carrière pirate durera moins de sept mois. Elle s'arrête sur une barre de sable, au printemps 1718, à l'entrée de l'actuel Beaufort Inlet en Caroline du Nord.

Maquette de trois-mâts en bois clair, voiles de toile et sabords sur un seul rang, posée sur une carte ancienne.
Maquette de trois-mâts en bois clair, voiles de toile et sabords sur un seul rang, posée sur une carte ancienne.

L'article reprend la chronologie datée de ce navire, détaille ce que l'épave a livré depuis sa localisation en 1996, puis donne trois repères concrets pour juger une maquette, une gravure ou une illustration : le gréement à trois mâts, la longueur réelle de la coque, et l'écart entre le bateau attesté et celui du cinéma.

Ce qu'il faut savoir avant de lire
  • Le navire s'appelait d'abord La Concorde: construit vers 1710, exploité comme négrier français au départ de Nantes, capturé par Barbe Noire le 28 novembre 1717 près de la Martinique.
  • Rebaptisé Queen Anne's Revenge, il est réarmé jusqu'à environ 40 canons et embarque jusqu'à 300 ou 350 hommes ; c'était un trois-mâts d'environ 33 m de long sur 7 m de large.
  • Sa carrière pirate dure moins de sept mois : point culminant, le blocus de Charleston en mai 1718, puis l'échouement à Beaufort Inlet.
  • Barbe Noire, Edward Teach, est tué le 22 novembre 1718 à Ocracoke face au lieutenant Robert Maynard, pas à bord du Queen Anne's Revenge, déjà perdu.
  • L'épave a été localisée en 1996 au large de Beaufort ; le site est inscrit au registre national des lieux historiques en 2004 et les objets sont étudiés puis exposés en Caroline du Nord.
  • Le navire du film Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence (2011) est une création de fiction : silhouette, gréement et cordages animés n'ont rien d'historique.

La Concorde, 1710-1717 : un négrier français avant d'être un navire pirate

Avant Barbe Noire, ce navire s'appelait La Concorde. Il était armé pour le commerce, pas pour la course : une coque de charge, une quinzaine de canons, un équipage réduit. Tout ce qui fera sa réputation lui a été ajouté après novembre 1717.

Les sources hésitent sur son lieu de construction, vers 1710, et sur son passé avant son rattachement à Nantes. Ce qui est documenté, c'est son exploitation par un armateur nantais pour la traite atlantique, et une troisième campagne partie de Nantes au printemps 1717 vers la côte de Guinée, puis vers les Antilles. Ce commerce est un crime historique bien établi, avec des archives d'armement, des rôles d'équipage et des chiffres ; on le raconte au passé, sans le mettre en scène.

Un navire conçu pour ça se reconnaît à sa charpente. Beaucoup de volume dans les cales, des entreponts bas, un tirant d'eau important une fois chargé, et une voilure de commerce sur trois mâts : de quoi traverser, pas de quoi poursuivre. L'artillerie servait surtout à décourager, et elle restait faible au regard de la taille du bâtiment.

À l'arrivée dans les Antilles, l'état du bord était mauvais. Les déclarations du capitaine Pierre Dosset et de son second François Ernaut mentionnent des morts par dysenterie et scorbut pendant la traversée, et un nombre important de malades encore couchés. Un équipage diminué de moitié ne tient pas des canons, ne monte pas dans la mâture et ne se défend pas longtemps. Cette faiblesse explique la suite mieux que n'importe quelle légende.

C'est documenté dans il s'agissait bien du navire de Barbe Noire, redoutable ... (nationalgeographic.fr).

28 novembre 1717 : la capture au large de la Martinique

La prise se fait presque sans combat. Barbe Noire commande alors deux sloops armés, plus rapides et plus manœuvrants que le lourd trois-mâts français. Deux bordées tirées et l'affaire est réglée.

La Concorde est conduite vers Bequia, dans les Grenadines, où l'équipage français est débarqué avec plusieurs centaines de captifs africains. Barbe Noire retient une partie des hommes, dont des membres d'équipage qu'il juge utiles, notamment des charpentiers et un pilote, et laisse aux Français un des sloops pour rejoindre la Martinique. Les déclarations de Dosset, faites au retour, restent la source principale sur cet épisode ; c'est par elles qu'on connaît les dates, l'état du bord et le sort du navire.

Le nouveau nom apparaît ensuite : Queen Anne's Revenge. L'hypothèse la plus souvent avancée relie ce choix à la guerre de Succession d'Espagne, terminée en 1713, et aux marins de la Royal Navy démobilisés après le conflit, sous le règne d'Anne, morte en 1714. Certains d'entre eux, restés sans solde ni embarquement, sont passés à la piraterie. Le nom sonnerait alors comme une fidélité affichée à un monde disparu.

Aucune source contemporaine ne donne l'explication de la bouche de Teach. C'est une reconstitution d'historiens, plausible, non prouvée.

Bon à savoir Le pavillon qu'on attribue à Barbe Noire, un squelette cornu perçant un cœur d'une lance, sablier à la main, n'est décrit par aucun document de 1717-1718. Il apparaît dans des publications bien postérieures. Ce qui est attesté, c'est l'usage : montrer les couleurs pour obtenir une reddition sans se battre, parce qu'un abordage abîme la prise et coûte des hommes.

Réarmement : comment un navire de commerce devient un navire amiral

Le passage de La Concorde au Queen Anne's Revenge tient en quelques semaines de travail : percer ou rouvrir des sabords, monter des pièces prises sur d'autres navires, vider une partie des cales. On arrive à environ 40 canons, sur une coque qui n'en portait qu'une quinzaine.

Canon de petit calibre en fonte sur son affût de bois, entouré de cordage, laiton et rose des vents.
Canon de petit calibre en fonte sur son affût de bois, entouré de cordage, laiton et rose des vents.

Avec cet armement, Barbe Noire devient le capitaine du plus gros bâtiment pirate de la région, et le centre d'une petite flotte : le sloop Adventure, d'autres sloops de conserve, plusieurs centaines d'hommes répartis entre les bords. Les chiffres varient selon les témoignages, entre 250 et 350 hommes au total pendant la période la plus active.

Cette puissance se paie. Quarante canons, leurs affûts, leurs boulets et leur poudre représentent un poids considérable placé haut sur une coque marchande. Le navire enfonce davantage, gîte plus vite, se relève moins bien, et surtout tire beaucoup d'eau : dans une région d'estuaires, de barres et de hauts-fonds mal levés, c'est un handicap permanent. Les sloops de Barbe Noire passaient là où son navire amiral ne pouvait pas aller.

Cette contradiction m'intéresse plus que le reste : les équipages pirates les mieux organisés préféraient en général des bâtiments fins et à faible tirant d'eau, capables de se réfugier dans des passes. Le Queen Anne's Revenge était l'inverse. Il servait à impressionner, et il a impressionné pendant sept mois. Pour comprendre l'autre modèle, celui des coques rapides à faible tirant d'eau, j'ai détaillé le cas d'un trois-mâts bien plus léger dans mon article sur la goélette à trois mâts Tern.

Mai 1718 : le blocus de Charleston, apogée d'une carrière de sept mois

En mai 1718, Barbe Noire mouille devant Charleston, en Caroline du Sud, et bloque l'entrée du port pendant plusieurs jours. Il arrête les navires qui entrent et sortent, prend des otages parmi les passagers, et exige une rançon. Pas de bataille, pas de forteresse prise : une menace tenue en place.

La demande étonne encore aujourd'hui : un coffre de médicaments. Les autorités de la colonie finissent par le livrer, les otages sont relâchés, la flotte repart. Plusieurs lectures circulent sur ce choix, la plus courante étant l'état sanitaire des équipages, où les maladies vénériennes et les fièvres faisaient des ravages. Les stocks de mercure et de matériel médical retrouvés plus tard dans l'épave vont dans ce sens sans le démontrer.

Ce que l'épisode montre bien, c'est le mode de fonctionnement d'un équipage de cette période. La décision de bloquer un port, de fixer une rançon, de relâcher ou non des otages se prenait à plusieurs, dans le cadre d'articles signés à l'engagement : répartition des parts, indemnités en cas de blessure, règles de discipline à bord. Le capitaine commandait au combat et à la manœuvre ; le reste du temps, son autorité était sous condition.

Le blocus de Charleston reste le sommet de la carrière du Queen Anne's Revenge. Trois semaines plus tard environ, le navire est perdu.

Échouement à Beaufort Inlet : accident de navigation ou décision calculée

Au printemps 1718, en entrant dans Topsail Inlet, aujourd'hui Beaufort Inlet en Caroline du Nord, le Queen Anne's Revenge touche une barre de sable et reste pris. L'Adventure, venu l'aider, s'échoue à son tour. Les deux navires sont abandonnés.

Deux explications se côtoient depuis trois siècles. La première est une erreur de pilotage sur des fonds instables et mal cartographiés, avec un navire qui tirait beaucoup d'eau et se manœuvrait mal sous une brise faible : les passes de cette côte changent de forme à chaque coup de vent, et une sonde mal interprétée suffit. La seconde y voit un calcul : perdre le gros bâtiment permettait de disperser un équipage devenu trop nombreux, de garder le butin à quelques-uns et de continuer avec un sloop. Des dépositions d'anciens membres d'équipage vont dans ce sens, et Barbe Noire a effectivement laissé des hommes à terre peu après.

Sur un quai de bois, une carte marine, une boussole en laiton, une longue-vue et un cordage face à un voilier amarré dans la brume.
Sur un quai de bois, une carte marine, une boussole en laiton, une longue-vue et un cordage face à un voilier amarré dans la brume.

L'archéologie ne tranche pas cette question. Elle décrit un navire lourdement chargé, échoué sur un banc, dont on a récupéré une partie du matériel avant l'abandon. Elle ne dit pas ce qu'il y avait dans la tête du capitaine.

La suite est datée. Barbe Noire obtient un pardon en Caroline du Nord, s'installe du côté d'Ocracoke, reprend des prises, et le gouverneur de Virginie envoie contre lui une expédition. Le 22 novembre 1718, dans un combat rapproché à Ocracoke, il est tué face au lieutenant Robert Maynard. Le navire qui porte son nom dans l'imaginaire reposait déjà sous le sable depuis cinq mois.

Épave 31CR314 : ce que les fouilles ont réellement livré depuis 1996

Le site a été localisé en 1996 au large de Beaufort, par une société de recherche privée, à faible profondeur, un peu plus de huit mètres. Il porte le numéro d'inventaire 31CR314 et a été inscrit au registre national des lieux historiques en 2004. Les campagnes de fouille se poursuivent depuis, sous autorité de l'État de Caroline du Nord.

Ce que le site a livré compose un portrait assez net du bord : des canons de calibres variés, signe d'une artillerie rassemblée au fil des prises et non d'un armement homogène de navire de guerre, des ancres, du lest, des plombs de sonde, de la verrerie, des fragments d'instruments médicaux et des restes de mercure. Beaucoup d'objets sortent enrobés d'une gangue de concrétions qui demande des mois de traitement en laboratoire avant d'être lisibles.

Petit canon de fonte, plombs de sonde, flacons de laiton et pelotes de cordage posés sur une carte marine près de la fenêtre.
Petit canon de fonte, plombs de sonde, flacons de laiton et pelotes de cordage posés sur une carte marine près de la fenêtre.

Une découverte annoncée en 2018 a fait le tour des publications spécialisées : des fragments de papier extraits en 2016 d'une bourre de canon, identifiés comme provenant d'un récit de voyage d'Edward Cooke publié en 1712. Un livre déchiré pour bourrer une pièce d'artillerie, c'est aussi une information sur ce qui traînait à bord.

Les objets restaurés sont présentés en Caroline du Nord, principalement au musée maritime de Beaufort, et le programme de recherche publie régulièrement ses résultats sur le site officiel du Queen Anne's Revenge Project. Une minorité de chercheurs continue de considérer l'identification comme probable plutôt que certaine : aucun objet retrouvé ne porte le nom du navire, et la datation repose sur un faisceau d'indices, position, dimensions, artillerie, matériel français et anglais mêlé.

Trois-mâts, canons, silhouette : lire une représentation du Queen Anne's Revenge

Devant une illustration, une maquette ou un jouet, quatre éléments suffisent à savoir si l'on regarde le navire attesté ou une invention : le nombre de mâts, la longueur de la coque, la hauteur du château arrière, et le rapport entre les canons et la taille du bâtiment.

Les données archéologiques et les archives françaises convergent vers un bâtiment d'environ 33 mètres de long pour 7 mètres de large, gréé à trois mâts avec un beaupré, château arrière présent mais modeste, ligne de sabords unique sur la plus grande partie de la longueur. Un rapport longueur sur largeur de presque cinq pour un, ce qui donne une coque courte et relativement fine.

Deux maquettes de voiliers à voiles de toile et pavillons noirs, coques vernies posées sur socles de bois, proue contre proue.
Deux maquettes de voiliers à voiles de toile et pavillons noirs, coques vernies posées sur socles de bois, proue contre proue.

Les représentations fantaisistes se repèrent vite :

  • Le galion à quatre ponts: superstructure arrière énorme, deux ou trois rangées de sabords superposées, silhouette d'un vaisseau de ligne du siècle précédent.
  • Les voiles noires systématiques: la toile coûtait cher, on naviguait avec ce qu'on avait ; rien n'indique une voilure teinte.
  • La figure de proue démesurée et les sculptures dorées, empruntées aux navires de prestige royaux.
  • Les tourelles et passerelles ajoutées par certains fabricants de jouets, sans aucun équivalent dans la marine à voile.

Le navire de Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence (2011) appartient à un troisième registre, celui du décor de cinéma. Barbe Noire y commande son bâtiment avec une épée capable d'animer les cordages, et la silhouette est conçue pour l'écran : monumentale, sculptée, sans échelle réaliste. C'est un objet de fiction assumé, agréable à regarder, qui ne prouve rien sur 1717. Ceux qui aiment ce style trouveront leur compte du côté des bateaux inspirés de Pirates des Caraïbes, à condition de savoir qu'on change de terrain.

Le navire historique, le navire de cinéma et la pièce à exposer
Critère Queen Anne's Revenge historique (1710-1718) Navire de Barbe Noire au cinéma (2011) Bateau Pirate des Caraïbes Maquette
Gréement Trois-mâts, voilure de commerce Trois-mâts très surchargé, cordages animés à l'écran Trois-mâts, gréement rigide monté
Dimensions Environ 33 m de long sur 7 m de large Silhouette monumentale, sans échelle réaliste Modèle court et fin, format d'étagère (dimensions non précisées dans la description)
Coque Coque de négrier français réarmée, sombre Coque noire couverte de sculptures Noire, design court et détaillé
Armement Jusqu'à environ 40 canons, jusqu'à 350 hommes Armement décoratif, effets fantastiques Éléments décoratifs, aucun accessoire de tir
Statut aujourd'hui Épave fouillée depuis 1996, objets exposés en Caroline du Nord Décor de fiction Pièce décorative en plastique solide, indiquée 6 ans et plus

Exposer un navire de Barbe Noire chez soi : maquette, set de construction ou pavillon

Le choix se fait sur l'usage avant le motif : vitrine ou étagère de bureau, chambre d'enfant, ou mur nu. Une maquette montée demande une profondeur d'étagère et une hauteur libre au-dessus. Un set à construire demande du temps et une table. Un pavillon ne demande que deux clous.

Pour un adulte qui veut poser un navire de Barbe Noire dans un bureau, ou un parent qui cherche une pièce à mettre sur une étagère haute dans une chambre, un modèle déjà monté en plastique règle la question du gréement : les mâts et les vergues sont rigides, il n'y a pas de fil à tendre ni de haubans à refaire dans six mois. Le critère qui compte, c'est la silhouette : trois mâts, coque sombre, format court. Un modèle fidèle à ce navire reste petit.

Il ne conviendra pas à qui cherche une activité de montage : là, un set de construction avec équipage et canon amuse davantage un enfant, et occupe une soirée entière à deux. Il ne conviendra pas non plus à qui veut une reconstitution historique documentée du Queen Anne's Revenge, avec plan de voilure et calibres identifiés : c'est un objet décoratif d'inspiration Caraïbes, pas une maquette d'étude. Les dimensions exactes en centimètres et le poids ne sont pas indiqués dans la description, autant les demander avant de commander si ton étagère est étroite.

  1. Mesure la place réelle: profondeur de l'étagère, hauteur libre au-dessus, et cinq bons centimètres derrière pour ne pas coincer le mât d'artimon contre le mur.
  2. Choisis un emplacement hors passage: un beaupré à hauteur de coude se casse au premier coup de manche.
  3. Évite le soleil direct: une exposition prolongée derrière une fenêtre plein sud décolore les plastiques noirs.
  4. Dépoussière au pinceau sec, poils souples, en descendant des mâts vers le pont, plutôt qu'au chiffon qui accroche le gréement.
  5. Complète avec un mur, pas avec un second bateau: un pavillon accroché au-dessus fait plus d'effet que deux coques alignées.
Le détail qui aide Si tu accroches un pavillon à côté d'un modèle réduit, regarde d'abord les œillets métalliques et l'ourlet, puis les dimensions. Un format d'environ 90 x 150 cm remplit un pan de mur d'adulte ; au-dessus d'un lit d'enfant, un format plus petit tient mieux la proportion. Deux crochets suffisent, un dans chaque œillet supérieur, pour éviter les plis en accordéon. Les modèles disponibles sont regroupés dans les pavillons pirates.

Pour un enfant qui veut jouer plutôt que regarder, les sets de construction et les bateaux pirates à assembler couvrent l'autre besoin : figurines, canon, pont ouvrant. Si c'est la version cinéma qui plaît à la maison, les navires de la série Pirates des Caraïbes rassemblent les modèles montés et les sets, avec leurs indications d'âge.

Les questions qu'on me pose

Pourquoi le navire s'appelle-t-il Queen Anne's Revenge ?

Aucun document de l'époque ne rapporte l'explication donnée par Barbe Noire lui-même. L'hypothèse la plus citée relie le nom à la reine Anne, morte en 1714, et aux marins de la Royal Navy démobilisés après la guerre de Succession d'Espagne, dont une partie s'est tournée vers la piraterie. C'est une interprétation solide, pas un fait établi.

Le Queen Anne's Revenge a-t-il été retrouvé ?

Oui, une épave identifiée comme étant la sienne a été localisée en 1996 au large de Beaufort, en Caroline du Nord, à un peu plus de huit mètres de fond. Le site est inscrit au registre national des lieux historiques depuis 2004. Une minorité de chercheurs rappelle qu'aucun objet retrouvé ne porte le nom du navire, et parle d'identification très probable plutôt que certaine.

Quelle est l'histoire du Queen Anne's Revenge en quelques dates ?

Construction vers 1710, exploitation comme négrier français sous le nom de La Concorde, capture par Barbe Noire le 28 novembre 1717 près de la Martinique, réarmement à environ 40 canons, blocus de Charleston en mai 1718, échouement à Beaufort Inlet au printemps 1718. Sept mois de carrière pirate, pas davantage.

Où se trouve l'épave aujourd'hui ?

Elle est restée sur place, dans l'inlet de Beaufort, où les campagnes de fouille se succèdent depuis 1996. Les objets remontés sont traités en laboratoire puis exposés en Caroline du Nord, principalement au musée maritime de Beaufort. Le site lui-même est protégé et n'est pas ouvert à la plongée libre.

Barbe Noire est-il mort à bord du Queen Anne's Revenge ?

Non. Il a été tué le 22 novembre 1718 à Ocracoke, au cours d'un combat rapproché contre l'expédition commandée par le lieutenant Robert Maynard. Le Queen Anne's Revenge était perdu depuis le printemps précédent ; Teach naviguait alors sur un sloop.

Comment entretenir une maquette de navire posée dans une pièce de vie ?

Le principal ennemi d'un modèle réduit gréé, c'est la poussière prise dans les cordages, pas la saleté du pont. Un pinceau à poils souples, sec, passé une fois par mois du haut des mâts vers la coque suffit ; l'eau et les produits sont inutiles et risquent de décoller les petites pièces. Garde la maquette hors d'une fenêtre exposée plein sud, le plastique noir se décolore à la longue, et pose-la assez haut si de jeunes enfants circulent dans la pièce.

« Un aspect tel que l'imagination ne saurait concevoir de furie venue de l'enfer d'allure plus effrayante. » Charles Johnson, A General History of the Pyrates, 1724, à propos de Barbe Noire.