Golden Hind : Le navire corsaire le plus rentable de l'histoire

Golden Hind : Le navire corsaire le plus rentable de l'histoire

En septembre 1580, le Golden Hind rentre à Plymouth chargé d'argent, d'or et de pierreries pris pour l'essentiel à un seul navire, le galion espagnol Nuestra Señora de la Concepción. La part revenue à Élisabeth Ire aurait suffi à éponger la dette extérieure de la couronne d'Angleterre. Le navire qui rapporte tout cela jauge 100 à 150 tonneaux et embarque une quarantaine de marins.

Pont de voilier en bois avec cordages enroulés et planches patinées au coucher du soleil.
Pont de voilier en bois avec cordages enroulés et planches patinées au coucher du soleil.

Ce rapport entre le tonnage et le butin est ce qu'il y a de plus remarquable dans l'affaire. À mon avis, il s'explique par la modestie du bâtiment, conçu pour le raid et non pour le combat rangé. Tout ce qu'on lui prête de grandiose, la taille, l'artillerie lourde, le titre de premier tour du monde, a été ajouté après coup.

Tu ressortiras d'ici avec les dimensions attestées, une méthode simple pour calculer la rentabilité d'une expédition de course, un tableau qui distingue le navire d'origine de ses quatre reconstructions, et de quoi reconnaître un galion élisabéthain sur une gravure comme sur une maquette.

L'essentiel
  • Le navire s'appelait d'abord Pelican. Drake le rebaptise Golden Hind en 1578, à l'approche du détroit de Magellan, en hommage à Christopher Hatton, l'un de ses bailleurs, dont les armes portaient une biche dorée.
  • Galion corsaire de 100 à 150 tonneaux, environ 31 m de coque, 6 m de maître-bau, 22 canons annoncés, 40 à 60 marins et une vingtaine d'officiers.
  • Le voyage court de décembre 1577 à septembre 1580 : deuxième circumnavigation après la Victoria de l'expédition Magellan (1522), première dont le capitaine revient vivant à son bord.
  • Drake naviguait en corsaire, avec la bénédiction de la reine contre les intérêts espagnols. La distinction avec la piraterie est juridique, et elle change tout au calcul du butin.
  • Le navire d'origine a pourri à quai à Deptford et a été démoli au milieu du XVIIe siècle. Il n'en subsiste que du mobilier tiré de son bois.
  • Le Golden Hinde visitable à Londres est une reconstruction lancée en 1973 dans le Devon, pas le bâtiment de Drake.

« Drake était un pirate » : la première erreur, et pourquoi elle change tout

Francis Drake naviguait sous commission royale. Il attaquait les possessions et les navires espagnols avec l'accord d'Élisabeth Ire et l'argent d'investisseurs privés, dont Christopher Hatton. Le mot juste est corsaire, et ce statut légal est la première raison de la rentabilité du voyage.

La nuance n'est pas décorative. Un corsaire agit sous lettre de course, un document délivré par un souverain qui l'autorise à prendre les navires d'une nation désignée, en temps de guerre déclarée ou de conflit larvé. Il ramène ses prises dans un port ami, elles sont évaluées, puis réparties entre la couronne, les armateurs et l'équipage. Un pirate, lui, n'a de compte à rendre à personne, ce qui veut aussi dire qu'il n'a aucun port où faire reconnaître sa prise, aucun marché légal pour la vendre et aucun protecteur quand il se fait prendre.

Côté espagnol, la lecture est inverse depuis 1580 : on l'appelle El Draque et on le tient pour un pirate. Les deux versions se côtoient selon le pavillon, et elles sont défendables toutes les deux, puisque le statut de corsaire n'existe que pour celui qui délivre la commission.

Retiens la conséquence économique : sans ce cadre légal, l'argent du Cacafuego aurait été dilapidé dans des ports de contrebande, à des prix de receleur. Ramené à Deptford, il a été compté. C'est aussi pour cela que les trois-mâts noirs à tête de mort qu'on trouve dans les modèles décoratifs inspirés de Pirates des Caraïbes relèvent d'un autre registre que le navire de Drake : l'imagerie du pirate hors-la-loi, pas celle du corsaire mandaté.

« Le Golden Hind était un grand galion de guerre » : les chiffres disent le contraire

Les dimensions couramment retenues donnent une coque d'environ 31 m, un maître-bau autour de 6 m (20 pieds), un tirant d'eau de 9 pieds et un déplacement estimé à 120 tonnes, pour une jauge de 100 à 150 tonneaux. À l'échelle des flottes du XVIe siècle, c'est un petit bâtiment.

Les sources annoncent 22 canons, dont une majorité de pièces légères d'après les reconstitutions d'architectes navals modernes. De quoi tenir tête à un marchand surpris et mal armé, pas de quoi affronter une escadre. Le galion espagnol des flottes des Indes, à la même époque, pèse deux à quatre fois plus lourd et porte une artillerie autrement sérieuse.

Ce format explique les succès du voyage bien mieux que le courage supposé de l'équipage. Un faible tirant d'eau permet d'entrer dans des criques et de longer des côtes mal connues. Une coque fine se carène plus vite et se répare avec les moyens du bord. Quarante à soixante hommes se nourrissent moins qu'un équipage de deux cents. Et devant plus fort que soi, on fuit. Je préfère de loin ces coques-là aux grands trois-mâts de parade : elles remplissent leur office avec ce qu'elles ont.

Dans la pratique Les tonneaux ne parlent à personne. Convertis-les en mètres de pont avant de t'émerveiller. À la base nautique où je travaille, le plus grand bateau fait une dizaine de mètres : le Golden Hind, c'est trois de ces coques mises bout à bout, avec une soixantaine d'hommes dedans pour trois ans de mer.

« Il s'est toujours appelé Golden Hind » : le Pelican et le vrai motif du changement de nom

Le navire est mis sur cale en 1575 et lancé en 1577 sous le nom de Pelican. Drake le rebaptise Golden Hind en 1578, au moment d'aborder le détroit de Magellan. Le changement de nom s'explique par un calcul politique et non par le caprice d'un capitaine.

Christopher Hatton, courtisan influent et l'un des bailleurs de l'expédition, portait une biche dorée dans ses armes. Golden hind se traduit littéralement par biche dorée. En rebaptisant son navire, Drake rend hommage à son financeur au moment précis où il en a le plus besoin.

Le contexte immédiat éclaire ce besoin. Quelques semaines plus tôt, à Port Saint-Julien, sur la côte patagonne, Drake a fait juger et exécuter Thomas Doughty, gentilhomme de l'expédition accusé de mutinerie et de sorcellerie. Doughty était un protégé de Hatton. Le capitaine venait donc de faire décapiter l'homme de son principal soutien à la cour, à des milliers de milles de Londres, avec l'obligation de rentrer un jour s'expliquer.

Le nom du navire, dans cette lecture, est un message envoyé d'avance à un homme puissant. On n'a pas de lettre où Drake l'écrit noir sur blanc, et je m'arrête là : la coïncidence de dates est forte, la preuve directe manque.

« Drake a été le premier à faire le tour du monde » : ce que l'expédition Magellan avait déjà fait

Non. La première circumnavigation est bouclée en 1522 par la Victoria, sous le commandement de Juan Sebastián Elcano, Magellan ayant été tué aux Philippines en cours de route. Le Golden Hind est le deuxième navire à en faire autant, cinquante-huit ans plus tard, et le premier dont le capitaine a commandé le voyage du départ au retour.

Carte ancienne, boussole et livre posés sur le rebord d'un hublot avec vue sur la mer agitée et la côte rocheuse.
Carte ancienne, boussole et livre posés sur le rebord d'un hublot avec vue sur la mer agitée et la côte rocheuse.

La formule exacte, celle qu'on peut écrire sans se tromper, est « premier navire anglais à faire le tour du monde ». Elle suffit largement. Sur l'expédition qui a ouvert la voie, j'ai écrit une fiche à part sur les voyages de Ferdinand Magellan, utile pour comparer les deux traversées du Pacifique.

Un détail passe souvent à la trappe : Drake est parti de Plymouth en décembre 1577 avec cinq bâtiments, le Pelican, l'Elizabeth, le Marigold, le Swan et le Christopher. Le Swan et le Christopher sont sacrifiés en cours de route pour regrouper hommes et vivres, le Marigold disparaît corps et biens dans les tempêtes du sud, l'Elizabeth rebrousse chemin vers l'Angleterre. Il reste un navire.

L'itinéraire, ensuite, tient en quatre étapes : descente de l'Atlantique et passage par le détroit de Magellan, remontée de la côte pacifique de l'Amérique du Sud en pillant les ports et les caboteurs espagnols, escale sur une côte de Californie que Drake baptise Nova Albion en 1579, puis traversée du Pacifique vers les Moluques, passage par Java, cap de Bonne-Espérance et retour à Plymouth le 26 septembre 1580.

« Le navire de Drake se visite à Londres » : ce qu'il reste vraiment du Golden Hind

Le Golden Hind d'origine n'existe plus. Après l'anoblissement de Drake à son bord en 1581, il est laissé à quai à Deptford, sur la Tamise, comme attraction publique. Le bois travaille, l'eau entre, le navire se dégrade et il est démoli au milieu du XVIIe siècle.

Deux pièces de mobilier sont réputées tirées de ses membrures : un fauteuil conservé à la Bodleian Library d'Oxford et une table au Middle Temple de Londres. C'est tout ce qui subsiste, et encore, avec la prudence qui s'impose sur une tradition d'attribution vieille de trois siècles et demi.

Ce qu'on visite aujourd'hui à St Mary Overie's Dock, à Southwark, est une reconstruction achevée en 1973 au chantier Hinks, dans le Devon. Elle a navigué, beaucoup, avant d'être amarrée à poste et ouverte au public ; le site du musée détaille son programme de visites. Comme source, elle vaut moins pour son authenticité que pour ce qu'elle rend physique : la hauteur d'entrepont où un adulte ne se tient pas debout, l'exiguïté du gaillard, la place réelle laissée à soixante hommes et à leurs vivres.

Le Golden Hind d'origine et ses quatre reconstructions

Navire Date Lieu Statut aujourd'hui Ce qu'il apporte
Golden Hind (ex-Pelican) Quille 1575, lancé 1577 Plymouth Pourri à quai à Deptford, démoli au milieu du XVIIe siècle Le navire de Drake ; ne subsistent qu'un fauteuil (Bodleian) et une table (Middle Temple) tirés de son bois
Reconstruction de Southend-on-Sea 1947 Essex Disparue Première tentative d'après-guerre, à visée touristique
Reconstruction de Brixham 1963 Devon Amarrée à Brixham Navire-musée local, dans un port lié à Drake
Seconde reconstruction de Brixham 1988 Devon Existante Version plus documentée que celle de 1963
Golden Hinde de Londres 1973, chantier Hinks (Devon) St Mary Overie's Dock, Southwark Ouverte à la visite, à l'arrêt Reconstruction navigante à l'origine ; la meilleure idée des volumes intérieurs

Compter la rentabilité d'un navire corsaire : la méthode, appliquée au Golden Hind

Une expédition de course se juge sur quatre postes : ce qu'a coûté l'armement, ce qui revient aux investisseurs, ce qui revient à la couronne, ce qui revient à l'équipage. Le Golden Hind coûte très peu à armer, et rapporte énormément à la couronne grâce à une seule prise.

  • Armement: cinq petits navires, un équipage réduit, des vivres pour un voyage dont personne ne connaît la durée. Coût faible rapporté à une flotte de guerre.
  • Investisseurs: un tour de table privé, dont Hatton, avec une part du butin en retour.
  • Couronne: la reine est partie prenante, discrètement, ce qui la rend bénéficiaire directe des prises.
  • Équipage: une part par homme, largement inférieure au total, mais suffisante pour transformer des marins en propriétaires terriens.

La prise décisive intervient en mars 1579, au large des côtes du Pérou et de l'actuel Équateur : le Nuestra Señora de la Concepción, surnommé Cacafuego, transportait de l'argent, de l'or et des pierreries destinés à Panama. Le transfert de la cargaison a demandé plusieurs jours.

Ce que ce butin a permis fait l'objet de chiffres très variables selon les auteurs, et je ne vais pas trancher : les conversions de monnaies anciennes en valeur actuelle reposent sur des choix d'indices discutables, et les comptes de l'expédition ont été volontairement brouillés à l'époque pour ménager l'Espagne. Ce qui est solidement établi, c'est l'ordre de grandeur politique : la part royale a servi à rembourser la dette extérieure de la couronne, et Drake a été fait chevalier à bord de son propre navire, à Deptford, en avril 1581.

Le rapport butin sur tonnage, lui, reste sans équivalent connu. Aucun grand navire de bataille n'a jamais approché ce ratio, pour une raison simple : un navire lourd coûte cher à armer, à nourrir et à entretenir, et il est fait pour combattre d'autres navires de guerre, pas pour surprendre des marchands mal gardés.

Reconnaître un galion élisabéthain sur une gravure, une maquette ou un set de construction

Trois repères suffisent : trois mâts plus un beaupré, un gaillard d'arrière nettement surélevé, une coque courte et fine comparée aux galions des Indes. Cette silhouette identifie le type au premier regard, indépendamment de la taille de l'objet que tu as sous les yeux.

Le contraste avec les navires de l'âge d'or de la piraterie (1650-1730) est net. Le sloop à un mât et la goélette à voilure aurique, préférés des équipages des Caraïbes pour leur vitesse et leur faible tirant d'eau, n'ont ni ce château arrière ni cette voilure carrée étagée. Un galion élisabéthain et un sloop de Nassau, ce sont deux siècles et deux logiques de navigation d'écart.

L'iconographie a ensuite ajouté sa couche. La coque et les voiles noires sont une convention de l'imagerie corsaire depuis le XIXe siècle : un trois-mâts noir est aussitôt identifié comme un bateau pirate, même en petit format. S'y ajoutent les sabords en surnombre et le pavillon à tête de mort hissé sur des navires qui n'en ont jamais porté. Ce sont des codes de représentation, pas des erreurs de fabricant, et ils fonctionnent très bien pour ce qu'on leur demande.

Pour un objet destiné à rester sur une étagère, deux critères passent avant l'échelle annoncée. L'encombrement réel une fois posé : un modèle court se glisse entre deux piles de livres, un grand set réclame 40 cm de linéaire et une hauteur libre suffisante pour les mâts. Et la matière : un plastique solide se dépoussière à sec sans risque, contrairement à un gréement en fil monté sur une maquette en bois, où chaque coup de chiffon accroche une drisse.

Détail de la coque en bois usé d'un navire, avec cordages et ferrures de laiton oxydé.
Détail de la coque en bois usé d'un navire, avec cordages et ferrures de laiton oxydé.
Pour le Bateau Pirate des Caraïbes Maquette, la description du modèle indique : trois-mâts noir, format court et fin, plastique solide, à partir de 6 ans, présenté comme pièce décorative. Les dimensions exactes en centimètres ne figurent pas dans la description : à demander avant de réserver une place au millimètre sur une étagère.

Si tu cherches un objet qui prolonge une lecture comme celle-ci, un modèle décoratif tient sa place mieux qu'une affiche : on le voit de trois quarts, on suit le passage des mâts, on montre le beaupré à un enfant en lui expliquant à quoi il sert. Le format court a un avantage concret, il se pose là où un grand navire ne rentre pas.

Ce n'est pas la pièce à choisir si tu veux une représentation fidèle du Golden Hind: la coque noire et le style général relèvent de l'imagerie Pirates des Caraïbes, pas de l'architecture navale élisabéthaine. Et si l'objet est destiné à un enfant qui veut le manipuler, mieux vaut regarder du côté des bateaux pirates à monter, où le montage fait partie du plaisir et où une pièce décollée se remet en place.

Exposer un galion chez soi et raconter l'histoire de Drake à un enfant

Un modèle court se pose sur une étagère de bibliothèque, un coin de bureau ou un dessus de commode. La règle qui sert le plus est celle du dégagement : compte 5 cm devant la pointe du beaupré, qui dépasse toujours plus qu'on ne le croit et qui accroche les manches.

  1. Mesure le linéaire disponible, puis retire 5 cm pour le beaupré.
  2. Vérifie la hauteur libre au-dessus de l'emplacement : le grand mât est souvent le point le plus haut, et il ne se plie pas.
  3. Regarde comment le modèle tient : socle plat ou quille posée directement, ce qui change sa stabilité sur une étagère étroite.
  4. Évite la lumière directe du soleil, qui jaunit les plastiques clairs et fatigue les fils de gréement.
  5. Prévois l'outil de dépoussiérage avant l'installation : un pinceau souple sec, passé entre les mâts, plutôt qu'un chiffon qui s'accroche.
Dans la pratique Pour raconter Drake à un enfant, trois faits accrochent bien mieux que les dates : un navire qui change de nom en pleine expédition pour flatter un homme resté à terre, une biche dorée comme motif de ce nom, et un trésor qui paye les dettes d'une reine. Le reste vient tout seul, en montrant le beaupré et le gaillard d'arrière du doigt.

Une distinction à ne pas perdre de vue quand on mélange les registres : l'histoire réelle de Drake, l'imagerie de cinéma et le jeu costumé sont trois choses différentes, et toutes trois ont leur intérêt. Un enfant peut très bien enfiler un tricorne et un cache-œil de la collection déguisements pirate pour une soirée, à condition qu'on lui dise que le corsaire de 1580 ne ressemblait pas à ça.

Pour les modèles décoratifs de trois-mâts noirs, les formats et les finitions se comparent d'un coup d'œil dans la collection Bateaux Pirate des Caraïbes, où figurent aussi les versions à construire.

Questions pratiques

Quel est le nom du bateau de Francis Drake ?

Le Golden Hind. Il portait auparavant le nom de Pelican, sous lequel il a quitté Plymouth en décembre 1577. Drake commanda d'autres navires au cours de sa carrière, notamment le Revenge contre l'Armada en 1588, mais c'est le Golden Hind qui a bouclé le tour du monde.

Pourquoi le Pelican a-t-il été rebaptisé Golden Hind ?

Pour honorer Christopher Hatton, financeur de l'expédition, dont les armes comportaient une biche dorée. Le changement intervient en 1578, peu après l'exécution de Thomas Doughty, un protégé de Hatton, à Port Saint-Julien. Le geste est diplomatique ; aucun document connu ne le formule explicitement, mais l'enchaînement des faits est bien documenté.

Quelle était la taille réelle du Golden Hind ?

Environ 31 m de coque, à peu près 6 m de maître-bau, 9 pieds de tirant d'eau, pour une jauge estimée entre 100 et 150 tonneaux et un déplacement d'environ 120 tonnes. Les sources varient d'un auteur à l'autre, faute de plans d'origine. L'ordre de grandeur, lui, ne bouge pas : un petit navire pour un très long voyage.

Le Golden Hind était-il un bateau pirate ou un navire corsaire ?

Un navire corsaire, du point de vue anglais : Drake agissait avec l'accord de la couronne, contre une nation désignée, et ramenait ses prises pour partage officiel. Du point de vue espagnol, on le tenait pour un pirate, et cette lecture n'a jamais disparu. Les deux qualifications dépendent du pavillon sous lequel on juge l'affaire.

Peut-on encore voir le Golden Hind original ?

Non. Il a été exposé à quai à Deptford après 1581, s'est dégradé faute d'entretien et a été démoli au milieu du XVIIe siècle. Restent un fauteuil à la Bodleian Library d'Oxford et une table au Middle Temple, faits de son bois selon la tradition. Le navire de Southwark date de 1973.

Quel trésor le Golden Hind a-t-il rapporté en Angleterre ?

De l'argent, de l'or et des pierreries, provenant surtout de la prise du Nuestra Señora de la Concepción en mars 1579, complétés par des pillages de ports et de caboteurs le long de la côte pacifique. Les évaluations chiffrées divergent fortement selon les historiens et les méthodes de conversion. Le fait établi est que la part de la reine a couvert la dette extérieure de la couronne.

Quelle place prévoir pour une maquette de trois-mâts sur une étagère ?

Mesure la longueur totale du modèle, beaupré compris, et ajoute 5 cm de dégagement devant, sinon la pointe dépasse du meuble et se prend dans tout ce qui passe. Vérifie aussi la hauteur libre au-dessus, souvent oubliée. Un modèle court tient dans une bibliothèque standard, un grand set de construction réclame plutôt 40 cm de linéaire dédié.

Il doit y avoir un commencement à toute grande entreprise, mais c'est de la poursuivre jusqu'à son achèvement que vient la vraie gloire. (Francis Drake, lettre à Sir Francis Walsingham, 17 mai 1587)