Les pirates dans les arts : Inspiration et représentation

Les pirates dans les arts : Inspiration et représentation

En 1724 paraît à Londres A General History of the Pyrates, signée d'un certain capitaine Charles Johnson. Le livre est illustré de gravures : Barbe Noire, mèches à combustion lente glissées sous son chapeau, Anne Bonny et Mary Read debout, armes à la main. Ces planches ont été imprimées six ans après la mort de Barbe Noire, par un graveur qui ne l'avait jamais vu.

Carte marine déroulée sur le rebord d'une cabine, avec vue sur un voilier à trois mâts au coucher du soleil.
Carte marine déroulée sur le rebord d'une cabine, avec vue sur un voilier à trois mâts au coucher du soleil.

C'est de là que part presque tout. Quand on regarde les pirates dans les arts, on remonte à une imagerie de librairie plutôt qu'à des modèles vivants : le portrait en pied, la barbe, la ceinture chargée. Les illustrateurs se sont recopiés les uns les autres pendant trois siècles, du roman d'aventure au manga.

Je reprends cette chaîne d'images étage par étage, de la gravure de 1724 aux pavillons d'équipages dessinés par Eiichiro Oda, et je donne au passage le critère que je regarde en premier avant d'accrocher ou de porter un motif pirate : le contraste du dessin sur son fond, avant même le sujet représenté.

À retenir
  • L'iconographie pirate vient de l'imprimé : gravures de 1724, illustrations d'Howard Pyle et de N.C. Wyeth au début du XXe siècle, puis cinéma. Les peintures d'époque montrant des pirates sont rarissimes.
  • Le Jolly Roger n'est pas un logo unique : les pavillons attribués à Calico Jack, à Barbe Noire ou à Bartholomew Roberts sont des dessins distincts.
  • La bande dessinée a pris le relais du roman d'aventures : Barbe-Rouge, Isaac le Pirate de Christophe Blain, One Piece, trois façons très différentes de représenter un équipage.
  • Trois styles à ne pas mélanger : l'histoire attestée de 1650-1730, la fiction, et le jeu (déguisement, décoration, atelier d'arts plastiques).
  • Pour accrocher ou porter un motif : contraste sur le fond, finesse d'impression, grammage du support, place réelle disponible.
  • La structure du motif est simple (un crâne, deux éléments croisés), ce qui en fait un excellent point de départ d'atelier créatif.

D'où vient l'image du pirate qu'on a tous en tête ?

De l'édition illustrée, pour l'essentiel des gravures et des planches de romans. Le pirate n'a pratiquement jamais été peint de son vivant, parce qu'il ne commandait pas de portrait et que personne n'avait intérêt à en produire. Ce sont les graveurs de livres, puis les illustrateurs de romans, qui ont fabriqué sa silhouette.

La peinture de marine des XVIIe et XVIIIe siècles existe pourtant, et elle est abondante. Les Van de Velde, père et fils, peignent des flottes et des combats pour la Hollande puis pour l'Angleterre. Joseph Vernet reçoit en 1753 la commande royale des Ports de France et passe une dizaine d'années à peindre des quais, des grues, des marins au travail. Des navires, des ports, des batailles : jamais un équipage hors la loi, sujet sans commanditaire.

Le deuxième étage arrive vers 1900 avec les illustrateurs américains. Howard Pyle publie dans Harper's des scènes de flibuste, puis N.C. Wyeth illustre en 1911 l'édition Scribner's de L'Île au trésor. C'est là qu'apparaît le pirate en couleur : ceinture rouge, chemise ouverte, bottes retroussées, planté sur une plage claire, souvent seul avec un coffre. Cette silhouette-là a été reprise par le cinéma, puis par les fabricants de costumes, et elle circule encore telle quelle.

Ce que l'imagerie a effacé, c'est le petit. Un équipage de l'âge d'or de la piraterie manœuvrait le plus souvent un sloop ou une goélette, coque basse, faible tirant d'eau, capable de se faufiler dans des hauts-fonds où une frégate n'entrait pas. Les prises étaient des cargaisons ordinaires, du sucre, des tissus, des vivres, des cordages. Et la fin de carrière la plus fréquente n'était pas l'île déserte, c'était la corde. Les illustrateurs ont gardé le grand navire et le coffre, parce que ça se dessine mieux.

Un peu de contexte Les attributs du pirate de fiction se sont empilés œuvre après œuvre. La jambe de bois et le perroquet viennent de Long John Silver, inventé par Stevenson en 1883. Le crochet vient du capitaine de Peter Pan, créé par J. M. Barrie pour la scène en 1904. L'accent traînant et le « arrr » viennent d'un acteur, Robert Newton, dans l'adaptation Disney de L'Île au trésor en 1950. Aucun de ces traits n'apparaît dans les documents d'époque.

Quelles œuvres ont fabriqué le mythe, livre après film ?

Quatre étages successifs : le roman d'aventure, l'illustration, la scène, le cinéma. Chacun a ajouté des éléments, et chacun en a supprimé d'autres, en général les plus documentaires.

L'Île au trésor, publié en volume en 1883, installe le décor complet : la carte, la croix, le coffre enterré, le vieux marin qui connaît le secret. Stevenson raconte lui-même être parti d'une carte dessinée pour amuser un enfant. Le détail compte, parce que le trésor enfoui est à peu près introuvable dans les sources : le butin se partageait vite, en parts, à bord. La carte au trésor est une invention littéraire qui a colonisé tout le reste, jusqu'aux cartes au trésor qu'on utilise aujourd'hui pour une chasse d'anniversaire.

La scène prend le relais. The Pirates of Penzance, opérette de Gilbert et Sullivan créée en 1879, transforme l'équipage en troupe comique de sentimentaux. Peter Pan ajoute le pirate d'enfance, en habit, poursuivi par un crocodile. Deux versions très éloignées de la course maritime réelle, et deux succès durables.

Le cinéma hollywoodien fixe ensuite la gestuelle de cape et d'épée, avec Captain Blood en 1935 et une génération de films d'abordage à l'épée fine et aux vergues bien peignées. La saga Pirates des Caraïbes, à partir de 2003, opère un dernier virage : le pirate devient un personnage baroque, drôle, un peu ivre, très maquillé, dont le prestige tient au jeu d'acteur plus qu'au navire.

Reste la musique. Les chants de marins qu'on entend aujourd'hui dans les fêtes maritimes ou repris en ligne sont pour l'essentiel des chants de travail de la marine marchande du XIXe siècle, sans lien avec la piraterie. Ils accompagnaient une manœuvre, hisser une vergue, virer au cabestan, et leur rythme correspond à un effort collectif.

On retrouve ce point dans À l'abordage ! Pirates, corsaires et flibustiers dans la salle Ovale (salleovale.bnf.fr).

Pourquoi la bande dessinée et le manga ont-ils repris le flambeau ?

Parce que le dessin séquentiel montre ce qu'une toile unique ne peut pas montrer : la manœuvre, la durée d'une traversée, la vie à bord entre deux escales. Un abordage se raconte en douze cases, pas en un tableau.

La lignée franco-belge s'est construite là-dessus. Barbe-Rouge, créé par Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon dans Pilote en 1959, déroule des campagnes entières avec des navires nommés et des manœuvres décrites. Bob de Moor, dans l'entourage d'Hergé, poussait la documentation maritime plus loin encore : ses coques et ses gréements ressemblent presque à des plans techniques. Quand un dessinateur a fait ce travail, on voit tout de suite si le trois-mâts est barque ou carré, si la voilure est aurique ou carrée.

Isaac le Pirate, de Christophe Blain, publié chez Dargaud à partir de 2001, prend un angle rare : un peintre est embauché à bord pour représenter le voyage, et se retrouve embarqué dans une expédition qui tourne à la piraterie. Une bande dessinée sur un artiste dans un équipage, c'est le point exact où l'art et la piraterie se rencontrent pour de vrai, et le dessin y est volontairement rapide, tremblé, peint à l'aquarelle.

Compas et instruments de navigation posés sur le pont en bois d'un navire, entourés de cordages enroulés.
Compas et instruments de navigation posés sur le pont en bois d'un navire, entourés de cordages enroulés.

One Piece, d'Eiichiro Oda, publié depuis 1997, fonctionne encore autrement. Chaque équipage y possède son pavillon, construit comme un blason : une base commune, crâne et éléments croisés, puis une marque propre au capitaine, un chapeau, une couronne, une paire de lunettes, une cicatrice. Le lecteur reconnaît l'équipage au pavillon avant de reconnaître les personnages, y compris pour des équipages secondaires qui n'apparaissent que sur quelques chapitres. C'est un système emprunté à l'héraldique bien plus qu'à la marine réelle : à bord d'un sloop de 1720, un pavillon servait à faire peur et à faire céder sans combat, pas à signer une identité personnelle.

Sur ce point, pirates ! | Cité internationale de la bande dessinée et de l'image (citebd.org) donne des repères vérifiables.

Cinq représentations du pirate, ce qu'elles inventent et ce qu'elles doivent à l'histoire

Œuvre / support Époque Ce qu'elle a imposé Part historique
Gravures de A General History of the Pyrates 1724 Le portrait en pied du capitaine, barbe et armes à la ceinture Noms et faits réels, mise en scène inventée
L'Île au trésor, Stevenson 1883 Carte au trésor, coffre enterré, marin unijambiste Très faible : les trésors enfouis sont quasi inexistants
Illustrations d'Howard Pyle et de N.C. Wyeth 1900-1920 La couleur, la plage, la silhouette codifiée du costume Décor caribéen plausible, vêtements idéalisés
Bande dessinée franco-belge (Barbe-Rouge, Isaac le Pirate) 1959-années 2000 Le navire dessiné avec son gréement, la vie à bord Documentation maritime souvent sérieuse
One Piece, Eiichiro Oda depuis 1997 Le pavillon comme blason personnel d'équipage Aucune : univers de fiction assumé

Le Jolly Roger est-il devenu un motif graphique plus qu'un pavillon ?

Oui. Depuis le XXe siècle, le crâne surmontant deux éléments croisés fonctionne comme un signe autonome, imprimé sur des pochettes de disque, des affiches, des murs et des vêtements, très loin de tout usage maritime.

À l'époque où il servait vraiment, il n'y avait pas un pavillon mais des pavillons. Celui attribué à Calico Jack Rackham montre un crâne surmontant deux sabres croisés. Celui attribué à Bartholomew Roberts le représente debout sur deux crânes, avec des initiales. Celui attribué à Barbe Noire est un squelette tenant un sablier et pointant une lance vers un cœur qui saigne, mais son attribution est tardive et discutée : on ne dispose pas d'un dessin contemporain qui la garantisse. Quand une source hésite, autant le dire. Si tu veux le détail pavillon par pavillon, j'ai fait le tour de la question dans mon top 8 des drapeaux pirates les plus célèbres.

Si cette forme a survécu à ses équipages, c'est pour des raisons purement graphiques. Deux valeurs seulement, du blanc sur du noir. Une symétrie axiale. Un élément central identifiable en une fraction de seconde, même à trois cents mètres, même quand la toile faseye. Ce sont exactement les qualités qu'on demande à un pictogramme moderne, et c'est pour ça que le motif se transpose aussi bien sur une sérigraphie ou un tatouage.

Le principe du détournement est simple : on garde le crâne, on remplace les tibias. Deux clés à molette, deux pinceaux, une paire de couverts, selon le métier qu'on veut évoquer. Le signe reste lisible et l'objet croisé indique le domaine. J'ai un faible pour les versions dessinées à la main, un peu asymétriques, où l'on voit le tracé du feutre ou du pinceau : l'ossature n'est pas parfaite, les hachures bavent, et le dessin gagne en présence ce qu'il perd en propreté. Les impressions parfaitement symétriques donnent souvent un résultat plus froid.

Un point à ne pas confondre : hisser un pavillon sur un mât et imprimer un crâne sur un mur ou un tee-shirt ne relèvent pas du même usage. Le premier est un acte de signalisation en mer, encadré par les règles de pavillon national ; le second est une image, et rien d'autre.

Comment porter un motif pirate sans avoir l'air déguisé ?

En choisissant un motif dessiné plutôt qu'un accessoire de costume, et un support sur lequel l'image tient. Un crâne imprimé sur un tee-shirt sombre se porte au quotidien ; un chapeau à plume et un cache-œil, non.

Le premier repère est le contraste. Sur fond noir, une tête de mort blanche gagne en présence et les détails fins ressortent : l'ossature, les hachures, les creux des orbites. Sur un tirage clair, le même dessin s'aplatit et il faut souvent forcer les contours pour qu'il reste lisible. Avant de regarder le sujet, regarde le fond sur lequel il est posé.

Le deuxième repère est le duo grammage et impression. Un tissu à grammage élevé, souple et respirant, en polycoton, encaisse une impression numérique haute définition sans que le dessin se déforme quand le vêtement est porté et lavé. Un jersey trop fin fait exactement l'inverse : le motif tire au niveau de la poitrine et se craquelle plus vite.

Le troisième repère est la taille. Les coupes imprimées taillent souvent petit, et sur un motif centré c'est visible immédiatement, parce que le dessin est étiré. Mesurer son tour de poitrine et se reporter au guide des tailles vaut mieux que se fier à sa taille habituelle. Dans les t-shirts pirate, l'écart d'une taille change surtout la position du crâne sur le torse.

Quand le contraste, le support et la taille suivent, le motif fait ce qu'on lui demande : un signe, un seul, sur un vêtement ordinaire. Et parmi les détournements du Jolly Roger, celui qui remplace les tibias par des outils d'atelier me paraît le plus juste pour un article sur les pirates dans les arts, parce qu'il dit exactement d'où vient l'imagerie : d'un dessinateur, d'une planche, d'une main qui trace.

Ce n'est pas la bonne pièce si tu cherches un rendu historique ou une reproduction de pavillon attesté : le dessin est contemporain, proche de l'affiche et du graphisme urbain, et il assume son décalage. Pour une soirée à thème complète, un vêtement seul ne suffira pas non plus, il vaut mieux regarder du côté des déguisements pirate, qui règlent la question de la silhouette entière.

Quelles œuvres pirates accrocher chez soi, et comment les installer ?

Trois familles, à ne pas traiter de la même façon : l'image encadrée, le textile à œillets, l'objet en volume. Chacune demande une place différente et un mode d'accrochage différent.

Forteresse médiévale sur falaise rocheuse au lever du soleil, voilier amarré au premier plan et navire en arrière-plan dans le brouillard.
Forteresse médiévale sur falaise rocheuse au lever du soleil, voilier amarré au premier plan et navire en arrière-plan dans le brouillard.

Pour une image encadrée, mesure le mur avant de choisir le format, pas l'inverse. Une règle d'accrochage courante consiste à placer le centre de l'image autour de 1,50 m du sol, hauteur de regard d'un adulte debout. Sur un motif sombre, évite le face-à-face direct avec une fenêtre : les reflets sur un verre mangent d'abord les zones noires, donc précisément le fond d'un Jolly Roger.

Le pavillon en toile polyester à œillets métalliques se tend à plat contre un mur avec deux points d'accroche hauts, parfois quatre si la toile est grande. À l'extérieur, sur une hampe, il faut accepter qu'il bouge et qu'il travaille : à la base nautique où je travaille, les pavillons rentrés le soir tiennent deux saisons quand ceux laissés dehors tout l'été grisent nettement. Quand il s'agit d'un pavillon de fiction, l'important est de vérifier l'équipage exact : dans One Piece, deux équipages voisins n'ont pas le même emblème, et un fan verra la différence tout de suite.

Les objets en volume sont les plus exigeants en place. Un set de construction ou une maquette de la collection bateaux pirate se traite comme une pièce de vitrine : emprise au sol réelle mesurée avant l'achat, poussière à retirer au pinceau souple, lumière directe à éviter parce que certaines teintes de plastique jaunissent. J'étiquette les silhouettes que je garde chez moi, sloop, chaloupe, misainier, ça évite de raconter n'importe quoi à un visiteur.

Le coffre pirate, lui, gagne à servir : bout de canapé, rangement de plaids ou de jeux, table basse d'appoint. Un coffre vide au milieu d'une pièce fait décor de vitrine, un coffre qui range quelque chose reste un meuble.

Repère utile Compose au lieu d'accumuler : un motif fort au mur, un objet en volume, un textile. Trois éléments suffisent à donner le thème dans une pièce. Au-delà, les signes se concurrencent et l'ensemble ressemble à un rayon de magasin plutôt qu'à un intérieur.

Comment faire de l'art pirate soi-même, avec ou sans les enfants ?

Pars de la structure du motif : un crâne, deux éléments croisés dessous. C'est une charpente à trois pièces, à la portée d'un enfant de six ans, et qui se détourne indéfiniment en changeant simplement les deux objets croisés.

En 1993, j'avais neuf ans, et ma mère m'a aidé à découper une tête de mort dans un vieux drap noir pour un anniversaire déguisé. Le résultat était tordu, une orbite plus grosse que l'autre. Il est resté punaisé au-dessus de mon lit jusqu'au collège. Un pavillon fait à la main a cet avantage sur une impression : l'enfant sait exactement d'où il vient.

  1. Choisir les deux éléments croisés avant de dessiner le crâne : pinceaux, rames, clés, cuillères en bois. C'est ce couple qui donne son sujet au dessin.
  2. Découper un pochoir dans du carton fin, crâne d'un côté, éléments croisés de l'autre, pour pouvoir répéter le motif proprement sur plusieurs supports.
  3. Peindre au rouleau ou à l'éponge sur un carré de tissu sombre, en tamponnant à la verticale plutôt qu'en balayant : la peinture passe moins sous le pochoir.
  4. Vieillir une carte au thé: papier épais trempé dans du thé noir froid, séché à plat, bords froissés puis roussis par un adulte, jamais par l'enfant.
  5. Laisser sécher à plat vingt-quatre heures avant de manipuler, sinon la peinture textile marque au pli.

Pour dessiner un navire crédible, la documentation compte plus que les canons. Regarde le nombre de mâts, la forme de la coque, le beaupré qui pointe à l'avant, la voile aurique en trapèze plutôt qu'un carré parfait. Un sloop, c'est un mât et une coque basse ; une goélette, deux mâts, celui de l'avant plus court. Ces deux silhouettes couvrent l'essentiel de la piraterie de l'âge d'or, et elles sont plus faciles à dessiner qu'un trois-mâts.

Pour voir des originaux, les fonds numérisés de la Bibliothèque nationale de France donnent accès à des estampes, des cartes marines et des planches de gravure consultables gratuitement, avec un niveau de détail que les reproductions imprimées ne rendent pas. Les musées maritimes de la façade atlantique et les expositions de bande dessinée complètent utilement le tableau.

Repère utile Pour un atelier avec des enfants, prévois un motif par enfant et un seul pochoir partagé, pas l'inverse : la découpe du pochoir prend plus de temps que la peinture, et c'est l'étape où les petits décrochent. Compte une heure en tout, séchage non compris.

Si l'envie te prend de prolonger le motif au-delà du papier, les t-shirts à motif pirate couvrent le même répertoire graphique, du crâne classique aux détournements d'atelier, en tailles adulte comme adolescent.

Questions pratiques

Qui est le pirate le plus connu ?

Edward Teach, dit Barbe Noire, mort en novembre 1718 lors d'un combat contre une expédition envoyée de Virginie. Sa notoriété vient largement des gravures de 1724 et de leur diffusion, plus que de la durée de sa carrière, à peine deux ans. Côté fiction, le personnage le plus connu aujourd'hui est Jack Sparrow, de la saga Pirates des Caraïbes, et Long John Silver reste la figure de référence du roman.

Quel est le symbole des pirates ?

Le crâne surmontant deux tibias croisés, sur fond noir, est celui que tout le monde identifie. Il n'a pourtant jamais été un emblème unique : chaque capitaine faisait peindre son propre pavillon, avec des sabliers, des cœurs percés, des squelettes ou des silhouettes armées. La forme au crâne et aux tibias s'est imposée après coup, parce qu'elle est la plus simple à reproduire et la plus lisible de loin.

Quelle est la phrase culte d'un pirate ?

Les répliques les plus citées viennent toutes de la fiction, pas des archives. Le refrain « Yo-ho-ho, and a bottle of rum » a été écrit par Stevenson pour L'Île au trésor en 1883. Le « arrr » traînant vient du jeu de Robert Newton au cinéma en 1950. Les procès-verbaux de procès de l'époque conservent des paroles attribuées à des pirates, mais aucune n'a la forme d'une devise.

Quelle est la symbolique du pirate ?

Beaucoup de gens y associent l'idée de liberté, de refus de l'autorité et de vie hors des règles, et c'est cette lecture que les arts ont retenue depuis le XIXe siècle. Elle correspond mal à la réalité de l'époque, faite de contraintes, de faim, de violence et d'une fin souvent brutale. Les deux se côtoient : la figure symbolique d'un côté, l'histoire attestée de 1650-1730 de l'autre.

Existe-t-il de vraies peintures d'époque représentant des pirates ?

Très peu, et rien qui ressemble à un portrait pris sur le vif. Les artistes des XVIIe et XVIIIe siècles peignaient pour des commanditaires, marines de guerre, armateurs, villes portuaires, qui n'avaient aucune raison de faire immortaliser des hors-la-loi. Ce qui existe, ce sont des gravures de livres et des scènes d'exécution ou de procès, produites après coup et souvent librement composées.

Quelle différence entre un pirate, un corsaire et un flibustier dans les œuvres ?

Le corsaire agit avec une lettre de marque délivrée par un État, ce qui en fait un combattant légal en temps de guerre ; le pirate attaque pour son compte et relève du droit commun. Le flibustier désigne plus précisément les équipages des Antilles au XVIIe siècle. La fiction les mélange presque toujours, y compris dans des films qui affichent un cadre historique précis, et c'est la confusion la plus fréquente sur le sujet.

Comment entretenir un vêtement à motif imprimé pour que le dessin tienne ?

Lave à basse température, 30 °C quand la description du modèle l'indique, et retourne le vêtement sur l'envers avant de le mettre en machine : le frottement direct du tambour est ce qui use l'impression en premier. Évite le sèche-linge et le repassage sur le motif, ou intercale un linge fin. Un tissu à grammage élevé encaisse mieux ces cycles qu'un jersey léger, ce qui se voit surtout après une trentaine de lavages.

« Pourquoi un petit assaisonnement de diablerie donne-t-il une saveur si agréable à la grande masse de farine respectable dont est faite la pâte de notre civilisation moderne ? » Howard Pyle, Buccaneers and Marooners of the Spanish Main, 1887.