Le légendaire pirate hollandais Dirk Chivers : Aventures et Infamie

Le légendaire pirate hollandais Dirk Chivers : Aventures et Infamie

Presque tout ce qu'on lit en français sur Dirk Chivers vient d'une même notice recopiée, et une partie est fausse. On le fait naître à la fin du XVIe siècle, on le pend après un procès colonial, on le range chez les flibustiers des Caraïbes. Les sources disponibles racontent autre chose : un marin néerlandais actif de 1694 à 1699 en mer Rouge et dans l'océan Indien, qui fait amende honorable, rentre en Hollande, et dont la trace se perd là.

Pont d'un voilier à gréement carré naviguant par mer agitée, avec un second navire visible à l'horizon et une côte rocheuse en arrière-plan.
Pont d'un voilier à gréement carré naviguant par mer agitée, avec un second navire visible à l'horizon et une côte rocheuse en arrière-plan.

Tu ressortiras de cet article avec une carrière datée, trois noms de navires, un fait d'armes précis, et une méthode en huit vérifications pour séparer ce qui est documenté du folklore de l'île Sainte-Marie.

Carnet de bord ouvert sur ses pages vierges, compas de laiton et cordage lové sur une table de bois usée.
Carnet de bord ouvert sur ses pages vierges, compas de laiton et cordage lové sur une table de bois usée.

Quand je publiais des fiches de navires sur un forum de modélisme, la règle tenait en une ligne : pas de nom de bâtiment, pas de fiche. Elle marche très bien sur les biographies de pirates.

À retenir
  • Dirk Chivers (aussi écrit Dirck Chivers, alias Richard Shivers) est un pirate néerlandais actif de 1694 à 1699 en mer Rouge et dans l'océan Indien ; il n'a jamais opéré dans les Antilles.
  • Sa carrière se suit navire par navire : le Portsmouth Adventure en 1694, la Resolution rebaptisée Soldado après une mutinerie, puis le Grand Mahomet devenu Soldado II en 1698.
  • Il s'associe à John Hoar, croise Henry Every, Robert Culliford et Nathaniel North, et se ravitaille à l'île Sainte-Marie, au large de Madagascar.
  • Selon les sources disponibles, il fait amende honorable et rentre aux Pays-Bas : ni procès colonial documenté, ni pendaison, ni tombe identifiée.
  • Les récits de trésor caché et de sépulture à Sainte-Marie ne sont pas établis pour lui ; ils viennent de la mise en commun locale des figures de Kidd, Tew et La Buse.
  • Le Hollandais volant est un vaisseau fantôme du folklore maritime, sans lien avec Chivers malgré la coïncidence de nationalité.

Ce qu'on trouve en ligne sur Chivers, et pourquoi c'est bancal

Tape son nom et tu obtiens une notice encyclopédique de quelques lignes, des pages d'agences de voyage malgaches, et une série d'articles qui se recopient. Trois erreurs y circulent en boucle : une naissance « à la fin du XVIe siècle », une condamnation à mort après capture, et un rattachement aux Caraïbes.

Ces trois affirmations sont incompatibles avec le peu qu'on sait. Une carrière documentée de 1694 à 1699 ne cohabite pas avec une naissance vers 1580. Un capitaine qui rentre en Hollande ne finit pas au gibet. Et un équipage qui prend des navires de pèlerinage en mer Rouge n'est pas dans les Antilles.

Trois familles de récits se mélangent dès qu'on parle de lui : l'histoire attestée par des rôles d'équipage et des rapports de compagnies de commerce, le folklore de Sainte-Marie construit pour les visiteurs, et la fiction (les films Pirates des Caraïbes, le manga One Piece) qui a fourni l'imagerie que tout le monde a en tête. Les trois sont intéressantes, aucune ne prouve les autres.

Dirk Chivers : ce que disent les sources, ce que raconte la légende

Point Ce que les sources documentent Ce qui circule en ligne Statut
Naissance Date et lieu inconnus, Pays-Bas « Né à la fin du XVIe siècle » Erreur de datation d'environ un siècle
Période d'activité 1694 à 1699 « Toute la fin du XVIIe siècle » Approximation
Zone Mer Rouge et océan Indien Caraïbes, Antilles Confusion avec les pirates néerlandais des Antilles
Navires Portsmouth Adventure, Resolution/Soldado, Grand Mahomet/Soldado II « Son navire », sans nom Détail vérifiable, souvent omis
Fait d'armes le plus concret Quatre navires anglais coulés pour bloquer l'entrée du port de Sainte-Marie (1698) « Raids audacieux et tactiques astucieuses » Attesté contre formule creuse
Fin de vie Amende honorable, retour en Hollande, trace perdue Capturé, jugé, condamné pour piraterie Non documenté, décalque du cas Kidd
Trésor Aucun trésor documenté Trésor caché à Sainte-Marie Folklore local
Sépulture Aucune tombe identifiée Enterré au cimetière des pirates d'Ambodifotatra Attribution incertaine

Le nom, les dates, la mer : les trois vérifications de base

Avant de croire une phrase sur ce capitaine, contrôle trois choses : l'orthographe du nom, la fourchette de dates, et la mer citée. Une source qui se trompe sur l'un des trois s'est trompée sur le reste.

Point 1 : le nom et ses variantes

On le trouve écrit Dirk, Dirck ou Dierick Chivers, et les documents anglophones le donnent aussi sous l'alias Richard Shivers. Les graphies flottent pour une raison simple : les rôles d'équipage étaient tenus à l'oreille, et un marin néerlandais engagé sur un navire anglais voyait son nom transcrit par un clerc qui ne le connaissait pas.

Conséquence pratique : un texte qui n'emploie qu'une graphie passe à côté de la moitié des mentions. Pour recouper, Wikipédia existe en plusieurs langues sur ce nom, dont l'anglais et le néerlandais, la World History Encyclopedia résume la Pirate Round, et l'ouvrage de Jan Rogozinski, Honor Among Thieves (2000), reste la référence courante sur les équipages de Madagascar.

Repère utile Cherche le nom avec un nom de navire accolé (« Chivers Soldado », « Shivers Grand Mahomet ») plutôt que seul. Les mentions utiles sortent presque toujours dans des sources qui citent aussi un bâtiment et une date.

Point 2 : une carrière de cinq ans, pas un siècle

La première mention documentée date de 1694, à bord du Portsmouth Adventure, sous les ordres de Joseph Farrell. La dernière activité repérée se situe en 1699, autour de Sainte-Marie. Entre les deux, cinq années.

Ni sa naissance ni sa mort ne sont connues : les bases de données patrimoniales les donnent comme inconnues, et écrire une date à la place relève de l'invention. Ces cinq ans tombent au cœur de ce qu'on appelle l'âge d'or de la piraterie (1650-1730), et plus précisément dans la « Pirate Round », la boucle Atlantique-océan Indien ouverte par Thomas Tew au début des années 1690.

Point 3 : la mer Rouge et l'océan Indien

Le terrain de chasse est identifié : le détroit de Bab-el-Mandeb, les côtes du Yémen, le golfe du Bengale, le canal du Mozambique. Les proies sont les navires de pèlerinage moghols et les bâtiments de la Compagnie anglaise des Indes orientales, chargés de textiles, d'épices et de métal précieux.

Pourquoi là plutôt qu'aux Antilles : des convois riches, une escorte faible, et des mouillages sûrs à Madagascar et aux Comores. Les pirates néerlandais des Caraïbes, comme Rock Brasiliano, appartiennent à une autre histoire et à une autre génération.

Sur ces routes, un capitaine tenait sa position au compas et à l'estime : cap au nord magnétique, vitesse mesurée au loch, temps écoulé. Le compas est l'instrument de base de cette navigation, et c'est resté le seul objet de l'imagerie pirate qui garde une fonction réelle, du modèle en laiton aux boussoles d'initiation pour enfants.

Point 4 : suivre les navires, pas les adjectifs

Trois bâtiments jalonnent sa carrière, et c'est le meilleur fil pour la suivre. Un article qui ne cite aucun de ces noms n'a pas ouvert de source.

  • 1694, Portsmouth Adventure: Chivers y sert dans l'équipage de Joseph Farrell, sur la route de la mer Rouge.
  • Naufrage aux Comores: le navire est perdu dans l'archipel, après l'épisode de la campagne de Henry Every, dont les récits d'époque font l'événement de ces années-là.
  • La Resolution, puis le Soldado: engagé par Robert Glover, Chivers prend le commandement à la faveur d'une mutinerie et rebaptise le navire.
  • 1698, le Grand Mahomet: pris de concert avec Robert Culliford et Nathaniel North, il devient le Soldado II.

Le changement de nom n'est pas une coquetterie. Un navire rebaptisé, c'est la rupture avec l'armateur qui l'a financé, une décision d'équipage, et une marque de possession collective. Reprendre le même nom pour la prise suivante indique que le groupe se pensait comme une unité durable.

Point 5 : pirate, corsaire ou flibustier dans son cas

Les trois mots ne sont pas interchangeables. Un corsaire détient une lettre de marque d'un État et fait juger ses prises devant un tribunal ; un pirate agit sans commission et se met hors la loi de toutes les nations ; flibustier et boucanier sont des termes caribéens du XVIIe siècle, qui n'ont pas de sens dans l'océan Indien.

Pour Chivers, la frontière est instable. Il est listé tantôt comme corsaire, tantôt comme pirate, et son associé John Hoar est fréquemment qualifié de corsaire. Une partie de ces hommes avait navigué sous commission avant de continuer sans, ce qui explique le flottement des étiquettes. Autant le dire plutôt que de trancher.

Côté néerlandais, le mot employé pour ces équipages est zee-roovers, littéralement voleurs de mer. Il ne pose aucune question de légalité : il décrit l'acte de prise, sans tenir compte d'une éventuelle commission.

Un peu de contexte La Pirate Round consistait à quitter les côtes américaines ou les Antilles, doubler le cap de Bonne-Espérance, chasser en mer Rouge pendant la saison des pèlerinages, puis revendre les cargaisons à Madagascar ou en Amérique du Nord. Une campagne prenait deux ans ou plus. C'est cette boucle, et non les Caraïbes, qui a fait la fortune des équipages de Sainte-Marie.

Point 6 : Calcutta 1696, Sainte-Marie 1697-1698

Deux épisodes sortent du flou. En 1696, Chivers et Hoar tiennent quatre prises et tentent d'en négocier la rançon devant Calcutta. Le gouverneur répond en armant une dizaine de navires ; les deux capitaines décrochent sans combat rangé.

À l'été 1697, ils se replient sur l'île Sainte-Marie, au large de la côte est de Madagascar. C'est là que se situe le fait d'armes le plus concret de sa carrière : en 1698, quatre navires anglais sont coulés en travers de l'entrée du port pour en bloquer l'accès. Il s'agit d'une manœuvre de défense du mouillage et non d'un abordage, décidée par un équipage qui tenait davantage à sa base qu'à ses canons.

Depuis le pont d'un voilier en bois, une baie calme bordée de cocotiers, avec toile roulée, cordage et carte posés près du bastingage.
Depuis le pont d'un voilier en bois, une baie calme bordée de cocotiers, avec toile roulée, cordage et carte posés près du bastingage.

Sainte-Marie était une baie abritée avec de l'eau, du bois, une plage pour caréner et un marché de revente. Le « royaume pirate » qu'on lui prête parfois ne repose sur aucun document administratif. Quant au cimetière des pirates d'Ambodifotatra, le lieu existe, les tombes existent, mais la plupart des attributions de noms restent incertaines.

Point 7 et point 8 : sa fin, et le malentendu du Hollandais volant

Les sources francophones et anglophones convergent : Chivers fait amende honorable et rentre en Hollande, puis on perd sa trace. Pas de procès, pas de gibet, pas de sépulture connue.

Pourquoi le récit du procès circule quand même

La fin des années 1690 est la période des pardons offerts aux hommes de la Pirate Round, et beaucoup d'entre eux sont rentrés discrètement en Europe avec leur part. Le récit de la capture et de la pendaison collé à Chivers est un décalque de deux fins célèbres : William Kidd, pendu à Londres en 1701, et Olivier Levasseur dit La Buse, exécuté à La Réunion en 1730. Le cas Kidd est d'ailleurs plus tordu qu'il n'en a l'air, je l'ai détaillé dans l'article consacré aux idées reçues sur les accessoires de pirate pour la partie imagerie, mais sur Chivers la conclusion tient en une phrase : aucun trésor, aucun cryptogramme, aucune cache ne lui est attribué par une source sérieuse.

On ne connaît pas non plus de pavillon qui lui soit propre. Rien d'étonnant : l'origine du Jolly Roger lui-même reste discutée, et les hypothèses en circulation sont bien résumées par France Culture, dans son émission sur l'origine du drapeau pirate.

Le Hollandais volant n'a rien à voir

Le Hollandais volant est un vaisseau fantôme du folklore maritime européen, attesté dans les récits de marins à partir du XVIIIe siècle : un navire condamné à errer sans jamais toucher terre, dont l'apparition annonce le malheur. Aucun capitaine néerlandais réel de l'océan Indien ne s'y rattache. Dans la saga Pirates des Caraïbes, il est commandé par Davy Jones puis par Will Turner, ce qui est du cinéma. Dès qu'un récit invoque une malédiction, on a quitté l'histoire.

Refaire sa route sur une carte, l'exercice qui rend tout ça concret

La meilleure façon de comprendre cette carrière est de la tracer. Une carte de l'océan Indien, un crayon, une boussole, vingt minutes, et les distances deviennent parlantes : de Bab-el-Mandeb à Sainte-Marie, on parle de plusieurs semaines de mer avec une fenêtre de vent étroite.

  1. Poser la carte à plat sur une table, sans la fixer, pour pouvoir la faire pivoter.
  2. Chercher le nord avec la boussole posée à plat, loin d'un radiateur en fonte ou d'un téléphone, puis tourner la carte, pas l'aiguille.
  3. Placer les étapes dans l'ordre: Comores, mer Rouge, golfe du Bengale, canal du Mozambique, Sainte-Marie.
  4. Ajouter les vents: la mousson de sud-ouest pendant l'été boréal, celle de nord-est en hiver. Ce sont elles qui fixaient les dates de campagne, les capitaines n'avaient guère le choix.
  5. Dire ce qui manquait à bord: compas, loch et estime, oui ; longitude fiable, non. Le chronomètre de marine n'arrive qu'après 1760.
  6. Terminer par les blancs: où Chivers est né, ce qu'il a fait après 1699. Personne ne le sait.

Un instrument d'aventure se juge à trois choses concrètes : sa taille dans la main, un boîtier d'une dizaine de centimètres se tient à plat sans trembler ; son poids et sa matière, un plastique moulé imitant le cuivre vieilli ne craint ni le sable ni la pluie du jardin ; et le fait qu'il indique réellement le nord au lieu de faire seulement joli. Avec un enfant, l'exercice marche mieux avec un objet à manipuler qu'avec une carte imprimée : on pose le boîtier, on attend que l'aiguille se stabilise, on montre la direction de Madagascar depuis la fenêtre.

Si tu cherches un instrument pour naviguer, pour randonner ou pour poser sur une étagère à côté d'une maquette, ce n'est pas celui-là : c'est un compas d'initiation en plastique, pas une pièce d'époque ni un modèle de relèvement. Pour une vitrine d'adulte, un boîtier laiton avec couvercle à charnière rendra mieux ; pour un enfant de six ans qui va le faire tomber trois fois dans l'après-midi, le plastique est plus raisonnable.

Prolonger le sujet à la maison

Reconstituer le type de bâtiment aide à sortir du galion imaginaire : les équipages de cette route naviguaient sur des navires de commerce armés et des coques rapides, et c'est ce qu'on retrouve dans les maquettes et sets de la collection de bateaux pirates. Pour une chasse au trésor cohérente avec l'histoire, la mécanique tient en trois objets : une carte, une boussole, et un coffre en bois à l'arrivée. J'ai listé le déroulé complet d'un après-midi dans l'article sur les activités d'anniversaire pirate, avec les temps de jeu par âge.

Dernier rappel d'usage : les sabres et pistolets du catalogue sont des accessoires de costume, en mousse ou gonflables. Ils restent dans le cadre du jeu, à la maison ou en salle.

L'essentiel d'abord quand un texte parle de Chivers

Quatre contrôles, dans cet ordre, suffisent à savoir si une page vaut la lecture.

La date d'abord. « Né à la fin du XVIe siècle » et je passe à la suivante : l'écart est de cent ans, et il ne vient pas d'une hésitation de source mais d'une recopie. La mer ensuite : le mot « Caraïbes » dans le premier paragraphe signale que l'auteur n'a pas ouvert de carte. Les noms de navires en troisième : sans Soldado ni Grand Mahomet, il n'y a pas de dossier, juste des adjectifs. La fin enfin : procès et pendaison indiquent un récit recopié, amende honorable et disparition indiquent une source lue.

À mon avis, Chivers est intéressant justement parce qu'il est mal documenté. Cinq ans d'activité, trois navires, une manœuvre de blocage de port, puis le silence d'un retour en Hollande : c'est plus stimulant que la biographie complète et fausse qu'on lui a fabriquée. Et si l'envie te prend de refaire sa route sur une carte, la collection de boussoles pirate de Piraterie Shop couvre les formats d'initiation comme les modèles décoratifs, selon l'âge de celui qui tiendra l'instrument.

Questions pratiques

Quelle est la malédiction du Hollandais volant ?

Dans le folklore maritime, le navire et son équipage sont condamnés à errer en mer sans jamais pouvoir accoster, et l'apercevoir passe pour un présage de naufrage. Les versions varient : certaines l'expliquent par un blasphème du capitaine défiant la tempête au cap de Bonne-Espérance, d'autres par un pacte. Il s'agit d'une légende de marins, transmise oralement puis mise en récit par des auteurs du XIXe siècle, sans navire réel identifié à son origine.

Pourquoi le Hollandais volant s'appelle-t-il ainsi ?

Parce que la légende, telle qu'elle circule dans les récits européens, met en scène un capitaine et un navire néerlandais de la route des Indes orientales, à l'époque où la Compagnie néerlandaise dominait ce trafic. « Volant » traduit l'idée d'un bâtiment qui file sans jamais s'arrêter, pas d'un vaisseau aérien.

Le Hollandais volant est-il un pirate des Caraïbes ?

Non. C'est un navire de légende européen, antérieur de plus de deux siècles aux films. La saga Pirates des Caraïbes l'a intégré à son scénario en le confiant à Davy Jones puis à Will Turner, ce qui a redistribué l'image du navire dans la culture populaire. La légende d'origine ne parle ni des Antilles ni de piraterie.

Dirk Chivers a-t-il vraiment existé ?

Oui. Il apparaît dans les documents de la fin du XVIIe siècle liés à la piraterie de l'océan Indien, associé à des navires nommés, à des prises datées et à des capitaines connus comme John Hoar, Robert Culliford et Nathaniel North. Ce sont les contours de sa vie privée qui manquent : naissance, mort, physique, et tout ce qui composerait une biographie classique.

Où Dirk Chivers est-il enterré, et sa tombe est-elle visible à Sainte-Marie ?

Aucune sépulture ne lui est attribuée par une source vérifiable, et les récits qui le font mourir à Madagascar contredisent les sources qui le font rentrer en Hollande. Le cimetière d'Ambodifotatra, à Sainte-Marie, se visite bien, mais l'identification des tombes y repose surtout sur la tradition locale.

Quelle différence entre Chivers, Henry Every et William Kidd ?

Les trois opèrent sur la même route dans les mêmes années 1690, avec des issues très différentes. Every disparaît après la prise du Ganj-i-Sawai en 1695 et n'est jamais jugé. Kidd, parti avec une commission, est pendu à Londres en 1701. Chivers, lui, obtient une amende honorable et rentre aux Pays-Bas. Trois trajectoires qui montrent à quel point la frontière entre corsaire toléré et pirate pendu dépendait du moment politique.

Une boussole jouet indique-t-elle vraiment le nord, et comment l'entretenir ?

Un modèle d'initiation à aiguille aimantée indique bien le nord magnétique, à condition de le poser à plat, de le tenir immobile quelques secondes et de l'éloigner des masses métalliques, des aimants et des téléphones. Si elle se bloque ou se dérègle après un choc, l'instrument ne sert plus à l'exercice de carte.

Les phrases de pirates que tout le monde cite viennent presque toutes d'un même livre, A General History of the Pyrates, publié à Londres en 1724 sous le nom de capitaine Charles Johnson. C'est là, par exemple, qu'est rapportée la devise prêtée à Bartholomew Roberts :

A merry Life and a short one, shall be my Motto.
Attribué à Bartholomew Roberts, A General History of the Pyrates, 1724