Bernal Díaz del Castillo : chroniqueur de la conquête du Mexique
Le manuscrit de la Historia verdadera de la conquista de la Nueva España est resté près de cinquante ans dans un tiroir de famille. Bernal Díaz del Castillo meurt en 1584 au Guatemala, et son livre ne paraît qu'en 1632, à Madrid, établi par un religieux mercédaire, Alonso Remón, qui retouche le texte et met en avant le rôle de son ordre. La version que lisent la plupart des gens n'est donc pas exactement celle qu'a écrite le vieux fantassin de Cortés.
Ce décalage ne disqualifie pas le témoignage. Il oblige à le lire avec sept vérifications simples : la date de rédaction, la place de l'auteur dans la troupe, le manuscrit utilisé, son intention, le croisement avec les sources mexicaines, l'état de la controverse d'attribution, et le détail matériel des expéditions.

En sortant de cet article, tu sauras quelle édition mérite d'être citée, quels chapitres ouvrir en premier, et ce que cette chronique permet d'affirmer ou pas sur la conquête du Mexique.
- Bernal Díaz del Castillo (Medina del Campo, vers 1492-1496 ; Santiago de los Caballeros, Guatemala, 1584) a servi comme simple soldat dans les expéditions de Hernández de Córdoba (1517), Grijalva (1518) et Cortés (1519-1521).
- Son œuvre est rédigée tardivement, à partir des années 1550 au Guatemala, et imprimée à Madrid en 1632, près d'un demi-siècle après sa mort.
- Deux états du texte circulent : le manuscrit dit de Guatemala et l'édition de 1632 remaniée par Alonso Remón. L'édition consultée modifie le texte qu'on a sous les yeux.
- Le livre répond à la Historia general de las Indias de López de Gómara (1552), qui attribuait tout à Cortés : Díaz rend leur part aux hommes de troupe, et appuie au passage ses demandes de rentes.
- Christian Duverger a contesté l'attribution en 2013 (Cortés et son double) ; la thèse a été largement critiquée par les américanistes et reste minoritaire.
- Sa valeur propre : Tenochtitlan et le marché de Tlatelolco, les portraits de Moctezuma, Cortés, Alvarado, Cuauhtémoc, et une masse de détails matériels qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
Bernal Díaz del Castillo en bref : qui écrit, quand, et depuis où
Bernal Díaz del Castillo est un soldat espagnol né à Medina del Campo entre 1492 et 1496, dans une famille d'hidalgos au service des Rois Catholiques. Il passe aux Indes en 1514 avec l'expédition de Pedrarias Dávila, séjourne en Terre Ferme puis à Cuba, et se retrouve embarqué dans les trois voyages successifs qui aboutissent à la prise de Mexico.
1517 : Yucatán, avec Francisco Hernández de Córdoba. 1518 : côte du golfe, avec Juan de Grijalva. 1519-1521 : l'expédition de Cortés, du débarquement à la chute de Tenochtitlan. Il participe ensuite aux campagnes du Chiapas et du Honduras, puis s'installe au Guatemala, où il devient regidor et encomendero de Santiago de los Caballeros. C'est là, entre les procédures administratives et les querelles de rentes, qu'il rédige ses mémoires. Il meurt en 1584, très âgé, sans avoir vu son livre imprimé.
Cette biographie compte pour la lecture, parce que ce qu'un homme voit dépend de sa place à bord et dans la troupe. Díaz marche dans l'avant-garde, pas sur la dunette. Il n'est ni capitaine, ni pilote, ni secrétaire.
Un mot sur le savoir maritime de ces années-là : avant le chronomètre et le point astronomique fiable, on tenait la route à l'estime et au compas. Cap, sablier, loch, sonde, et une aiguille aimantée montée sur une rose des vents. Un instrument d'orientation se juge d'abord à la lisibilité de sa rose et à sa tenue en main ; le décor vient après. Les boussoles à rose des vents vendues aujourd'hui reprennent ce dessin, souvent en le simplifiant.
Sur ce point, Bernal Díaz del Castillo (larousse.fr) donne des repères vérifiables.
Points 1 et 2 : quand il écrit, et d'où il regarde
Les faits racontés se déroulent entre 1517 et 1521. L'écriture commence autour de 1551 et s'achève vers 1568, soit trente à cinquante ans plus tard. Cet écart oriente tout : la mémoire longue garde les scènes, les visages, les odeurs, et abîme les chiffres, les dates et l'ordre des épisodes.
L'écart entre les faits et la rédaction
En pratique, le concret tient bien : la ration de maïs, la marche dans la boue, le poids d'une cotte de mailles, la façon dont on panse une blessure de flèche, la répartition du butin. Les effectifs annoncés, le nombre d'ennemis tués, la durée d'un siège tiennent beaucoup moins. Díaz revendique lui-même son grand âge et sa mémoire de vieil homme ; cet avertissement est à prendre au sérieux quand on cite ses chiffres.

Sa position dans la troupe
Il ne siège pas aux conseils de Cortés. Ce qui s'y décide, il le rapporte souvent par ouï-dire, par ce qui redescend le soir au campement. En revanche, il voit de première main la marche, les vivres, les gardes de nuit, les rumeurs, les rivalités entre capitaines, l'humeur des hommes après une bataille.
Il ne peut pas voir la correspondance avec la Couronne, les tractations avec les seigneuries indigènes, la stratégie d'ensemble. Le test le plus rapide, à chaque épisode, consiste à se demander où l'auteur se trouvait physiquement au moment où la scène se joue. Quand la réponse est « ailleurs », le passage reste utile, mais comme écho, pas comme constat.
Point 3 : identifier le manuscrit ou l'édition qu'on a entre les mains
Deux textes sont en circulation. Le manuscrit dit de Guatemala, conservé et recopié par la famille de l'auteur, et la copie envoyée en Espagne en 1575, dont sortira l'imprimé. L'édition princeps est celle de Madrid, Imprenta Real, 1632, établie par le mercédaire Alonso Remón.
Remón ne falsifie pas le texte : il l'établit comme on le faisait au XVIIe siècle, selon les usages de son temps et les intérêts de son ordre. Il ajoute et amplifie notamment la présence du frère Bartolomé de Olmedo, aumônier de l'expédition. Les éditions modernes fondées sur le manuscrit de Guatemala corrigent ces interpolations : l'édition de Genaro García au début du XXe siècle, les travaux de Carmelo Sáenz de Santa María, puis l'édition critique procurée par Guillermo Serés pour la Real Academia Española en 2011. Le texte espagnol est aussi consultable en ligne sur la Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes.
En français, la traduction la plus diffusée reste celle de Denis Jourdanet, publiée à la fin du XIXe siècle et rééditée depuis. Elle repose sur un état ancien du texte : avant de citer une phrase précise, mieux vaut regarder ce que l'introduction dit du manuscrit suivi.
Point 4 : une chronique qui plaide pour son auteur
La Historia verdadera est un livre de réplique. Díaz écrit contre Francisco López de Gómara, chapelain de Cortés, dont l'Historia general de las Indias paraît en 1552 sans que son auteur ait jamais traversé l'Atlantique, et contre les compilateurs comme Paolo Giovio et Gonzalo de Illescas. Son reproche est simple : ces gens écrivent de loin et donnent tout le mérite au capitaine.
Le mot verdadera du titre fonctionne comme un argument de procédure. La vérité du témoin oculaire contre l'histoire de cabinet. Cet argument a un contexte matériel : Díaz perd une partie de son encomienda en 1539, dépose des probanzas de méritos, et fait deux voyages en Espagne, en 1540 puis vers 1550, pour faire valoir ses services auprès du Conseil des Indes.
Ce que cela déforme est identifiable. La part des soldats de rang est amplifiée. Celle des alliés indigènes, tlaxcaltèques en particulier, est minorée alors qu'ils fournissent des dizaines de milliers de combattants. Les rivaux de l'auteur, ou ceux qu'il juge injustement récompensés, sont traités durement. Le dernier chapitre, où il énumère ses compagnons morts un par un, est la clef du projet : il s'agit d'inscrire des noms quelque part.
Point 5 : croiser avec les sources mexicaines et les autres témoins
Un fait qui n'apparaît que chez Díaz est intéressant, mais il n'est pas prouvé. La conquête du Mexique est l'un des épisodes les mieux documentés du XVIe siècle, avec des sources espagnoles et des sources en nahuatl : le croisement est possible presque chapitre par chapitre.
Les Cartas de relación de Cortés (1519-1526) donnent la vue du chef, dans un rapport adressé à Charles Quint pour justifier une expédition partie sans mandat régulier. Le livre XII du Codex de Florence, compilé par Bernardino de Sahagún à partir d'informateurs nahuas, raconte le siège depuis Mexico-Tenochtitlan, en nahuatl, une génération après les faits. Le Lienzo de Tlaxcala et les sources tlaxcaltèques montrent la conquête comme une alliance, ce qui rééquilibre sérieusement le récit espagnol.
Sur un point, Díaz est plus généreux que ses contemporains : Malintzin, dite doña Marina ou la Malinche, interprète et médiatrice de l'expédition, occupe chez lui une place et un respect qu'aucun autre auteur espagnol du temps ne lui accorde vraiment.
Les grandes sources sur la conquête du Mexique, et ce que chacune permet de dire
| Source | Auteur et position | Date | Apport principal | Limite à connaître |
|---|---|---|---|---|
| Historia verdadera de la conquista de la Nueva España | Bernal Díaz del Castillo, fantassin de l'expédition | Rédigée v. 1551-1568, imprimée en 1632 | Détail concret du quotidien de troupe, Tenochtitlan, portraits | Écrite 30 à 50 ans après ; texte remanié en 1632 ; plaidoyer personnel |
| Cartas de relación | Hernán Cortés, chef de l'expédition | 1519-1526 | Vue stratégique, chronologie, objectifs politiques | Rapport de justification adressé à Charles Quint |
| Historia general de las Indias | Francisco López de Gómara, chapelain de Cortés | 1552 | Synthèse ordonnée, large diffusion | L'auteur n'a jamais traversé l'Atlantique ; centrée sur Cortés |
| Codex de Florence, livre XII | Informateurs nahuas, compilation de Bernardino de Sahagún | v. 1555-1579 | La conquête racontée depuis Mexico, en nahuatl | Recueillie une génération après, sous encadrement franciscain |
| Lienzo de Tlaxcala et sources tlaxcaltèques | Alliés indigènes des Espagnols | XVIe siècle | Rôle décisif des alliances indigènes | Vise à faire valoir des privilèges auprès de la Couronne |
| Historia de las Indias de Nueva España | Diego Durán, dominicain | v. 1581 | Contexte mexica antérieur à 1519 | Postérieure aux faits, lecture religieuse |
Point 6 : l'état de la controverse d'attribution
En 2013, l'anthropologue Christian Duverger a publié Cortés et son double (Seuil), où il soutient que la Historia verdadera aurait été rédigée par Hernán Cortés lui-même, Bernal Díaz servant de prête-nom. La thèse a eu un large écho médiatique et reste minoritaire dans la recherche.
Ses arguments portent sur la culture littéraire du texte, jugée trop étendue pour un soldat peu lettré, sur des incohérences biographiques et sur des documents d'archives concernant l'identité de Bernal Díaz. Les objections des américanistes portent sur les archives guatémaltèques, la signature et le testament de l'auteur, la cohérence des détails de vie de troupe qu'un capitaine général n'aurait pas eus en tête, et sur le style, celui d'un mémorialiste qui revient sans cesse sur ses griefs personnels.
La position raisonnable consiste à mentionner le débat et à ne pas le trancher soi-même. Une hypothèse discutée par un chercheur n'est pas un consensus, et l'inverse est vrai aussi : le rejet majoritaire d'une thèse n'en fait pas une absurdité. En attendant, tous les travaux d'histoire de la conquête publiés depuis continuent de citer Díaz sous son nom.
Point 7 : ce que le récit documente vraiment, des navires à l'orientation
Sur la matière maritime, Díaz est précieux parce qu'il note ce qu'un officier néglige. L'expédition de Cortés part de Cuba en février 1519 avec une petite flotte de caravelles et de bâtiments légers, longe le Yucatán, touche Cozumel, Tabasco, puis remonte jusqu'au site de la Villa Rica de la Vera Cruz.
Le pilote de ces campagnes, Antón de Alaminos, avait déjà navigué avec Hernández de Córdoba et Grijalva. On tenait la route au compas et à l'estime, avec la sonde pour approcher une côte inconnue et des relèvements de caps notés d'un voyage sur l'autre. L'aiguille aimantée était l'instrument le plus banal du bord, et le plus décisif.
Le sabordage des navires à Veracruz, souvent raconté comme un incendie théâtral, apparaît dans le texte comme une opération pratique : les coques sont mises hors d'usage et échouées, le gréement, les ancres et les ferrures récupérés. Plus intéressant encore, l'épisode des treize brigantins montés à Texcoco en 1521 pour le siège de Mexico : bois débité à distance, pièces transportées par terre à dos d'hommes, coques assemblées sur place, puis une guerre navale menée sur un lac d'altitude. Des petites unités, à faible tirant d'eau, manœuvrables entre les chaussées. C'est le genre de coque que je regarde toujours en premier dans un récit, avant les effectifs et les discours.

Il suffit de passer quelques jours dans une fête maritime, un carnet à la main, à relever des noms de bateaux et des détails de gréement. C'est en relisant ces pages que la valeur du témoignage de Díaz devient évidente : il note ce qu'il a manipulé, et ce sont ces choses-là, les vivres, les cordages, les distances de marche, qui traversent les siècles sans trop se déformer.
Faire comprendre un cap à un enfant
Le chapitre de l'orientation se transmet mieux avec un objet qu'avec une explication. Une boussole dans la main, un cap annoncé à la voix, dix mètres de jardin à parcourir en gardant l'aiguille sur le nord : un enfant de six ou sept ans comprend l'idée en dix minutes. Les instruments de bord se maniaient d'une main, souvent à hauteur de bastingage. Un boîtier d'une quinzaine de centimètres, léger, refermable, reste aujourd'hui le format le plus maniable pour de petites mains.
Une finition façon métal ancien n'a jamais rendu un objet vieux. La question utile est de savoir si l'aiguille indique le nord et si l'enfant peut la manipuler seul. Pour le déroulé du jeu, un coffre à cacher au bout du parcours suffit à donner un but ; si tu veux dix idées d'ateliers pour tenir un après-midi entier, j'ai écrit un guide d'activités d'anniversaire pirate qui détaille les enchaînements par âge.
Si tu cherches un instrument pour naviguer, ou une pièce de bureau en métal à poser près d'une carte marine, ce n'est pas ce modèle : c'est un jouet d'orientation, et son intérêt est pédagogique. Un adulte collectionneur regardera plutôt du côté des boussoles décoratives lestées, plus lourdes et plus chères. Pour un enfant qui veut un objet à lui, la légèreté et la taille réduite sont au contraire des avantages.
Par où entrer dans le livre, et ce que je regarde quand on me le cite
La Historia verdadera compte plus de deux cents chapitres. Une première lecture intégrale décourage souvent ; six passages donnent l'essentiel de ce que le livre apporte.
- La chaussée d'Iztapalapa et la découverte de Mexico-Tenochtitlan, avec la stupeur des hommes devant une ville lacustre plus grande que toutes celles qu'ils connaissaient.
- Le marché de Tlatelolco: un inventaire de marchandises, de mesures et de métiers dont la valeur documentaire est immense pour l'histoire économique mexica.
- La rencontre avec Moctezuma et le portrait du souverain, l'un des rares descriptifs physiques et vestimentaires de première main.
- La Noche Triste, dans la nuit du 30 juin 1520 : la retraite hors de la ville, les pertes, les hommes noyés avec leur or.
- Le siège de Mexico et la capture de Cuauhtémoc, en août 1521, avec les brigantins sur le lac.
- Le dernier chapitre, la liste des compagnons morts, qui explique pourquoi le livre existe.
Quand on me cite Díaz, voici les réflexes que j'applique, dans cet ordre :
- Vérifier l'édition et la page. Sans référence à un texte établi, je ne retiens pas la citation, parce qu'elle peut venir de la version de 1632 comme d'une traduction ancienne.
- Situer l'auteur dans la scène avant d'examiner son contenu : présent, à distance, ou informé après coup.
- Chercher une source mexicaine sur le même épisode, en général le livre XII du Codex de Florence, et voir ce que le récit nahuatl en dit.
- Regarder les Cartas de relación de Cortés sur le même moment, pour repérer ce que chacun a intérêt à taire.
- Garder le détail matériel plutôt que le chiffre: objets, vivres, distances et gestes résistent mieux que les effectifs.
- Signaler la controverse d'attribution si la discussion s'y prête, sans la présenter comme tranchée.
À mon avis, c'est à la fois le récit le plus vivant de la conquête et le plus intéressé. Les deux vont ensemble : un homme qui écrit pour obtenir réparation soigne les détails qui prouvent sa présence, et ce sont précisément ces détails qui nous restent utiles. Comme école de lecture critique, on trouve difficilement mieux dans les sources du XVIe siècle.
Pour prolonger côté objets, deux directions se tiennent : un set de navire à monter pour montrer à quoi ressemble un gréement du XVIe siècle, et les boussoles de la collection si tu veux comparer les tailles, les matières et la lisibilité des roses avant de choisir.
Questions pratiques
Quelle est l'œuvre la plus importante de Bernal Díaz del Castillo ?
La Historia verdadera de la conquista de la Nueva España, et c'est la seule qu'on lui connaisse. Rédigée au Guatemala à partir des années 1550, elle raconte les expéditions de 1517 à 1521 depuis le point de vue d'un soldat de rang. Elle a été imprimée à Madrid en 1632.
Qui était Bernal Díaz del Castillo, exactement ?
Un fantassin espagnol né à Medina del Campo entre 1492 et 1496, passé aux Indes en 1514, engagé dans les expéditions de Hernández de Córdoba, Grijalva puis Cortés. Il termine sa vie comme regidor et encomendero à Santiago de los Caballeros, au Guatemala, où il meurt en 1584. Ni officier, ni clerc, ni pilote : sa position dans la troupe explique la nature de son témoignage.
Que dit Bernal Díaz del Castillo de Mexico-Tenochtitlan ?
Il décrit une ville bâtie sur l'eau, reliée à la terre par des chaussées, avec des canaux, des marchés immenses et des temples à degrés. Le chapitre sur le marché de Tlatelolco détaille les produits vendus, des étoffes aux plumes en passant par le cacao et le sel. Il compare l'ensemble à des villes dont il a entendu parler, Rome et Constantinople, et reconnaît qu'il n'a pas de mots pour la superficie de l'ensemble.
Bernal Díaz del Castillo a-t-il vraiment existé, et a-t-il écrit son livre ?
Son existence est documentée par des archives espagnoles et guatémaltèques : actes de charge, procédures, testament. L'attribution du livre a été contestée en 2013 par Christian Duverger, qui l'attribue à Cortés ; cette thèse a été discutée puis largement rejetée par les spécialistes de la période. L'attribution à Bernal Díaz reste celle des éditions savantes actuelles.
Quelle édition ou traduction française choisir ?
Prends une édition qui indique clairement son texte de base. Côté espagnol, les éditions fondées sur le manuscrit de Guatemala corrigent les ajouts de 1632, en particulier l'édition critique de Guillermo Serés pour la Real Academia Española. En français, la traduction de Denis Jourdanet reste la plus répandue en librairie ; regarde l'introduction pour savoir sur quel état du texte elle repose avant de citer une phrase précise.
Pourquoi son livre n'a-t-il été publié qu'en 1632 ?
Parce que rien n'obligeait à l'imprimer. Une copie du manuscrit part en Espagne en 1575, la famille garde l'autre au Guatemala, et le texte dort jusqu'à ce qu'un religieux mercédaire, Alonso Remón, s'en saisisse et le fasse paraître à Madrid, en le remaniant. Entre-temps, l'histoire officielle de la conquête était déjà écrite par d'autres, ce que Díaz reprochait précisément à Gómara.
À partir de quel âge une boussole de jeu est-elle utile pour raconter tout ça à un enfant ?
Vers cinq ou six ans, un enfant sait tenir l'objet à plat et suivre une direction annoncée ; avant, il regarde surtout l'aiguille bouger. La boussole de jeu du catalogue mesure 13 x 6 cm et se referme, ce qui convient à une petite main et à une poche. Comme il s'agit de plastique, un coup de chiffon sec suffit à l'entretien, et mieux vaut éviter de la laisser dans un sac humide toute une semaine, comme n'importe quel objet à charnière.
« Nous disions que cela ressemblait aux enchantements que l'on raconte dans le livre d'Amadis. » Bernal Díaz del Castillo, Historia verdadera de la conquista de la Nueva España, chapitre LXXXVII, à la vue de Mexico-Tenochtitlan.