Le Norfolk Wherry : Le cargo au passé de pirate

Le Norfolk Wherry : Le cargo au passé de pirate

Sur les Broads du Norfolk, les wherries de commerce hissaient une voile enduite d'un mélange de goudron et d'huile de poisson. L'enduit protégeait la toile de la pluie et du vent, et la rendait presque noire. D'où le surnom donné localement à ces coques de charge : black sailed traders.

Deux de ces unités de fret subsistent, dont l'Albion, lancée en 1898, la seule encore proposée en navigation. Et autant le dire tout de suite : le Norfolk wherry n'a jamais abordé personne en pleine mer. Son lien avec l'illégalité passe par la contrebande et le vol de cargaison sur les rivières, ce qui est une autre histoire, plus discrète et plus documentée qu'on ne le croit.

Le wherry à voile noire et étrave claire, amarré entre les roseaux secs d'une rivière brumeuse.
Le wherry à voile noire et étrave claire, amarré entre les roseaux secs d'une rivière brumeuse.

Tu vas trouver ici ce qu'est ce bateau au juste, ses dimensions relevées sur l'Albion, ce qu'il transportait, les trois familles qui se sont succédé, où en voir un aujourd'hui, et un critère d'encombrement simple si tu cherches un bateau noir à exposer chez toi.

L'essentiel
  • Le Norfolk wherry est un bateau à fond plat des Broads (Norfolk et Suffolk, en Angleterre), gréé d'une seule voile à corne sur un mât planté très en avant.
  • Sa voile noire vient d'un enduit de goudron et d'huile de poisson ; l'étrave était peinte en blanc pour rester visible après la tombée du jour.
  • Il portait grain, bois, charbon, roseau et parfois du bétail entre Great Yarmouth, Lowestoft et Norwich, souvent 25 tonnes par voyage.
  • Son lien avec la fraude relève de la contrebande fluviale et du chapardage de cargaison, pas de l'attaque de navires en mer.
  • Trois familles se sont succédé : le trading wherry (commerce), le pleasure wherry (passagers) et le wherry yacht (plaisance soignée, jusqu'à l'Ardea de 1927).
  • Il en reste huit sur les Broads ; l'Albion (1898) est la seule ancienne unité de charge encore proposée en navigation.

C'est quoi exactement un Norfolk wherry ?

Un bateau de rivière à fond plat, gréé d'une seule voile à corne sur un mât placé très en avant, conçu pour les eaux basses des Broads du Norfolk et du Suffolk. Une cale unique, deux hommes à bord, aucune voile d'avant.

Le vocabulaire mérite d'être posé. Le fond plat permet de toucher la vase sans casser la coque et de charger jusqu'à la limite du tirant d'eau disponible. Le gréement est aurique, avec une corne qui tient le haut de la voile, et cette voile s'amure au pied d'un mât planté presque à l'étrave. Ce mât est basculant : il pivote sur un axe, lesté d'un contrepoids de plomb à son pied.

Cette histoire de mât basculant n'est pas un détail de charpentier. Les rivières du Norfolk sont barrées de ponts bas. Un wherry arrivait sur son erre, mât abattu, passait sous l'ouvrage, puis relevait le mât une fois de l'autre côté. Le contrepoids rend l'opération faisable par un seul homme, ce qui est rare pour un espar de cette taille.

Le mât dans son emplanture, lesté d'une masse de métal à sa base, entouré de cordages sur le pont goudronné.
Le mât dans son emplanture, lesté d'une masse de métal à sa base, entouré de cordages sur le pont goudronné.

Sur l'Albion, les chiffres donnent une idée nette de l'objet : environ 18 mètres de long, 4,5 mètres de large, un mât d'une quinzaine de mètres, une coque de chêne et pas de moteur. C'est un bateau de charge, pas un navire de haute mer, pas une barge à moteur, et sûrement pas un bateau de course.

Pour aller plus loin sur ce point : The Norfolk Wherry: From Working Boat to Broads Icon, sur broads-society.org.

Pourquoi la voile et la coque du wherry sont-elles noires ?

Par traitement, pas par style. La toile recevait un mélange de goudron et d'huile de poisson qui la rendait moins perméable et plus résistante aux intempéries, et qui la noircissait. Le bordé était goudronné de la même façon.

Étoffe bleu nuit à tissage lâche étalée en plis souples sur un établi de bois patiné, près de la fenêtre.
Étoffe bleu nuit à tissage lâche étalée en plis souples sur un établi de bois patiné, près de la fenêtre.

Aux fêtes maritimes de Brest, j'ai passé quatre jours à noter des noms de bateaux dans un carnet. Ce qui reste de ces journées, ce sont les silhouettes vues à contre-jour : un gréement sombre s'identifie d'un coup, sans détail parasite. Les wherries produisent le même effet visuel, sans que ce soit voulu.

L'étrave, elle, était peinte en blanc. Sur des rivières étroites, à la nuit tombante, c'était le repère qui permettait de voir arriver l'autre bateau et de croiser sans accrochage. Les têtes de mât et les girouettes découpées servaient à un autre usage : identifier le propriétaire de loin, avant même de lire un nom sur la joue de l'étrave.

Un point à ne pas mélanger : cette voile noire de travail anglaise n'a aucun rapport avec le pavillon noir des pirates. Les deux se sont trouvées noires pour des raisons totalement différentes, l'une par enduit de protection, l'autre par choix de signal. Cela reste, aujourd'hui, ce qui rend ces coques photogéniques : une masse sombre, un point clair à l'avant, rien d'autre. Les modèles noirs de la collection bateaux Pirate des Caraïbes fonctionnent sur cette même économie de moyens.

Pour aller plus loin sur ce point : À l'origine du drapeau pirate | France Culture, sur radiofrance.fr.

Le Norfolk wherry a-t-il vraiment servi à la piraterie ?

Non, pas s'il s'agit d'attaquer des navires en mer. Aucun wherry n'a pris un navire marchand au large : la coque ne tient pas la mer et le gréement ne permet pas de courir après quoi que ce soit. Son lien avec l'illégalité est celui de la contrebande et du vol de cargaison sur les voies intérieures.

Ce qui est attesté, c'est le contexte. L'East Anglia des XVIIIe et XIXe siècles vit une fraude massive sur le thé, l'eau-de-vie et le tabac, avec des agents des douanes, les revenue men, chargés de la traquer. Un bateau capable de remonter un bras mort, de se glisser dans une roselière et de s'échouer sans dommage sur un fond de vase est un outil utile dans ce commerce. Le faible tirant d'eau vaut mieux qu'un canon quand il s'agit de disparaître.

Le reste appartient à la tradition orale régionale : bandes de rivière, chargements qui manquent à l'arrivée, récits de wherrymen transmis dans les pubs des Broads. Ce sont des histoires locales, souvent racontées bien après les faits, et je préfère les donner comme telles.

Flibustier, corsaire et contrebandier ne sont pas des synonymes. Le premier attaque, le second a une lettre de course, le troisième fraude la douane. Le wherry appartient à la troisième catégorie, quand il y appartient.

Que transportait un wherry, et sur quelles rivières ?

Des marchandises pondéreuses, environ 25 tonnes par voyage, dans une cale unique fermée par des panneaux. On chargeait au sac, à la brouette ou à la fourche, sans grue.

Les cargaisons habituelles se répartissent en quelques familles :

  • Grain et farine, des campagnes du Norfolk vers les moulins et les ports.
  • Charbon, brique et bois, dans le sens du retour, depuis Great Yarmouth et Lowestoft.
  • Roseau de couverture, coupé sur les Broads, pour les toits de chaume de la région.
  • Glace et bétail, plus occasionnellement, avec les contraintes que cela suppose.

Le réseau tient dans quelques noms de rivières : le Yare, la Bure, le Waveney, l'Ant, le Thurne. Les wherries reliaient les ports de la côte, Great Yarmouth et Lowestoft, à Norwich, à une trentaine de kilomètres dans les terres. Quand les caboteurs de mer ne pouvaient pas remonter les rivières, le transbordement se faisait dans le port ou en rade, et le wherry finissait le trajet.

Haut sur la cale ouverte: sacs de jute, bois débité, coffres et panneaux de bois posés à part.
Haut sur la cale ouverte : sacs de jute, bois débité, coffres et panneaux de bois posés à part.

À bord, deux hommes. La cale servait aussi de logement, avec un poêle et de la place gagnée entre les sacs. Le vent d'est, sur ces rivières bordées d'arbres et de roseaux, tombe et revient sans prévenir : une bonne partie du métier consistait à savoir attendre la bascule et à jouer la marée plutôt qu'à forcer.

Dans la pratique Sur un bateau sans moteur, la manœuvre la plus délicate reste l'abattage du mât, avant le réglage de la voile. Le contrepoids de plomb au pied du mât encaisse la moitié de l'effort : il équilibre l'espar pendant la descente, ce qui évite d'avoir à retenir quinze mètres de bois à la force des bras. Sur l'Albion, une annexe prend le relais quand le vent manque, exactement comme on va chercher un bateau au mouillage à l'aviron quand il n'y a plus d'air.

Trading wherry, pleasure wherry, wherry yacht : quelle différence ?

Même coque et même gréement à l'origine, mais trois usages successifs. Le chemin de fer a tué le fret fluvial à partir de la fin du XIXe siècle, et ces bateaux se sont reconvertis dans le transport de vacanciers, puis dans la plaisance soignée.

Le trading wherry

La version de charge : cale unique, extrémités semblables à l'avant et à l'arrière, coque et voile noires, étrave blanche. Le dernier construit est l'Ella, sortie d'un chantier de Coltishall en 1912. L'Albion, de 1898, appartient à cette famille.

Le pleasure wherry

Le même bateau, cale vidée et récurée pour l'été, avec des hamacs et un poêle, puis des cabines sommaires. Les vacanciers arrivaient par le train, louaient le wherry et son homme, et remontaient les rivières à la semaine.

Le wherry yacht

Coques plus fines, pont dégagé, aménagements travaillés. Le Hathor, de 1905, a été commandé par la famille Colman avec un décor intérieur d'inspiration égyptienne. Suivent l'Olive (1909), le Norada (1912), le White Moth (1915) et l'Ardea (1927), dernier de la série.

Les trois familles de Norfolk wherry
Type Période d'usage Rôle Aménagement Exemples encore visibles
Trading wherry XVIIe s. Au début du XXe s. Fret : grain, charbon, bois, roseau Cale unique ouverte, coque et voile noires, étrave blanche Albion (1898), Maud ; dernier construit : Ella (1912)
Pleasure wherry Fin XIXe s. Au début du XXe s. Transport de vacanciers l'été Cale récurée, hamacs et poêle, puis cabines simples Solace
Wherry yacht 1900 à 1927 Plaisance sur les Broads Coque affinée, pont dégagé, aménagements soignés Hathor (1905), Olive (1909), Norada (1912), White Moth (1915), Ardea (1927)

Combien de wherries existe-t-il encore et où peut-on en voir un ?

Huit unités subsistent sur les Broads, dont sept inscrites au registre du National Historic Ships UK. Une seule ancienne unité de charge propose encore des sorties en navigation : l'Albion.

L'Albion est entretenue par le Norfolk Wherry Trust et basée à Ludham. Coque de chêne, aucune motorisation, poussée par une annexe quand le vent tombe. Des sorties à la journée sont organisées à la saison ; le calendrier se vérifie sur le site du trust, qui publie aussi l'état des travaux d'hiver.

Les autres se croisent selon les saisons. Le Maud a été remis en état après des décennies passées immergé, un chantier d'une ampleur peu commune sur les Broads. Le Solace est visible sur le Wroxham Broad, l'Ardea souvent à Horning. En 2011, le Wherry Yacht Charter Charitable Trust a ouvert un chantier de restauration à Wroxham, où l'on peut voir des coques en travaux plutôt qu'à quai. Pour la partie documentaire, le Museum of the Broads conserve outillage, photographies et pièces de gréement.

Comment avoir un bateau noir de ce type chez soi quand on n'est pas maquettiste ?

Aucun modèle de wherry n'existe en série dans le commerce, j'en ai cherché sans résultat. Ce qui se transpose, c'est la silhouette : une coque sombre, un gréement lisible, un format qui tient sur une étagère sans réclamer un meuble entier.

L'encombrement est le premier critère quand on expose un bateau, avant même le nombre de détails. Un modèle court et fin se pose sur un bureau, un haut de bibliothèque ou une vitrine. Une grande maquette, elle, demande une surface dégagée, une hauteur libre au-dessus des mâts et une distance de recul pour être vue. Le second critère est la matière : un modèle en plastique moulé se dépoussière au pinceau sec sans risque de décoller un cordage, ce qui n'est pas le cas d'une maquette en bois montée avec des fils tendus.

Si l'idée est de garder chez toi une image de bateau sombre, sans passer par le montage, la pièce que je regarderais dans le catalogue de Piraterie Shop est celle-ci.

Elle ne conviendra pas si tu cherches une reproduction de bateau de travail anglais, avec voile unique et mât basculant : ça n'existe pas en série, et il faut passer par un plan de maquettiste. Elle ne conviendra pas non plus si le but est de faire jouer un enfant de quatre ans, qui manipulera les mâts. Dans ce cas, un set à monter de la gamme bateau pirate classique occupe plus longtemps, prend plus de place au sol et supporte mieux les manipulations.

Trois-mâts noir, plastique solide, âge 6+, décrit comme pièce décorative. La description ne donne ni longueur en centimètres, ni poids, ni finition détaillée : ces informations manquent, et il vaut mieux mesurer la place disponible avant, en prévoyant du dégagement au-dessus des mâts.
  1. Mesure la hauteur libre au-dessus de l'emplacement prévu : un trois-mâts se pose rarement sous une étagère basse.
  2. Vérifie la profondeur du support : l'étrave et le beaupré dépassent souvent de la coque.
  3. Place la pièce à hauteur d'œil ou au-dessus: un pont vu de dessus perd son intérêt.
  4. Éloigne-la du soleil direct, qui ternit les noirs plus vite que la poussière.
  5. Dépoussière au pinceau sec ou à l'air, sans immersion et sans chiffon humide qui accroche les haubans.
  6. Garde la surface autour libre: un coffre bas en support et un pavillon au mur suffisent, trois objets de plus et on ne voit plus le bateau.

Wherry, sloop, lougre : pourquoi un bateau de rivière ne devient jamais un bateau de course ?

Parce qu'un fond plat et une voilure unique servent la charge et le tirant d'eau, jamais la remontée au vent. Un wherry chargé avance parce que le vent est portant et que la marée aide, pas parce que sa carène est fine.

La comparaison éclaire les trois types. Le sloop des Caraïbes, avec son mât unique et ses voiles d'avant, tire quelques nœuds de plus et vire court : c'est ce qui l'a rendu utile aux équipages de l'âge d'or de la piraterie, entre 1650 et 1730. Le lougre, sur les côtes bretonnes, a été taillé pour la fraude côtière : beaucoup de toile, une coque qui accepte le clapot, la capacité de disparaître dans un port de fond de baie. Le wherry, lui, gagne autre chose : il franchit des hauts-fonds, se faufile dans un chenal de quelques mètres de large, se manœuvre à deux et s'échoue sans casser. Il perd tout le reste, à commencer par la tenue à la mer.

Les bateaux de rivière m'intéressent pour cette raison précise : tout y est manœuvré à la main par deux personnes, sans treuil et sans équipe. Si tu veux voir le même compromis appliqué à une autre région, j'ai écrit une fiche sur la barge à voile de la Tamise, autre coque de charge à fond plat, gréée différemment et capable, elle, de sortir en mer.

Sur une maquette ou un set monté, trois repères permettent de trancher rapidement : le nombre de mâts, la forme de la voilure (une corne, un bourcet, des voiles d'avant), et la hauteur de bordé par rapport à la longueur. Un bordé bas et une longueur importante indiquent un bateau de charge intérieur. Un bordé haut, une coque courte et plusieurs mâts renvoient au navire de mer. Si l'idée d'un navire de fiction à trois mâts te plaît davantage que le bateau de travail, la sélection Pirate des Caraïbes en réunit plusieurs formats, du modèle de vitrine au set à assembler.

Questions pratiques

Où est Norfolk ?

Le Norfolk est un comté de l'est de l'Angleterre, en East Anglia, au nord-est de Londres. Sa côte donne sur la mer du Nord et sa ville principale est Norwich. Les ports cités dans cet article, Great Yarmouth et Lowestoft, sont sur cette côte, Lowestoft étant déjà dans le Suffolk voisin.

Que sont les Norfolk Broads ?

Un réseau de rivières navigables et de plans d'eau peu profonds, les broads, qui s'étend sur le Norfolk et le Suffolk. Ces plans d'eau viennent en grande partie d'anciennes fosses d'extraction de tourbe médiévales, ennoyées ensuite. L'ensemble est aujourd'hui protégé et géré par la Broads Authority, avec un statut proche de celui d'un parc national.

Pourquoi la voile des wherries est-elle noire ?

Parce qu'elle recevait un enduit de goudron et d'huile de poisson destiné à protéger la toile de la pluie et du vent. La couleur est la conséquence du traitement. Le même goudronnage était appliqué au bordé, ce qui donne à l'ensemble cette teinte sombre uniforme, avec la seule étrave peinte en blanc pour rester visible la nuit.

Combien de Norfolk wherries reste-t-il aujourd'hui ?

Huit sur les Broads, dont sept inscrites au registre du National Historic Ships UK. Une seule ancienne unité de charge, l'Albion de 1898, est encore proposée en navigation. Les autres se répartissent entre pleasure wherries et wherry yachts, certains en état de naviguer, d'autres en cours de restauration.

Peut-on naviguer à bord d'un wherry historique ?

Oui. Le Norfolk Wherry Trust organise des sorties à la journée sur l'Albion à la belle saison, et des wherry yachts sont proposés en location avec équipage sur les Broads. Le calendrier et les conditions changent d'une année à l'autre, il faut les vérifier auprès des associations gestionnaires plutôt que de se fier à une date lue quelque part.

Quelle différence entre un wherry, une barge et un sloop ?

Le wherry a un fond plat, une seule voile à corne et un mât basculant : il est fait pour la rivière. La barge à voile de la Tamise, également à fond plat, porte un gréement à livarde et des dérives latérales qui lui permettent de caboter en mer. Le sloop est un bateau de mer à coque en V, avec un mât et des voiles d'avant, plus rapide et plus manœuvrant au près. Sur une maquette, la forme de la voilure suffit presque toujours à les séparer.

Dernier conseil concret, valable pour un wherry comme pour un trois-mâts de fiction : avant de commander un bateau à exposer, mesure la hauteur disponible au-dessus de l'emplacement et retire deux centimètres. C'est la cote qui manque le plus souvent, et celle qui décide si la pièce finit sur l'étagère prévue ou dans un carton.